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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 11:46

 

Le Franco-Palestinien Salah Hamouri sera libéré dimanche

PORTRAIT Cet étudiant en sociologie, condamné pour avoir projeté d'assassiner un rabbin, ce qu'il nie, est emprisonné en Israël depuis 2005.
 
Salah Hamouri est détenu en Israël depuis 2005.
Salah Hamouri est détenu en Israël depuis 2005.
 
Son histoire, bien que moins médiatisée, fait forcément penser à celle de Gilad Shalit, ce soldat de nationalité franco-israélienne libéré après 5 ans de détention. À la différence de Shalit, enlevé par le Hamas, Salah Hamouri a été condamné par la justice israélienne. Il est détenu dans ce pays depuis.

Mercredi soir, des sources officielles israéliennes ont annoncé la libération, dimanche, de Salah Hamouri, dans le cadre de l'accord ayant permis à la mi-octobre la libération de prisonniers palestiniens en échange de celle de Gilad Shalit. Salah Hamouri  apparaît sous le numéro 524 sur la liste de 550 libérables.

Né en 1985 à Jérusalem d'un père palestinien et d'une mère française, originaire de Bourg-en-Bresse, Salah a passé son adolescence dans la ville sainte. Parfaitement francophone, il a été scolarisé au collège des «Frères de Lasalle», une école privée catholique de garçons située à Jérusalem-Est. Ses premiers démêlés avec la justice ont lieu en 2001 quand, à l'âge de 16 ans, il est arrêté alors qu'il distribue des tracts contre la colonisation israélienne. Condamné à cinq mois de prison pour «propagande anti-israélienne», il réintègre son lycée après sa détention et obtient son baccalauréat en juin 2003.

«Salah a toujours été actif au point de vue politique»

Il décide alors de poursuivre des études de sociologie à l'université de Bethléem. Mais en 2004, il est arrêté une seconde fois au cours de sa scolarité au motif d'avoir fréquenté un activiste. Thèse réfutée par ses proches selon lesquels le Franco-palestinien se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment : une soirée où l'armée israélienne a fait une descente pour arrêter un homme recherché et où Salah se trouvait également.
Il va passer de nouveau quatre mois sous les verrous. «Salah a toujours été actif au point de vue politique à l'université», reconnaît sa mère dans un documentaire d'Eric Biesse intitulé «Salah, mon fils, mon frère». «Il voulait simplement finir ses études et travailler en Palestine afin d'aider la cause palestinienne», précise, quant à lui, son père qui décrit son fils comme quelqu'un de «simple» et de très «sociable».
La vie de Salah bascule le 13 mars 2005, quand le jeune homme de 19 ans est arrêté sur la route de Ramallah par les forces de sécurité israéliennes après une dénonciation anonyme. Le jeune homme, qui a été vu passant dans la rue où vit le rabbin Obadia Yossef, un chef du Shass, parti religieux d'extrême droite israélien, est accusé d'avoir fomenté un complot pour l'assassiner. On le soupçonne également d'être membre d'une association proche du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP).

Salah plaide coupable de «complot»

Des faits contestés par Salah, qui se définit comme un simple sympathisant de l'organisation palestinienne. Il va pourtant rester trois ans en détention administrative sans avoir été jugé. En avril 2008, il est finalement condamné par un tribunal militaire israélien à sept années de prison pour «complot et appartenance aux jeunesses du FPLP» après avoir plaidé coupable. Un compromis, décidé sur les conseils de son avocate, qui lui permet de voir sa peine réduite aux quatorze ans de détention dont il est menacé.
Depuis, les proches de Salah n'ont cessé d'appeler à sa libération. En 2008, un comité national de soutien à Salah Hamouri, dont font notamment partie des personnalités aussi diverses que Stéphane Hessel, Marie-George Buffet ou encore Jack Lang, a été créé pour faire connaître son cas et obtenir sa libération. Le 16 mai 2009, Salah Hamouri a été fait citoyen d'honneur de la ville de Grigny. Et au mois de juin de la même année, sa mère avait été reçue à l'Elysée par un conseiller du chef de l'État sans toutefois rencontrer Nicolas Sarkozy en personne.

Le rabbin Yossef s'était dit favorable à sa libération, lors d'une rencontre dimanche avec l'ambassadeur de France en Israël, Christophe Bigot. La France réclamait que le jeune homme, qui selon l'administration pénitentiaire israélienne devait retrouver la liberté en mars, soit relâché dans le cadre de l'échange ayant permis la libération de Gilad Shalit.
La France a demandé la libération de Salah à plusieurs reprises. Demande notamment rejetée en août 2009 par le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, dont la coalition gouvernementale comprend le parti Shass. «On a eu un coup de fil de Paris on nous a dit 'voilà il est sur la liste», a déclaré à l'AFP Denise Hamouri. «C'est un conseiller du président qui nous a prévenus. On est un peu dans l'euphorie», a-t-elle confié, ajoutant : «Ces trois jours vont peut-être être plus longs que tous les moments qu'on a passés». «Ce qui est important aussi à dire, c'est qu'il rentre à Jérusalem, à la maison», a-t-elle souligné.
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Voir aussi :
http://www.rfi.fr/moyen-orient/20111214-le-detenu-franco-palestinien-salah-hamouri-bientot-libre
ou
http://www.alterinfo.net/Salah-Hamouri_a68040.html
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Salah !

by Patrick Le Hyaric

Salah ! Ce prénom  devenu  si familier à la faveur d’un grave déni de justice commis par l’in-justice israélienne qui a inventé cet immonde concept de « délit d’intention terroriste »  pour jeter ce jeune franco-palestinien dans la noire nuit d’une prison israélienne. On lui reprochait simplement d’être passé devant la maison d’un rabbin orthodoxe.

Cela se fait au pays qui, chaque minute qui passe, se moque, bafoue, piétine le droit international en toute impunité. Un « délit d’intention » ! Quelle mascarade ! Pour voler une part de la jeunesse de Salah. Cet âge, dix-neuf ans, où un jeune croque la vie à pleines dents, s’amuse avec ses amis, étudie, aime. Quel paradoxe ! Ce prénom qui traduit en français signifie « intégrité », « vertu » ou « droiture ». On ne peut en dire autant du premier ministre israélien qui sévissait quand Salah fut jugé. Celui-ci  est en prison pour … corruption.

Salah, ce prénom qui est passé de bouche en bouche, de rue en rue, de comités de soutien jusqu’aux frontons des mairies, de voix d’artistes en actions de mouvements de jeunes. Il s’est mué en un immense mouvement de solidarité. Il est devenu l’unité de mesure d’une injustice, longue de six ans neuf mois et sept jours. C’est ce puissant élan de sympathie, transcendant les opinions politiques et religieuses, qui a permis enfin d’ouvrir la porte de sa prison et de briser les chaînes qui le retiennent. Le comité de soutien qui a porté cette cause pour la liberté, animé par Jean-Claude Lefort, fait honneur à la déclaration universelle des droits de l’Homme et du citoyen.

En rappelant chaque matin depuis 2453 jours cet enfermement, avec la photo souriante de Salah accrochée à l’une de ses pages, notre journal peut s’enorgueillir d’avoir participé à briser les murs du silence restés longtemps aussi épais que ceux de sa prison. Dans quelques heures, Salah va pouvoir embrasser et serrer dans ses bras sa maman, son papa, ses frères et sœur dans leur maison, à Jérusalem-Est, dans sa Palestine. Notre cœur battra à l’unisson de leur émotion et de leur joie. Et notre esprit restera en osmose avec les écrits de prison de Salah Hamouri pour la justice et la démocratie.

Cinq cents prisonniers politiques sont libérés en même temps que lui. Nous n’aurons de cesse que d’agir pour la libération de tous les prisonniers politiques palestiniens, dont la figure de proue Marwan Barghouti.

Avec une incroyable volonté, il ne se sera jamais découragé. Toujours, il aura porté au cœur les combats communs pour la Palestine. Autour de sa prison, Salah aura entendu le tumulte des vents du changement. Celui des peuples arabes qui s’émancipent aussi du joug de leurs gardiens de prison qu'ils ont destitués.

Partout dans cette région, se cherchent de manière chaotique, parfois douloureuse, les voies de l’émancipation humaine. Les portes de la prison de Salah Hamouri s’ouvrent au moment où l’enjeu de la reconnaissance de la Palestine comme 194ème Etat de l’Organisation des Nations-Unies anime un grand débat mondial. Que la Palestine ne reste pas enfermée dans cette prison construite par les mêmes geôliers qui ont retenu Salah.

Bienvenue à Salah. Merci à toutes celles et ceux qui auront forcé les portes de sa liberté.

Patrick Le Hyaric



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