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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 12:31

Crise-Europe : le Portugal envisage de privatiser ses transports fin 2012



Soumis à une sévère cure de rigueur avec les mesures d'austérité décidées par le gouvernement de Passos Coehlo suite au prêt de 78 milliards d'euros accordé par la "troïka" en mai 2011, le Portugal se serre la ceinture. Brusque augmentation des tarifs des transports publics, suppression des 13e et 14e mois pour les fonctionnaires, le pays envisage de fusionner et de privatiser le métro, les trams, bus et ferries de Lisbonne et Porto. Le bras de fer avec les syndicats provoque des grèves à répétition.



Les trams historiques de Lisbonne exploités par l'entreprise Carris qui pourrait fusionner avec l'opérateur du métro de Lisbonne. © N.A
Début d'année mouvementée au Portugal pour les usagers du train avec une nouvelle grève très suivie dans les Chemins de fer nationaux (CP) le 1er janvier 2012. La troisième après celle du 24 novembre dans les  transports urbains de Porto et Lisbonne, et celle du 23 décembre sur le réseau ferré national.

En cause, les procédures disciplinaires à l'encontre des cheminots qui n'avaient pas respecté le service minimum lors des précédents mouvements sociaux. Mais surtout, les syndicats sont vent debout contre "les politiques de démantèlement des chemins de fer et la réduction du nombre de postes dans la fonction publique".
Le transport public a été l'une des cibles prioritaires dans le mémorandum signé au printemps 2011 entre le Portugal et l'Union européenne, le FMI et la banque européenne, la "troïka". L'endettement des entreprises publiques de transport s'élevant fin 2010 "à près de 17 milliards d'euros, soit l'équivalent de 10% du PIB annuel du pays", selon le ministre de l'Economie portugais.

En toute logique, le secteur des transports publics est donc l'un des plus touchés par les mesures d'austérité décidées par le nouveau gouvernement de centre droit dirigé par Pedro Passos Coehlo (qui a succédé au socialiste José Socrates) en échange de l'aide financière accordée par la troïka.
Un prêt de 78 milliards d'euros sur trois ans, assorti d'un exigeant plan de rigueur budgétaire pour assainir les finances publiques, et ramener le déficit de 5,9% à 4,5% en 2012.


Suppression des 13e et 14e mois

Le budget 2012 prévoit notamment la suppression des 13e et 14e mois pour les fonctionnaires et pour les retraités dont les revenus mensuels dépassent 1 000 euros. Les temps de travail des salariés du public devraient également être remis en cause. Dans le privé, les salariés sont priés de travailler une demie-heure de plus par semaine pour le même salaire.
Autant de coups portés aux acquis sociaux qui ont amené les Portugais habituellement peu revendicatifs à faire grève massivement, et à manifester fin 2011 et dès le 1er janvier 2012.

Autre levier, les tarifs des transports publics urbains qui ont subi une hausse de 15% en août 2011, une mesure prévue dans le plan d'aide internationale. Ils pourraient même augmenter une nouvelle fois en 2012. Objectif, rétablir l'équilibre financier des entreprises publiques de transport.

Pour faire des économies, le métro de Lisbonne fermera dorénavant ses portes à 23h au lieu d'une heure du matin, ce qui a provoqué un fort mécontentement chez les habitants de la capitale, même si des lignes de bus nocturnes doivent prendre le relais.
Le maire pense par ailleurs instaurer un péage urbain pour financer les investissements dans les transports publics. Car jusqu'à présent, et c'est l'une des principales sources d'endettement, "les opérateurs de transport public n'ont reçu aucune subvention, ni compensation d'exploitation de la part de l'Etat ou des collectivités locales", commente Alain Descamps, directeur de Veolia Transdev Portugal.
Le groupe français qui gérait le métro léger de Porto avant d'être détrôné par Keolis-Barraqueiro en 2010, exploite toujours de nombreuses lignes interurbaines par autocar au Portugal où il réalise un chiffre d'affaires de 200 millions d'euros avec 2 400 salariés et 1 300 véhicules.


Priorité à la route depuis 30 ans

Au Portugal, les opérateurs privés déposent des demandes d'ouverture de lignes routières et une fois ces autorisations administratives obtenues, ils les exploitent à leurs risques et périls. "Les opérateurs de transport public payent aujourd'hui le développement d'une mobilité qui, depuis trente ans, a accordé la priorité absolue à la route et une concentration incontrôlée dans le "Grand Lisbonne", commente un autre observateur.
Les chemins de fer ont abandonné un grand nombre de lignes régionales, le pays étant couvert par un réseau dense de liaisons par autocars utilisant les nombreuses autoroutes que compte le Portugal. Et le plan stratégique du gouvernement Coehlo prévoit de diminuer encore l'offre de trains régionaux.

Les recettes commerciales n'ont jamais suffi à compenser le déficit d'exploitation des entreprises publiques de transport, d'où la dette structurelle de Carris, l'exploitant du réseau de tramways lisboètes, de Metro Lisboa, de Transtejo (la compagnie des ferries qui relient les deux rives du Taje sur lesquelles s'étend l'agglomération de Lisbonne), le métro et le réseau de bus de Porto, STCP.
Au total, une dette estimée à 20 milliards d'euros fin 2011."L'Etat et les collectivités locales se sont comportées comme si les transports publics étaient bénéficiaires", commente Alain Descamps.

Il n'y a pas de régulateur fort au Portugal, les autorités métropolitaines de transport sont récentes, elles n'ont aucun moyen financier, seulement quelques compensations de l'Etat pour le tarifs sociaux et surtout, les offres de transport ne sont pas du tout coordonnées. Par exemple, à Lisbonne, le réseau de tramways concurrence l'offre du métro.


Fusion et privatisation des entreprises publiques

D'où le projet de fusion entre Carris et le métro de la capitale, entre Transtejo et Soflusa, les deux compagnies de ferries sur le Taje. Idem à Porto entre l'opérateur du métro et celui du réseau d'autobus.
Le nouveau gouvernement portugais semblé décidé à faire table rase du passé et envisage de recourir à la privatisation fin 2012 : "L'Etat a clairement annoncé son intention de sous-traiter l'exploitation des transports publics, et réfléchit à la formule de délégation de service public, comme en France", explique Alain Descamps.

Une brèche s'ouvre pour les groupes privés de transport. Les Français Veolia Transdev, Keolis, RATP Dev, les Espagnols Vectalia, Alsa, Cosmen, l'Allemand Arriva-DB, ou les Britanniques First, Stagecoach ou National Express vont-ils s'y engouffrer ? "Le besoin structurel de financement n'est pas encore résolu, les délais de paiement peuvent-être très très longs, les risques de trafic et les aléas de la zone euro font que le Portugal ne sera pas un eldorado. Il y aura des oppportunités de marché, mais il va falloir être très prudents", conclue Alain Descamps.

Nathalie Arensonas

http://www.mobilicites.com/fr_actualites_crise-europe---le-portugal-envisage-de-privatiser-ses-transports-fin-2012_0_77_1537.html

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Lisbonne : Grève dans le métro contre la privatisation

 

De l’Espagne à la Grèce en passant par le Portugal, la colère gronde au sein de la population. Particulièrement dans le service public, première victime des plans d’austérité mis en place pour sortir de la crise.


Ici à Lisbonne, c’est le métro qui est perturbé par une grève partielle. Les salariés s’opposent à la privatisation du site.


“Si le gouvernement privatise ce sera pire. Et dans quelques années les investisseurs rendront le métro à l’Etat”, estime le représentant du syndicat métropolitain Jose Silva Marques.


Les Portugais ont déjà fait plier le gouvernement, qui a renoncé à augmenter les cotisations sociales des salariés. Mais Lisbonne doit trouver un moyen d’instaurer de nouvelles mesures de rigueur demandées par ses créanciers, en augmentant par exemple les impôts.

 

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