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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 06:15

 

Le Droit européen a permis la mondialisation néolibérale

 

Le plan que nous évoquions ici même en octobre dernier se confirme au plus près de ce que nous avions alors indiqué, et particulièrement en ce qui concerne la mise sous tutelle de la Grèce.

Nous écrivions en effet « qu’une des conditions sine qua none dictée par Bruxelles sera la mise sous tutelle directe et totale de ce pays par un triumvirat composé de cadres du FMI, de la BCE et de la Commission européenne. » C’est exactement ce qui est confirmé aujourd’hui par Bruxelles, et repris sans honte par l’ensemble des médias.


Nous vous proposons de reprendre notre texte point par point, il est – mis à part la partition de la zone euro en deux entités, ce qui se révèlera incontournable et n’est qu’une question de temps – on ne peut plus exact : L’agenda mondialiste de la crise de la dette des Etats européens

Mais cela n’est guère surprenant puisque tout a été planifié pour que le chaos économique permette la restructuration de nos existences : le droit européen a en effet permis de mettre juridiquement en place la mondialisation néolibérale, et son cortège de mesures fascisantes dont nous commençons à peine de sentir les effets, avec la complicité de l’ensemble de la classe politique. C’est ce qu’explique très adroitement Adien Abauzit, qui sera présent à notre conférence du 17 mars prochain, dans le quatrième extrait de son livre, « né en 1984 » que nous plaçons ci-après. Un texte incontournable.

Frédéric Courvoisier, Mecanopolis

Le Droit européen est un droit néolibéral dans son esprit et dans sa lettre

Par Adrien Abauzit

Les Européens ont perdu toute confiance à l’égard du personnel politique grec, dont l’incompétence le dispute à la corruption. L’Eurogroupe a donc décidé que la Commission, la BCE et le FMI enverront une mission permanente sur place afin de surveiller l’application des réformes. La Grèce avait dû accepter un tel contrôle après la faillite de 1893 : entre 1897 et 1914, la commission financière internationale (Allemagne, Autriche-Hongrie, France, Grande-Bretagne, Italie) avait été chargée de surveiller le budget grec, ligne par ligne, ce qui avait permis de moderniser le pays.

Nos perroquets de presse incultes ignorent absolument tout du droit européen, ce qui ne les empêche pas, dans une écrasante majorité, d’en être des défenseurs acharnés et béats.

Le droit européen naquit du traité de Rome (1957). L’objet de ce traité était la réalisation d’un marché commun. Les traités européens postérieurs ne dérogent pas à cette règle, seul change le fonctionnement des institutions européennes, non leur but.

Comment s’est créé juridiquement ce marché commun ? Par la consécration de qu’on appelle dans le jargon juridique les « quatre libertés », soit les libertés de circulation des marchandises, des capitaux, des personnes et des services.

Du traité de Rome jusqu’à l’Acte unique, seules furent appliquées la liberté de circulation des personnes, qui ne posait aucun problème de dumping social du fait de l’homogénéité des Etats membres d’origine, et la liberté de circulation des marchandises, en faveur de laquelle celle qu’on appelait autrefois la Cours de justice des communautés européenne (CJCE) joua un rôle fondamental par l’arrêt Cassis de Dijon (20 février 1979). Jusqu’ici, le droit européen ne posait aucun problème et avait même des effets positifs en matière d’échange.

Ces effets positifs venaient de deux faits : d’une application incomplète du traité de Rome et de l’existence d’un tarif extérieur commun élevé, rendu possible par l’absence de l’Angleterre dans l’Union.

Ensuite, les choses changèrent du tout au tout. L’Angleterre (enfin la City) rentra dans la CEE, suite à la trahison de Pompidou, et usa de son influence pour imposer le libre échange en faisant diminuer le tarif extérieur commun. Puis Jacques Delors « socialiste » foudroya le peuple de France pour un traité félon : l’Acte unique.

Ce traité était censé donner les armes juridiques à la Commission européenne pour définitivement mettre en place un marché commun encore trop piétinant. Pour ce faire, l’Acte unique mit en branle un puissant venin : la liberté de circulation des capitaux. Les capitaux du monde entier avaient dorénavant le droit de faire tout ce qu’ils désiraient en France. Résultat ? La moitié du CAC 40 est aujourd’hui possédé par des fonds de pension anglo-saxon, et ce y compris dans les domaines stratégiques. De même, notre patrimoine public est bradé au premier investisseur venu.

Ce traité est catastrophique du point de vue de l’intérêt national, mais exceptionnel pour l’intérêt de l’oligarchie financière.

Le traité de Maastricht consacre la mise en esclavage bancaire des peuples d’Europe pas son article 104. Et le traité de Nice précise que, dorénavant, la politique économique de l’UE sera conforme au principe d’une économie de marché « ouverte ». Traduction : le libre-marché est la règle.

Quelle que soit l’étiquette politique du parlement européen ou de la Commission européenne, leur but consacré par les traités est d’appliquer… les traités européens, soit de maintenir l’emprise néolibérale sur les marchés d’Europe.

Le droit européen, par la réalisation des « quatre libertés », est-ce qui a permis de mettre juridiquement en place la mondialisation néolibérale et de donner les pleins pouvoirs à l’oligarchie financière. Question : pourquoi nos hommes politiques ont-ils laissé faire un tel sabordage ? Réponse : par indifférence pour les malheurs du peuple, par cupidité et par lâcheté.


Adien Abauzit

A propos de l’auteur, lire « Né en 1984 », l’indispensable livre d’Adrien Abauzit

 

Article placé le 25 fév 2012, par Frédéric Courvoisier (Genève)

Publié en exclusivité sur Mecanopolis avec l’autorisation des ayants droit
Reproduction autorisée avec indication des sources

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