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4 décembre 2010 6 04 /12 /décembre /2010 18:13

02.11.2009

 

http://jeanzin.fr/index.php?post/2010/10/06/La-globalisation-aggrave-les-risques-systemiques

La globalisation néolibérale contre l’intérêt général

Depuis 30 ans, la globalisation néolibérale a transformé la planète. Ses promoteurs affirment que la liberté, promue objectif absolu de l’humanité, est le meilleur moyen de faire avancer le bien commun. Pourtant, aujourd’hui, il est difficile de ne pas constater qu’elle œuvre contre l’intérêt général.

Un idéal de liberté travesti

A la base, le libéralisme est porteur d’un bel idéal, celui d’une émancipation des hommes de sociétés féodales, où le destin des individus était trop souvent dans les mains d’un autre. Cet idéal a dirigé certains des plus grands progrès de l’humanité, notamment la fin de l’esclavage dans toutes ses formes. En cela, le mot « liberté » prend une place particulière dans le triptyque de notre République. Malheureusement, cet idéal a été travesti par sa transformation en néolibéralisme.

Un intellectuel affirme que cette mutation du libéralisme, qui se serait opérée vers la fin du 19ème siècle, s’explique par deux évènements : la théorie de Darwin et la mathématisation des sciences économiques. La première aurait poussé certains économistes à adopter la théorie de l’évolution aux sociétés humaines et à vouloir laisser faire la nature dans tous les aspects de l’économie. La seconde a favorisé des constructions purement abstraites, déconnectées de la réalité.

Une société injuste et instable

Cette volonté de liberté absolue trouve sa première expression sur le terrain économique et social. La liberté ne devient plus un moyen à destination d’une fin, le progrès humain, elle devient un objectif en soi. Le meilleur exemple reste le Traité Constitutionnel Européen qui avait fait de « la concurrence libre et non faussée » un objectif de l’Union Européenne. Le « laissez faire » et le « laissez passer », pour reprendre les mots du Général de Gaulle, ont été érigés en horizons indépassables de la modernité.

Pourtant, faute est de constater que cette anarchie néolibérale (monétaire, commerciale et financière) n’a fait que provoquer une course au moins-disant social, salarial et environnemental. Le bilan de cette anarchie économique globale est désastreux dans tous les pays développés puisque nous assistons à une montée inédite des inégalités (90% de la population ne profite pas de la croissance), à des crises à répétition et de plus en plus violentes, et une montée de l’endettement.

Un affaiblissement de nos Républiques

Mais cette globalisation néolibérale pose également de graves problèmes dans le fonctionnement de nos sociétés et de nos démocraties, comme l’illustre bien le cas des Etats-Unis, pays le plus « avancé » dans cette évolution. Elle porte en elle une remise en cause partielle de l’idée même de démocratie, puisqu’elle aboutit à sanctuariser une partie croissante du pouvoir politique (la monnaie notamment) dans des instances « protégées » des choix démocratiques et structurellement favorables à cette évolution.

La société que construit la globalisation néolibérale tend également à profondément remettre en cause l’égalité des chances, comme le montre bien Paul Krugman. Le « rêve américain » est battu en brèche par l’argent : un mauvais élève riche a autant de chances d’arriver à l’université qu’un bon élève pauvre. L’ascenseur social se grippe, une nouvelle aristocratie de l’argent se forme. De plus en plus, les citoyens constatent qu’il y a deux poids, deux mesures, et pas pour les bonnes raisons.

Enfin, en mettant autant l’accent sur l’individu, elle tend à distendre le lien entre les citoyens et des Etats-nations, dont la perte de marge de manœuvre ne permet pas de renouveler le lien national. Comme le montre Jacques Généreux, elle pousse l’individu à l’individualisme au détriment du collectif ou tend à promouvoir des communautarismes de toutes sortes.

Un monde où règne le chacun pour soi

Et comment ne pas voir la patte de la globalisation néolibérale dans l’évolution des rapports internationaux ? A force de promouvoir le pur intérêt égoïste, dont la somme serait censée produire un intérêt commun, les pays ne sont plus capables de dépasser leur propre intérêt pour envisager le bien commun de la planète. C’est ce que montrent les discussions plus mesquines les unes que les autres sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, que ce soit au niveau européen ou mondial.

Cette évolution consacre également la très darwinienne loi du plus fort, qui a présidé aux interventions des Etats-Unis en Irak ou celle d’Israël au Liban, malgré l’opposition de la majorité du concert des nations, et sans la moindre conséquence pour ceux qui ont pourtant violé les règles de la communauté internationale. L’expression d’un bien commun planétaire semble désormais un doux rêve.

Les trente dernières années montrent que la globalisation néolibérale est incapable de produire du bien commun. Elle ne tend qu’à produire un monde égoïste, injuste et instable, sans doute le signe que le cadre mondial n’est pas capable de produire de l’intérêt général.

Ce papier et les deux suivants sont l’aboutissement de nombreuses lectures, les livres de Frédéric Lordon et Dominique de Villepin, les débats du blog Horizons, ainsi que d’une soirée de discussion avec Stéphane, Charles et Emmanuel, qui m’a servie de catalyseur. Je les en remercie.

Demain, « Re-internationalisation contre globalisation »

 

http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/archive/2009/11/02/la-globalisation-neoliberale-contre-l-interet-general.html

 

 

 

La globalisation aggrave les risques systémiques

 

C'est presque une tautologie de dire que la globalisation aggrave les risques systémiques, de même qu'elle aggrave les risques de pandémie, mais l'application de la théorie de l'évolution à l'économie permet plus précisément de prédire que la mondialisation devrait accroître le risque de récession et de récupération lente, un phénomène qui serait corroboré par des données réelles.

C'est pourtant le contraire de ce qu'on prétendait à nous vendre une "mondialisation heureuse" qui n'était qu'un emballement insoutenable même si elle a permis le décollage de la Chine ou du Brésil, entre autres. Notre seule chance de sortie réside d'ailleurs dans le découplage relatif de ces pays et des vieilles économies endettées mais les interdépendances sont probablement trop fortes. De quoi nous condamner sans doute à une crise plus longue, en rapport avec les masses en jeu, mais c'est surtout l'occasion de revenir à plus de modularité ainsi qu'à la pluralité des systèmes, sur le modèle du vivant, ce qui a toujours constitué le fondement explicitement anti-totalitaire de l'écologie-politique.

Les biologistes ont longtemps tenté de comprendre la structure modulaire des êtres vivants, un module étant une structure qui peut fonctionner de façon relativement indépendante des autres parties du système. Ainsi, on peut considérer comme module l'écologie d'un milieu, un groupe au sein de cette écologie, un animal, un organe, une cellule au sein de cet organe, un gène au sein de cette cellule, et ainsi de suite.

Il y a 2 ans, Sun Jun et Michael Deem, des physiciens de l'Université Rice à Houston, ont fait l'hypothèse que cette modularité permet à un système d'évoluer plus facilement et réduit les risques d'effondrement catastrophique face à une agression extérieure.

Ils ont surtout montré que la modularité émerge spontanément de processus évolutionnistes relativement lents et qui échangent des informations.

Rien de nouveau pour l'écologie sinon de faire émerger cette modularité de ces 2 conditions : un temps long et des échanges d'information. Cette fois Deem a voulu appliquer ces principes au commerce mondial dont il a pu vérifier effectivement la modularité à toutes les échelles (entreprises, groupes de commerce, pays, etc.) mais aussi que la mondialisation et la suppression des barrières douanières tend à supprimer cette modularité.

Cependant, la mondialisation est un processus qui réduit la modularité, car elle encourage l'égalité des échanges entre les différentes entités dans différentes parties du monde. Seulement, dans les systèmes naturels, loin d'augmenter la robustesse du système face aux perturbations, une baisse de la modularité la diminue.

Ce qui est intéressant, c'est que cela semble effectivement confirmé par les données. Ils ont étudié la nature des différentes récessions mondiales depuis 1969 et ont constaté que l'augmentation de la mondialisation rend l'économie mondiale moins stable. Qui plus est, lorsqu'une récession se produit, la récupération est plus lente à mesure que la mondialisation progresse.

A rebours du mouvement précédent, on pourrait donc connaître avec cette crise un certain reflux de la globalisation avec un retour à une plus grande régionalisation au moins, sinon à l'éclatement de la zone Euro comme nous l'annonce Joseph Stiglitz. L'histoire ne va pas en ligne droite. Une autre caractéristique des systèmes vivants, en effet, c'est leur caractère cyclique traitant alternativement les excès et les manques (l'homéostasie n'est pas statique mais vivante, réactive). C'est d'ailleurs ce qui n'est pas pris assez en compte par les physiciens et fausse sans doute un peu les données (d'une phase B d'un cycle de Kondratieff), sans leur faire perdre toute pertinence. Il faut bien dire aussi que le reflux de la globalisation ne peut aller très loin avec la globalisation effective des communications sur laquelle on ne reviendra pas.

Les auteurs de l'étude prédisent un retour des hiérarchies et des accords bilatéraux préférentiels mais on peut penser que les effets pourraient être plus profonds en faveur d'une pluralité des systèmes (Un seul monde, plusieurs systèmes). Il faut souligner que Bernard Lietaer défend depuis quelque années cet argument du besoin d'une pluralité de monnaies, entre efficacité et capacité de résilience. Ce qui a toujours opposé l'écologie-politique aux anciennes idéologies plus ou moins totalitaires, c'est la valorisation de la diversité et du local qui prend au dépourvu les tendances étatistes et toutes les utopies simplificatrices.

En tout cas, les bienfaits de la modularité et de la relocalisation pourraient se faire sentir en premier lieu sur le plan monétaire effectivement : sortie de l'Euro pour pouvoir dévaluer sa dette ou monnaies locales pour maintenir l'activité locale malgré les désordres monétaires ? De quoi se méfier d'une monnaie mondiale qui ne serait pas du tout un gage de stabilité à long terme, contrairement aux apparences, car l'économie n'est pas stable et doit pouvoir s'ajuster aux cycles générationnels et situations locales. C'est l'erreur de tous les monétarismes d'isoler la monnaie des autres facteurs de production.

Il faudrait que cette crise qui est une crise de la globalisation, et pourrait donc s'étirer dans la durée, soit l'occasion d'une véritable réflexion sur l'altermondialisme, sur l'équilibre entre une mondialisation qui a ses avantages (y compris écologiquement) et la nécessaire pluralité des systèmes avec la préservation de leur autonomie relative, attirant l'attention sur une indispensable relocalisation enfin qui n'est pas assez prise au sérieux et dont les monnaies locales sont l'instrument privilégié (avec des coopératives municipales) à l'opposé d'un renfermement sur soi et d'une montée des nationalismes, qui risque d'être irrépressible, hélas.

Il faudrait que ce soit l'occasion de comprendre ce que signifie véritablement l'écologie-politique au-delà de la défense de l'environnement, et en quoi c'est notre avenir qui n'est peut-être pas à l'extension sans fin de la globalisation marchand

 

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