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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 02:15

 

 

Le classement des pays: à quoi bon?
Dernièrement, les classements en tout genre sont devenues l’un des passe-temps favoris des médias et un régal raffiné pour les lecteurs. Les classements des meilleurs parmi les tous meilleurs sont aussi intéressants pour "monsieur tout le monde" que pour le spécialiste. Qui est le plus riche au monde? Dans quel pays y a-t-il le plus de milliardaires? Où observe-t-on la plus importante croissance économique et quel est l’État le plus failli?

Seuls les paresseux se dispensent d’établir des classements. En plus des agences de notation spécialisées, les recherches sont également menées par les sociétés commerciales, les organisations à but non lucratif, les structures politiques et, bien sûr, les médias.

À la fin de la semaine dernière, le magazine Newsweek a publié le classement des cent meilleurs pays au monde sur la base de la dynamique de la croissance économique, de la situation politique, de l’éducation, de la santé et de la qualité de vie. La première place revient à la Finlande, suivie par la Suisse, la Suède, l’Autriche et le Luxembourg. Le Cameroun, le Nigeria et Burkina Faso ferment la marche. La Russie est au milieu du tableau à la 51ème place, devant le Honduras et la Chine mais derrière Cuba et Panama. Sur le critère de l’éducation notre pays dépasse l’Italie, la Grèce, le Portugal et l’Espagne, ainsi que la Norvège très réussie (sixième place au classement général) mais en ce qui concerne la santé il est devancé par le Honduras, l’Algérie et le Maroc. La qualité de vie en Russie, à en croire Newsweek, est supérieure à celles de la Thaïlande, du Mexique et de l’Arabie Saoudite mais moindre que celles du Costa Rica, de l’Azerbaïdjan ou de l’Uruguay.

La 51ème place du classement, peu enviable, explique dans une certaine mesure l’attitude de la population envers l’État. Selon un sondage mené par RIA Novosti (http://www.rian.ru/vote/20100819/266812335-results.html), seulement 25% des 12 000 personnes interrogées ont déclaré vouloir vivre en Russie. Près de la moitié des sondés préféreraient un pays européen parmi une dizaine, 4,4% auraient souhaité vivre en dehors de l’Ancien Monde et presque 15% sont prêts à fuir dans l’un des pays proposés.

Tout classement, quel qu’il soit, est une chose très subjective. Le but des recherches visant à établir un classement n’est pas de présenter un tableau parfaitement objectif mais d’aider à faire un choix ou de fournir une évaluation lorsqu’il y a trop peu d’informations accessibles ou, au contraire, tellement d’informations qu’il est difficile de les synthétiser ou de les schématiser. Newsweek a cherché à établir le meilleur pays en se basant sur cinq critères. Chaque année l’organisation sociale The Fund for Peace détermine l’indice des États faillis, en tenant compte de douze critères à la fois. Dans les deux cas, tous les indices sont agrégés, c’est-à-dire que chacun d’eux est déterminé par plusieurs autres critères.

Parfois, les auteurs des classements s’octroient le droit d’influencer le résultat final. Cela se fait avec plus ou moins d’élégance. Parfois, lors de l’établissement des classements, les participants sont évalués selon un ensemble différent de critères et les résultats des recherches sont accompagnés de longues explications du "pourquoi". Cela peut être fait d’une manière plus élégante. La détermination du coefficient de chaque critère constitue la partie la plus créative, et de ce fait la plus subjective, de l’établissement des classements divers. Dans quelle mesure tel ou tel critère doit-il influencer le résultat final? La réponse à cette question détermine souvent le résultat final de la recherche. Supposons qu’il faille mettre en première place des classements une entreprise qui offre des services très coûteux mais de faible qualité. Pas de problème, il suffit seulement de transformer le coût des services en coefficient de majoration, cher signifie prestigieux, et notre protégé se retrouve sur la plus haute marche.

L’attitude révérencieuse envers les classements établis par les principales agences de notation et les médias de renommée est légitime. Avoir une cote de popularité n’est pas seulement prestigieux, ça présente un avantage économique. C’est la façon de fonctionner de l’économie moderne, l’humeur des investisseurs potentiels, des partenaires et des consommateurs peut dépendre directement du classement de la société ou de tout un pays dans la liste des meilleurs.

Toutefois, le cas de la Grèce qui, pendant plusieurs années de suite, avait présenté les indices minimisés de sa dette souveraine et du déficit budgétaire, a montré qu’en ayant envie on pouvait mener par le bout du nez les plus grands experts. En revanche, quand la supercherie a été mise au jour, l’Europe a failli être submergée par une nouvelle vague de la crise financière directement provoquée, notamment, par la chute de la Grèce, du Portugal et de l’Espagne dans le classement établi par l’agence internationale Standard & Poor’s.

Aujourd’hui, les politiques et les économistes de l’Ancien Monde remettent en question la légitimité des classements établis par Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch. Leurs prévisions conduisent à des effondrements de marchés. Peut-on alors considérer comme normale cette situation où le sort de pays tout entiers et la stabilité de la monnaie européenne dépendent de l’avis des agences de notation? Cette question reste toujours sans réponse.

Ce texte n’engage que la responsabilité de l’auteur


Vendredi 27 Août 2010


http://fr.rian.ru/ http://fr.rian.ru/

 

 

http://www.alterinfo.net/Le-classement-des-pays-a-quoi-bon_a49413.html

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