Michel Collon infos
21 février 2012
Ce culte du profit, cette injonction de la « croissance infinie » sont devenus le paradigme déifié auquel tout se soumet. C’est aujourd’hui le
nouvel et redoutable ennemi, qui n’a que faire des nations, des cultures ou des religions.
Cela peut paraître paradoxal d’affirmer cela aujourd’hui alors que, du Maroc à l’Égypte, ces mouvements n’ont
jamais été autant sollicités par les régimes arabes afin de participer à la gestion des affaires publiques de leurs pays.
En 2005, dans notre article Les notables de la république, mous mettions en évidence le rôle crucial
qu’allaient certainement jouer ces mouvements dits « islamistes ». Il était dit :
« Un siècle de lutte et de résistance a conféré au mouvement réformiste islamique une légitimité
historique, et ce, pour plusieurs raisons : ces mouvements ont fermement combattu le colonialisme (…), ils ont participé à la “réislamisation” des peuples musulmans (…), et ils ont été les
rares voix à dénoncer les dictatures arabes à la solde d’un Occident complice. »
Mais, il était dit aussi que ces mouvements étaient en train de vivre une crise qui ne lui permettrait pas de
faire face à l’ampleur des enjeux à venir. Ainsi, il était annoncé que, malgré sa force populaire et ses nombreuses institutions, il n’y avait pas de programme et l’ambition de ces organisations
se réduisait :
« A s’intégrer au jeu politicien et à trouver des arrangements avec les pouvoirs en place… À accepter,
de manière fataliste, une mondialisation ultralibérale… Et à se limiter aux développements d’institutions caritatives, humanitaires et éducatives privées. »
Sept années plus tard, le printemps arabe est passé par là. Ces révoltes populaires, manipulées ou non par
les officines occidentales, ont obligé les organisations « islamistes » à s’exprimer publiquement. Le « bricolage » dans les prises de position publiques et la confusion
régnant à l’intérieur de ces organisations ont bien mis en évidence l’ampleur du désarroi des militants engagés. Ces derniers ne comprennent plus les compromis de leurs dirigeants, préférant
négocier que renverser les dictatures affaiblies ou faisant le choix de se mettre sous protection occidentale pour renverser leur régime.
Ces évènements ont ainsi révélé cette triste réalité : lorsque nous ne prenons pas le temps pour
réfléchir à un projet en adéquation avec nos réalités et lorsque l’Histoire nous oblige à assumer notre responsabilité, on ne peut que « bricoler ».
Cela n’a pas toujours été le cas. Au xixe siècle, ce qui a fait la force de ce mouvement et lui a conféré son
élan, fut le refus du taqlîd, ce refus de suivre aveuglément les avis religieux d’un autre siècle. Devant le démembrement de la oumma et face à l’avancée technologique et intellectuelle d’un
Occident conquérant, il n’était plus possible de continuer à baser des actions sur des commentaires de Textes religieux datant du xe siècle.
Ce mouvement de renouveau préconisait la diffusion d'une pensée islamique adaptée à son contexte
particulier : c’est-à-dire des sociétés musulmanes sclérosées et teintées de superstitions d’une part, et un colonialisme et un sionisme en plein essor d’autre part.Ces penseurs réformistes
ont alors développé une pensée de l’action et ont structuré un mouvement de résistance et d’éducation populaire avec un discours adressé aussi bien à leur peuple qu’à l'Occident, qui se résumait
ainsi :
1/ Les esprits et les cœurs musulmans doivent être libérés de leur admiration béate envers un Occident
idéalisé et les peuples doivent reprendre confiance en leurs valeurs islamiques.
2/ Les terres musulmanes doivent être libérées de toutes présences étrangères.
Ces mouvements n’ont jamais eu pour objectif premier la prise du pouvoir. D’ailleurs Ibn Badîs, le célèbre
réformiste algérien, considérait que le départ du colon français n’était même pas la priorité et que la conscientisation et l’éducation des masses algériennes musulmanes passaient bien
avant.
Un siècle plus tard, certains prétendront que les réformistes ont, en grande partie, atteint leurs deux
objectifs. Effectivement, formellement (au moins et mise à part la Palestine) les colonies occidentales ne sont plus. Et aujourd'hui aucune structure sociale et/ou politique issue d’un pays
arabo-musulman n’est crédible si elle tourne le dos publiquement aux valeurs de l’Islam ; malgré le kémalisme turc ou le bourguibisme tunisien, aucune nation musulmane ne conçoit son avenir
sans cette forte référence à son identité islamique. Les mouvements de révolte dans les pays arabes et les quelques élections libres qui ont pu avoir lieu le prouvent clairement.
Aujourd’hui, notre monde a radicalement changé, mais la pensée réformiste n’a pas évolué. Certes, ni le
colonialisme, ni les régimes dictatoriaux n’ont permis l’évolution de cette pensée. Les conséquences sont d’ailleurs dramatiques car les leaders « islamistes » persistent à adopter une
vision et une pensée de l’action élaborées il y a plus d’un siècle pour l’appliquer à un xxie siècle totalement différent.
C’est ce qu’on appelle le taqlîd al-mujaddidîn, c’est-à-dire l’imitation aveugle d’une vieille pensée sans
que celle-ci soit réinterrogée au regard des nouvelles réalités. Triste sort de la grande majorité de ces organisations qui reproduisent, aujourd’hui et à leur tour, le comportement des
« traditionnalistes aveugles » du xixe siècle. Ce comportement que les pères fondateurs de cette pensée décriaient à l’époque.
Actuellement, cela a des conséquences très concrètes sur les deux thèmes majeurs (identité et colonialisme)
du réformisme du siècle dernier :
1/ Ils se satisfont de la disparition du colonialisme mais ils ne comprennent pas que la colonisation des
esprits a pris une autre forme. Notamment à travers un mode de vie consumériste et plus généralement par le biais d’une soumission à un modèle économique inique.
2/ Ils se satisfont aussi de « l’étiquette islamique » qui traduit la reconnaissance formelle de
leur identité (économie « islamique », habit « islamique », état « islamique », école « islamique », banque « islamique » etc.) mais qui ne se
soucie pas du sens et de l’éthique, pourtant fondamental dans la spiritualité musulmane. Ils se limitent ainsi à cette simple reconnaissance, sans pouvoir élaborer un projet global et alternatif
qui dépasse la critique moralisatrice d’un Occident perçu comme dépravé.
Devant un ordre libéral mondialisé où la logique du profit est première, la reconnaissance formelle des
identités n’a jamais été un souci pour les dominants. La société de la « croissance » n’a que faire des apparences, ce qui lui importe c’est de donner l’orientation. Ainsi, pour cet
ordre capitaliste, par exemple, le foulard porté sur la tête est un simple détail ; par contre, les idées consuméristes développées à l’intérieur des têtes « enfoulardées » sont
capitales pour nourrir le système et les y soumettre.
Suite au printemps arabe, l’arrivée au pouvoir des partis politiques dits « islamistes » risque
d’accentuer l’aveuglement de leurs leaders. Rappelons que tous les États arabo-musulmans sont totalement intégrés et dépendants de l’ordre économique capitaliste. Et ces pays, bientôt gérés par
les « islamo-nationalistes », devront continuer à répondre aux injonctions de la Banque mondiale et du FMI. Après l’illusion d’une victoire à la Pyrrhus, les « islamistes »
devront apprendre à gérer l’ingérable.
Car dans l’ordre capitaliste mondial, le culte du profit financier et la notion de « croissance
économique » ne sont pas seulement des concepts économiques ; ils sont devenus aujourd’hui de nouvelles divinités auxquelles on nous apprend à nous soumettre.
Divinité dans le sens islamique du terme. C’est-à-dire un postulat qui se justifie par lui-même, qui ne peut
s’égaler et qui ne peut pas se remettre en cause ni se discuter ; un postulat qui soumet tout et auquel il est du devoir de tous de se soumettre. Ce postulat définit, qu’on le veuille ou
non, aujourd’hui toute notre manière d’être, de produire et de consommer et même de concevoir notre vie ici-bas.
Toutes ces prérogatives, en Islam, n’appartiennent normalement qu’à Dieu Seul. Ce concept est donc un
véritable affront au concept islamique du tawhîd. Les succès électoralistes en Tunisie ou économiques en Turquie ou alors la manne pétrolière dans les pays du Golfe ne feront pas longtemps
illusion. Les savants de l’Islam, les leaders des organisations et mouvements réformistes islamiques d’aujourd’hui devront répondre à cet affront, car remettre en question le tawhîd ou lui
associer un autre concept, c’est vouloir détruire l’Islam en s’attaquant à son pilier premier.
Ce culte du profit, cette injonction de la « croissance infinie » sont devenus le paradigme déifié
auquel tout se soumet. C’est aujourd’hui le nouvel et redoutable ennemi, qui n’a que faire des nations, des cultures ou des religions. C’est une véritable religion sans Dieu et ses adeptes sont
tout aussi présents à New York qu’à La Mecque. Elle n’a que faire de la couleur de peau, car elle s’attaque à l’essence (le tawhîd) et délaisse les apparences. Elle emprisonne le cœur dans
la seule course à la satisfaction illusoire des besoins du corps, générant ainsi frustrations et mal de vivre.
Si nous désirons revivifier l’élan réformiste islamique, il faut d’abord comprendre et cerner cette nouvelle
religion sans-dieu. Si elle a pris naissance en Occident, elle s’est vite répandue sur toute notre planète. Elle est le sous-produit de la philosophie européenne des Lumières qui a voulu déloger
l’obscurantisme clérical et mettre l’homme et la raison au centre de tout. Mais en délogeant l'Église, ils ne se sont pas privés d’exclure Dieu par la même occasion ; c’était pour permettre
l’émancipation de l’Homme, nous ont dit les humanistes, les laïcs, les féministes et les promoteurs de l’idéal démocratique.
C’était vrai un temps… seulement un temps :
– Aujourd’hui, la réalité est que ceux qui défendent l’humanisme dans le Nord sont aussi ceux qui protègent
un système injuste qui produit 2 milliards d’êtres humains sous-alimentés dans le Sud.
– Aujourd'hui, la laïcité instituée pour ramener la paix sociale s’apparente dorénavant à un ordre
islamophobe guerrier.
– Aujourd’hui, l’idéal démocratique qui devait être le garant de l’émancipation des peuples ne fait plus le
poids face aux puissants de la finance. Les agences de notation et les « marchés » décident de la politique des États et mettent au pas les « représentants du peuple ».
– Aujourd’hui, les revendications féministes sont détournées et confortent le patriarcat de nos sociétés
capitalistes, réduisant la femme à une main-d’œuvre d’appoint et/ou de séduction. On propose la parité dans les instances politiques alors qu’il est acquis que le vrai pouvoir s’est désormais
déplacé dans les conseils d’administration des multinationales.
En fait, toutes ces belles idéologies européennes passent vite au second plan quand le dieu-croissance parle
et impose sa norme. Alors, pour préserver les apparences, on fait semblant, on trompe et on ment aux peuples. Devant le peuple, on fait semblant d’être démocratique mais on décide réellement avec
les banquiers. Devant les musulmans, on fait semblant d’être laïc, mais on adopte des comportements fascisants.
Devant les médias, on fait semblant d’être humaniste, mais on laisse le SIDA se répandre en Afrique et les
gens mourir de faim par manque de moyens, dit-on ; ces mêmes moyens qu’on trouve très vite lorsqu’il s’agit de sauver les banques.
Pour soumettre les populations, un nouveau clergé est alors apparu. Il ne défend pas une Église mais l’ordre
capitaliste. Il ne s’active pas pour un Dieu mais pour la Sainte-Croissance. Il n’est pas animé par une foi transcendante mais par sa « raison » toute subjective et le dogme de la
rentabilité financière. Il ne professe pas l’espoir d’un au-delà, mais la libre satisfaction de tous les plaisirs de ce bas monde.
Ce clergé est, en particulier, composé d’économistes, de financiers et de publicitaires. Ce sont les nouveaux
gardiens du Temple. Comme l’ordre clérical de l’époque médiévale, ils profitent grassement du système et abusent de la crédulité des gens. Au Moyen-âge, le clergé préservait jalousement le
monopole de l’éducation et de l’instruction à travers le contrôle de l’imprimerie, du livre, de la connaissance de la langue latine ou arabe. C’était l’assurance de l’assujettissement des masses
et le contrôle exclusif des savoirs.
Le modèle est le même dans notre monde moderne. Mais l’arme nouvelle est la pub, elle est l’outil de
l’abêtissement des masses, l’outil de la diffusion du nouveau dogme et aussi le moyen de contrôle de tous les médias, supposés réveiller les consciences. Quel média peut encore vivre aujourd’hui
sans le financement de la pub ?
Pour comprendre le crédo et les cinq piliers (sic !) de cette foi areligieuse, ce n’est pas difficile.
Il est martelé à longueur de journée. Il suffit d’écouter ou d’ouvrir les yeux ; à la maison devant votre écran, dans votre automobile en écoutant la radio, ou devant les immenses panneaux
publicitaires dans votre station métro. La pub est omniprésente ; comme jadis, elle emprisonne les cœurs et les consciences et proclament ses « invocations » à travers le culte des
marques :
1/ C’est le culte de la toute-puissance : « La victoire est en nous » (Adidas), « Just do
it » (Nike), « Gagner le cœur du monde » (Air France)
2/ C’est le culte de l'égo : « Parce que je le vaux bien » (L’Oréal), « C’est tout ce que
j’aime » (Mc Donald).
3/ C’est le culte des plaisirs : « Plus t’en mets, plus t’en as ! » (Axe), « Cette
sensation s’appelle Coke » (Coca-Cola), « Le plaisir de conduire » (BMW).
4/ C’est le culte du bonheur sur terre : « 360° de bonheur » (Babybel), « Chaque jour
c’est du bonheur » (Nutella).
5/ C’est le culte de l’immortalité : « Être mieux chaque jour » (Danone), « Déclaré
source de jeunesse » (Evian).
Les exemples sont innombrables mais le message est le même. Tout est organisé pour rendre optimal la
production et la consommation. Pas pour seulement satisfaire nos besoins élémentaires, mais pour permettre l’enrichissement et la domination d’une petite minorité.
Dès la production, les ingénieurs et les designers construisent leurs produits sur la base du concept de
« l’obsolescence programmée » afin de limiter la durée de vie des objets. Dans nos sociétés modernes, la panne n’est plus un accident, elle est organisée et programmée. On
institutionnalise le gaspillage pour produire encore plus. Le Coran dit que « les gaspilleurs sont les frères des diables. » (Coran 17/27) Que dire d’une société qui fait du gaspillage
un système ?
Afin d’encourager la consommation, on encourage aussi le crédit (riba). En effet, toutes ces choses produites
en masse doivent trouver des acquéreurs qui doivent pouvoir les payer. Les salaires ne suffisent plus pour assouvir ce besoin de posséder plus. Ainsi l’endettement, jadis simple accident de la
vie, est devenu un mode de vie. Le prêt à intérêt, institué en règle de vie, appauvrit les plus démunis et concentre les richesses aux mains de quelques-uns. Dieu dit : « Ceux qui
pratiquent le riba se présenteront, le Jour de la Résurrection, comme des aliénés possédés par le démon… » (Coran 2/275)
Car effectivement l’endettement d’un pays, d’un État ou d’une personne représente l’aliénation par excellence
(dans ce monde et dans l’autre), le nouvel esclavage des temps modernes.
La pub qui promeut les egos et les passions les plus viles, un système de production qui détruit notre
écosystème et fait du gaspillage une valeur, un consumérisme basé sur l’endettement (riba) et donc notre aliénation, voici ce que produit la société du culte de la « croissance ». Cette
société ne peut être que la société du déséquilibre, de l’inégalité, de la spoliation où l’homme n’est plus qu’un outil au service des plus puissants.
Dans la phraséologie « islamiste » souvent binaire (eux et nous), les radicaux décrivaient l’ennemi
occidental comme « judéo-croisé », les piétistes dénonçaient « l’immoralité occidentale » et les plus intellectuels critiquaient les travers idéologiques de la démocratie, de
la laïcité ou du féminisme. Mais rares sont ceux qui, en France ou dans le monde arabe, comprennent que le péril est bien plus grave et qu’il se situe dans les fondements diaboliques d’un système
mondialisé, apatride, areligieux et qui met en péril dans notre quotidien la notion même du tawhîd.
Cette méconnaissance des réalités du monde génère un discours « islamiste » devenu schizophrène et
anachronique. Quand il veut dénoncer l’ennemi occidental, il dénonce un matérialisme qui dorénavant a envahi son propre quotidien, Quand il dénonce l’égoïsme des « mécréants », il
diffère peu de celui qu’il pourrait observer chez ses propres enfants. Il ne comprend plus…
En fait, il ne comprend plus un monde qui a changé trop vite. Son discours, élaboré le siècle dernier, a été
conçu pour dénoncer un ennemi qui envahissait son espace (colonialisme, sionisme), ou pour s’opposer au prosélytisme d’une foi concurrente, ou alors pour condamner l’immoralité de personnes
(toujours) influencées par la culture « étrangère ».
Dans tous les cas, l’ennemi était physiquement circonscrit, la cible était évidente. Mais aujourd’hui ce sont
des paradigmes, des concepts et un système diffus qu’il faut combattre, aussi bien présent dans son propre foyer que dans les foyers de l’Occident honni. Aujourd’hui, sept années plus tard, après
le texte écrit en 2005, la crise financière préfigure la fin de ce système diabolique. Car ce n’est pas une crise que nous vivons mais bien la fin d’un monde. Personne ne sait ce qui supplantera
ce système.
Les révolutions arabes, les catastrophes écologiques inédites dans l’histoire de l’humanité (Fukushima,
réchauffement planétaire…), le déclin d’un Occident vieillissant, les limitations physiques dans l’exploitation des ressources (eau, hydrocarbures, minerais), les mouvements des indignés, des
99 %, des Anonymous et autres annoncent quelque chose de radicalement nouveau.
Et, dans cette situation, devant les contradictions de ce monde qui ont produit le meilleur comme le pire, en
tant que musulmans, rien ne pourra se construire sans remettre Dieu au centre de nos préoccupations.
Le tawhîd sauvera le monde ; on peut le dire aussi sûrement que l’absence de tawhid est aujourd’hui en
train de l’anéantir. Les sept années passées ne seront en rien comparables aux sept à venir. Si Dieu nous permet encore de vivre, nous assisterons à un véritable basculement du monde. Espérons
que cela se fera pour le bien de la race humaine et donc dans le cadre du tawhîd.
Yamin Makri est père de 4 enfants. Né en France, c’est en France qu’il fait toute sa scolarité. Il conclut son parcours
universitaire en 1987 par un diplôme de chirurgien dentiste, puis par un Master en informatique de gestion.