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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 04:04

Sur la publication des armées secrètes de l’OTAN de Danièle Ganser

Salvador López Arnal
Rebelión
un livre incontournable pour la gauche (III), article traduit de l’espagnol par danielle Bleitrach pour changement de société

On ne comprend rien à la campagne menée contre Cuba à partir de l’Espagne en liaison totale avec la CIA, si on ignore la manière dont les reseaux fascistes n’y ont jamais été démantelés et le franquisme a joui de l’impunité d’un sanctuaire pour cette extrême-droite qui continue de sévir en Amérique latine avec la bénédiction des Etats-Unis qui les a récupérés pour ses « bonnes oeuvres » en Amérique latine. Le franquisme continue à contrôler les médias, l’appareil répressif et la justice. récemment le juge Garzon qui s’était déjà illustré en inculpant Pinochet, vient d’être suspendu et accusé de prévarication pour avoir voulu enquêter sur le franquisme, alors qu’une loi d’amnistie avait été laissée en héritage avec la monarchie par Franco. Cette loi d’amnistie excluait les résistants basques mais mettait sous protection les franquistes, dont Aznar lui-même trés lié aux terroristes anti-cubains de Miami. Cette amnistie est contraire au droit international qui interdit une telle amnistie sur les crimes contre l’humanité. Il faut encore noter que dans l’affaire du gladio, ici comme dans toute, l’Europe, il y a un pacte qui unit l’extrême-droite aux socialistes, et ce pacte a une double face, la lutte anti-communiste et l’atlantisme. C’est une internationale brune qui continue à sévir et qui prolifère partout en Europe, comme en Amérique latine. le combat pour défendre Cuba a aussi cette dimension anti-fasciste. note et traduction de Danielle Bleitrach

 

Comme il en a été question dans des livraisons antérieures, la maison d’édition de « Viejo topo », dans une traduction d’Antonio Antón Fernándezet avec une préface de John Prados,  a récemment publié Les armées secrètes de l’OTAN. L’opération le Gladio et le terrorisme en Europe Occidental. L’auteur de l’étude, Daniele Ganser, est chercheur au Centre d’Études pour la Sûreté dans l’Institut Fédéral de Technologie de Zurich, le même institut où Einstein s’est formé comme physicien entre 1896 et 1900.

Dans la magnifique chronologie  des pages 341-346 il y a deux références aux rôles de ces armées secrètes de l’OTAN en Espagne. Il ne s’agit probablement pas des seules. Ce sont les deux suivantes :
1970. En Espagne, les terroristes d’extrême droite, y compris  Stefano delle Chiaie, du Gladio, sont contactés par la police secrète de Franco.Ils étaient arrivés en avion depuis l’Italie après un coup d’État avorté durant lequel l’homme de l’extrême-droite Valerio Borghese avait ordonné au stay-behind d’occuper le Ministère d’Intérieur à Rome.

1977. En Espagne, avec l’appui des terroristes d’extrême-droite italiens, le stay-behind réalise le massacre d’Atocha à Madrid; dans une attaque à un bureau d’avocats, lié au Parti communiste, il assassine cinq personnes.
Deux personnages, deux fascistes italiens, se font remarquer dans l’organisation du Gladio Espagnol : Stefano delle Chiaie, né en 1936, le terroriste le plus connu des armées secrètes qui ont clandestinement lutté contre le communisme en Europe et au-delà durant la guerre froide, et Carlo Cicuttini. André Moyén,pour sa part, note  Ganser, un agent à la retraite de la CIA, à 76 ans, a déclaré  au journal communiste belge Drapeau Rouge que les agents espagnols, la police politique du fascisme espagnol, avait joué un rôle significatif dans le recrutement d’agents du Gladio. Les premiers contacts de Moyen avec la branche espagnole ont eu lieu en 1948 quand une cellule du Gladio agissait déjà à Las Palmas dans la Grande Canarie.

La dictature de Franco, ce Régime clérical – fasciste si gâté par monsieur Mayor Oreja, a servi de refuge, comme chacun sait, durant la guerre froide à beaucoup de terroristes d’ extrême-droite qui avaient pris partie dans la guerre anticommuniste en Europe. Marco Pozzan, un membre de l’organisation de droite extrême italienne Ordine Nuovo, a révélé en 1984 que le juge Casson, le juge qui empêcherait de dormir par la suite le Gladio, que toute une colonie de fascistes italiens s’étaient installées en Espagne pendant les dernières années de la dictature de Franco.  Plus de cent putschistes ont fui de l’Italie après la tentative de coup d’Etat contre le gouvernement italienj par le Prince Valerio Borghese  le 7 décembre 1970. Parmi ces extrémistes il y avait Borghese lui-même, ainsi que  Carlo Cicuttini et Mario Ricci. Tous ont été regroupés en Espagne sous le leadership de Stefano delle Chiaie. Celui qui, durant la tentative  putschiste, avait occupé avec ses hommes le Ministère d’Intérieur italien.

En Espagne, Delle Chiaie a été liée avec des membres de  l’extrême-droite des pays européens. Avec Otto Skorzeny, un ancien  nazi , et avec Yves Guérain Serac, un ancien employé  français de l’Organisation Armée Secrète (OAS) illégale et un responsable, aussi lié au Gladio, du front de la CIA au Portugal. Skorzeny a travaillé pour le service secret de Franco comme  « consultant sur la sécurité » et a engagé Delle Chiaie pour poursuivre les adversaires de Franco en Espagne et à l’extérieur.

Ganser assure que Delle Chiaie  a réalisé plus de mille attaques sanglantes. L’estimation  : 50 meurtres (De fait, les membres de l’armée secrète de Delle Chiaie, ont confessé plus tard aux magistrats italiens que durant son exil espagnol ils avaient continué et assassiné des antifascistes sous les ordres du service secret espagnol, par des ordres de la BPS et de corps affiliés).

Marco Pozzan, qui avait fui l’Espagne dans le début des années soixante-dix, a révélé que « Caccola », le nom de guerre de Delle Chiaie, avait été bien rémunéré par ses services en Espagne. Ses collaborateurs, ont ‘infiltré l’ ETA comme agents provocateurs. Pozzan a déclaré que durant la manifestation dans Montejurra de 1976, Caccola et son groupe ont organisé une provocation fasciste. « Pour que la police espagnole ne pût  être accusée d’une intervention  répressive et injustifiée, Caccola et son groupe avaient la tâche de provoquer et de créer des désordres ».

Il y a eu quelques meurtres

Après la mort de Franco, Delle Chiaie  a décidé que l’Espagne n’était plus déjà un lieu sûr et il est parti au Chili. Le dictateur Pinochet l’a recruté pour chasser et pour assassiner les adversaires chiliens dans l’ « Opération le Condor ». Après il est allé en Bolivie, où il a organisé les escadrons de la mort pour protéger le gouvernement réactionnaire et il a été impliqué dans des « meurtres illimités ». Après être sorti de l’Espagne il a effectué un certain nombre de tournées  en Europe. L’exception : 1980, quand la police italienne a soupçonné qu’il était revenu en  Italie pour réaliser le massacre de la station de Bologne. À 51 ans, Delle Chiaie a été finalement arrêtée le 27 mars 1987 à Caracas par le service secret local.

Un petit nombre d’ heures après, les agents du service secret italien et de la CIA étaient présents. Caccola n’a pas exprimé de remords pour ses activités. Il a attiré l’attention sur le fait que dans ses guerres secrètes contre la gauche il avait été protégé par les nombreux gouvernements qui, en compensation, lui demandaient  d’accomplir certaines actions qui l’enchantaient

La transformation de terrifiant appareil  de sécurité fasciste, signale Ganser, paraît un peu compliquée. Le SECED, le Service Central de Documentation de la Défense, le service secret militaire espagnol le plus remarquable, est devenu le CESID, le Centre Supérieur d’Information de Défense. Son Directeur en chef, le général José Marie Burgón López-Doriga, a vérifié  qu’il soit fondamentalement construit par d’ex-membres du SECED.

De cette façon, la guerre secrète en coopération avec l’extrême-droite italienne a pu continuer comme l’a publié la presse lors de la  découverte des armées secrètes du Gladio en 1990. A cette date, la presse a publié le dernier lien connu entre l’Espagne et le réseau secret. Carlo Cicuttini, lié au Gladio, avait pris part au massacre d’Atocha, en janvier 1977. Un commando d’extrême – droite a attaqué un bureau d’avocats du Parti communiste d’Espagne, en assassinant cinq personnes.
 

Cicuttini avait atterri en Espagne à bord d’un avion militaire après les attentats de 1972 dans Peteano, qui des années après ont été attribués à Vincenzo Vinciguerra et à l’armée secrète par le juge Casson, quand la découverte du Gladio a commencé dans  toute l’Europe. En Espagne, Cicuttini a été impliqué dans la guerre secrète pour le Franco. Ce changement l’a protégé de la justice italienne.

En 1987, l’Italie a condamné à Cicuttini à la prison à perpétuité  pour sa participation au massacre de Peteano. Mais en Espagne, alors que le parti socialiste alors au gouvernement avait la majorité absolue, on a un exemple de  l’influence persistante de l’appareil militaire, signale Ganser, « Il a refusé de l’extrader, puisque l’individu d’extrême-droite s’était marié avec la fille d’un général espagnol, et il s’était devenu citoyen espagnol ». En 1998, à l’âge de 50 ans, Cicuttini a été arrêté en France et extradé en Italie.

Ganser dénoue aussi un autre noeud.

Comme le reste des armées secrètes en Europe occidentale, le réseau espagnol anticommuniste a entretenu des contacts étroits avec l’OTAN. Le général italien Gerardo Serravalle, qui a dirigé le Gladio italien de 1971 à 1974, après la découverte du réseau en 1990, a écrit un livre sur la branche italienne de l’armée secrète. Dans son livre il raconte qu’en 1973, les commandants de l’armée secrète se sont réunis à Bruxelles, pour une réunion extraordinaire, pour discuter de l’acceptation de l’Espagne de Franco dans le CPC. En position dominante, le service secret militaire français et la CIA auraient demandé l’acceptation du réseau espagnol alors que l’Italie, représentée par Serravalle, se serait opposée à la suggestion, puisqu’il était bien connu que le réseau espagnol protégeait des terroristes italiens d’extrême – droite cherchés par la justice italienne. À la deuxième réunion du CPC à Paris, les membres du service secret fasciste espagnol ont été à nouveau présents.Ils ont défendu l’intégration de l’Espagne comme membre officien en même temps que leur intégration dans le centre de commandement du Gladio  : « l’Espagne avait accordé depuis bien longtemps que les États-Unis aient le droit de garer des missiles nucléaires nord-américains sur son sol, ainsi qu’elle avait ouvert ses ports aux bateaux et des sous-marins nord-américains , mais elle n’obtenait au rien en échange de l’OTAN ». Les agents du service secret espagnol étaient intéressés à avoir un réseau secret pour combattre les communistes et les socialistes antifraquistes espagnols.

Ganser raconte un moment décisif : « À toutes les réunions il y a une heure de la vérité ‘, il suffit d’attendre »,  a commenté Serravalle dans son livre. « c’est le moment où les délégués des services secrets, détendus par une boisson ou un café, sont plus enclins à parler sincèrement. À Paris cette heure a coïcidé avec la pause du café. Je me suis approché d’un membre du service espagnol, et j’ai commencé par dire que son gouvernement avait surestimé peut-être la réalité du danger de la menace qui venait de l’Est. Il voulait la provoquer. Lui, en me regardant complètement surpris,  a admis que l’Espagne avait un problème avec les communistes (les rouges).

Là nous l’avions, la vérité. « Gladio a poursuivi son histoire en Espagne. Le  très puissant général Manglano, s’est opposé à la demande du législatif, de faire des aveux sur le sujet en 1990. Antoine Romero, un député de l’époque d’IU, en a raisonnablement conclu qu’en Espagne aussi « le personnel militaire de haut rang est impliqué dans le cas Gladio ».

Après le supposé échec tout à fait invraisemblable  du gouvernement du parti socialiste espagnol, pour faire parler Manglano, raconte Ganser, la presse espagnole a  interrogé sur l’affaire Calvo Sotelo. L’ex-premier ministre de février 1981 à décembre 1982, le président de gouvernement qui durant son mandat avait nommé le général Alonso Manglano Director du CESID,  a affirmé que le Gladio n’a pas existé en Espagne. Ce sont ses mots que Ganser reprend :   « Je n’ai pas d’information sur le fait qu’il aurait pu exister, et sans aucun doute, je l’aurais su s’il avait existé ici. »   Les journalistes ont insisté sur le fait que les armées du Gladio avaient existé dans toute l’Europe. Sotelo a expliqué que le réseau du Gladio  était ridicule et criminel, et il a ajouté que « si on m’avait informé  d’une telle folie, j’aurais agi ». Cependant, un officiel italien impliqué dans les armées secrètes avait attesté qui des soldats de l’armée secrète de l’OTAN s’étaient entraînés en Espagne durant la période de 1966 jusqu’à une moitié des années soixante-dix. Avec une autre cinquantaine d’ agents, lui même avait reçu une instruction dans une base militaire à Las Palmas. Les instructeurs étaient principalement  des agents des États-Unis.
Javier Rupérez, le premier ambassadeur espagnol auprès de l’OTAN de juin 1982 à un février 1983, a déclaré qu’il n’avait pas de connaissance de l’existence du Gladio. Rupérez, quand il était Directeur de la Commission de Défense par le PP, a déclaré : « je n’ai Jamais rien su à ce sujet. Je n’ai pas la moindre idée à propos de ce que je lis maintenant dans les journaux. »

Ferdinand Morán, le ministre des affaires étrangères du premier gouvernement parti socialiste espagnol, a affirmé qu’il ne savait rien lui non plus sur le Gladio : « Ni durant le temps où j’ai été ministre, ni  à aucun autre moment, je n’ai eu une information la plus minimale soit-elle, une indication ou un rumeur sur l’existence du Gladio ou quelque chose de similaire. »

Le 15 novembre 1990, Antoine Romero a sollicité le gouvernement espagnol, le Président Philippe González et le ministre de la défense Narcís Serra pour qu’ils expliquent quel rôle, de quelque sorte, avait joué le pays par rapport à l’Opération du Gladio et les armées secrètes de l’OTAN.Un jour avant son intervention parlementaire Philippe González a affirmé que l’Espagne « n’a jamais même été considérée » à cette heure comme ayant eu un rôle dans le Gladio « . Romero a posé trois questions au Parlement. La première disait  : » Est-ce que le gouvernement espagnol à essayé de demander à l’OTAN, comme membre de droit, des explications sur l’activité et l’existence d’un réseau Gladio ? « Dans la deuxième, Romero voulait savoir si l’exécutif espagnol initirait » un débat et une clarification sur les activités du Gladio au niveau des ministres de la défense, les ministres des affaires étrangères, et les Premiers ministres des pays membres de l’OTAN ? « Finalement Romero voulait savoir si le gouvernement espagnol envisageait la possibilité d’une déloyauté à l’égard de l’OTAN.

Calvo Sotelo a confirmé que quand l’Espagne s’est embarquée après la mort de Franco sur sa nouvelle expérience démocratique, des craintes ont existé à propos de ce qu’il(elle) ferait le PCE.

Le résultat modeste du PCE dans les premières élections, et encore plus le piètre résultat des suivantes,  ont calmé les craintes « . Le chauve Sotelo, qui était dans ce moment un ardent partisan de l’entrée de l’Espagne dans l’OTAN, a souligné que l’Espagne au moment de son entrée n’a pas été informée, après avoir signé, de l’existence d’un réseau secret le Gladio. » Il n’y a pas eu une correspondance écrite au sujet  de cette affaire et c’est pourquoi il n’y avait pas de nécessité de parler de cela, s’il avait été question de ça ».

Est-ce que le parti socialiste espagnol connaissait l’existence de ces réseaux secrets quand il(elle) a accédé au gouvernement du pays ? Serra l’a nié : « quand nous sommes arrivés au pouvoir en 1982 nous ne trouvons rien pareil ». Il n’est pas impossible que Serra ne dîse pas toute la vérité et que durant le référendum convoqué des années, plus tard pour rester dans l’alliance atlantique militaire, se cachât ce côté obscur du pouvoir militaire.


 

Rebelión ha publicado este artículo con el permiso del autor mediante una licencia de Creative Commons, respetando su libertad para publicarlo en otras fuentes

Sur la publication des armées secrètes de l'OTAN de Danièle Ganser

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