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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 08:18

16.11.2008

http://mobile.agoravox.fr/tribune-libre/article/canada-le-massacre-du-peuple-126020

(Lien à visiter pour continuer la lecture de cet article - note d'eva)

hi-residential-schools-fort-simpson

Les écoles résidentielles indiennes, des écoles de la mort

1ère partie de la version sous-titrée en français d'Unrepentant: Kevin Annett and Canada's Genocide

Imaginez que votre enfant disparaisse et ne revienne jamais à la maison. Les années passent jusqu'à ce qu'un jour, après avoir été identifiée, la personne responsable de la mort de votre enfant échappe à l'arrestation comme à l'emprisonnement en s'excusant tout simplement auprès de vous pour votre perte et en allant même jusqu'à vous proposer de se réconcilier avec vous. Que ressentiriez-vous? Sans vous départir de ce sentiment, multipliez maintenant votre perte par des milliers d'enfants et faites-vous à l'idée que les coupables sont le gouvernement et les églises du Canada. C'est en procédant de la sorte que vous arriverez à saisir l'atrocité des écoles résidentielles indiennes

Malgré la preuve faite que le taux de mortalité de 50% des enfants pensionnaires des internats resta constant durant plus de 40 ans, ces décès n'auraient pas été intentionnels si l'on en croit les déclarations des membres de la si mal nommée Commission de vérité et de réconciliation gouvernementale. Pour croire cela, il convient d'ignorer les preuves avancées par d'anciens membres officiels du gouvernement tel le Dr Peter Bryce qui découvrit que les enfants étaient délibérément exposés aux maladies contagieuses et abandonnés sans soins jusqu'à ce que mort s'ensuive. Le mot employé par Bryce était bien délibérément. Comment expliquer d'ailleurs autrement la mort de tant d'enfants?

Le gouvernement et les églises du Canada n'ont jamais reconnu le caractère intentionnel des abus commis dans les internats indiens. Mais plus important encore, sous le prétexte de faire amende honorable auprès des Amérindien-nes, le seul but de leurs efforts est de se disculper légalement de leur culpabilité dans la mort de milliers d'enfants. Au cours des 12 dernières années, une armée de spécialistes en droit et d'experts juridiques a produit une montagne de dénégations d'holocauste afin de convaincre le monde que la mort quotidienne et la torture au sein des internats indiens n'était pas intentionnelle.

Le Révérend Kevin Annett, un ex pasteur de l'Église unie délisté (ou excommunié) par celle-ci parce qu'il a refusé de se taire quand il a commencé à découvrir ce qui s'était vraiment passé dans une ancienne école résidentielle, connait trop bien tout cela après avoir passé la majeure partie de son temps depuis des années comme conseiller, avocat et chroniqueur pour de nombreux survivant-es de ces camps de la mort qu'étaient en fait ces "écoles". Ce qu'il a appris d'un tel travail, c'est qu'il est impossible d'avoir prise sur quelque chose que nous ne comprenons pas. La vérité est que la société euro-canadienne ne comprend toujours pas ce qu'étaient réellement ces "écoles".

Alors prenez le temps de regarder la version écourtée et sous-titrée en français d'Unrepentant: Kevin Annett and Canada's Genocide, un documentaire basé sur les livres de Kevin Annett intitulés Silence de l'Histoire sur l'holocauste canadien - L’histoire non révélée du génocide du peuple aborigène, également accessible en ligne, et Canadian aboriginals: Love and Death in the Valley. Vous comprendrez aussi pourquoi, selon Noam Chomsky, Kevin Annett "mérite plus le prix Nobel de la paix que beaucoup de ceux qui l'ont reçu dans le passé".

Toujours est-il que, si l'on en croit les officiels des églises et du gouvernement du Canada, la question des internats ne se résumerait qu'en termes d'argent et de gymnastique verbale. Mais ces mêmes officiels parlent avec aisance de la "guérison du passé" sans même connaître leur propre histoire, et de "solutions" au "problème des pensionnats indiens" comme s'ils comprenaient la nature du problème sans réaliser qu'en vérité, il n'y a pas et il n'y a jamais eu de "problème indien" au Canada. Plutôt un problème "blanc". C'est nous le problème.

Pour prouver ce point, nul besoin de mentionner le paradoxe que constitue le fait que des hommes et des femmes sont capables d'affamer, de torturer et de violer des jeunes enfants pensionnaires des internats, de jeter des petits de trois ans dans des escaliers, de stériliser des gamin-es et de laisser délibérément des enfants périr de tuberculose avant de les ensevelir dans le plus grand secret.

Le coeur du problème réside dans la ségrégation continue dont nous faisons preuve à l'encontre des Amérindien-nes en les classant dans une catégorie inférieure d'humanité où le taux de mortalité est 15 fois supérieur à celui des autres habitant-es de ce pays.

Après tout, si nous autres Canadien-nes sommes ce que nous imaginons être - des membres d'une société "éclairée" - comment se fait-il que pas une seule personne ne fut déférée devant la justice après la mort d'un seul des enfants internés dans les pensionnats indiens? Pourquoi la disparition de dizaines de milliers d'enfants amérindiens dans ces écoles ne donne-t-elle pas lieu à une enquête criminelle majeure? Pourquoi existe-t-il une loi sur les Indiens alors qu'il n'y a pas de loi sur les Irlandais ou sur les Italiens? Et pourquoi le Canada n'adhère-t-il pas à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones?

Constituant en réalité une société officieuse d'apartheid qui fonctionne dans la pratique avec deux niveaux de justice - un pour les Amérindien-nes et l'autre pour le reste d'entre nous - le Canada ne peut pas plus faire face à l'héritage des pensionnats indiens qu'il ne peut arrêter de gâcher la nature pour notre confort et le profit à court terme. Tout au moins pas sans une révolution morale et sociale fondamentale.

Le fait que nous sommes encore loin d'un tel changement frappa brutalement Kevin Annett lorsque la frauduleuse Commission de vérité et de réconciliation gouvernementale annonça que, bien que des actes criminels aient été effectivement commis dans les internats, ceux-ci ne donneraient lieu à aucune enquête criminelle. Cette cynique subversion de la justice n'entraîna pas un seul murmure de protestation dans les médias ou parmi les bon-nes citoyen-nes et politicien-nes du Canada.

Ce que nous avons fait à ces enfants était une abomination et les abominations ne se résolvent ni avec des mots ni avec de l'argent. Mais des choses peuvent être faites pour surmonter les séquelles douloureuses du génocide commis dans les écoles résidentielles et rendre justice aux survivant-es. Plutôt que de se contenter d'excuses qui ne changent rien ou de mettre en scène une Commission de vérité et de réconciliation qui ne dispose d'aucun pouvoir, même pas celui d'admettre l'évidence, le gouvernement et nous tous et toutes pourrions nous attacher à prendre quelques mesures courageuses du genre de celles-ci:

• Faire l'entière révélation de ce qui s'est réellement passé dans les écoles résidentielles en désignant les crimes, leurs auteur-es et les responsables de leur dissimulation via la mise en place d'un tribunal international disposant du pouvoir d'assigner, d'arrêter et de juger les responsables.

• Rapatrier les restes de tous les enfants décédés dans ces écoles afin qu'ils puissent recevoir une sépulture décente et établir des sites commémoratifs publics en leur souvenir.

• Déclarer officiellement une Journée nationale du souvenir pour toutes les victimes décédées et survivantes des écoles résidentielles et créer des musées nationaux dédiés à l'holocauste des peuples autochtones.

• Mettre fin à l'exonération fiscale fédérale des églises catholique, anglicane et unie du Canada en accord avec les principes juridiques de Nuremberg relatifs aux organisations complices de crimes contre l'humanité.

• Supprimer la loi sur les Indiens et le ministère des Affaires Indiennes et du Nord Canada.

• Reconnaître la souveraineté des nations autochtones et leur rendre toutes les terres volées et les ressources afférentes.

Il est grand temps que les Canadien-nes trouvent le courage de se souvenir et de reconnaître face au monde ce qu'ils ont fait aux peuples premiers. Peut-être alors les termes de guérison et de réconciliation deviendront-ils autre chose qu'une rengaine politique usée.

Et peut-être aussi en finirions-nous avec la violence raciste et sexiste qui cible particulièrement les Amérindiennes, et qui s'accompagne de l'indifférence des institutions envers ces crimes. Rappelons les 69 meurtres qui ont eu lieu à Vancouver pendant près de 20 ans tandis que la police persistait à refuser d'investir les ressources nécessaires à une enquête sérieuse. Tout au long de l'été 2008, les membres de Walk4Justice ont marché 4 700 kilomètres - de Vancouver à Ottawa - afin d'attirer l'attention sur plus de 3 000 meurtres et disparitions d'Amérindiennes non résolus depuis 1969. Les médias de masse n'ont pas daigné parler de cet exploit. Et pendant cette marche, les membres de Walk4Justice ont été confrontés au racisme de la société euro-canadienne, qui n'est toujours pas prête à remettre en question sa vision des Amérindien-nes alors que celle-ci est un permis de tuer, comme dans le temps des écoles résidentielles indiennes.

> Pétition STOP COMPLICITY IN GENOCIDE

Source : Rev. Kevin D. Annett, 06.2008

 

http://cybersolidaires.typepad.com/ameriques/2008/11/genocide.html

 

Unrepentant-vers.courte-ST francais - 1.4


mulicat Par
Par mulicat
Film de Kevin Annett et Louis Lawless, version écourtée 1h15mn - sous-titres Français - Sujet: Génocide des Indiens au Canada, principalement sur enfants en écoles résidentielles Indiennes (pensionnats religieux obligatoires pour Indiens entre 1920 et milieu années 80). Complicités entre l'Eglise, la police, le gouvernement, le système médical et hospitalier. Par 'génocide', comprendre : meurtres, viols, destruction psychologique, mise en contact délibérée avec maladies mortelles (tuberculose), violences, expérimentations médicales.

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