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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 00:39

 

Jeudi 5 avril 2012

A bas les impérialistesLe Mali risque de devenir la seconde Côte d'Ivoire de la France. On commence, depuis le coup d’État survenu le 22 mars, à faire la lumière sur ce qui s’est réellement passé. Et force est de constater qu’il y a un unique dénominateur commun entre la rébellion touarègue du Mouvement nationale de libération de l’Azawad, qui a repris la lutte armée contre le gouvernement de Bamako le 17 janvier dernier, et le coup d’État qui a déposé le président Amadou Toumani Touré : l’Élysée.

 

La presse malienne a en effet accusé à plusieurs reprises Paris de financer et d’armer les rebelles du MNLA, qui sont bien armés, bien informés et bien organisés. Dans le même temps, il paraît impensable que la France et ses agents secrets, éparpillés un peu partout dans le pays, n’aient pas vu venir le coup d’Etat que préparaient le capitaine Amadou Sanogo et ses militaires contre le président Touré, avec lequel la France avait eu ces derniers temps quelques anicroches à propos de la gestion qui était faite du « terrorisme » au Sahel et de la construction d’une base militaire à Tessalit. En outre, la position officielle n’est pas claire : tantôt la France condamne le coup d’État, tantôt elle réclame de nouvelles élections. Des faits qui rappellent étrangement la Côte d’Ivoire, où Paris a d’abord soutenu la rébellion, puis a organisé un coup d’État en 2002 pour enfin mettre Ouattara au pouvoir en 2010.

 

Parralèlement, la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), dirigée par le président ivoirien Alassane Dramane Ouattara, a menacé la junte militaire d’un « embargo diplomatique et financier » si l’ordre constitutionnel n’était pas rétabli d’ici lundi (1er avril, NDLR) au Mali. La décision a été prise jeudi 29 mars après une réunion d’urgence à la suite de l’échec de la mission du président Ouattara et de son homologue burkinabé Blaise Compaoré, qui n’ont ni l’un ni l’autre réussi à atterrir à Bamako. Des centaines de manifestants aveient en effet envahi la piste d’atterrissage pour protester contre la venue des deux présidents, parvenus respectivement au pouvoir dans leur pays à la faveur d’un coup d’État et considérés de fait comme les moins à même de donner des leçons de démocratie aux militaires.

 

Parmi les mesures prises au terme de cette réunion tenue à huis clos par le président de la commission de la CEDEAO, Kadré Désiré Ouédraogo, figure l’interdiction pour les responsables de la junte de se rendre dans les États membres. Des sanctions économiques pourraient suivre, parmi lesquelles le gel des biens desdits responsables, l’interdiction pour le Mali de poser l’ancre dans les ports des pays limitrophes ; sans oublier des sanctions financières, comme le gel des comptes souscrits auprès de la banque centrale des États de l’Afrique de l’ouest, et l’interruption des paiements en faveur de l’État malien effectués par des banques privées régionales. L’objectif de la CEDEAO est d’essouffler l’économie malienne, déjà éprouvée par la famine qui a touché le Sahel, et de convaincre la junte militaire de créer un gouvernement de transition que pourrait diriger Dioncounda Traoré, actuel président de l’assemblée nationale. Comme par hasard, Traoré se trouvait au moment du coup d’État à Ouagadougou (capitale du Burkina Faso) avant de s’envoler peu de temps après pour… la Côte d’Ivoire. Trop de coïncidences qui jettent de l’ombre sur le coup d’État malien et sur le rôle (à peine perceptible…) de la France.

 

Une intervention des États-Unis n’est pas non plus à exclure. Vendredi (30 mars, NDLR), Washington a débloqué quelque 120 millions de dollars pour le Sahel. Le capitaine Sanogo a d’ailleurs été formé à plusieurs reprises chez l’Oncle Sam, en particulier sur la base navale de Quantico, en Virginie. On dit aussi, pour la petite histoire, que le brave capitaine porte l’insigne de la marine américaine sur sa chemise. 

 

Pendant ce temps, les Touaregs du MNLA profitent de la confusion. Ils ont repris le 29 mars la ville stratégique de Kidal, non loin de la frontière algérienne. Selon des sources locales, ce seraient les militants d’Ansar Eddine qui se seraient emparés de la ville. En tout état de cause, la chute de Kidal ouvre aux rebelles la route aux villes de Gao et Tombouctou. Cette dernière est déjà en alerte maximale après l’annonce faite par le MNLA de l’attaquer dans les prochaines heures.

 

Dans la profession de foi du futur président Sarkozy figurait en 2007 cette phrase sentencieuse : « je ne passerai jamais sous silence les atteintes aux droits de l'Homme au nom de nos intérêts économiques ». A bon entendeur, salut !

 

Capitaine Martin

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