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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 15:46

 

« Peu importe que le chat soit gris ou noir, pourvu qu’il attrape les souris. »
Deng Xiao Peng


Cette citation est tout à fait appropriée pour expliquer comment un système communiste qui arrive à nourrir 1,4 milliard d’habitants en adaptant les « recettes » capitalistes. Encore une fois, la Chine se rappelle avec envie à notre souvenir par ses performances hors du commun. Le Produit intérieur brut (PIB) a été de 10,3% pour l’ensemble de 2010. L’inflation, le seul indice qui inquiète véritablement le gouvernement, est restée cantonnée à 3,6%. Petit rappel des performances de ce « dragon paisible » qui, faut-il le rappeler, ne s’est jamais ingéré dans les conflits actuels, n’a jamais voulu imposer son point de vue ou étendu sa force de frappe.

« La Chine n´est pas un pays qui a jailli du néant. C´est le pays inventeur de la poudre à canon et du compas magnétique, du papier et de l´imprimerie, du gouvernail et de la boussole, du parapluie et de la brouette. Des siècles avant l´Occident, la Chine a inventé un grand nombre des techniques sur lesquelles repose le monde moderne. Certains historiens affirment ainsi, que l´invention de la boussole et du gouvernail ont permis à un navigateur chinois de découvrir l´Amérique 70 ans avant Christophe Colomb ! Avec plus de 1,3 milliard d´habitants, la Chine est de loin le pays le plus peuplé du monde, devant l´Inde (1,1 milliard) et les Etats-Unis (301 millions). En dix ans, la Chine a vu se développer plus de 100 agglomérations de plus d´un million d´habitants ». (1)(2)

« Avec une superficie de 9,60 millions de km², la Chine est un pays grand comme 4 fois l´Algérie. Son PIB ne représente que 27% de celui des États-Unis, bien que sa population soit quatre fois plus importante. Mais, avec 1800 milliards d’euros en 2008, la Chine est actuellement, la 2e puissance économique mondiale derrière les Etats-Unis qu’elle pourrait dépasser en 2025. En 2007, la Chine a recensé 415.000 millionnaires et 20 milliardaires. Un record mondial dans un pays où le taux de croissance moyen est de 10% chaque année. Cet essor a permis de sortir plus de 200 millions de personnes de la pauvreté. Première agriculture mondiale, la Chine a produit, l´an passé, un tiers de la production de riz et de coton, un cinquième de la production de maïs et 15% de la production de céréales. Elle détient actuellement, plus de la moitié du cheptel porcin mondial. C´est le pays du textile, de l´informatique et des jouets. Ces produits inondent les marchés occidentaux. Avec 40 millions de véhicules, ils ont autant de véhicules que la France et 6 fois moins que les Etats-Unis ! » (1)(2)

Barrage des Trois Gorges : Un symbole de démesure inégalé

« Le gouvernement a décidé de mettre le paquet sur les énergies renouvelables. Depuis deux ans, le pays a démarré le plus gros projet du monde avec l´installation de 6 000 éoliennes réparties sur le territoire. Objectif : produire 30.000 Mégawatts à l´horizon 2020. La Chine espère ainsi tirer 15% de son énergie grâce aux éoliennes contre 7% actuellement. La Chine a planté 53,3 millions d´hectares de forêts depuis les années 50. Le Web est le meilleur exemple des profondes mutations que connaît le pays. 432 millions en juin2010, la Chine dépasse désormais les Etats-Unis (218 millions). On estime à 8 millions le nombre de nouveaux internautes qui apparaissent chaque mois.. La Chine est devenue en quelques années, leader incontesté des produits manufacturiers, le marché boursier est supérieur à ceux du Japon et de l´Europe avec 2 846 milliards d´euros l´an passé. Le symbole du génie chinois est le plus grand barrage du monde. Situé sur le fleuve Yangtsé, haut d´une centaine de mètres, le barrage hydroélectrique des Trois Gorges s´étend sur 2,34 km et produit environ 84 milliards de KW par an, soit l´équivalent de trois fois la consommation algérienne ». (1) (2)

« La montée en puissance de la Chine dans l´économie mondiale suscite à la fois l´admiration et la crainte. Les taux de croissance des investissements en R&D en Chine sont impressionnants. La Chine est le troisième pays au monde pour le volume des dépenses de R&D, juste après les États-Unis et le Japon. Avec 19,4 millions d´étudiants en 2004, la Chine forme autant d´étudiants que les États-Unis et l´Union européenne, dont les taux de croissance sont plus faibles. L´un des principaux projets a été la création de 100 « Key Universities », sur le modèle américain des universités de recherche, auxquelles la Chine a alloué d´importants financements depuis 1995. En 1999, la Chine était en dixième position en matière de publications scientifiques et en 2004, elle a atteint la cinquième position »(1)(2)

La Chine invente le bus « volant » pour réduire les embouteillages. Ce bus étonnant va surplomber la circulation automobile tout en empruntant la même voie. Il va permettre de réduire à la fois les embouteillages, les nuisances sonores et la pollution. Enfin, il transportera près de 1200 à 1400 passagers simultanément tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre de 2640 tonnes par an.

Le réveil

Apparemment, ces performances laissent un goût amer chez certains analystes qui dénient à la Chine un quelconque mérite. Ecoutons l’analyse sans concession de Jean-Luc Domenach : « Il est beaucoup trop tôt pour parler d’un véritable réveil. Je dirais un éveil. La Chine est sortie du totalitarisme pour entrer dans un processus de développement qui a engendré, un peu comme ce qui s’est passé au XIXe siècle dans les pays européens. (...)Ce qui a été fait, c’est ce qui était le plus facile. Les Chinois ne produisent, à quelques rares exceptions près, rien d’extrêmement sophistiqué et ce sont toujours des choses qu’ils ont, il faut bien le dire, acquises d’une façon plus ou moins légale. Jamais ils n’ont eu à inventer ou même à développer quelque chose. ?(...) Depuis toujours, ce que les Chinois font le moins mal, c’est l’imitation. En revanche, je ne vois pas comment ils vont réussir à entrer dans la gamme de l’invention. Quatre entreprises chinoises sur cinq n’ont pas de division Recherche et la cinquième confond recherche avec adaptation et bricolage. Ce qui est sûr, c’est que ce n’est plus du vrai communisme et ça n’est pas encore du vrai libéralisme. C’est une sorte de monstre politico-social, autoritariste « développementaliste » et ploutocratique. C’est le pays au monde où l’environnement est le plus atteint et ce n’est pas un phénomène nouveau. »(3)

« La réponse la plus élégante concernant la recherche est récente : la Chine annonce avoir mis au point un procédé pour retraiter le combustible nucléaire usé. Selon des responsables chinois, cette technique apportera une solution à la pénurie d’uranium en permettant de réutiliser jusqu’à soixante fois le combustible. Rien n’a en revanche, filtré sur les questions de sécurité. La nouvelle a fait l’effet d’une bombe. Chose peu courante en Chine, elle a été annoncée en fanfare dans tous les médias : la Chine a trouvé un moyen de retraiter son combustible nucléaire pour le rendre soixante fois plus efficace. Résultat : les ressources de la Chine en uranium pourraient durer 30 siècles. La Chine fait donc désormais, partie du club très fermé des pays maîtrisant le cycle complet du combustible nucléaire. On estime que 75% de son énergie électrique est produite à partir du charbon, a peu près 15% à partir du pétrole, le reste étant l’hydraulique puis le nucléaire, le solaire et l’éolien. On voit que la partie énergie propre est aujourd’hui minoritaire. Le plan des Chinois, très clairement, est d’en faire une source d’énergie principale ». Objectif : couvrir un quart de ses besoins en énergie d’ici 2035. Pékin a déjà pris note et s’est déjà fixé un objectif précis : porter de 2,5 à 6%, d’ici à 2020, la part du nucléaire dans sa production d’électricité. »(4)

Mieux encore, la Chine avec 10% de croissance aide l’Europe en perdition. Elle devient le banquier du monde. On apprend ainsi que le gouvernement chinois a confirmé qu’il pourrait acheter des obligations émises par les Etats en difficulté de la zone euro. Décryptage d’un geste plus politique que financier. Pékin, grand sauveur de la zone euro ?

« Nous sommes prêts à aider les pays de la zone euro à surmonter la crise financière et à réussir leur reprise économique », a déclaré jeudi le ministère des Affaires étrangères. « A l’avenir, l’Europe sera un de nos principaux marchés pour investir nos réserves de change ». Il faut dire que la Chine en a les moyens : ses réserves de change, qui s’élèvent à 2648 milliards de dollars, sont les premières mondiales. Si elle place traditionnellement la majorité de son excédent en dollars, elle cherche de plus en plus à diversifier son portefeuille afin de s’assurer contre une chute du billet vert. 26% de ses réserves seraient ainsi déjà en euros, selon Bei Xu, économiste à Natixis. Pour Ulrich Leuchtmann de Commerzbank, cité dans le Wall Street Journal, l’aide chinoise « ne remplace pas une solution de long terme à la crise de la dette européenne ». Pire, selon The Source, elle ne fait que « repousser l’échéance inévitable d’un éclatement de la zone euro » et « retarder l’adoption de mesures indispensables au bon fonctionnement du projet européen. »(5)

« Par ailleurs, en marge de la visite d’Etat du président chinois Hu Jintao à Washington il y a une semaine, la Chine a notamment commandé des avions Boeing, selon un haut responsable du gouvernement américain. La Chine a signé avec les Etats-Unis des commandes commerciales d’une valeur totale de 45 milliards de dollars en marge de la visite d’Etat du président chinois Hu Jintao à Washington, a indiqué mercredi un haut responsable au sein du gouvernement américain. Le gros de ces commandes porte sur des avions Boeing. « Des contrats portant sur des exportations de 45 milliards de dollars ont été conclus, permettant de faire vivre 235.000 emplois américains », a indiqué à la presse ce responsable ayant requis l’anonymat. Les autorités chinoises sont sur le point d’annoncer qu’elles ont donné leur « approbation pour l’achat de 200 avions Boeing, pour une valeur estimée à 19 milliards de dollars. »(6)

« Pendant longtemps les Etats-Unis se sont vus comme étant le centre du monde, suivis en cela par leurs satellites « obéissants » que sont les Européens. « Le centre de recherches Pew, écrit Sylvain Cypel, a ainsi diffusé, le mercredi 12 janvier 2011, la dernière version d’un sondage annuel. A la question : « Quelle est la première puissance économique au monde ? », 47% des sondés répondent « la Chine », 31% seulement leur propre pays ! Avant l’effondrement financier de 2008, l’opinion plaçait les Etats-Unis nettement devant, à 41%, contre 30% seulement à la Chine. De même contestent-ils la réalité du déséquilibre commercial sino-américain. Les vieux critères de calculs, disent-ils, sont devenus inopérants. Un exemple : catalogué made in China, l’iPhone pèse officiellement pour 1,9 milliard de dollars dans le déficit commercial américano-chinois. Or des chercheurs de Palo Alto ont calculé qu’en réalité, la Chine n’entre que pour 3,6% dans sa valeur (elle ne fait que l’assembler). Certes, les Etats-Unis ne font pas beaucoup mieux (6%), mais les entreprises japonaises y contribuent pour 34%, les allemandes 17%, les sud-coréennes 13%, etc. Assimiler l’iPhone à un « produit chinois » est donc un leurre. La Chine, combien de prix Nobel scientifiques ? demandent-ils encore (la réponse est : zéro) ». (6)

Ces enjeux - avec le recul de la domination stratégique des Etats-Unis - alimentent aussi la vision « décliniste », que Gideon Rachman résume ainsi dans le dernier Foreign Policy : « Le déclin américain, on connaît la rengaine. Sauf que cette fois c’est différent. » L’argumentaire de ce camp apparaît à l’opinion plus convaincant parce que plus simple : alors que l’influence globale des Etats-Unis recule, celle de la Chine, même si elle en reste loin, progresse, et à un rythme plus rapide que prévu. La sortie prochaine d’un avion de ligne et d’un porte-avions chinois est venue renforcer ces craintes. Au docteur Obama, Henry Kissinger conseille dans le Washington Post de ne pas oublier ces évidences : « L’exceptionnalisme américain considère naturel de conditionner son attitude vis-à-vis d’autres sociétés à leur acceptation des valeurs américaines. (...) En situation de blocage, les négociateurs américains deviennent agités et impatients... » Avec les Chinois, ce n’est pas la bonne méthode, juge l’homme qui a procédé aux retrouvailles historiques avec la Chine de Mao. »(7)

L’explication de la sérénité : Le culte des ancêtres

Les paroles du docteur Kissinger rejoignent, d’une certaine façon, les analystes qui appellent à connaître la Chine, non pas en tant que partenaire développant des relations strictement commerciales mais en tentant de comprendre la civilisation chinoise : « Qui veut commercer avec l’Empire du milieu doit d’abord en connaître l’histoire et maîtriser ses codes. »

« Quand Yin Hong Loeb, consultante en relations franco-chinoises, propose « quelques clés pour comprendre la Chine », personne ne s’attend à devoir plonger dans 6 000 ans d’histoire. Un détour pourtant indispensable pour comprendre comment un Chinois, pétri de confucianisme, de taoïsme et de bouddhisme voit le monde. En Chine, l’harmonie sous toutes ses formes est si ardemment désirée qu’on se défie de tout conflit. Jusqu’à être incapable de dire non ! » (8)

« La Chine est un monde implicite. Tout est régi par des codes, des rites, des communications de détours. Il n’y a pas de paroles », souligne Yin Hong Loeb qui, forte d’une double culture, chinoise et française, mesure parfaitement les incompréhensions. Elle évoque ainsi l’extrême importance accordée à l’âge, au culte des ancêtres, à la solidarité familiale et à la pudeur dans les contacts humains. Sans langue de bois, elle reconnaît aussi que la culture chinoise engen-dre « un manque d’initiative et de sens critique, une société souvent arbitraire, des inégalités sociales et une corruption élevée ». « L’ouverture au capitalisme voulue par Deng Xiao Ping est venue se plaquer sur cette histoire et cette culture millénaires. La greffe a pris mais de graves lacunes demeurent. En Chine, le court terme domine toujours. L’absence de droits des marques ou de copyright fait que rien ne sert de chercher à imposer un savoir-faire. « On est immédiatement copié. » Tout le monde vise donc le coup gagnant et passe à autre chose, quitte, effectivement, à prendre des libertés avec les règlements sanitaires. (...) La Chine est une véritable cocotte-minute sociale qui doit réussir à intégrer des millions de paysans qui fuient leur campagne dans des villes qui comptent de plus en plus de riches au mode de vie de plus en plus luxueux. Un vrai casse-tête. »(8)

On l’aura compris, la sérénité chinoise n’a rien à voir avec l’agitation occidentale anthropocentrique. La sagesse chinoise sert de garde- fous et a permis à ce pays de donner au capitalisme prédateur un visage humain. Si en Occident , les droits de l’Homme sont valables in situ, « leur exportation » vise, surtout, à freiner cette Chine qui intrigue et qui ne veut pas s’arrêter. Déjà Reagan à l’époque parlait des conditions de vie des Chinois qui doivent être améliorées. Quand Obama parle des droits de l’homme ,ils le font à usage interne mais sans trop insister. Le président chinois répond qu’il y a du chemin à faire, on peut lui porter crédit, car les gouvernements chinois successifs ont sortis-sans l’aide intéressée de l’Occident- 400 millions de chinois de la pauvreté , de plus une classe moyenne qui se chiffre par centaines de millions et qui consomme à l’européenne trouve son compte dans le système actuel.

Les tentatives multiples de déstabilisation n’ont pas de prise, car apparemment ,malgré les restrictions sur les libertés, les Chinois d’en bas, trouvent leur compte. Entre des conditions sociales qui s’améliorent à l’œil nu, une politique qui ne laisse personne sur le bord de la route, et les frissons d’une liberté , les Chinois ont choisi, ils avancent, s’améliorent socialement et le pouvoir –condamné à aller vers plus de liberté- le fait à sa manière avec sa propre cinétique voire harmonie. C’est vrai qu’il reste du chemin à faire, faut-il donner la liberté sans l’amélioration nette des conditions de vie ? C’est là toute la question !

Les fausses sollicitudes de l’Occident ne trompent plus grand monde, entre la « démocratie aéroportée », le capitalisme prédateur, il faut d’abord que l’Occident ne laisse pas l’avenir des classes laborieuses au moins des spéculateurs de tout poil et que l’Etat redevienne le garant du vivre ensemble dans la dignité et des conditions sociales correctes pour tous. Les Occidentaux continuent à donner des leçons aux autres, eux qui sont en perdition surtout morale avant d’être financière et économique. L’exemple chinois devrait les inspirer. Assurément la Chine est un dragon paisible , l’expérience de ces vingt dernières années montre que c’est une puissance qui n’est pas de porcelaine, elle ne s’effritera pas de si tôt si elle a comme ligne de conduite le bonheur du peuple chinois

 

Pr Chems Eddine CHITOUR
Ecole Polytechnique enp-edu.dz

 

 

http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article4935

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