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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 11:19

 

http://lelecteur.ca/wp-content/woo_custom/376-manuel.jpg

 

 

Voici une version abrégée (23 pages au lieu de 36) du document  Manuel de transition,
une version destinée à être imprimée si nécessaire.

De plus, ces 170 citations sont désormais accessibles sur le blog de gorgerouge :
http://gorgerouge.over-blog.com

Tous mes vœux de résilience pour 2012 ! Clignement d'oil
Robin.

.

 

Cet article revêt une importance très haute : il a pour objectif clair de faciliter et d'accélérer la mise en place d'initiatives de transition partout où c'est possible, c'est à dire : partout !

 

Il est donc destiné à être propagé à profusion : ça urge !

 

Même si vous vous sentez dépassé(e) par ces initiatives collectives et concrètes, vous pouvez toujours vous demander qui dans votre entourage pourrait y être réceptif au point de tenter une mise en route : faites passer l’info ! Sans modération.

 

Ce n'est pas une « chaîne » que je vous propose de lancer comme nous en avons l'habitude sur nos boîtes mail : ces informations ne sont pas une fin en soi mais de vraies invitations à l'action collective. C'est passionnant : l'après pétrole peut être, devra être passionnant. C'est une question de survie collective.

 

L'après pétrole n'en finit pas de pointer son nez, mais comme le dit si justement l'ami Rob Hopkins : la question n'est pas de savoir si le pic de pétrole va se produire, mais QUAND il se produira.

Et il est déjà douloureusement sensible dans de nombreux pays du tiers-monde, parce qu'ils n'ont pas su anticiper, parce qu'ils restent trop attachés à des modes de fonctionnement à l'occidentale (colonialisme et économie mondialisée).

 

Et attendre est la pire chose que nous puissions continuer de faire.

D'autant plus que nous, pays développés, sommes encore plus éloignés d'un monde post-pic, dans nos pratiques quotidiennes, que ne le sont les pays du tiers-monde !

 

Bonne lecture !

 

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Les 170 citations ci-dessous sont issues du « Manuel de Transition – de la dépendance au pétrole à la résilience locale » de Rob Hopkins, octobre 2010 pour l'édition française.

 

170 citations, cela peut sembler long, mais ce Manuel pourrait vous prendre trois semaines de lecture tellement il est neuf à intégrer, là il vous faudra peut-être une ou deux heures pour tout lire, et les propositions que vous allez découvrir ici sont tellement passionnantes, positives, argumentées, réalisables, urgentes et VITALES que vous allez plutôt les avaler d'un trait.

 

Ces extraits peuvent être utilisés à des fins d'animation participative pour lancer une initiative de Transition en les distribuant au hasard à des tables de 5 ou 6 personnes et en faisant s'exprimer ces personnes oralement, puis en leur laissant à disposition des grandes feuilles de papier collées au mur avec des feutres pour immortaliser les propositions et réflexions qui leur semblent les plus importantes. Certaines de ces citations, notamment celles en caractères gras, pourront bénéficier d'un traitement à part, comme par exemple les extraits 64 et 99 qui pourront à eux seuls faire l'objet d'une information ou d'un atelier communs à toute la salle.

 

Ces moments d'échanges gagneront grandement à être entrecoupés de pauses à l'issue desquelles les participants seront invités à changer de table afin de faire connaissance avec le plus grand nombre possible de personnes au cours de la séance. Rob Hopkins est très fort sur le côté convivial des processus de Transition et c'est très certainement, dans la forme, la transformation la plus nécessaire qu'il opère par rapport à nos fonctionnements associatifs habituels (notes 127, 135 à 141, 144 à 146).

 

Les extraits sont séparés en trois parties distinctes qui correspondent au plan du Manuel (La tête, citations 1 à 53, Le cœur, 54 à 96, Les mains, 97 à 170). Ainsi ils peuvent être éventuellement utilisés en trois phases, séparées par des pauses conviviales avec boissons et de quoi grignoter, lors d'une séance publique de lancement d'une Initiative de Transition ou à l’occasion d'une grande libération de l'imaginaire.

 

Il n'y a pas de nombre maximum de personnes pour participer à ce genre de « grande libération » comme l'appelle Rob Hopkins dans son Manuel (notes 64, 94, 131 à 133).

 

Les numéros des citations ont été volontairement détachés de celles-ci afin de pouvoir faire des découpages pour distribution en laissant ou en retirant, au choix, ces références chiffrées : effectivement, elles peuvent apparaître comme trop artificielles, trop froides et trop rebutantes à certains. Dans tous les cas les pages sont référencées en fin de citations.

 

Quelques termes centraux tels que résilience ou permaculture ont été mis aussi en caractères gras.

 

Le côté parlant et concret des extraits choisis a été privilégié, entraînant certaines modifications liées par exemple au passage du contexte britannique à un contexte plus universel, et faisant ici et là quelques entorses au principe habituel de fidélité des citations.

 

 

Ce manuel ayant été publié en 2008 dans sa version anglaise d'origine, et au vu de l'urgence qui a grandi depuis quant à l'avènement du pic pétrolier et au réchauffement climatique, il semble que cette grande libération qui méritait un an de préparation en 2008 (notes 114, 127 à 129, 131 à 133), projections de films, http://vimeo.com/12691088) puisse aujourd'hui s'engager directement dans des réunions publiques correctement préparées, et qu'une partie des participants soit invitée à organiser d'autres réunions similaires afin que cette grande libération touche une partie croissante de la population locale, tandis que d'autres groupes pourront s’atteler à d'autres phases comme la grande requalification (notes 65, 142, 143).

 

Faut-il le préciser : cette fiche de citations ne saurait remplacer la lecture intégrale du Manuel de Transition qui comporte, entre autres, d'abondants graphiques (notamment aux pages 27, 29, 74, 34 et 35), outils (pas moins de 12, voir http://villesentransition.net/transition/outils/outil_n01_la_psychologie_du_changement_et_le_modele_frames ) et autres annexes fort utiles qui ne peuvent être repris ici. Le lancement d'une Initiative de Transition ne saurait se passer d'une telle lecture, jusqu'à s'en servir comme d'un véritable manuel,  à moins de vouloir à tout prix réinventer l'eau tiède. Nous n'en avons pas le temps.

 

Vous vous interrogez sur les droits d'auteur de Rob Hopkins et sur ces citations libres de droit ? Voyez l'extrait n° 119 : « Nous existons pour inspirer et motiver la création de projets pour ensuite les relier et les soutenir une fois qu'ils ont démarré ». Ce document y contribue.

 

Rob Hopkins est né en 1968. Son site en anglais : http://transitionculture.org

Le Manuel de Transition coûte 20€.

 

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Citations

 

Première partie : La tête

 

 

1

 

Durant l'ère du pétrole, 47 500 champs pétrolifères ont été découverts, mais ce sont les 40 plus grands qui ont fourni 75% de tout le pétrole jamais découvert. p.21

 

 

2

 

Nous pourrions nous servir de l'analogie d'un bar. Le forage conventionnel d'un pétrole brut non corrosif, tel qu'il a cours en Arabie Saoudite, serait comme se tenir à un bar tandis qu'un charmant barman vous verse des pintes de bière directement du tonneau dans la cave. Les sables bitumineux, c'est un peu comme arriver au pub et s'apercevoir qu'il n'y a plus de bière ; seulement, votre désir de prendre un verre est tellement impérieux que vous mettez à imaginer qu'au cours des trente ans que ce pub a été en affaires, l'équivalent des 5000 pintes ont été renversés sur le tapis ; aussi inventez-vous un procédé pour bouillir le tapis afin d'en extraire de la bière. C'est là l'acte désespéré d'un alcoolique incapable d'imaginer la vie sans l'objet de sa dépendance. p. 24

C'est vraiment gratter le fond du baril. p.23

 

 

3

 

L’Agence internationale de l'énergie a parlé dans un rapport de 2007 de ce qu'elle appelait par euphémisme une "compression de l'offre" en 2012. p.24

 

 

4

 

Notre situation est comparable à celle du conducteur d'une automobile lancée à toute vitesse sur un chemin de campagne dans un épais brouillard. p.27

 

 

5

 

La production mondiale de pétrole conventionnel semble avoir atteint son pic en mai 2005 à 74,2 millions de barils par jour et n'a cessé de décliner depuis. p.27

 

 

6

 

Le moment précis du pic pétrolier a une importance cruciale. S'il se produit tôt, les conséquences en seront désastreuses. Le pétrole est devenu la principale ressource énergétique du monde. Rien ne peut lui être facilement substitué et il faudra des décennies pour en sevrer les sociétés. Le pic pétrolier pourrait donc bien se révéler le plus grand défi économique depuis l'aube de la Révolution industrielle. Richard Heinberg. p.27

 

 

7

 

Thierry Desmarest, PDG Total, en 2008 : « Le pic de pétrole pourrait être atteint en 2020.» p.28

 

 

8

 

Lord Ron Oxburgh, ancien président de Shell, en 2008 : « Il se peut bien que nous soyons en train de foncer en somnambules dans un problème qui va en fait s’avérer très sérieux et le temps que nous en prenions pleinement conscience, il pourrait bien être trop tard pour y faire quoique que ce soit. » p.28

 

 

9

 

La date exacte du pic pétrolier importe peu. Ce qui importe, c'est le fait qu'il est inévitable, qu'il va se produire bientôt et que nous n'avons pas même commencé à réfléchir à ce que nous pourrions faire pour y pallier. p.30

 

 

10

 

Quand on se met à explorer la question, le changement climatique fait vraiment peur. On peut même dire que s'il ne fait pas peur, ça ne peut être que par ce qu'on n'a pas vraiment compris ce dont il s'agit. p.30

 

 

11

 

Comme quelqu'un l'a dit récemment à la BBC : "Je ne sais pas ce qu'il en est des niveaux d'émission de gaz carbonique, mais je sais par contre que quand une guêpe atterrit sur mon gâteau de Noël, quelque chose ne va pas." p.31

 

 

12

 

Le réchauffement dont nous faisons l'expérience en ce moment est le résultat des gaz à effet de serre émis dans les années 1970. p.34

 

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13

 

Certaines observations par satellite de 1979 à 2007 prédisent maintenant que l'Arctique sera complètement libre de glace d'ici 2013, avec un siècle d'avance sur les prévisions du GIEC. p.35

 

 

14

 

David Spratt, dans Carbon Equity, 2007, www.carbonequity.info , conclut son étude en ces termes : "Il est tout simplement impératif que nous décarbonisions très rapidement l'économie mondiale et mettions en place les moyens de résorber l'excès présent des niveaux de CO2. Il nous faut choisir des cibles susceptibles effectivement de résoudre le problème à temps. Il n'est pas trop tard pour être honnêtes avec nous-mêmes et nos concitoyens". p.36

 

 

15

 

Il n'existe encore aucune partie du monde où le débit des émissions de gaz carbonique soit en déclin. p.36

 

 

16

 

George Monbiot a déclaré au Climate Camp 2007 : "Nous ne sommes plus en train de parler de mesures qui exigent un petit peu de mise au point ici et là ou un petit peu d'ajustement politique par-ci par-là. Nous parlons de mesures qui exigent un changement révolutionnaire à l'échelle mondiale." Réduire les émissions de 90% ne suffit plus, a-t-il dit, ni même de 100%. Il s'agirait de 110-120% de réduction, c'est-à-dire de capter davantage de gaz carbonique que nous en produisons. Je me pencherai plus loin sur ce à quoi cela pourrait ressembler dans les faits - si vous et moi nous nous couchions chaque soir en ayant capté davantage de gaz carbonique que nous n'en avons généré ; mais il s'agit manifestement d'un défi monumental sans précédent. p.36

 

 

17

 

Le danger, c'est que le déclin qui se dessine dans la disponibilité des carburants liquides soit compensé par le recours à d'autres carburants, tous pires que le pétrole pour ce qui est de leurs effets sur le climat - le charbon transformé en carburants liquides, les sables bitumineux, le biodiesel et ainsi de suite. p.37

 

 

18

 

Le changement climatique nous dit que nous devrions changer, tandis que le pic pétrolier nous dit que nous allons être forcés de changer. p.39

 

 

19

 

A moins que nous n'arrivions à planifier d'avance en fonction du pic pétrolier et n'adoptions des mesures telles que le Protocole de l'épuisement du pétrole proposé par Colin Campbell et Richard Heinberg, la récession que causera l'augmentation incontrôlée des prix du pétrole torpillera toutes nos réponses au changement climatique. p.39

 

 

20

 

Une récession – ou pire encore, un effondrement de l'économie – va faire en sorte que garder la lumière allumée deviendra la première de nos priorités tandis que nous attaquer au changement climatique ne tardera pas à se retrouver au bas de la liste. Faire face au changement climatique galopant dans une économie effondrée à la suite du pic de pétrole est le scénario qu'il nous faut à tout prix éviter et c'est à nos risques et périls que nous continuons à séparer ces deux questions. p.39

 

 

21

 

La plupart des pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique du Sud font déjà l'expérience des effets du pic pétrolier. p.41

 

(Cinq commentaires personnels :

- ...mais la presse française « la plus muselée du monde occidental » selon certains observateurs tels que Noam Chomsky ne nous en informe pas. « Le totalitarisme est aux démocraties, française surtout, ce que la force militaire est aux dictatures ». Chomsky toujours.

- «  Elle est encore plus connue à l'étranger qu'ici, que ce soit pour son enquête sur le trafic d'organes en Amérique latine ou pour celle sur Monsanto » à propos de Marie-Monique Robin - http://www.rue89.com/planete89/2011/03/08/marie-monique-robin-de-la-ferme-familiale-au-film-sur-les-pesticides-193785

- « Les attaques venues de l'Agence américaine de l'information, selon lesquelles Marie-Monique Robin aurait payé des témoins se sont toutes révélées infondées, mais lui ont valu le retrait provisoire de son prix Albert-Londres 1995 et la une du Monde. La presse, qui avait relayé l'accusation, ne s'est pas fait l'écho des procès que la journaliste gagnait. » - même source.

- En fait c'est la règle médiatique française. Voir Médiacritique(s), www.acrimed.org

- « L'une des initiatives françaises de Transition les plus avancées est certainement celle de Trièves après-pétrole. Le Trièves est un territoire rural des Alpes françaises, situé à une cinquantaine de kilomètres au sud de Grenoble, entre les massifs du Vercors et du Dévoluy ». Rob Hopkins p. 185. Vous en avez déjà entendu parler dans la presse française dominante, vous ?)

 

 

22

 

Si le présupposé de départ est que le spectacle doit continuer à tout prix, vous allez grappiller par-ci par-là pour trouver toutes les stratégies et technologies qui pourraient, en théorie, vous permettre de le faire. Le « programme d'urgence » promu par le rapport de Robert Hirsch (commandé par le Département de l’Énergie des États-Unis) aurait pour résultat de considérablement accélérer la plongée éperdue vers le chaos climatique. p.43

 

 

23

 

Suite à la publication du rapport de Robert Hirsch basé sur le présupposé de départ que le spectacle doit continuer à tout prix, ses recommandations sont susceptibles, entre de mauvaises mains, de mener à des choix politiques relevant du suicide collectif. p.43

 

 

24

 

Il faut examiner les suppositions qui sont à la base de l'économie actuelle. Sont-elles toujours vraies à la lumière des événements des derniers mois ? Étaient-elles, au départ, sensées ? p.45

 

 

25

 

Dans l'avenir, la reconstruction du lien de confiance entre les gens et les entreprises sera le cœur des économies relocalisées. p.48

 

 

26

 

Les modèles économiques qui ont si bien fonctionné pour gravir la montagne d'énergie fournie par les carburants fossiles se révéleront complètement inadéquats pour la descente de l'autre côté. p.48

 

 

27

 

Récemment, Ted Trainer de l'Université de Nouvelle-Galles du Sud a soutenu que si les sources d'énergie renouvelables auront un rôle essentiel à jouer au-delà du pic, l'idée qu'une société de consommation occidentale puisse se perpétuer ou même continuer de croître, tout en tirant toute son énergie de sources renouvelables, est absurde et qu'il est inévitable de tout repenser en fonction d'un monde où beaucoup moins d'énergie sera disponible. p.59

 

 

28

 

Le concept de « descente énergétique » et l'approche de Transition se ramènent à cette simple idée : que l'avenir avec moins de pétrole pourrait être préférable au présent, mais seulement si assez de créativité et d'imagination sont appliquées assez tôt dans la conception de cette transition. p.59

 

 

29

 

L'idée de descente énergétique implique que chaque pas vers le bas de la colline pourrait être un pas vers la santé mentale, vers l'appartenance et vers une complétude humaine. Il s'agit d'un retour à qui nous sommes vraiment. La descente énergétique offre plutôt un regain d'énergie pour nos communautés et notre culture et constitue la clé d'une acceptation réaliste des possibilités de notre situation, de façon à ne pas être  dépassés par les défis qu'elle nous pose. p.59

 

 

30

 

Dans le cas des communautés humaines, le mot résilience renvoie à leur capacité de ne pas d'effondrer au premier signe d'une pénurie de pétrole ou de nourriture mais, au contraire, de réagir à ces crises en s'adaptant. p.60

 

 

31

 

Entre 1939 et 1942, l'utilisation de la voiture a chuté de 95% au Royaume-Uni. p.71

 

 

32

 

« A la fin mai 1941, Bristol disposait de 15 000 jardins partagés (…) L'épouse du conservateur des pièces de monnaies et des médailles au British Museum avait planté dans la cour avant des rangs de fèves, de pois, d'oignons et de laitues ». J. Gardiner, Wartime Britain 1939-1945, 2004. p.71

 

 

33

 

Relocalisation de la production. Ainsi que l'écrit David Fleming, « la localisation a en sa faveur un argument décisif : il n'existera pas d'autres solutions. » p.73

 

 

34

 

Sans pétrole, il crèvera les yeux que seules les économies locales ont encore un sens. (Ted Trainer, Renewalable Energy Cannot Sustain a Consumer Society, Springer Verlag, 2007) p.73

 

 

35

 

Il y a beaucoup de choses que nous pourrions produire localement : une vaste gamme de fruits et légumes de saison, du poisson frais, du bois d’œuvre, des champignons, des teintures, de nombreux médicaments, des meubles, de la céramique, des matériaux isolants, du savon, du pain, du verre, des produits laitiers, des produits en laine et en cuir, du papier, des matériaux de construction, des parfums et des fleurs coupées – pour n'en nommer que quelques unes. p.73

 

 

36

 

C'est par l'alimentation qu'il est le plus sensé de commencer à reconstruire la résilience des communautés, mais les matériaux de construction, les textiles, le bois d’œuvre, l'énergie et les devises la suivent de près. p.74

 

 

37

 

Vandana Shiva : "L'avenir du monde en agriculture réside dans une production de nourriture plus abondante en diversité, et ce, à l'échelle locale. Et cela ne peut se faire sans remplacer les carburants fossiles par de l'énergie renouvelable, y compris de l'énergie humaine. Alors, pour la première fois en 500 ans pendant lesquels le colonialisme nous a séparés entre Nord et Sud, colonisés et colonisateurs, nous aurons véritablement l'occasion d'être une seule famille pratiquant une agriculture faite pour une seule planète." p.75

 

 

38

 

Il y a des années que l'on débat des avantages et des inconvénients économiques de la localisation. Le pic pétrolier met un  terme à ce débat. Comme le dit David Korten dans son récent livre The Great Turning : "On va dire que "Korten veut tout changer". C'est là passer à côté de la question. Tout va changer. La question est de savoir si on va laisser les changements se dérouler de façon de plus en destructrice ou bien assumer la crise grandissante comme une grande chance pour nous... Il s'agit pour notre espèce du plus grand défi à sa créativité auquel elle ait jamais dû faire face." p.75

 

 

39

 

Une grande partie de nos consommations a été rendue nécessaire par la sape systématique des économies locales au cours des cinquante dernières années, et la perception culturelle profondément incrustée que nous avons le droit d'aller où nous voulons, quand nous le voulons et comme nous le voulons. p.76

 

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40

 

Le fait d'avoir des carburants liquides à bon marché nous a permis de concevoir un système d'approvisionnement en nourriture  dans lequel d'énormes quantités d'énergie sont employées à déplacer de la nourriture et d'autres biens à notre guise, comme une fin en soi. Comme le dit Herman Daly : "Il serait sans doute plus efficace d'échanger des recettes." p.76

 

 

41

 

Fareed Zakariah a récemment écrit dans le New York Times : "On ne saurait mettre ces forces (de mondialisation économique) hors circuit si ce n'est à grands frais pour notre bien-être économique. Au cours du dernier siècle, les pays qui ont essayé de préserver leurs systèmes, leurs emplois, leur culture ou leurs traditions en empêchant le reste du monde d'y pénétré ont stagné. Ceux qui se sont ouverts au monde ont prospéré." Si bien des choses prêtent le flanc à la contestation dans cette affirmation, sa faiblesse principale tient à ce qu'elle dépend des carburants liquides à bon marché. p.76

 

 

42

 

Une dépendance complète à l'égard du transport routier et une distribution centralisée sont le talon d'Achille de la mondialisation économique. p.76

 

 

43

 

David Stahan, auteur de The Last Oil Shock : "Même si nous consacrions toutes nos terres arables à la production de biocarburant, nous n'arriverions à produire que le quart de notre consommation actuelle de carburant. Nous pourrions tous mourir de faim dans un embouteillage."

 

 

44

 

Le point faible de l'hydrogène est qu'il n'est pas une source d'énergie, mais un vecteur d'énergie. Afin d'obtenir de l'hydrogène pur, il faut faire passer de l'électricité à travers de l'eau. Le problème survient dès qu'il s'agit de produire cette électricité. David Strahan a estimé que rien que pour faire marcher les automobiles du Royaume-Uni à l'hydrogène, il faudrait 67 centrales nucléaires. p.77

 

 

45

 

En 2004, le Royaume-Uni a importé 10,2 millions de kilos de lait et de crème de France et y en avons exporté 9,9 millions. Les statistiques pour ce même commerce avec l'Allemagne étaient respectivement de 15,5 et de 17,2 millions de kilos. L’Allemagne nous a envoyé 1,5 million de kilos de pommes de terre et nous lui en avons envoyé - oui - 1,5 million de kilos de pommes de terre. Sur les marchés internationaux, alors que nous importions 44 000 tonnes de coupes de poulet désossés, nous avons exporté 51 000 tonnes de poulet désossé frais. (Andrew Simms et al., The UK Interdependance Report, New Economics Foundation, 2006.) p.77

 

 

46

 

Deux transitions sont à l'œuvre dans le monde : celle qui est le sujet de ce livre et une autre beaucoup plus vaste, plus puissante, qui est en train de rapidement démanteler le peu de résilience qui reste sous les dehors de la mondialisation et de la croissance économique. p.78

 

 

47

 

De nombreux pays qui avaient précédemment déclaré posséder d'énormes réserves de charbon sont en train de revoir très fortement leurs réserves à la baisse. www.energywatchgroup.org/files/coalreport.pdf . Il n'empêche qu'il y en a probablement encore assez pour endommager irrésistiblement le climat. p.79

 

 

48

 

Le pic pétrolier est une situation horriblement difficile. C'est aussi une occasion de faire beaucoup mieux. Ne gaspillons pas ce moment. (Albert Bates, The Post-Petroleum Survival Guide and Cookbook, New Society Publishers, 2006) p.82

 

 

49

 

De façon générale, les gouvernements n'ouvrent pas la voie, ils réagissent. Ils sont réactifs, et non pas proactifs. Il est essentiel de se souvenir que plusieurs des décisions qu'ils devront inévitablement prendre parce qu'elles préparent à la descente énergétique sont perçues comme étant à toutes fins pratiques inconcevables d'un point de vue électoral. p.82

 

 

50

 

Les communautés pourraient établir d'ordre du jour, en disant au gouvernement : "Voici notre plan : il s'attaque à tous les problèmes soulevés par les changements climatiques et la sécurité énergétique et va aussi revitaliser notre économie locale et notre arrière-pays agricole, mais il va fonctionner beaucoup mieux si un rationnement carbonique est en place et si les véritables coûts des carburants fossiles sont reflétés dans les biens et services." p.82

 

 

51

 

Nous pouvons faire énormément de choses sans le gouvernement, mais nous pouvons aussi en faire considérablement plus avec lui. p.82

 

 

52

 

Je n'ai encore rencontré personne qui pense que des économies locales plus fortes, une démocratie locale accrue, une culture alimentaire locale renforcée et davantage d'énergie fournie localement ne seraient pas une bonne idée. Pour la plupart, nous savons tous instinctivement que nous vivons au-delà de nos moyens collectifs et nous avons une vague idée de ce qu'il nous faudrait faire. p.83

 

 

53

 

Quand vous entendez les mots « changement climatique » et « pic pétrolier », quel effet ont-ils sur vous ? Quels sont les impulsions ou les instincts qu'ils provoquent chez vous ? Si je dois deviner, et si vous êtes comme la plupart des gens à qui j'ai posé la question, ces mots font surgir des sentiments d'impuissance, de tristesse, de lassitude et l'impression d'être placé devant quelque chose d'énorme et d'effrayant sur quoi vous vous estimez incapable d'exercer une quelconque influence. Ce n'est pas de cet état d'esprit qu'il faut partir si nous voulons accomplir quelque chose. Car il ne tend pas à produire une action dynamique appliquée, et nous devons pour cela nous sentir motivés et inspirés. En bref, nous sommes sur le point d'affronter la tâche la plus importante de l'histoire, et nous y sommes on ne peut plus mal préparés. p.83, résumé de la première partie : l'ère du pétrole touche à sa fin.

 

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Deuxième partie : Le cœur

 

 

54

 

«Pour sauver la planète, nous n'avons pas besoin de percées technologiques miraculeuses ou d'énormes capitaux. Essentiellement, nous avons besoin d'un changement radical dans notre façon de penser et dans nos comportements.» (Ted Trainer, Renewalable Energy Cannot Sustain a Consumer Society, Springer Verlag, 2007) p.85

 

 

55

 

«Les incertitudes de notre époque ne justifient pas d'être certains du bien-fondé du désespoir. » Vandana Shiva. p.85

 

 

56

 

La question que pose cette partie du livre est la suivante : « Qu'arriverait-il si nous abordions la question de l'après pétrole et du changement climatique par l'autre bout,

en dessinant une vision de l'avenir si attrayante que les gens se sentiraient instinctivement attirés par elle ? » p.85

 

 

57

 

La réaction égoïste des adeptes de la survie individuelle au pic pétrolier (survivalists) consiste à s'accorder à soi-même ainsi qu'aux êtres chers la priorité absolue, qu'il faut organiser sa propre survie, que s'enfuir dans la nature est la réponse appropriée. La manifestation la plus courante de ce symptôme au Royaume-Uni est « écoutez, nous allons nous en tirer parce que nous avons une planque dans les Pyrénées. » p.87

 

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58

 

La croyance que l'on peut exister et prospérer indépendamment des communautaires locales est un douteux « bienfait » de l'âge du pétrole bon marché. Nous devrons réapprendre à nous rencontrer et à nous saluer les uns les autres de même qu'à communiquer et à coopérer. p.88

 

 

59

 

Face au pic pétrolier, la majorité de la population n'en est qu'au stade de précontemplation. Mais cela change vite cependant. (Entrevue avec le Dr Chris Johnstone, spécialiste du traitement des dépendances) p.91

 

 

60

 

Lorsqu'ils acceptent de reconnaître qu'ils sont victimes d'une dépendance au pétrole, les gens peuvent se pencher sur la question et apprendre des stratégies pour la combattre. (Entrevue avec le Dr Chris Johnstone, spécialiste du traitement des dépendances) p.92

 

 

61

 

Si nous poursuivons la consommation intensive de carburants fossiles comme le pétrole, nous courons deux risques : un changement dangereux du climat et une famine énergétique lorsque les réserves de pétrole s'épuiseront. (Entrevue avec le Dr Chris Johnstone, spécialiste du traitement des dépendances) p.92

 

 

62

 

En offrant un espace où chacun peut exprimer à la fois ses inquiétudes et ses résistances, l'ambivalence est révélée et du même coup peut être gérée. Cela aide les gens à clarifier ce qu'ils veulent vraiment et à passer aux étapes suivantes s'ils veulent faire face aux vrais enjeux. (Entrevue avec le Dr Chris Johnstone, spécialiste du traitement des dépendances) p.93

 

 

63

 

Une des leçons que nous apprend la guérison des dépendances est qu'informer les gens ne suffit pas. La prise de conscience d'un problème n'est que la première étape du changement, le passage de l'étape de précontemplation à celle de contemplation. Les Initiatives de Transition sont attentives aux étapes du changement et aux blocages qui apparaissent chez les gens. Cela leur permet de s'intéresser aux enjeux derrière la motivation, la résistance et l'ambivalence. (Entrevue avec le Dr Chris Johnstone, spécialiste du traitement des dépendances) p.93

 

 

64

 

Dans la plupart des réunions politiques, vous verrez un orateur qui s'adresse à un auditoire relativement passif. Une approche basée sur la motivation pourrait offrir aux auditeurs le sentiment d'être écoutés en leur permettant d'exprimer leurs propres arguments pour changer. Plusieurs événements tenus par des Initiatives de Transition l'ont fait au moyen d'exercices d'écoute deux à deux. Au lancement des Initiatives de Transition, des centaines de personnes se sont retrouvées par paires, l'une parlant, l'autre écoutant. Celle qui parlait avait droit à deux minutes d'écoute pour chacune de ces trois propositions ouvertes :

-        « Quand je pense au pic pétrolier et aux changements climatiques, je crains, entre autres, que... »

-        « Ma vision positive de ce que j'aimerais voir se passer dans cette ville / ce village est... »

-        « Les actions que je peux entreprendre pour y contribuer sont... »

 

Le rôle de l'écoutant était simplement d'écouter attentivement. Les rôles changeaient après les trois phases afin que chacun puisse s'exprimer. Ce processus a duré une vingtaine de minutes et a nettement augmenté le niveau d'énergie et d'enthousiasme parmi les participants. Après l'une de ces rencontres, un participant a dit : Lorsque nous avons fait cet exercice, quelque chose s'est produit dans la salle. C'est à ce moment-là que nous sommes devenus une communauté. (Entrevue avec le Dr Chris Johnstone, spécialiste du traitement des dépendances) p.94

 

 

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Les Initiatives de Transition ne s'occupent pas seulement d'informer les gens, et de faire pression. Elles incluent aussi des formations pratiques sur les savoir-faire qui serviront dans la société de l'après pétrole. Mais une formation psychologique est tout aussi cruciale pour cultiver des visions positives et trouver le moyen de surmonter nos « tueurs de rêves » intérieurs que sont la peur, le cynisme et le doute. (Entrevue avec le Dr Chris Johnstone, spécialiste du traitement des dépendances) p.94

 

 

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Réussir à créer le sentiment de s'embarquer dans une aventure collective, comme le dit Chris Johnstone, pourrait bien être ici la clé. p.98

 

 

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C'est une chose de faire campagne contre le changement climatique et une autre de présenter une vision irrésistible et attachante du monde de l'après carbone, qui donne aux autres l'envie d'y aller. Nous commençons à peine à explorer la puissance d'une vision positive d'un futur resplendissant qui soit frugal en énergie, riche en temps, moins stressant, plus sain et plus heureux. p.100

 

 

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Quand nous commençons à travailler sur la descente énergétique, nous devrions chercher à attirer des romanciers, des poètes, des artistes et des conteurs. p.100

 

 

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L'idée de raconter de nouvelles histoires a aussi été évoquée lors de la Grande libération officielle de Totnes* Ville en Transition, quand Chris Johnstone a dit : « En ce moment, Totnes a la possibilité d'innover sur le plan international. Dans 400 ans, peut-être, si l'humanité arrive à s'en tirer, on se souviendra de ce moment du début du XXIème siècle comme d'une période cruciale : la dernière décennie de l'Âge du pétrole. On racontera peut-être des histoires sur ce qui s'est passé à Totnes. Peut-être que cette soirée figurera au début de l'une de ces histoires. Si vous considérez l’avenir, il y a de lugubres potentialités, mais il y en a également d'exaltantes, et vous faites partie d'une potentialité exaltante par votre seule présence ici ce soir. » p.100-101

 

* ville anglaise où l'expérience de Transition impulsée par Rob Hopkins depuis septembre 2006 est la plus aboutie.

 


   

 

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suite :

 

Manuel de Transition 3

Manuel de Transition 4

Manuel de Transition 5

Manuel de Transition 6

Manuel de Transition 7

 

Non seulement une autre existence est-elle possible, mais elle s'en vient.

Par une journée calme, je peux entendre son souffle.

Arundhati Roy

 

 

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« Mesdames et messieurs, j'ai la réponse ! Aussi incroyable que cela puisse paraître, je suis tombé sur la technologie qui va nous sauver d'un changement climatique hors de tout contrôle ! Par charité envers vous, je vais vous l'offrir gratuitement. Pas de brevets, pas de petits caractères, pas de clauses cachées. Cette technologie, une forme radicalement nouvelle de capture et de stockage du gaz carbonique, crée tout un émoi parmi les savants. Elle est bon marché, elle est efficace et peut être déployée sans tarder. Elle a pour nom : laisser les carburants fossiles sous la terre ». p.43 (George Monbiot, Rigged, The Gardian, 11 décembre 2007)

 

 

 

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Quelques titres en tête d'affiches pour organiser des événements publics : p.147-148

 

-        La fin de l'âge du pétrole - défi ou opportunité ?

            Deux événements (à 7 jours d'intervalle)

            => projection d'un film + débat ;

            => des pistes pour une transition – la formidable opportunité du pic de pétrole (Totnes, septembre 2006)

 

-        JOURNÉE VILLE EN TRANSITION (Montréal, novembre 2009, opération co-organisée par 5 associations, une centaine de personnes, informations et inscriptions par Internet)

 

-        L'énergie après le pétrole – conférence illustrée – un regard lucide sur notre impasse actuelle et comment notre énergie pourrait changer dans le futur. (Brixton Ville en Transition, mai 2004)

 

-        Coaticook, ville en transition ?

- Un mouvement citoyen en faveur du développement durable

- Une approche originale pour revitaliser la communauté et l'économie locale. (Québec ; décembre 2008)

 

-        ASSEMBLÉE D'INFORMATION SUR LES VILLES EN TRANSITION

– Projection du Film « In Transition » (anglais, sous-titres français)

– présentation orale par un intervenant

– Discussion sur l'opportunité de lancer un « Quartier en Transition » sur Villeray (Montréal, mars 2010)

 

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