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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 06:09

D'abord continuer celui-ci Retraites: pour une opération "Tu l'as votée, tu vas le payer"  .

Ensuite, tirer les enseignements  des derniers mouvements de grève : on était à deux doigts du conflit social majeur qui pouvait renvoyer  l'Union pour une Minorité de Privilégiés dans les poubelles de l'histoire (à propos de poubelles, notez qu'avec leur "Karachigate", ils n'ont pas besoin de nous pour se balancer des boules puantes).

Qu'est-ce qui a marché, où est-ce que cela à raté?

De la réponse à ces questions dépendra la suite du mouvement et de son succès. Car oui, il y aura bien une suite.

 

Avec 1 jeune sur 4 au chômage, 6 séniors sur 10 hors emploi à l'âge de 60 ans, une politique orientée vers la socialisation des pertes et la privatisation des profits, une politique qui se joue "à la corbeille", il ne peut en aller autrement.

Mais, il y a un mais, lutter contre cette droite qui a oublié la patrie et l'intérêt national est et sera inutile s'il s'agit de servir les intérêts d'une gauche qui a oublié le peuple.

Attendre 2012 pour remplacer un maastrichien de droite par un(e) masstrichien(ne) de gauche, c'est changer d'acteur sans changer de scénario.

C'est ce que je crois comprendre à la lecture de ce communiqué du M'PEP ...

http://www.m-pep.org/ 

Alors, maintenant, au travail !

 

 

 

La contre-réforme des retraites a suscité un rejet très majoritaire du peuple français. Il s’est traduit par des manifestations nombreuses et massives et par des mouvements de grèves dans les secteurs publics et privés. Les citoyens qui ont participé à ces luttes doivent être salués pour leur engagement. La solidarité qui s’est exprimée par un soutien financier aux grévistes témoigne de l’accord de la population avec eux. Ce mouvement et le soutien des citoyens démontrent que trente ans de matraquage idéologique ne sont pas parvenus à tuer la capacité de révolte et la fraternité.

 Une insuffisance : la perspective politique

Cela n’a cependant pas été suffisant pour que le Gouvernement et l’Assemblée reviennent sur ce texte honni par la grande majorité des citoyens. Alors que l’action syndicale a été d’une grande ampleur, elle n’a pas encore réussi à aboutir. De son côté, le Parti socialiste, qui a participé à la casse des retraites lorsqu’il était au gouvernement, a eu une position ambigüe. Présent dans les manifestations pour leur apporter son soutien, son projet en matière de retraites reste néanmoins proche de celui de Nicolas Sarkozy. Quant à la gauche de gauche, elle n’a pas désigné clairement tous les responsables qui mènent la guerre aux salariés et à leurs acquis sociaux : Nicolas Sarkozy, certes, mais aussi l’Union européenne et le Fonds monétaire international. Elle n’a pas porté de projet alternatif plausible et crédible à la politique de la droite.

La contre-réforme des retraites prend racine dans l’offensive menée par les classes dirigeantes dont le système de l’Union européenne est une pièce maîtresse. La gauche ne s’attaque pas à la question de la monnaie et au rôle néfaste de l’euro et de l’Union européenne dont il n’y a rien de positif à attendre. Le passage en force du traité de Lisbonne n’est-il pas une forme de coup d’État ? Comment conserver l’illusion de changer de l’intérieur des institutions européennes aussi antidémocratiques ? Le Parti socialiste et Europe-Écologie ont intégré ce système et jouent double jeu en permanence. Ils votent au Parlement européen des mesures contraires au discours qu’ils servent au peuple français. En désignant comme seul responsable le gouvernement français, en limitant leur action à un simple anti-sarkozysme primaire, ils mentent par omission. Ce double langage relayé par des médias aux mains de la classe la plus riche, vise à « placer » ces partis pour les futures élections. Ils alimentent le rejet de la politique et le risque de l’abstention.

 La gauche doit se confronter aux questions « dures » : la sortie de l’euro, la désobéissance et la sortie de l’Union européenne

Les récentes mobilisations soulignent l’urgence de construire une véritable perspective politique de gauche qui affronte les questions essentielles. Le rôle de la gauche est de mener un combat sans relâche pour des politiques d’égalité, contre le capitalisme, pour un socialisme du XXIe siècle. L’expérience montre sans aucune ambigüité que la mise en œuvre d’une véritable politique de gauche, reposant sur un redressement du partage de la valeur ajoutée en faveur du travail et au détriment du capital (basculer dans un premier temps au moins 170 milliards d’euros, chaque année, du capital vers le travail), n’est possible qu’au prix de profondes ruptures.

  • Décider d’un plan de relance immédiate pour sortir de la crise du mode de croissance du capitalisme néolibéral financiarisé et s’engager dans la transition vers un socialisme du XXIe siècle. Il faut une « relance » radicalement différente et investir massivement dans l’efficacité énergétique ; la santé ; le logement ; les transports publics peu émetteurs de carbone ; les énergies renouvelables ; la protection, l’entretien, la réparation de l’environnement ; l’éducation ; la culture ; les équipements et services publics ; l’agriculture soutenable… Cependant, compte tenu des contraintes européennes de toutes sortes, aucun plan de relance ne pourra trouver de financements dans le cadre de l’euro.
  • Réaliser en une législature le plein-emploi pour éradiquer la cause principale de la souffrance sociale, répondre aux besoins sociaux non couverts, alimenter le budget de la Sécurité sociale, reconstituer un rapport de force favorable au salariat. L’instauration du droit opposable à l’emploi doit en être le moyen, financé par des prélèvements sur le capital.
  • Affaiblir les positions économiques et politiques des classes dirigeantes et donner, dans un cadre laïque, des moyens à la gauche en étendant la propriété sociale et la sphère publique aux grands moyens de production, d’échange et de communication, ainsi qu’à l’ensemble du secteur bancaire, financier et des assurances.
  • Refonder une nouvelle construction européenne en sortant de l’Union européenne actuelle, car ce système monstrueux a été conçu pour empêcher toute politique de gauche dans les pays membres. Les transformations profondes proposées par le M’PEP, ouvrant la voie à un socialisme du XXIe siècle et à une véritable coopération entre États, ne sont pas réalisables dans le cadre de l’UE, sauf à subordonner un changement de gauche en France au changement préalable de l’Union européenne, une éventualité inenvisageable. Si une majorité de gauche arrivait en France (comme dans tout autre pays), il n’y aurait pas d’autre choix que celui de sortir de l’euro et de se mettre en congé de l’Union européenne, de désobéir ou d’en sortir. Rester dans le cadre actuel de l’Union européenne reviendrait à renoncer à mettre en œuvre un programme de gauche.

 L’euro aggrave tous les déséquilibres et accentue tous les problèmes

L’euro n’a atteint aucun des objectifs qui avaient été fixés par ses promoteurs. L’inflation des prix des produits de consommation courante, de moins en moins bien correctement mesurée, a connu une importante progression en dix ans. Les taux de change entre l’euro et le dollar sont particulièrement instables, alors que l’euro « fort » est devenu un paramètre structurel divisant les pays de la zone, l’Allemagne y ayant intérêt, les autres pays recherchant au contraire à le faire baisser. Ne pouvant y parvenir, ils écrasent les salaires, transformant l’euro en rouleau compresseur des politiques sociales (salaires, retraites, assurance-maladie, assurance-chômage…). Quant au niveau des taux d’intérêt, ils vont désormais du simple au triple selon les pays. L’euro n’est pas le « bouclier » promis, il attire la spéculation. Cette course effrénée à l’attraction des capitaux, dans l’espoir naïf de contester l’hégémonie du dollar, provoque une concurrence qui se manifeste par la baisse des prélèvements sur le capital. La suite est connue : diminution des recettes publiques, compression des dépenses publiques et prioritairement des dépenses sociales, plans d’austérité, accumulation des dettes et des déficits… Bouclier de carton-pâte, l’euro a accru les inégalités, les clivages, les courants nationalistes et xénophobes, les dissensions politiques entre les pays de la zone.

Il ne peut y avoir de politique vraiment de gauche avec l’euro. Ce constat, qui nécessite des révisions déchirantes, doit être accepté par la gauche. Avec l’euro, comment imaginer qu’une politique économique de gauche serait possible puisque la politique monétaire, via la Banque centrale européenne, resterait d’inspiration néolibérale ? Comment mener une politique économique de gauche, alors que l’élément le plus important de la politique économique – la politique monétaire – resterait aux mains des néolibéraux ? La gauche est muette et aveugle sur cette question, elle ne veut, pour l’instant, ni voir, ni entendre.

Il faut continuer à expliquer, à faire de la pédagogie, de l’éducation populaire, à repolitiser la population, et en premier lieu les militants de gauche, pour susciter une dynamique populaire autour de la sortie de l’euro. Sortir de l’euro est un projet de gauche, c’est sortir de l’ordre monétaire néolibéral !

En résumé, la gauche – toute la gauche – politique, syndicale, associative, doit clairement revendiquer :

  • L’annulation des plans d’austérité.
  • L’annonce du défaut de paiement et de la restructuration de la dette publique française.
  • La sortie unilatérale de l’euro et le retour aux monnaies nationales.
  • La dévaluation.
  • La reprise en main de la politique monétaire et la monétisation d’une partie de la dette publique.
  • La nationalisation des banques et des compagnies d’assurance.
  • Le démantèlement des marchés financiers spéculatifs et non leur simple « régulation ».
  • Le contrôle des changes et des mouvements de capitaux.
  • Une nouvelle politique économique fondée sur le droit opposable à l’emploi, des mesures protectionnistes dans le cadre universaliste de la Charte de La Havane de 1948 (dans le but de parvenir à un équilibre de la balance des paiements de chaque pays), et une mutation écologique du mode de production.
  • L’action pour une monnaie commune (et non unique) débordant largement le seul périmètre des Vingt-Sept pays membres de l’actuelle UE.

Telles sont les propositions mises au débat par le M’PEP pour alimenter la base politique du « Front de gauche ». Celui-ci ne doit pas hésiter à prendre comme référence le Front populaire et le programme du Conseil national de la Résistance.

Le renforcement du Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP) est une question clé pour accélérer la recomposition et la réidentification de la gauche.

 

http://rupturetranquille.over-blog.com/article-et-maintenant-au-travail-61588819.html

 

      riches-NOM-prison.jpg

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commentaires

Jean Le Duff 16/12/2010 14:53



Je pense que cet article est très pertinent pour l'essentiel. Une chose cependant me tracasse. Pourquoi quand on parle de gauche glisse-t-on aussi facilement vers l'assimilation Gauche-PS. On
évoque bien un peu plus bas dans l'article "toute la gauche" mais sans chercher à éclairer ce concept. Prenons l'exemple de la monnaie. Savez vous que dans les débats relatifs à la monnaie
européenne, dès l'origine le PCF, malheureusement sans avoir été entendu, se battait contre la monnaie unique et pour une monnaie commune.


On pourrait multiplier les exemples de ce type. Les citoyens de notre pays ont de fait, les institutions et les hommes politiques qu'ils méritent. En écrivant cela je ne fait pas dans la
culpabilisation mortifère. Je souhaite seulement attirer l'attention sur le fait que les véritables solutions à nos problèmes résulteront de l'engagement massif et clairvoyant de la masse des
citoyens. Il n'y a pas de sauveur suprême nii dieux, ni césars, ni tribuns et je rajouterai: ni parti politique en soi. Les partis politiques sont ce que nous en faisons. C'est un communiste qui
a une longue pratique militante qui l'affirme. Pour autant et pour imparfaits que soient les partis existants, n'ayons pas la naïveté de croire que c'est en faisant table-rase de l'expérience
accumulée que nous créerons d'un seul coup l'organisation qui pourra nous mener vers un monde plus juste. Le PS s'est laissé envoûté depuis une trentaine d'années par les sirènes du
néo-libéralisme, mais, c'est en majorité que nos concitoyensi s'y sont laissés prendre. Depuis, d'expérience, ils savent que la financiarisation de l'économie n'a pas été pour eux une bonne
chose, sont-ils pour autant convaincus que c'est le système capitaliste par la prédominance qu'il accorde aux capitaux qui est la cause fondamentale de leurs difficultés? Faute d'admettre cette
évidence, je crains que l'imagination créatrice nécessaire pour ouvrir de nouvelles formes d'organisation de la société ne soit pas au rendez-vous. Ce n'est évidemment ni un Strauss-Kahnn, ni une
Ségolène, ni un Vals... qui nous sortirons du marasme parce qu'ils ne sont pas dans une approche de rupture d'avec le capitalisme.



mickye 24/11/2010 08:34



Un long commentaire sur le M'pep sur :


 A propos de “Consensus européiste”, texte de Patrice Hemet et Jacques
Nikonoff, pour le M’PEP


voir sur facebook (article accessible à tout le monde en lecture) :


A propos de “Consensus européiste”, texte de Patrice Hemet et Jacques
Nikonoff, pour le M’PEP


à cette adresse :


http://www.facebook.com/topic.php?uid=367713397611&topic=15795


 



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