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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 10:34

Carte de France des centrales nucléaires.

Voici la carte française d'implantation des centrales nucléaire avec le nombre de réacteurs par centrale:

Carte de France des centrales nucléaires

Source: CNRS


Et les noms de chacune de ces centrales:

http://www.econologie.com/le-nombre-de-centrales-et-reacteurs-nucleaires-en-france-articles-3296.html

 

Ces mots de Jacques Duclos, ancien premier secrétaire du Parti communiste
français, s’appliquent aux atermoiements concernant les miracles du
nucléaire et ses pendants, les énergies fossiles. L’opportunité nous est
donnée de traiter du nucléaire à propos du Japon. Le puissant tremblement de
terre et le tsunami qui ont dévasté hier le Nord-Est du Japon ont déjà fait
près de 2000 morts et disparus, un bilan qui s’alourdit d’heure en heure
selon les données fournies à la mi-journée par la police. Au moins 1800
personnes ont péri et / ou sont disparues dans différentes régions du nord et
de l’est du Japon. Par ailleurs, plus de 215.000 personnes ont été
évacuées vers des abris dans le Nord et l’Est du pays. Le très violent
séisme pourrait déclencher de graves catastrophes industrielles. L’économie
du Japon risque de souffrir du séisme destructeur car les industries du
Nord-Est et du secteur énergétique vont peiner à redémarrer, et
l’important effort budgétaire qui sera nécessaire à la reconstruction
risque d’alourdir la dette de l’archipel. Nombre d’activités côtières
ont été réduites à néant et les infrastructures ravagées par une vague de
dix mètres de haut dans la métropole de Sendai.

Plusieurs centrales nucléaires ont été arrêtées et des complexes
pétrochimiques sont en feu. Six mille habitants des environs d’une centrale
nucléaire de la préfecture de Fukushima (nord-est) ont été appelés à
évacuer une zone de trois kilomètres de rayon autour de la centrale Fukushima
n°1. Les eaux de refroidissement de l’installation nucléaire ont baissé à
un niveau inquiétant, Le séisme a été ressenti jusqu’à Pékin, située à
2500 kilomètres à l’ouest, ont rapporté des habitants. Il s’agit du plus
violent séisme dans le pays depuis 140 ans. Selon l’Institut américain de
veille géologique (Usgs), le tremblement de terre a atteint une magnitude de
8,9. Il dépasse en intensité le grand séisme de Kanto, d’une magnitude de
7,9, qui fit 140.000 morts dans la région de Tokyo le 1er septembre 1923. Le
séisme au Japon aurait déplacé de près de 10 cm l’axe de rotation de la
Terre, a indiqué l’Institut italien de géophysique et de vulcanologie
aujourd’hui.(1)

La maîtrise de la science des tremblements de terre

Le Japon est un pays à très hauts risques sismiques...toujours en attente de
son «Big One». Il est situé au carrefour de trois grandes plaques
tectoniques. On appelle cela un point triple. Les plaques Pacifique,
eurasiatique et philippine se chevauchent ainsi les unes les autres dans un
assemblage complexe à analyser. Surtout la plaque Pacifique glisse sous le
Japon à une vitesse de 8 cm par an. D’après Rolando Armijo (Institut de
physique du globe de Paris), les spécialistes pensent désormais que le dernier
grand séisme survenu à cet endroit remonte à 1896, avec une magnitude
probable de 8,7 et un tsunami qui aurait fait 27.000 morts. (1)

Le Japon est sans conteste, le pionnier dans la parade contre les tremblements
de terre. Ce qui est humainement possible de faire et d’imaginer a été fait.
Il n’empêche qu’il n’est toujours pas possible de prévoir l’occurrence
d’un tremblement de terre même si on fait appel aux roulements de billes ou
aux animaux. Malgré cette récurrence des secousses, ce n’est qu’après le
violent séisme de Kobe, qui a fait 6000 victimes dans la région le 17 janvier
1995, que le Japon a mis en place des systèmes de protection antisismique et
des plans de prévention. Depuis près de cinquante ans, le gouvernement nippon
a mis en place un programme d’exercices de prévention. (1)

Un système d’alerte aux raz-de-marée perfectionné a été mis en place et
amélioré au fil des années, avec des capteurs avancés en haute mer. Il doit
signaler les régions menacées, via la télévision et la radio notamment, dans
un délai ne dépassant par les quatre minutes après un séisme. Mais le
phénomène reste encore difficilement prévisible avec exactitude. Pour tenter
de protéger des rivages, des millions d’arbres ont aussi été plantés et
des digues de 10 à 20 mètres de hauteur élevées à des endroits sensibles
Les Japonais sont aussi les plus avancés dans le domaine des techniques
d’amortissement des chocs sismiques pour les bâtiments. Plus de 2000 grands
immeubles japonais sont équipés de ces systèmes «isolants», contre moins de
400 dans le reste du monde. Les autorités avaient imposé, pour tout permis de
construire, une validation des plans par un organisme homologué. Des milliers
d’entreprises, de bâtiments publics, de gares ou de trains sont aussi
équipés de dispositifs permettant de déceler les premiers frémissements du
sol. «Nous avons beaucoup appris de l’analyse des dégâts à Kobe»,
estimait pour sa part en 2010, Satoru Saito, expert au cabinet de recherche
Nomura. De magnitude 7.2, le séisme de Kobe qui s’est produit en 1995, avait
fait plus de 140.000 victimes ou disparus ; «Le Japon a le système d’alerte
le plus évolué du monde, même s’il n’est pas parfait», affirmait en 2009
Hiroshi Inoue, de l’Institut national de recherche pour la prévention des
désastres. (1)

Les séismes les plus coûteux en milliards de dollars depuis 1980 dans le
monde sont, notamment celui de Kobé (100) du Sichuan le 12.05.2008 (85), les
plus meurtriers sont celui d’Haïti (316.000 morts) et celui de l’Asie du
Sud (210.000 morts)

Tchernobyl ou pas Tchernobyl?

«Alors que les militants antinucléaires écrit Olivier Cabanel, se
préparent à commémorer l’anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, le
tremblement de terre japonais nous ramène à la triste réalité des dangers
que représente l’industrie nucléaire. La liste des 1500 victimes, ou
disparus, déjà annoncées par les agences de presse japonaises pourraît
s’allonger sous peu, car au sujet des centrales nucléaires touchées par le
séisme du 11 mars 2011, la situation est loin d’être sous contrôle : le
refroidissement de certains réacteurs touchés n’est pas encore assuré, et
l’on pourraît peut-être assister à la fusion de l’un d’entre eux, tout
comme à Tchernobyl il y a un quart de siècle exactement.»

Pour cette catastrophe, si l’on a su bien trop tard, à cause de la
désinformation gouvernementale française, la pollution nucléaire subie, avec
d’autres peuples d’Europe, on connaît maintenant, seconde après seconde,
de quelle manière le «nuage» invisible s’est déplacé. On sait aussi,
malgré les efforts de minimisation tentés par le lobby nucléaire, et grâce
au rapport publié en janvier 2010 par l’Académie des sciences de New York,
que le nombre de morts suite à la catastrophe de Tchernobyl est de l’ordre
d’au moins 985.000, et que le bilan financier de la catastrophe a dépassé
les 500 milliards de dollars. Or, le séisme qui vient de se produire au Japon
doit être regardé de plus près, car 3 réacteurs nucléaires posent des
problèmes de refroidissement, et si un seul réacteur ne peut plus être
contrôlé, ce ne sont pas quelques centaines de victimes qui pourraient être
à déplorer, mais vraisemblablement beaucoup plus. (...) Aux dernières
nouvelles, la centrale d’Onagawa est en feu, et il semble qu’il n’était
plus possible d’empêcher la fusion du réacteur, bien que les informations
soient manifestement filtrées afin de ne pas affoler les populations. C’est
toujours le même syndrome, celui de Tchernobyl, qui consiste à dissimuler le
danger, afin de ne pas créer la panique. (...) Le pire scénario est peut-être
à venir, car si un seul réacteur ne peut être refroidi, un «Tchernobyl»
japonais est possible, avec les conséquences que l’on imagine. Si les
manoeuvres désespérées pour refroidir le réacteur échouent, on aura, comme
à Tchernobyl, fusion du coeur, explosion, et dissémination dans
l’atmosphère de particules radioactives, qui, portées par les vents,
viendront polluer nos poumons et le sol, au gré des pluies. Alors, pourquoi
s’inquiéter, car comme dit mon vieil ami africain : «Il faut attendre
d’avoir traversé toute la rivière avant de se moquer du crocodile.»(2)

«Le Japon est-il menacé d’un accident nucléaire majeur comparable à
celui de Three Mile Island, la centrale américaine dont le coeur avait, le 28
mars 1979, partiellement fondu? Le risque d’une fusion du coeur du réacteur
n°1 de la centrale de Fukushima restait, samedi 12 mars, la préoccupation
principale des autorités nucléaires japonaises et internationales. Même à
l’arrêt, les réacteurs doivent continuer à être refroidis par un liquide
réfrigérant. Dans le cas contraire, les cartouches de combustible nucléaire
(contenant de l’uranium et du plutonium) peuvent être endommagées et fondre.
A Fukushima, il semble que se soient produites à la fois une perte
d’alimentation électrique, ne permettant plus le refroidissement du coeur du
réacteur, et une perte d’alimentation en eau de mer ordinairement injectée
dans le circuit de refroidissement (..) L’armée de l’air américaine avait
fourni dans la nuit des liquides spéciaux de refroidissement qui n’avaient
pas eu l’effet souhaité.»(3)

La sécurité discutable des réacteurs nucléaires japonais

Une question récurrente est relative à la sureté nucléaire. Il semble que
l’entreprise japonaise chargée de gérer le nucléaire n’a pas fait dans le
passé preuve de transparence. «Est-il possible de sécuriser les centrales
nucléaires dans un pays à forte activité sismique comme le Japon où se
produisent 20% des secousses supérieures à une magnitude de 4 enregistrées à
travers la planète? Après un tremblement de terre en juillet 2007 dans le
département de Niigata (mer du Japon) d’une magnitude de 6,8, plusieurs
incidents s’étaient déjà produits à la centrale de Kashiwazaki-Kariwa
(sept réacteurs) dont des fuites radioactives. Tepco, qui avait par le passé
dissimulé des problèmes, avait tardé à reconnaître les faits : sa centrale
n’était pas conçue pour résister à un séisme d’une telle violence et
l’alerte avait été donnée trop tardivement, avait reconnu le Premier
ministre de l’époque, Shinzo Abe. L’enquête avait révélé une
cinquantaine d’anomalies et de dysfonctionnements et des falsifications de
documents sur des résultats de tests d’étanchéité. Tepco avait adopté de
nouvelles normes. Pays disposant de faibles ressources naturelles, le Japon
dépend à 40% de la filière nucléaire pour produire l’électricité dont il
a besoin. Il compte plus de cinquante centrales nucléaires situées
généralement à proximité de ses côtes.»(4)

«Sur place, la radioactivité reçue en une heure par personne correspond à
la limite à ne pas dépasser annuellement. Jean-Mathieu Rambach, ingénieur
expert en génie civil à l’Irsn, a expliqué à l’AFP que l’explosion
n’est donc pas comparable à celle de Tchernobyl : «A Fukushima, les
installations sont principalement constituées de métal : cela peut fondre,
cela peut permettre des fuites radioactives. Selon un porte-parole de Greenpeace
joint par Rue89 : «On est exactement dans le même cas de figure qu’à
Tchernobyl. L’explosion a été causée par l’hydrogène, c’est une
explosion mécanique qui a soufflé le réacteur. Ce qu’on cherche à
vérifier maintenant, c’est si la fusion a été totale ou partielle.»(...)
Tepco a admis une augmentation de la pression à l’intérieur du réacteur.
C’est ce qu’on appelle un accident majeur.»(5)

Pour ajouter à la difficulté, l’opérateur d’une centrale nucléaire du
nord-est du Japon a déclaré dimanche qu’un deuxième réacteur donnait des
signes de problèmes, avec un risque d’explosion (réacteur N°3 de la
centrale Fukushima n°1) «Toutes les fonctions pour maintenir le niveau du
liquide de refroidissement sont en panne», a déclaré un porte-parole de
l’opérateur. Le réacteur a finalement explosé.

Sortir du nucléaire et aller vers le développement durable

Sommes-nous dans une configuration de Tchernobyl, accident du 26 avril 1986
qui, rappelons-le, aurait fait entre 600.000 et 900.000 morts des suites des
radiations? Pour le Réseau «Sortir du nucléaire», c’est bien un accident
nucléaire majeur gravissime qui se déroule actuellement au Japon, d’une
gravité comparable à celle de l’accident de Three Mile Island et de celui de
Tchernobyl. Selon l’agence japonaise de sûreté nucléaire, l’incident qui
a affecté la centrale de Daiichi est moins grave que ceux de Three Mile Island
en 1979 et de Tchernobyl en 1986. Il a été classé au niveau 4 alors que celui
de Three Mile Island, aux Etats-Unis, avait été classé au niveau 5 et
l’accident de Tchernobyl, en Ukraine, au niveau 7, le plus élevé.

Selon une dépêche de l’AFP, environ 60 000 personnes ont formé samedi une
chaîne humaine pour protester contre l’énergie nucléaire, dans le sud-ouest
de l’Allemagne, selon un collectif écologiste alors que la menace d’un
accident nucléaire planait au Japon. «Angela Merkel et Stefan Mappus (chef du
gouvernement régional du Bade-Wurtemberg) vont comprendre que celui qui
prolonge la durée de vie des centrales (nucléaires) raccourcit sa propre
durée de vie gouvernementale», selon Jochen Stay. Le Parlement allemand a
voté à l’automne 2009 l’allongement de l’exploitation des centrales
nucléaires, reniant ainsi l’arrêt progressif qui avait été décidé sous
le gouvernement social-démocrate/écologiste de Gerhard Schröder (1998-2005).
L’Allemagne après avoir annoncé le démantèlement de ses centrales
nucléaires d’ici à 2021 s’est, en définitive, récusée en août 2010 et
a prolongé encore jusqu’en 2035 la durée de vie de ces centrales.

En France si les tremblements de terre sont bien moins fréquents qu’au
Japon et moins forts, les centrales sont aussi bien moins "protégées" contre
les séismes. Et la possibilité d’un accident nucléaire grave en France dont
près de 80% de l’électricité est produite par 58 réacteurs à eau
pressurisée (PWR) n’est pas une lubie des antinucléaires, les officiels
l’admettent depuis longtemps même si ce n’est guère répercuté par les
médias. Le parc nucléaire français est en effet toujours aussi dangereux :
Pour le risque sismique : Il y a 42 réacteurs sur 58 qui sont menacés ! Il y a
eu perte du refroidissement (les 2 voies d’eau obstruées simultanément)
d’un des réacteurs de Cruas... La double défaillance des circuits de secours
sur 34 réacteurs Le risque inondation : 16 sites sur 19 sont concernés. Voir
"Le Blayais : Très près de l’accident majeur" en décembre 1999. Des
scénarios de gestion existent depuis quelques années pour la phase d’urgence
pendant et juste après l’accident (confinement, prise d’iode stable
évacuation) et exercices de crise dans les localités proches des réacteurs.
(6)

On dit que les centrales nucléaires dégagent très peu de CO2 que le
charbon, le pétrole ou le gaz, Ceci est vrai si on ne compte pas l’énergie
et le CO2 dégagés par les quantités de béton et d’acier qu’il a fallu
pour les construire. On oublie aussi que le risque zéro n’existe pas et que
les déchets radioactifs (plutonium) ont une demie-vie de 24.000 ans. Il n’y a
toujours pas de solution définitive quant au traitement des déchets.

Le recours aux énergies vertes est plus qu’une option, une nécessité. Le
Japon dispose de sources géothermiques importantes qu’il peut exploiter.
Cependant, il ne pourra pas assurer au japonais Lambda 10.000 kWh par an. A
moins, à moins de changer de paradigme et de faire la chasse au gaspi, de se
défaire de l’addiction au pétrole...Un rapport du Parlement européen pense
qu’il faudra dépenser au total entre 60 et 80 milliards d’euros sur une
période de 50 ans, avant qu’il soit envisageable de produire de l’énergie
avec la fusion nucléaire. Ces accidents nucléaires seront peut-être un choc
et permettront aux pays industrialisés de se tourner vers les énergies vertes
Ils passeront de l’ébriété énergétique actuelle à la sobriété
énergétique seule garante, d’un développement durable.

1.Nantro Seize : Séisme de magnitude 8,9 et tsunami dans le nord-est du Japon
:
http://www.catnat.net/index.php?option=com_content&view=article&id=12028:03-seisme-de-magitude-89-et-tsunami-dans-le-nord-est-du-japon&catid=23:actualites-catastrophes-monde&Itemid=185
11 Mars 2011

2.Olivier Cabanel : Tchernobyl : drôle d’anniversaire Agoravox 12/03/2011

3.Philippe Pons et Pierre Le Hir : Menace nucléaire au Japon. Le Monde.fr
13/03/11

4.La centrale de Fukushima aurait été gravement endommagée L’Express
12/03/2011

5.Séisme au Japon : risque de catastrophe nucléaire Rue89 11/03/2011

6. L’accident nucléaire est aussi possible en France à tout moment,
aujourd’hui, ce soir, demain matin ! Infonucléaire
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article114814 14 mars 2011

Pr Chems Eddine CHITOUR

Ecole Polytechnique Alger enp-edu.dz


Mardi 15 Mars 2011
http://www.alterinfo.net/LE-NUCLEAIRE-OU-LA-FUITE-EN-AVANT-Plaidoyer-pour-un-developpement-durable_a56287.html

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