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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 23:49

http://static.lexpress.fr/medias/1456/745854_le-president-iranien-mahmoud-ahmadinejad-avec-le-representant-du-politburo-he-guoqiand-a-teheran-le-16-juillet-2011.jpg

La Chine, désormais partie prenante majeure de la crise iranienne…

 

11/01/2012

Deux nouvelles venues de Chine et concernant la crise iranienne permettent d’avoir une bonne vision de ce qu’est, non seulement la position chinoise vis-à-vis de cette crise, mais la dynamique de cette position. Cela se “lit” au travers de deux interventions de deux différentes sources, qui peuvent être considérées comme représentant deux positions de la politique chinoise, l’une présente en fonction de la situation présente de la crise, l’autre probable en fonction de l’évolution hypothétique de la crise.

• La première est une déclaration officielle de Chen Xiaodong, qui dirige les affaires de l’Asie occidentale et du nord de l’Afrique au ministère des affaires étrangères. Il s’agit d’une prise de position qui montre un engagement actif de la Chine dans la crise, en fonction de ses intérêts, en se situant contre toute possibilité d’affrontement sans désigner clairement une partie ou l’autre comme susceptible d’accélérer le processus vers cet affrontement. La référence est clairement faite à la situation du détroit d’Ormouz, à son blocage possible, aux conséquences sur la situation économique mondiale. (De PressTV.com, le 10 janvier 2012.)

• La seconde intervention se fait sous la forme d’un éditorial de Global Times, quotidien sous le contrôle du parti communiste chinois mais à qui il est laissé une certaine latitude d’expression, notamment pour les affaires internationales. Son éditorial qui prend nettement en compte la possibilité d’un affrontement (d’une guerre) donne une définition assez intéressante de la position que devrait prendre la Chine dans cette occurrence : il s’agit d’une position “contre la guerre” en tant que perturbation catastrophique des relations internationales, mais en désignant nettement l’instigateur de cette guerre (les USA) et en mettant en évidence l’importance stratégique essentielle de l’Iran pour la Chine. (PressTV.com, le 10 janvier 2012.)

L’évaluation à laquelle conduisent ces deux interventions précises est également précise, avec l’intérêt de l’être dans la continuité, dans la dynamique de la politique chinoise. Les deux interventions confirment, l’une directement, l’autre indirectement, que la crise iranienne est l’affaire du monde entier en tant que l’économie mondiale est un tout interconnectée (les USA, pères fondateurs de la globalisations au nom de leur servilité pour le Système, ne démentiront pas) ; qu’elle est également, par conséquence logique mais aussi d’une façon spécifique, l’affaire de la Chine en tant que puissance, et cela d’une façon directe et éclatante, et hors de toute ambiguïté, – en ce sens, pour la Chine, comme rarement auparavant dans ce qui a été jusqu’ici affirmé. Cette situation est même définie par Global Times, de façon très significative tant pour le constat que pour la dynamique de constat, comme “devenant plus importante” pour la Chine que pour la Russie dans le champ des intérêts stratégiques de la Chine («“The strategic value of Iran to China is growing bigger than it is to Russia…»). Il faut d’ailleurs aussi remarquer que les critiques chinoises portent bien sur la question de la crise iranienne liée à la querelle autour du détroit d’Ormouz, et plus du tout d’une façon affirmée autour de la question du nucléaire iranien, ce qui montre combien les Iraniens ont réussi à renverser le problème stratégique de la crise à leur avantage, en la faisant percevoir comme s’intégrant dans une problématique globale où tout le monde est concerné au travers de la question de la libre circulation du pétrole par le détroit d'Ormouz.

On a rarement lu, dans un assemblage d’écrits qui se trouvent indirectement coordonnés par les situations et les perspectives, et par la logique qui en découle, une définition aussi claire de la position et de la stratégie chinoise. On y retrouve toute la prudence chinoise, tant dans le choix des mots que dans les intentions, que dans le souci des règles internationales, en même temps qu’une fermeté de conception qui est à la fois nouvelle (par son expression publique, dans tous les cas) et extrêmement bien définie et articulée. Il s’agit, d’abord, d’une affirmation qui reflète le statut désormais acquis de la puissance chinoise dans les relations internationales ; il s’agit, encore, d’une mise en cause indirecte mais puissante du rôle que les USA s’arrogent pour eux-mêmes, hors de toutes les normes internationales, voire de la légitimité internationales, pour l’affirmation de leurs seuls intérêts par ailleurs servis de plus en plus par une incohérence irresponsable qui les met eux-mêmes en danger ; il s’agit enfin, également, et d’une façon extrêmement importante en raison de l’importance à mesure de la Chine, d’un pas de plus dans l’intégration de la crise iranienne dans la situation de crise générale que nous connaissions. (Ce point nous paraît absolument essentiel, comme nous l’avons développé à deux reprises, le 7 janvier 2012 et le 9 janvier 2012.)

La pensée chinoise elle-même évolue donc, désormais, dans le sens d’une affirmation générale de l’intégration de toutes les crises parcellaires dans la crise générale de la civilisation. Cette démarche logique les conduit irrésistiblement à mettre en cause, et cela se fera d’une façon de plus en plus systématique, toute la politique extérieure des USA et, par delà, du bloc BAO. Il est probable que l’on va voir la position chinoise, notamment dans les organisations internationales, s’affirmer de plus en plus nettement, d’une façon beaucoup plus marquée, un peu à l’image de la position russe dans ses bons moments, dans une critique antagoniste et de plus en plus marquée de la politique général des américanistes-occidentalistes. La crise iranienne dans sa phase actuelle est une étape décisive à cet égard.

 

Mis en ligne le 11 janvier 2012 à 09H34

http://www.dedefensa.org/article-la_chine_desormais_partie_prenante_majeure_de_la_crise_iranienne__11_01_2012.html

 

 

§§§

 

 

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Paris, Jeudi 12 janvier 2012


Florent Detroy
L'Iran ferait-il aussi peur s'il raffinait des algues ?

- Pourquoi l'Iran nous inquiète-t-il autant ?

Je sais ce que la question peut avoir de dérangeant. Voilà maintenant plusieurs années que l'on nous répète inlassablement les mêmes arguments. Ils peuvent être résumés très simplement : Téhéran est une menace. Normalement, nous ne devrions même pas avoir le droit de poser cette question.

Pourtant, si l'on observe la réalité militaire, les faits parlent d'eux-mêmes. L'Iran est un nain militaire. Aucun porte-avion, une flotte réduite, des équipements militaires arriérés. Et devant eux, la cinquième flotte des Etats-Unis !

Comment un pays qui n'arrive pas à raffiner son propre pétrole pourrait menacer sérieusement les Etats-Unis dans le Golfe ? Pourtant nous craignons l'Iran. Il aura suffi à l'Iran de déclarer que le détroit d'Ormuz pourrait être fermé pour immédiatement faire gagner 5 $ au Brent. La menace iranienne n'est pas tant militaire que déclamatoire.

J'utilise ce petit exemple pour vous démontrer à quel point le marché du pétrole est tendu. Et nous faisons preuve d'une hypersensibilité dès qu'il s'agit de pétrole. Nous avons bien entendu raison au regard de ce que peut provoquer un baril trop cher. Le maintien du Brent au-dessus des 110 $ en moyenne en 2011 a probablement joué un rôle dans la rechute en récession des économies européennes.

Sans nous en apercevoir, nous venons de connaître une sorte de "troisième choc pétrolier latent", comme le soulignait récemment le patron de l'Institut français du pétrole (..)
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