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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 15:40

La France saurait-elle faire face à une catastrophe nucléaire ?

 

Cet article est assez effrayant pour la population en cas de catastrophe nucléaire, RIEN de    concret n’est envisagé. Comme nous sommes en France tous, plus ou moins concernés avec les 58 réacteurs qui sont disséminés sur le territoire, il faudrait que nous ouvrions les yeux. Les    nucléocrates n’hésiteraient pas, à sacrifier une partie de la population. Faut il attendre l’irréparable? Le seul moyen c’est d’abandonner cette énergie que l’on ne maitrise pas, et mettre les    moyens nécessaires dans celles renouvelables, même si notre petit confort personnel doit en souffrir.

Les quatre tours de refroidissement du centre nucléaire de production électrique de    Dampierre-en-Burly.Mathilde Gérard / Le Monde.fr

Même s’il a rapidement été maîtrisé, l’accident de la centrale de    Marcoule n’a pas manqué de rouvrir le débat sur la gestion d’un accident nucléaire grave en France. Cette fois, les conséquences sont restées confinées au    périmètre le plus réduit : celui de ce centre de traitement de déchets nucléaires du Gard où l’explosion d’un four a fait un mort et quatre blessés.

Mais que se serait-il passé si l’accident de Marcoule avait entraîné des fuites de    particules radioactives, portées vers Avignon, à une trentaine de kilomètres, par le mistral qui soufflait ce jour-là ? Plus généralement, maintenant que le drame de Fukushima a laissé    entendre que l’impensable était possible, la question se pose : comment une telle catastrophe nucléaire serait-elle gérée en France ?

Selon Jean-Luc Godet , à la tête de la Direction des rayonnements ionisants et de la santé    à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), « l’accident de Tchernobyl a montré les limites d’une mentalité probabiliste », qui suppose que les probabilités statistiques d’un accident sont si faibles    que nul n’ait besoin de s’en préoccuper .

 

DANS L’URGENCE

 

La catastrophe dans la centrale ukrainienne conduit donc les autorités à se pencher enfin    sur une doctrine française à suivre en cas d’accident… trente ans après la construction du premier réacteur produisant de l’électricité nucléaire en France, à Marcoule justement. Les Plans    particuliers d’intervention (PPI) font alors leur apparition, supervisés, autour de chaque site nucléaire, par les préfets, et encadrés désormais par un décret de 2005 . Le principe : prévoir un    confinement de la population, une éventuelle évacuation, et la prise de comprimés d’iode.

Ces PPI forment une base indispensable à l’intervention en phase d’urgence, mais encore    limitée. Au Japon , des villages ont été évacués dans un rayon de cinquante kilomètres autour de la centrale de Fukushima. En France, ces plans couvrent une zone ne dépassant pas dix kilomètres,    voire 500 mètres pour certaines installations, déplore Roland Desbordes , président de la Criirad (Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité). Au-delà, rien n’est    prévu pour les populations.

Ce n’est pas la seule limite. A Marcoule par exemple, la zone couverte par le    PPI est répartie entre le préfet du Gard et celui du Vaucluse, avec les risques que cela soulève en termes d’ordres contradictoires.

 

DES PLANS OPÉRATIONNELS ?

 

Mais surtout, des doutes existent sur l’application des PPI et leur capacité à parer à    toute éventualité. Concernant la première mesure, le confinement : « Lors de l’accident d’AZF à Toulouse, le préfet a ordonné de s’enfermer chez soi. Mais dans certaines maisons, les fenêtres    avaient éclaté. Et dans les zones rurales, si on coupe la ventilation d’un élevage en batterie, tous les animaux meurent », explique Raymond Sené , physicien nucléaire membre du GSIEN (Groupement    des scientifiques pour l’information sur l’énergie nucléaire).

Les PPI prévoient également la mise à disposition de comprimés d’iode –    qui permettent uniquement de se protéger d’une contamination à l’iode radioactive , à l’origine de cancers de la thyroïde. Mais l’épisode de Marcoule a démontré les    dysfontionnements du dispositif : « c’est un fiasco », affirme Alexandre Pissas, président de la CLI (Comité local d’information) de ce site. « Toutes les communes concernées    n’ont pas été chercher leurs boîtes, certains habitants non plus, et des stocks entiers d’iode sont périmés dans les pharmacies…« De plus, selon Roland Desbordes, « il est    désormais interdit de se procurer de l’iode au-delà de la zone très limitée du PPI. »

Reste la question sensible de l’évacuation. Dans les PPI, un accident aussi important que    celui de Fukushima n’est clairement pas envisagé. Car de nombreuses centrales sont installées à proximité de grands foyers de population – la centrale de Bugey est à 35    kilomètres de Lyon, celle de Nogent-sur-Seine à une centaine de kilomètres de la région parisienne… Pour Yves Cochet, député EELV (Europe Ecologie-Les Verts), « s’il y a un accident grave dans la    centrale de Nogent, que les vents soufflent vers l’Ouest, que les nappes phréatiques et la Seine sont contaminées, ce sont potentiellement 12 millions de Franciliens qui sont touchés. Or, rien    n’est prévu pour faire face à cette éventualité, et de toute façon, il est totalement impossible d’évacuer rapidement Paris et sa banlieue. »

 

PLAN « PLUTÔT CONFIDENTIEL »

 

Selon Yves Cochet , après la phase d’urgence, l’armée a toutefois élaboré un plan « plutôt    confidentiel », où il est notamment prévu, si aucune évacuation rapide n’est possible, « de départager la population déjà trop contaminée pour être évacuée, et celle qui pourra partir. Une    discrimination assez effrayante…« En tout cas, au-delà des premiers jours, aucun « document officiel » ne prévoit pour le moment la marche à suivre, assure Jean-Luc    Godet.

Une enveloppe financière est par contre prévue pour faire face aux dommages nucléaires, à    hauteur de 1,5 milliard d’euros, dont près de la moitié avancée par l’exploitant. Le montant est insuffisant, estime le président de la Criirad : « Il n’y a pas d’assurance pour le nucléaire. Et    l’argent mis sur la table équivaut seulement au prix du sarcophage posé autour de la centrale de Tchernobyl. »

 

« PENSER LA SUITE »

 

Pour faire face à ces lacunes, l’ASN est chargée, depuis 2005, de penser le moyen et le    long terme. « A l’époque, on faisait des exercices où le préfet ordonnait la mise à l’abri des gens, puis c’était tout, il ne savait pas comment lever cet ordre… Il fallait logiquement penser la    suite », explique Jean-Luc Godet. Depuis six ans, le Codirpa (Comité directeur pour la gestion de la phase post-accidentelle) mobilise donc environ 130 membres – associations,    élus, CLI, agences sanitaires, experts européens en radioprotection, exploitants nucléaires, etc. – pour plancher sur ce problème complexe. Avec un tas de questions sensibles : comment nettoyer    les maisons dans les zones urbaines contaminées ? Que faire des objets et déchets radioactifs ? Comment enfouir ou déplacer les sols superficiels contaminés ? Comment réhabiliter les terres    devenues improductives pour l’agriculture ?

Une des premières avancées du Codirpa est de dessiner un zonage du territoire en cas    d’accident : une première zone dite « d’éloignement » de quelques kilomètres ; une deuxième zone de « protection » où « il est plus avantageux de rester que de partir », selon M. Godet, et où la    population vivrait dans des habitations nettoyées sans pouvoir consommer les produits de la terre ; puis une zone de « surveillance », sur une soixantaine de kilomètres à la ronde, où les    produits alimentaires sont susceptibles de dépasser les niveaux maximum admissibles de radioactivité.

 

RIEN DE PRÉVU EN CAS D’ACCIDENT GRAVE

 

Mais pour l’instant, le Codirpa ne réfléchit pas encore à un scénario à la hauteur de    Tchernobyl ou de Fukushima. Il se fonde sur les simulations de deux accidents, dont le plus grave occasionnerait des rejets radiocatifs pendant seulement vingt-quatre heures, alors qu’à    Fukushima, six mois après la catastrophe, les fuites n’ont pas pu être maîtrisées !

 

L’examen d’un accident plus grave et complexe viendra dans un second temps, après la    publication d’une première doctrine sur la gestion d’un accident modéré début 2012 et après avoir tiré les leçons de Fukushima, promet Jean-Luc Godet.

Autre faiblesse du Codirpa : malgré un effort de concertation avec les associations et les    acteurs locaux, plusieurs voix se sont élevées contre une implication et un pouvoir encore insuffisants de la population. La Criirad, elle, a refusé de participer au comité de l’ASN. Notamment    parce que le Codirpa accorderait « une place maîtresse à une association comme le CEPN [Centre d'étude sur l'évaluation de la protection dans le domaine nucléaire], composée d’Areva, d’EDF, du    CEA et de l’IRSN, représentant en fait le lobby nucléaire ». Plus grave, selon Roland Desbordes : « Sur le fond, le Codirpa construit son travail sur des programmes de recherche européens sur    Tchernobyl – Ethos et Core – qui ont conclu, en gros, que la vie pouvait très bien s’organiser dans des zones contaminées, en minorant largement les problèmes de la radioactivité et de l’état de    santé de la population. Il veut adapter ce modèle en France »

 

Article d’Angela Bolis

Source LE MONDE

http://wikistrike.over-blog.com/

 

http://realinfos.wordpress.com/2011/09/18/la-france-saurait-elle-faire-face-a-une-catastrophe-nucleaire/#respond

 

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