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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 22:17

Le sondage sarkozycide que les instituts répugnent à réaliser

Conduite les 20 et 21 avril pour le compte de la station de radio Europe 1 et du magazine Paris-Match, la première grande enquête d’opinion de l’Ifop en vue de la présidentielle de 2012 est particulièrement inquiétante pour un Nicolas Sarkozy donné largement battu dans pratiquement tous les cas de figure, excepté contre l’égérie du Front National. Mais quel seraient les résultats du sondage que les instituts refusent de réaliser, au risque de signer l’arrêt de mort du calife à talonnettes ?


Le patron de l’UMP, et accessoirement président de la République – ce qu’il oublie fréquemment (d’où sans doute son intérêt pour le Plan Alzheimer) – serait, à en croire ce sondage de l’Ifop, battu au 2e tour de la présidentielle par tous les postulants socialistes. Y compris par Ségolène Royal, revenue du diable vauvert après une gamelle dans la rivière des tribunes pour sauter sur la ligne d’arrivée un canasson élyséen en bien piteux état (51 % contre 49).


Nicolas Sarkozy, surclassé par François Hollande (56 % contre 44) et Martine Aubry (55 % contre 45), serait même, tel un insecte nuisible mis hors d’état de nuire par une giclée de Baygon électoral, écrabouillé par Dominique Strauss-Kahn (61 % contre 39). Comble d’avanie, même en l’absence des candidatures au 1er tour de Jean-Louis Borloo, l’ex-apôtre ébouriffé du gaz de schiste, et de Dominique de Villepin, le barde flamboyant à la crinière léonine, le matamore élyséen serait quasiment impuissant à améliorer son propre résultat : il ne regagnerait, fort piteusement, que 2 malheureux points relativement à l’hypothèse d’un éclatement des candidatures à droite, les voix accumulées par Borloo et Villepin allant principalement vers Bayrou et... Strauss-Kahn !


L’aventurier neuilléen, propulsé en 2007 par sa duplicité et sa démagogie populiste à la tête de l’État français, ne rassemblerait donc sur son nom qu’une minorité des électeurs de droite, motivée soit par ses intérêts financiers (cf. les multiples cadeaux fiscaux des débuts du quinquennat), soit par une idéologie réactionnaire viscéralement ancrée dans sa culture, notamment dans les milieux de la grande bourgeoisie, du commerce, de l’artisanat et de l’agriculture. Les autres électeurs traditionnels de droite fuiraient comme la peste au 1er tour de la présidentielle ce manipulateur narcissique et vulgaire, ce Napoléon au petit pied, plus près du coucou sans gêne grisé par son propre chant que de l’aigle majestueux et respecté qu’il prétendait être. Il suffit à cet égard d’entendre ou de lire, ici et là, les déclarations des gaullistes sociaux, des transfuges du centre, et plus encore des catholiques, ulcérés par les agressions contre les Roms, les bondieuseries hypocrites et l’indécente danse du ventre devant les frontistes pour s’en convaincre.


Derrière sa bannière partisane souillée par des comportements déplacés et par une ragougnassse politique aux relents nauséabonds, le chef du clan UMP, ci-devant président de la République – terrible erreur de casting ! –, semble incapable de ratisser large au 1er tour de la présidentielle, impuissant à fédérer autour de sa candidature la droite modérée au delà d’un noyau dur d’électeurs décidément bien étique. Un noyau dur qui ne garantit en aucune manière à Nicolas Sarkozy de se qualifier pour le 2e tour.


D’où l’émergence, depuis quelques jours, d’une tentation de primaires à droite qui permettrait de dégager une candidature plus solide. Une initiative destinée, si l’on en croit ses partisans, à renforcer... Nicolas Sarkozy en lui donnant dès le 1er tour l’assurance de pouvoir disposer d’un socle électoral plus large. « Calembredaines », « fariboles », « billevesées », se sont empressés de clamer haut et fort les tenants de l’orthodoxie UMPiste en se drapant dans l’étendard de la « tradition gaulliste du ralliement au chef » pour mieux pourfendre la dangereuse initiative de ces chattemites. Et pour cause : ces tenants de la « tradition », qui ont tout misé sur la casaque du champion élyséen, savent parfaitement que les promoteurs de cette idée n’ont qu’un objectif en tête : éliminer du plateau un Sarkozy désormais guère plus vaillant qu’une vieille haridelle pour favoriser l’émergence d’un coursier plus fringant.


Borloo, Fillon, Juppé : quel que soit le nom de ce coursier, nul doute qu’il puisse réaliser au 1er tour – ne serait-ce qu’en réduisant à peau de chagrin le score de Bayrou et en limitant la tentation strauss-kahnienne –, un bien meilleur résultat pour la droite que le candidat sortant dont les pathétiques rodomontades ne suffisent plus à masquer l’indigence et l’iniquité du bilan. Certes, il s’agit là de spéculations, mais les résultats de l’enquête Ifop sont suffisamment édifiants pour instiller un doute sérieux. Un doute qui pourrait être rapidement balayé pour peu que des instituts testent ce type de configuration : la droite représentée par un autre candidat que Sarkozy. Peu probable pourtant que ce sondage voie le jour tant il serait porteur d’un grand danger pour le matamore élyséen, et cela pour une raison élémentaire : la liberté des instituts s’arrête où commence la gêne pour le pouvoir en place !

 

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/le-sondage-sarkozycide-que-les-93151

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Published by Eva R-sistons - dans Les partis et la crise
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