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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 06:59
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  [Du New York Times au mexicain The News, en passant par les dépêches de l’agence Guysen, peu suspecte de sympathie envers La Paix Maintenant, la presse internationale a fait écho au survol aérien du nord de la Cisjordanie organisé lundi 20 septembre par ce mouvement à l’intention d’un groupe de députés et de personnalités de la société civile. Pour Yariv Oppenheimer, secrétaire général de LPM, il s'agissait d'alerter quant à la perspective d'un État binational, du fait de la réalité nouvelle sur le terrain, ces passagers aux opinions parfois diamétralement opposées.

 “Cela me réchauffe le cœur de voir sous tous les angles des Juifs habitant le moindre recoin de la Terre d’Israël”, déclarait ainsi le député Arieh Eldad, à l’extrême droite de l’échiquier politique ; tandis que le dramaturge Yehoshoua Sobol comparait  les implantations “étendant leurs métastases” à ”des tiques collées au flanc des villages arabes”. L’auteur de cet article, Uri Misgav, voyait là quant à lui un cas d’école, “l’exemple tragique d’un État agissant à l’encontre de ses intérêts propres”.]


www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3960178,00.html

Yedioth internet, le 27 septembre 2010

La marche folle d’Israël : les implantations

par Uri Misgav

Trad. : Tal pour La Paix Maintenant

 

On définit la folie comme une stupidité poussée à l’extrême et un dramatique déploiement d’inanité. Au plan national la folie consiste, pour un État, à persister à mener une action parfaitement contraire à ses intérêts propres. [Phénomène étrange, dont l'étude valut la gloire à celle qui en dressa le tableau clinique].

Dans son ouvrage célèbre, La Marche folle de l’histoire (1), Barbara Tuchman indique trois conditions essentielles à l’entrée dans ce club douteux : les conséquences de la folie doivent apparaître clairement non a posteriori, mais tandis qu’elle a encore lieu ; une alternative saine doit exister en parallèle ; il faut, enfin, que la folie soit revendiquée comme la politique d’un groupe, plutôt que celle d’un dirigeant, et se poursuive sur plus d’une génération.

L’historienne a consacré la majeure partie de son travail à deux exemples flagrants : l’affrontement entre la Grande-Bretagne et ses colonies américaines au 18e siècle, et l’enlisement des États-Unis dans le marécage vietnamien dans la seconde partie du 20e siècle. Eût-elle été en vie aujourd’hui, nul doute qu’elle aurait ajouté à son livre un chapitre portant sur l’entreprise israélienne d’implantation dans les territoires occupés.

Les colonies vont à l’encontre des intérêts d’Israël en ce qu’elles rendent plus difficile la partition territoriale, menaçant ainsi la continuité de l’entreprise sioniste. Elles contraignent aussi Israël à maintenir le règne de l’occupation militaire ; l’isolent sur la scène internationale ; accentuent vivement l’animosité arabe et celle du monde contre Israël et les Juifs.

En dépit de quoi les gouvernements israéliens s’acharnent cependant, depuis deux générations déjà, à faire exister des colonies et y déverser d’énormes ressources. Les implantations sont notre folie. C’est un puissant symbole que de voir le sort du processus diplomatique dépendre, cette fois encore, de la construction de colonies, plutôt que d’arrangements de sécurité, du retour de réfugiés, ou de la souveraineté sur Jérusalem.


Dans leur majorité, les Israéliens ne sont pas convaincus

J’ai récemment survolé les implantations, à l’occasion d’un vol organisé                                                                                                             par le mouvement La Paix Maintenant. Je connais assez bien le terrain, mais la vue aérienne donnait toute sa force à la vieille histoire. Voilà les toits rouges et les piscines bleues, comme un clou planté dans le flanc de collectivités palestiniennes grises et surpeuplées, se répandant au moyen de caravanes blanches en une structure de 95 avant-postes illégaux (2).

 Non moins saillantes, surgissaient les constructions attendant la fin du “gel” [pour reprendre] – des milliers d’habitations potentielles, pour la plupart réservées à des ultra orthodoxes que rien n’intéressait sinon d’être logés à bas prix grâce aux aides gouvernementales.

J’ai aussi remarqué les vastes autoroutes construites par le gouvernement à travers la Cisjordanie. Elles étaient vides. Il se peut que les colonies soient parvenues à s’implanter dans les milieux politiques, mais ni dans les cœurs ni dans les jambes de la population : jusqu’à présent, seuls 300 000 Israéliens ont choisi de vivre au-delà de la Ligne verte. C’est tout juste si les autres excursionnent en Judée et Samarie, ou dans les gorges du Jourdain. Ils connaissent à peine la région.

 Lors du récent débat autour du boycott du théâtre d’Ariel (3), on a pu voir que la plupart des Israéliens n’imaginaient pas à quel point Ariel est loin de la Ligne verte, et combien insister pour le conserver au sein d’Israël dans le cadre d’un accord final sur le statut territorial irait à l’encontre d’un traité de paix, ou dessinerait une frontière irréaliste tant en termes de sécurité que de géographie.

 Cela, bien sûr, n’empêche pas le gouvernement de fonder en ce moment même à Ariel une nouvelle zone industrielle, tout en subventionnant un collège et une zone high-tech dans la ville. Pendant les vacances, j’ai rencontré un jeune et brillant entrepreneur high-tech en passe de délocaliser sa start-up à Ariel. ”Nulle part ailleurs je n’aurais eu des conditions pareilles”, disait-il avec tristesse. J’ai regardé son visage défait, et j’ai vu le visage de notre pays.

 La seule chose que j’aurais alors voulu faire était de hurler à la face des cieux deux mots, dans le droit fil de la tradition juive faisant front à l’élément étranger qui envahit un corps sain et le pousse à une conduite totalement insensée : “Hors d’ici, Dibbouk !”

 

NOTES 

(1) Barbara Wertheim Tuchman, The March of Folly: from Troy to Vietnam, Ballantine Books, nombreuses rééditions depuis 1985 ; en traduction française, La Marche folle de l’histoire, de Troie au Vietnam, Robert Laffont, 1992.

(2) Voir la carte interactive des implantations, consultable et téléchargeable à partir des sites israélien et/ou américain de LPM : http://www.peacenow.org/map.php

Vous y trouverez également une application I-Phone, Facts on the Ground :  http://itunes.apple.com/us/app/apn-facts-on-ground-map-project/id385800990?mt=8

 (3) Il s’agit du refus personnel de nombreux artistes israéliens d’aller se produire à Ariel, par delà la Ligne verte : la frontière antérieure à la guerre des Six Jours, en partie rematérialisée par le Mur, sinon sur les cartes.

 

 

 

http://panier-de-crabes.over-blog.com/article-la-marche-folle-d-israel-les-implantations-58319447.html

 



(JPG)

La mosquée du village de Beit Fajjar en Cisjordanie,

près de Bethléem, a été partiellement incendiée

par un groupe de colons juifs le lundi 4 octobre 2010

Photo : AP/Bernat Armangue

Des colons israéliens ont mis le feu à une mosquée dans une ville palestinienne en Cisjordanie occupée, endommageant des tapis de prière et un grand nombre d’exemplaires du Coran, et écrivant des slogans anti-arabes sur les murs.

Selon des témoins, cinq colons juifs ont fait irruption dans une mosquée à Beit Fajjar dans les premières heures de lundi et y ont mis le feu avant la prière du matin, a déclaré Ahmad Thawabteh, le maire de la ville, à Al Jazeera.

Avital Leibovitch, porte-parole militaire israélienne, a déclaré que les autorités israéliennes allaient traduire les coupables en justice [on n’y croit pas une seconde... NdT). [...]

Forte émotion

Selon Nour Odeh d’Al Jazeera, rapportant depuis la mosquée, l’émotion soulevée dans la ville est extrêmement forte.

« C’était un peu avant trois heures du matin ; quand les habitants ont vu la fumée sortir de la mosquée, ils se sont précipités pour éteindre le feu », dit-elle.

« Nous avons entendu les habitants ... lançant des cris de vengeance. Beaucoup de gens ici [appellent cela une] attaque de type religieux plutôt que pour des buts politiques. »

Mike Hanna, rapportant pour Al-Jazeera depuis Jérusalem, nous déclare : « Bien évidemment, c’est quelque chose qui va aviver les tensions à un moment où le cabinet israélien se réunit pour discuter d’une éventuelle extension du gel de la colonisation. »

« Une mosquée a déjà été incendiée en Cisjordanie plus tôt cette année par des colons prétendant qu’elle a été sur leurs terres - des terres [volées aux Palestiniens] qu’ils revendiquent et occupent. »

« Il y a certainement un but délibéré. Il y aura une manifestation de colons aujourd’hui au nord de la Cisjordanie, également liée à une mosquée que les colons veulent détruire. »

Colonies juives

Les vandales écrivent à la peinture sur les bâtiments et les voitures les mots « prix à payer », ce qui laisse entendre que les attaques sont un « prix » en cas de tentative par le gouvernement israélien de freiner la croissance des illégales colonies de peuplement.

Les groupes de défense des droits humains disent que le gouvernement israélien ne prend pas les attaques suffisamment au sérieux.

Dans un rapport, Amnesty International constate que « l’impunité reste la norme » pour les colons accusés d’actes de vandalisme et d’agressions physiques contre les Palestiniens.

La tentative de destruction de la mosquée de Beit Fajjar intervient alors que des responsables israéliens et palestiniens se préparent à reprendre des discussions indirectes.

Les dirigeants palestiniens demandent un gel complet de la construction par Israël de nouvelles colonies en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

Binyamin Netanyahu, le premier ministre israélien, avait approuvé l’an dernier le principe d’un ralentissement temporaire de la croissance des colonies de Cisjordanie - mais sans que cela s’applique à Jérusalem-Est.

4 octobre 2010 - Al Jazeera - Vous pouvez consulter cet article à :
http://english.aljazeera.net/news/m...
Traduction : Info-Palestine.net

 

 

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=16426

 



Auteur : Al Jazeera - Source : Info-Palestine

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commentaires

eva R-sistonsChère Coirinne, 15/10/2010 15:41



Hélas, Do, ce scénario est possible... Bien à toi, eva



Dominique 06/10/2010 20:04



Devant la complicité de la majorité des dirigeants arabes et avec l'appui implicite des occidentaux,Israël peut gagner et réussir sa colonisation de la Palestine.Très difficile mais pas
impossible,le sionisme peut triompher.


 



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