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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 19:33

La carte bancaire coûte cher et rapporte un max à votre banque

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L'UFC-Que Choisir a mené l'enquête. Constat implacable: les banques facturent aux 88% de Français qui détiennent une carte bancaire tout un tas de frais, pas toujours justifiés.


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Par MARIE PIQUEMAL


Flickr/Brett L.

Flickr/Brett L.

 

 

Les banques s'en mettent plein les poches. Jusque là, rien de nouveau. UFC-Que Choisir dénonce régulièrement l'inflation excessive des tarifs bancaires. Mais pour la première fois, l'association s'est penchée de plus près sur les cartes bancaires, deux fois plus utilisées aujourd'hui que le bon vieux chèque. Quelque 58 millions de cartes sont en circulation, 88% des Français en possèdent une, 25% en ont deux. Pour les banques, c'est tout bénef: elles facturent aux heureux titulaires une myriade de frais, plus ou moins obscurs. Le pompon revient aux frais de traitements des incidents bancaires sur lesquels les banques se font plus de 80% de marge brute, selon UFC- Que Choisir. Voici ce qui ressort de l'étude en quatre points.

--> Lire l'étude dans son intégralité en pdf, ici

1) Des frais bancaires exponentiels et exorbitants

Un chiffre d'abord: le montant moyen des frais bancaires s'élève à 157 euros, dont un tiers est lié à l'utilisation de la carte bancaire. Il faut dire qu'à la différence du chèque, gratuit, la carte coûte cher. Autour de 36 euros par an en moyenne pour une carte Visa ou MasterCard classique, 120 euros pour les hauts de gamme. Au total, la cotisation annuelle rapporte 2,8 milliards d'euros par an aux banques!

(Etude UFC Que Choisir)

S'ajoutent tous les autres coûts variables: la plupart du temps, quand vous faites un retrait dans une banque qui n'est pas la vôtre, on vous prélève en moyenne un euro. Il y a ensuite les frais liés aux découverts et autres incidents de paiement. Selon l'UFC-Que Choisir, «les 23% de clients qui ont des découverts non autorisés paient chaque année à leurs banques 2,7 milliards de frais d'incidents dus à la carte bancaire.»

«Or, ces montants sont sans rapport avec le coût réel des incidents pour les banques, dénonce l'association. Le traitement de ces incidents ne coûterait que 459 millions d’euros aux banques, soit 83% de marge réalisée par les banques sur ces frais payés par les clients en difficulté!»

Car à côté des agios (intérêts sur découvert), les banques prélèvent des frais de traitement pour toute opération particulière — ils apparaissent notamment dans votre relevé sous la mention «commission d'intervention». En la matière, les banques ne lésinent pas, comme le relève Maxime Chipoy, l'un des auteurs de l'étude: «A chaque fois qu'il y a un découvert non autorisé -même de deux euros- votre banque vous prélève 8,50 euros en moyenne.» Surtout, il n'existe aucun dispositif légal pour limiter les prélèvements de frais. Autrement dit, à chaque retrait non autorisé, hop, 8,50 euros en moins. C'est l'une des grandes différences avec le chèque, où les frais prélevés, bien qu'élevés, sont forfaitisés (30 ou 50 euros en moyenne selon le montant).

Sur ce point, les cartes à débit différé limitent un peu les dégâts: vous ne payez qu'une seule fois. «C'est tout de même paradoxal quand on sait que les cartes à débit différé sont les plus difficiles à manier et sont souvent choisies par les détenteurs des cartes hauts de gamme, donc les clients les plus aisés», déplore l'UFC.

2) Le devoir d'alerte et de conseil des banquiers

C'est peut-être le plus énervant. Payer des agios et des frais d'incident de paiement parce qu'on a oublié de faire un virement sur le compte joint alors qu'on a de l'argent sur d'autres comptes. Pourquoi donc le banquier n'appelle-t-il pas pour alerter ?

«Leur première mission est de surveiller les comptes de ces clients et de réagir dès que le client passe la ligne rouge», rappelle l'UFC-Que Choisir. Et de dénoncer: «Aujourd'hui, les banques s'autorisent en moyenne à percevoir 44 commissions pour incidents de paiements, soit 376 euros prélevés, avant d'alerter leur client.» Maxime Chipoy a posé la question aux conseillers rencontrés lors de l'étude: «Beaucoup déplorent cette situation. Aujourd'hui, un conseiller se retrouve à gérer un portefeuille de 700 clients en moyenne. Et à côté de ça, il doit vendre tout un tas de produits commerciaux avec des objectifs mensuels. Ils ont une telle pression commerciale qu'ils n'ont pas le temps de faire ce travail de suivi.»

De toute façon, leur marge d'action est assez réduite, le traitement des incidents bancaires est en grande partie automatisé. Votre conseiller n'apprend donc qu'a posteriori (le lendemain) le défaut de paiement. Il lui est techniquement possible de faire sauter les frais, mais on connaît la chanson: ceux qui ont les comptes les plus remplis ont des moyens de pression. Pour les plus fragiles, pas de cadeau.

3) Les incidents de paiements, une spécificité française

Oui, au delà des banques qui n'alertent pas en temps et en heure les clients en difficulté, l'UFC épingle le système de paiement français dans son ensemble, unique en son genre. Quand vous utilisez votre carte, la banque ne vérifie si vous avez l'argent que de manière très aléatoire (une fois sur sept). Vous pouvez donc être à découvert, voir votre carte refusée une première fois et la réutiliser dans l'heure sans difficulté. Ailleurs en Europe, le contrôle est systématique, de sorte que les incidents de paiement liés à la carte bancaire n'existent pas.

4) Des cartes, trop chères et peu adaptées aux besoins

Les banques proposent trop souvent des cartes surdimensionnées par rapport aux besoins réels des consommateurs. En moyenne, relève l'UFC, vous n'utilisez que 16% des capacités proposées par votre carte. Un exemple: on ne trouve pratiquement plus de carte bleue simple (utilisable uniquement en France), alors qu'elle suffirait à beaucoup de consommateurs qui ne vont jamais à l'étranger. La carte internationale (Visa ou MasterCard), plus chère, est devenue la norme, celle que l'on vous propose au guichet quand vous refusez la gamme au dessus (Gold ou Premier).

(Etude UFC Que Choisir)

Autre cas, qui fait bondir l'UFC-Que Choisir: la carte à autorisation systématique (Electron, Maestro) reste trop peu utilisée alors qu'en n'autorisant pas de découvert, elle permet de protéger les plus fragiles des agios et frais d'incidents exorbitants.

L'explication est simplissime: plus la carte est haut de gamme, plus elle rapporte de l'argent à la banque. Une Gold rapporte chaque année trois fois plus qu'une visa classique (99 euros contre 37 euros). Les cartes prestige (Infinite, Platinum) sont encore plus juteuses avec leurs 143 euros de plus par an.

(Etude UFC Que Choisir)

Crédit photo: Flickr/Brett.L

 

http://www.liberation.fr/vous/01012339361-la-carte-bancaire-coute-cher-et-rapporte-un-max-a-votre-banque

 

 

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