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9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 22:38

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Contre les méfaits de l'agriculture productiviste, allez voir le film de Coline Serreau !

 

 

Coline Serreau, la réalisatrice de "Trois hommes et un couffin" et de "la Belle verte" a réalisé "Solutions locales pour un désordre global", un "docu" écologique et engagé, qui sort en salle ce mercredi 7 avril 2010. Ce documentaire donne la parole, à travers le monde, à des agriculteurs, des philosophes, des économistes, des experts en biologie qui, tout en faisant le même constat sur la crise de notre modèle de société, inventent des alternatives. Rencontre avec la réalisatrice. Voir la Bande annonce et Le site du film

 

Qui a dit : «De grâce, mettons fin aux débats inutiles. Si le développement durable rime avec décroissance et désertification des campagnes, je vous le dis tout net, Grenelle ou pas Grenelle, le débat se fera sans la FNSEA». L'ineffable Jean-Michel Lemétayer, Président de la FNSEA qui, en la matière s'inspirait des propos opportunistes de Nicolas Sarkozy au Salon de l'agriculture, dénonçant le trop-plein environnemental, et fustigeant à plusieurs reprises l'attitude et l'intransigeance des associations écologistes. Le Ministre de l'Agriculture est allé plus loin dans le clientélisme : "certains parlent de l'environnement. Vous, vous le défendez. « Agriculteur - pollueur », cela n'existe que dans l'esprit égaré de quelques citadins, qui n'ont jamais mis les pieds dans nos campagnes et n'ont jamais mesuré combien vous aviez su changer."

 

Les pollutions liées aux nitrates et aux phytosanitaires sont le résultat de « l'insuffisante volonté de l'Etat de remettre en cause des pratiques agricoles marquées par l'encouragement au productivisme »

 

Or, le dernier rapport de la Cour des Comptes est sans appel : les pollutions liées aux nitrates et aux phytosanitaires sont le résultat de « l'insuffisante volonté de l'Etat de remettre en cause des pratiques agricoles marquées par l'encouragement au productivisme et le choix d'une agriculture intensive. Il préconise de « durcir l'encadrement réglementaire des pratiques agricoles et de mettre les redevances liées aux pollutions agricoles, qu'il juge non dissuasives, « plus en rapport avec le coût de la dépollution. Face aux discours à courte vue des responsables agricoles, rappelons que le Commissaire européen à l'agriculture et au développement rural, Dacian Ciolos, a lui-même déclaré récemment que «l'environnement est le meilleur argument en faveur de la PAC, allant ainsi à l'encontre des discours tenus en France. Car le modèle même de la PAC est en crise et chacun sait qu'il va falloir la réformer car, comme le soulignent, dans leur réponse au président de la FNSEA les organisations réunies dans le Groupe PAC 2013 (FNH, WWF, FNAB, FNCIVAM, RAD, 4D, Solidarité), « la PAC est confrontée à une profonde crise de légitimité tant sociale qu'environnementale. Le modèle agricole actuel n'est plus légitime et coûte très cher à la société. Lorsque M. Lemétayer égraine le coût pour les agriculteurs des contraintes environnementales, il oublie de préciser le coût pour la société du modèle agricole industriel qu'il défend et notamment la responsabilité des pollutions agricoles dans la dégradation de la qualité de l'eau en France. Nous rappelons que ce sont les consommateurs, via leur facture d'eau, qui paient le plus lourd tribut. Leur redevance représentant 90% des ressources des agences de l'eau. Et c'est sans compter ce que coûteront au contribuable les possibles condamnations de la France pour non respect des directives européennes sur l'eau ».

 

Coline Serreau : Finis les films catastrophistes maintenant il faut montrer qu'il existe des solutions

 

Si vous n'êtes pas convaincus, allez cette semaine voir l'extraordinaire film de Coline Serreau, la réalisatrice de « trois hommes et un couffin » qui, cette fois, s'est attachée à faire, sans moyens, un militant jubilatoire, à la fois marrant et pédagogique, où des spécialistes que d'ordinaire on n'entend pas vous apprennent avec le sourire les mécanismes de la société dans laquelle vous vivez. Finis les « films catastrophistes ont été tournés »,  maintenant dit-elle, il faut montrer qu'il existe des solutions, faire entendre les réflexions des paysans, des philosophes et économistes qui, tout en expliquant pourquoi notre modèle de société s'est embourbé dans la crise écologique, financière et politique que nous connaissons, inventent et expérimentent des alternatives. » « Je raconte comment la terre s'est fait kidnapper dans l'après-guerre par les types des multinationales qui ont trusté semences et engrais jusqu'à stériliser la mince pellicule d'humus qui nous nourrit. Une terre qui retrouve la vie avec l'approche bio depuis quelques années. Sans viol. Sans le culte de la virile performance intensive...»


 

Des néo marxistes brésiliens du Mouvement des Sans-Terre aux paysans hindous sur leur micro lopins, jusqu'aux conclusions drolatiques de Lydia et Serge Bourguignon, les mêmes constats


 

Vous apprendrez des choses sur le labour que vous ignoriez : que le labourage tasse la terre au lieu de la faire respirer, qu'elle la « fait saigner » la terre et la métabolise en « béton ». Et surtout vous verrez que ces spécialistes, très férus dans leur discipline, et qui ne se connaissent pas font le même constat, des néo marxistes brésiliens du Mouvement des Sans-Terre aux paysans hindous sur leur micro lopins, jusqu'aux conclusions drolatiques de Lydia et Serge Bourguignon, experts dans une discipline qui est en train de disparaitre, la microbiologie des sols, qui, tous deux, ont développé des méthodes qui permettent de remettre les sols debout et de réinstaller des hommes dans des endroits abandonnés. Dans leur laboratoire, ils mesurent l'activité biologique des sols agricoles et constatent que celle-ci ne cesse de baisser à travers le monde ; en Europe, 90 % de leur activité biologique a été détruite ! L'analyse de sol aboutit le plus souvent à la diminution des engrais et des pesticides, voire à leur arrêt, dans la perspective du respect de la terre associé à une meilleure rentabilité.


 

Une agriculture subventionnée capable d'accorder des subventions pour une vache européenne, trois fois plus élevées que le revenu d'un petit paysan indien !

 

Mais tous les autres experts aboutissent aux mêmes conclusions : Devinder Sharma, expert des questions alimentaires, a consacré sa carrière à dénoncer les mythes de l'agriculture industrielle. Selon lui, le système actuel d'agriculture, appliqué à grande échelle, contraint les paysans à quitter leurs terres pour faire place à l'industrie, en les obligeant à migrer vers les mégapoles indiennes. Il révèle les dysfonctionnements d'un système soutenu par l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce) qui prône d'un côté l'ouverture des marchés, et de l'autre une agriculture subventionnée capable d'accorder des subventions pour une vache européenne, trois fois plus élevées que le revenu d'un petit paysan indien ! Il s'insurge également contre le développement des agro-carburants en Inde, censés n'utiliser que des terres en friches, en démontrant que celles-ci sont nécessaires à la subsistance des fermiers. Son analyse le conduit à anticiper les phénomènes migratoires en projetant que 400 millions de personnes en Inde seront des réfugiés de l'agriculture. Il prédit que les 23 % de la population mondiale possédant 76 % des terres ne seront plus que 2 % en 2020, et que les 600 millions d'agriculteurs actuels dans le monde auront disparu. Il prend pour exemple les 27 millions d'agriculteurs américains du début du 20ème siècle qui sont réduits aujourd'hui à 700 000.

 

La confiscation industrielle des semences par une poignée de grands groupes, Monsanto en tête

 

Pour  lutter contre la confiscation des semences par les industriels en préservant les semences anciennes, Dominique Guillet décide en 1999 de transformer «Terre de semences» en «Kokopelli», une association désormais reconnue comme un outil incontournable pour la sauvegarde de la biodiversité. Ce nouveau projet dérange, car la production de semences reste la «chasse gardée» d'une poignée de multinationales, notamment de Monsanto qui avec son système de ventes de graines transforme les paysans en un marché captif, alors que, traditionnellement, les graines se transmettaient. En 2000, Dominique Guillet étend son action à l'Inde. Ainsi, à Auroville, il met en place le centre de production de semences «Annadana». Ce jardin fournit aujourd'hui des semences à des milliers de familles. Pour Coline Serreau, «ca suffit de culpabiliser. On est entré dans une guerre de résistance. Contre les semenciers et l'agrobusiness qui tuent la terre«Partout, ajoute-t-elle, au Brésil, en Inde, en Europe, j'ai entendu la même exigence d'une agriculture vivrière. Avec les mêmes mots.» Son héros ? Un fermier indien, Maran Rehdi, qui nourrit sa famille sur un minuscule acre de terre.

 

« Nous n'acceptons pas que des contre-vérités sur le coût des normes environnementales tiennent lieu de nouvelle méthode de travail sur cet enjeu essentiel : réconcilier l'agriculture, l'environnement et la société"

 

Répliquant aux propos scandaleux du Président de la FNSEA qui, comme de coutume, défend les grands céréaliers de la Beauce, principaux bénéficiaires de la PAC, ces organisations interpellent « le Premier ministre ainsi que les ministres en charge de l'Agriculture et de l'Ecologie, car nous n'acceptons pas que des contre-vérités sur le coût des normes environnementales et que certains dérapages verbaux tiennent lieu de nouvelle méthode de travail sur cet enjeu essentiel qui est de réconcilier l'agriculture, l'environnement et la société. Nous appelons aussi à ce que le rapport 2010 de la Cour des Comptes ne reste pas lettre morte et à ce qu'il contribue au débat. Il en va de la responsabilité du Premier ministre et du président de la République non pas de défendre les agriculteurs contre l'environnement, mais de garantir un dialogue constructif autour du projet d'une agriculture réellement durable et solidaire qui soit la base d'un nouveau contrat social »

 

VIDEO sur le site :

 

http://jeanmarcelbouguereau.blogs.nouvelobs.com/archive/2010/04/09/contre-les-mefaits-de-l-agriculture-productiviste-allez-voir.html

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