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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 03:47

 

Le Capitalisme : Un Génocide Structurel – ou les mécanismes meurtriers de la mondialisation néolibérale

 

Avec la précision d’un procureur aguerri et la force morale d’un prophète de l’Ancien Testament, Garry Leech révèle que la puissance qui gouverne le monde à notre insu est responsable de dizaines de millions de morts chaque année. Ses actes sont froidement calculés ; ses crimes, prémédités ; les preuves, indiscutables.


Mais le monstre n’a pas de visage, ou plutôt il en a mille. Mu par une avidité sans limites, il contrôle tout, avale tout, détruit tout. Son nom : la mondialisation néolibérale ; son géniteur : le capitalisme.

Puisant dans l’histoire bouleversante des paysans dépossédés de leurs terres au Mexique et en Inde, dans celle des Africains qui meurent par millions chaque année faute de soins, Garry Leech démonte méthodiquement les mécanismes meurtriers de la mondialisation néolibérale et livre un réquisitoire implacable sur la nature génocidaire du capitalisme.

Ouvrage essentiel et révélateur, « Le Capitalisme : Un génocide structurel » ne se contente pas de dresser l’acte d’accusation du capitalisme et de remettre en cause la mondialisation néolibérale, il montre aussi comment les révolutions d’Amérique Latine peuvent établir les fondations d’une alternative mondiale viable, plus égalitaire, plus démocratique.

Dans le sillage de la crise financière globale et des coupes sombres budgétaires appliquées par les gouvernements dans le monde entier, tous les « Indignés » de la Terre, qu’ils participent au Printemps arabe, au mouvement Occupy Wall Street, aux révolutions d’Amérique Latine ou aux manifestations contre l’austérité en Europe, trouveront sans nul doute dans ce livre un guide pour continuer le combat.

GARRY LEECH
Garry Leech est un journaliste indépendant et l’auteur de nombreux livres, dont Le Capitalisme : Un Génocide Structurel (Le Retour aux Sources, 2012), The Failure of Global Capitalism: From Cape Breton to Colombia and Beyond (CBU Press, 2009), Beyond Bogotá: Diary of a Drug War Journalist in Colombia (Beacon Press, 2009) et Crude Interventions: The United States, Oil and the New World Disorder (Zed Books, 2006).
Aujourd’hui, il dirige le Centre des Etudes Internationales de l’université de Cap-Breton au Canada, où il enseigne au Département de Sciences Politiques.
Auparavant, Garry Leech a passé près de dix ans dans les zones de guerre en Colombie, où il publiait le Colombia Journal (2000-2011). En mars 2012, il a lancé le site internet Beyond Capital qui apporte une analyse critique du capitalisme mondial et examine les possibilités pour établir des alternatives plus démocratiques, plus égalitaires et viables.

 

C’est avec l’aimable autorisation des ayants droits de la traduction française que Mecanopolis vous présente un extrait de l’introduction du livre de Garry Leech :

 

Les philosophes n’ont fait [jusqu’à présent] qu’interpréter
diversement le monde ; il s’agit maintenant de le transformer.

Karl Marx

Au cours des trente dernières années, j’ai beaucoup voyagé en Amérique Latine. J’y ai aussi beaucoup travaillé et j’ai pu constater que des pans entiers de la population latino-américaine vivent dans une misère inconcevable pour la plupart des Nord-Américains – Étasuniens et Canadiens. Pire, tout au long de ces années, non seulement le niveau général de pauvreté n’a pas diminué, mais les inégalités se sont accrues. […]

Parmi toutes les expériences que j’ai vécues en Amérique Latine, en 1989, l’une d’elle, intense et bouleversante, m’a profondément marqué, alors que je descendais seul en canoë le Rio Napo, en Amazonie équatorienne. J’ai passé presque deux semaines sur cette rivière où j’ai séjourné chez plusieurs familles indigènes. […]

La plupart des habitations du village[…] avaient été abandonnées, et seule une poignée de personnes y demeurait. J’ai appris qu’une compagnie pétrolière était arrivée dans ce village seize ans auparavant. Cette société avait promis aux indigènes des emplois et une vie meilleure. Ceux-ci ont donc abandonné leur style de vie traditionnel, caractérisé par la chasse, la pêche et la cueillette en forêt. Il leur était désormais inutile de se livrer à ces pratiques car la compagnie leur fournissait toute la nourriture et les biens dont ils avaient besoin en échange de leur travail, et les villageois finirent par penser que leur vie serait toujours ainsi. Mais le pétrole se tarit un an avant mon arrivée et les indigènes rencontrèrent de grandes difficultés pour retourner à leur manière de vivre traditionnelle car le pétrole avait pollué la forêt et les cours d’eau. […] Finalement, face à la difficulté de se nourrir après le départ de la compagnie, beaucoup d’entre eux […] ont abandonné le village et sont partis à la recherche d’un emploi dans les villes équatoriennes, dans une tentative désespérée et souvent vaine de retrouver ce monde « moderne ». […]

Tragiquement, j’apprendrai plus tard que l’histoire de ce petit village indigène n’était pas unique. Les compagnies pétrolières basées aux États-Unis, parmi lesquelles Texaco, Occidental, Conoco, Amoco, ARCO, Unocal et Mobil, avaient opéré dans toute la région amazonienne du Napo depuis les années 60 avec des conséquences dévastatrices pour la population indienne et la forêt tropicale. Dans leurs opérations, ces compagnies ont déversé des produits chimiques non-traités et des solvants industriels dans les eaux forestières. […] Dans le sillage de cette pollution, le nombre de cancers, de fausses-couches et d’infirmités de naissance a considérablement augmenté […]. [C]es opérations d’extraction […] n’ont pas été effectuées pour bénéficier à la population locale, mais pour assurer la continuité du mode de vie très confortable en Amérique du Nord.

Ainsi donc, presque cinq cents ans après l’arrivée des conquistadors espagnols, les Indiens d’Amazonie équatorienne étaient devenus les victimes d’une nouvelle conquête. Cette fois-ci, à la place d’Espagnols brandissant épées et canons, les nouveaux conquistadors étaient des grandes entreprises nord-américaines, armées de leur équipement de forage pétrolier et de promesses d’une vie meilleure. Ce sont les répercussions de cette conquête dont j’ai été le témoin dans ce village dévasté. […]

[…]

Beaucoup d’exemples, à travers l’Histoire, montrent que la violence physique directe utilisée sur une échelle massive au nom du capital – l’extermination des peuples indiens dans les Amériques, le commerce des esclaves, la Première Guerre mondiale, etc.– ne peut être balayée d’un simple revers de la main comme une exception à la norme, vu la nature relativement sporadique de son apparition. […] non seulement cette violence structurelle est inhérente au système capitaliste, mais elle provoque la mort à l’échelle d’un génocide, c’est-à-dire un génocide structurel basé sur une classe qui prend pour cible les pauvres, en particulier dans les pays du Sud.

[…]

La logique intrinsèque du capital le pousse à exploiter le moindre recoin de la planète, et les inégalités et la privation des droits fondamentaux qui en résultent pour des milliards d’êtres humains sont donc des composantes immanentes du capitalisme. […]

Quatre études de cas seront examinées pour illustrer comment le capitalisme constitue un génocide structurel perpétré contre des dizaines de millions de personnes en ce début du XXIe siècle. La première montre comment la politique de « libre-échange » mise en œuvre par l’ALENA […] a dépossédé de force près de deux millions de paysans mexicains qui ont dû quitter  leurs terres et se sont retrouvés ainsi privés de leurs moyens de subsistance. […]

La deuxième étude de cas examine les suicides des fermiers en Inde. […] Depuis 1997, plus de 200 000 paysans indiens se sont suicidés car ils ne voyaient aucun autre moyen honorable d’échapper à leurs dettes qui grimpaient en flèche et qu’ils avaient contractées lors de leur intégration dans le système capitaliste mondial.

La troisième étude de cas illustre comment la violence structurelle ne rend pas seulement les gens de plus en plus vulnérables à la violence physique directe – soit infligée par les autres, soit par eux-mêmes – mais les tue réellement et directement. Plus de dix millions de personnes chaque année dans le monde meurent de faim et de maladies qui sont évitables ou soignables, telles que le paludisme, la dysenterie, la tuberculose et le sida, l’Afrique sub-saharienne étant la plus touchée. […]

La quatrième et dernière étude de cas examine à quel point le capitalisme est non pérenne dans une perspective écologique et révèle qu’il constitue, là, une forme de génocide structurel contre les générations futures. […]

[…]

Mais il n’est pas suffisant de conclure que le capitalisme constitue un génocide structurel et qu’il devrait donc être considéré comme un système social illégitime ; il est essentiel que nous imaginions également ce à quoi pourrait ressembler une transformation sociale radicale de la société vers une alternative plus démocratique, égalitaire et viable. […] j’apporte une brève réflexion sur l’émergence d’expériences socialistes dans l’Amérique Latine contemporaine, en particulier au Venezuela et à Cuba. Enfin, j’examine la nécessité d’incorporer des approches « écosocialistes » dans tout modèle socialiste, afin de répondre efficacement à la crise écologique. Finalement, une transformation révolutionnaire est essentielle si nous voulons mettre un terme au génocide structurel du capitalisme.

En conclusion, ce livre se concentre sur le capitalisme en tant que génocide structurel et soutient qu’un système social alternatif plus humain pourrait mettre fin à cette catastrophe. […] j’apporterai la preuve que la catastrophe dont j’ai été le témoin dans ce village isolé d’Amazonie équatorienne est infligée d’une manière ou d’une autre à des milliards de personnes dans les pays du Sud par un système capitaliste génocidaire.

 

Reproduction autorisée avec indication des sources

 

 

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