Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 23:10

http://last48hours.com/wp-content/uploads/2011/05/Le-capitalisme.jpg

http://last48hours.com/wp-content/uploads/2011/05/Le-capitalisme.jpg

Après le capitalisme (1)

 

 Partager

Dans le billet du 11 décembre, De la nature intime du capitalisme, nous avons tenté de répondre à la question « Un capitalisme à visage humain est-il possible ? » avant de conclure par la négative, compte tenu des exigences quasi-insurmontables que suppose une telle évolution.
  
Alors, quelle autre « solution », s’il en existe une ? Tenter d’y répondre suppose de prendre un peu de recul.
  
  
Homo economicus
  
Dans le précédent billet, nous avions noté que le système économico-social dénommé « capitalisme », qui a véritablement décollé lors de la révolution industrielle, se caractérise par une primauté essentiellement basée sur l’argent, par opposition à l’Ancien Régime, où la primauté était essentiellement basée sur la naissance.
  
Cette primauté de l’argent a sous-tendu la quasi-totalité des idéologies et mouvements de pensée des deux derniers siècles. Libéralisme économique vs socialisme ou marxisme a été le combat dominant de la fin du XIXe à la fin du XXe siècle : dans les deux cas, tout tourne autour de la distribution de la richesse matérielle dans la société et de l’opportunité de réguler ou non cette distribution.
  
Certains ne manquent d’ailleurs pas de souligner que cette place centrale qu’occupe la répartition de la richesse a fait de l’homme moderne un homo economicus. Il est non seulement devenu une « machine à consommer » (plus ou moins, en fonction de ses moyens financiers), mais aussi et surtout la quasi-totalité de la réflexion « sociétale » tourne autour de modèles économiques, fussent-ils « alternatifs ».
  
La « quête du bonheur » d’homo economicus se résume en la quête d’un « Graal économique », la recherche d’une société économique parfaite où la félicité de tous serait assurée. Partant de ce postulat, toutes les questions de l’existence sont examinées sous un prisme essentiellement, voire exclusivement, économique.
  
Cette tendance devrait se poursuivre jusqu’à l’absurde et à la marchandisation totale d’homo economicus, d’une part en tant que force de travail « atomisée » (voir Rêve de HAL), d’autre part en tant qu’être vivant, d’où notre hostilité à toute forme d’euthanasie, laquelle constituerait un élément déclencheur de cette évolution (voir La boîte de Pandore).
  
Lorsqu’il aura atteint un niveau de concentration des richesses insupportable mais surtout intenable, c’est-à-dire lorsqu’une majorité d’hommes ne reconnaîtront plus la détention de biens immatériels comme source de « richesse » (en d’autres termes, je détiens une entreprise parce que j’en suis le principal actionnaire. Mais, le jour où la majorité des individus considère les actions comme un bout de papier sans valeur, un peu comme de l’emprunt russe, alors tout bascule), le système économico-social basé sur la primauté de l’argent – le capitalisme – s’effondrera. Mais pour être remplacé par quoi ? Quelle « primauté » s’imposera alors ?
  
Un autre paradigme ?
  
Répondre aujourd’hui à cette question est non seulement difficile mais assurément hasardeux. Nous allons essayer de le faire mais en privilégiant l’étude de plusieurs scénarios ou tendances et en estimant leur probabilité de réalisation.
  
Trois points importants cependant :

● la future « primauté » est certainement déjà en germe dans nos sociétés, que ce soit au sein de la société dite « occidentale » ou dans d’autres sociétés, un peu comme le christianisme était déjà en germe – avec beaucoup d’autres « mouvements » concurrents – dans l’Empire romain décadent ;

● les scénarios que nous allons évoquer ne sont pas exclusifs l’un de l’autre. Ils peuvent cohabiter dans des zones géographiques différentes, voire à l’intérieur d’une même zone. Cette juxtaposition pourrait d’ailleurs renforcer l’impression de chaos qui ne manquera pas d’accompagner l’écroulement du système existant ;

● le « c’est impossible, ça n’arrivera jamais » n’existe pas en histoire. Que le catholicisme devienne un jour religion d’État des territoires conquis par Rome aurait semblé totalement absurde à un Romain du Ier siècle ; que la tête d’un roi de France puisse tomber dans un panier était inimaginable pour un Français de 1750 ; plus près de nous, qu’un noir devienne Président des États-Unis était impensable pour l’Américain moyen des années 1950.


Scénario n° 1 : la primauté de la force
  
La primauté de la force se taille la part du lion dans l’histoire, symbolisée très tôt par la fable d’Ésope, Le loup et l’agneau. Elle pourrait, sans doute plus rapidement qu’on ne l’imagine, se substituer à la primauté de l’argent.
  
Comment ce transfert pourrait-il s’opérer ? Forçons un peu le trait pour imaginer un scénario-type.
  
M. A… possède une fortune de plusieurs milliards d’euros. Il passe sa vie « entre New York et Singapour », comme le dit la chanson, achetant et vendant toutes sortes de biens, essentiellement immatériels : actions d’entreprises, obligations d’États, contrats à terme, etc. Il est entouré de banquiers, d’avocats d’affaires et d’un staff à dominante juridico-économique. Il a bien deux ou trois gardes du corps, mais pas plus. Il tire son pouvoir – sa primauté – de la détention d’un argent essentiellement virtuel.
  
Dans un contexte de concentration du capital et de baisse du rendement de l’argent lié à la « finitude » des ressources terrestres et à l’appauvrissement de la quasi-totalité de la population, la détention d’un énorme capital virtuel va avoir de moins en moins de « sens ». Pour que tous ces actifs immatériels aient de la valeur, il faut qu’il existe à la surface du globe une « masse critique » d’individus qui leur accordent de la valeur, aux yeux desquels ces actifs soient désirables. Pour raisonner par l’absurde, si un homme seul détient la totalité des actifs immatériels de la planète, ceux-ci ont une valeur infinie… ou pas de valeur du tout.
  
Nous n’en arriverons évidemment pas à cette situation extrême mais plutôt à une phase où les « capitalistes », réalisant la fragilité et perdant confiance en la solidité de leurs actifs immatériels, vont chercher à les transformer en biens tangibles détenus et protégés par la force.
  
Comment ? Par exemple, en achetant ou en s’emparant (le premier, car les retardataires ne seront pas servis !) d’une zone géographique ou d’un territoire que l’on fait alors contrôler par une armée privée (voir De Mégara à Wall Street). Ce faisant, la primauté de l’argent se trouve remplacée par la primauté de la force. La principale menace qui pèse alors sur notre « ex-capitaliste » n’est plus l’autre capitaliste qui pouvait le battre au Monopoly boursier mais le « seigneur » du territoire voisin qui convoite ses terres ou ses usines, voire le commandant de son armée privée qui se verrait bien « calife à la place du calife ».

En d’autres termes, nous passerions d’un rapport dominant/dominé (ou maître/esclave) basé sur l’argent à un rapport identique basé sur la force, dans une société « re-primitivisée ».
  
Ce fut en partie – en partie seulement – la primauté qui s’établit à la fin de l’Empire romain. Débris de l’armée romaine et tribus barbares dominaient alors par la force, remplaçant l’ancienne primauté basée sur le droit, la philosophie, l’argent ou la religion qui caractérisait la société romaine traditionnelle.
  
On trouve aujourd’hui les prémices de ce scénario « primauté de la force » dans plusieurs types de situations et/ou de zones géographiques :


● les « non-États », par exemple ceux situés dans la corne de l’Afrique, où la kalachnikov fait la loi ;

● les « démocraties sous contrôle », type Russie, où primauté de la force et primauté de l’argent s’interpénètrent ou se concurrencent, selon les circonstances ;

● certaines zones dites « de non-droit », situées au cœur des nations occidentales : ghettos nord-américains, favelas sud-américaines ou certaines banlieues européennes. La dégénérescence des États-nations qui va accompagner la phase ultime du capitalisme pourrait bien accélérer ce scénario : des caïds locaux, lointains héritiers des chefs barbares des IVe et Ve siècles, s’assurent par la force d’une emprise plus ou moins grande sur un territoire géographique donné.


Ce scénario d’une « primauté de la force » nous semble être le plus probable lors d’une première étape, celle de la dégringolade des États-nations puis du système capitaliste lui-même. Pourquoi ? Parce qu’il est un grand « classique » de l’effondrement des civilisations : « l’explosion » du capitalisme laissera homo economicus nu et, dans la plupart des cas, dépourvu de repères et d’alternatives. Le recours à la force – la primauté de la force – apparaîtra alors comme la solution la plus « évidente » dans un contexte de désagrégation des normes sociales.
  
Mais ce ne sera pas la seule. Il existe d’autres alternatives, que nous aborderons dans un prochain billet.
  
  
Lundi
© La Lettre du Lundi 2011

 

 

Mon commentaire :

 

eva R-sistons Says:

 

Bonjour

 

je ne suis pas d’accord avec la fin de ce post. En effet, les pays sont mal choisis. Plutôt que la Russie avec ses oligarques - depuis l’imposition du capitalisme par l’Occident - mais aujourd’hui au service de tous via de grands dirigeants comme Poutine qui aime son pays et qui a recréé une classe moyenne, plutôt, donc, je parlerai de tous les Etats conquis par l’Occident militaro-financier, Irak, Libye etc, dépecés, pillés etc… Et Rothschild qui achète des pans entiers de pays ? Comment va-t-il les défendre contre les affamés, comment va-t-il exploiter les richesses à son profit à la barbe des autochtones dans la misère ?

 

Eva

Partager cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog d' Eva, R-sistons à la crise
  • Le blog d' Eva,  R-sistons à la crise
  • : Tout sur la crise financière, économique, sanitaire, sociale, morale etc. Infos et analyses d'actualité. Et conseils, tuyaux, pour s'adapter à la crise, éventuellement au chaos, et même survivre en cas de guerre le cas échéant. Et des pistes, des alternatives au Système, pas forcément utopiques. A défaut de le changer ! Un blog d'utilité publique.
  • Contact

Recherche