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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 06:40

Blog gaulliste libre

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Le premier verrou anti-fédéralisme : l’Allemagne & co

 

Posted: 04 Aug 2012 11:55 PM PDT

 

Les fédéralistes espèrent que la crise actuelle va contraindre les pays européens à un grand saut fédéral, comme je l’ai étudié hier. Mais dans dans la réalité, une telle évolution est aujourd’hui rendue quasiment impossible par l’évolution du débat public dans les pays créanciers.
Le coût exorbitant de l’euro
Il y a encore deux ans, les opinions publiques n’avaient pas pleinement pris conscience du coût potentiel des plans de sauvetage des créanciers des pays en difficulté. Maintenant, c’est fini. Autant il était sans doute possible de réaliser un hold up fédéral en 2010, autant cette possibilité semble totalement illusoire aujourd’hui après deux ans de tragi-comédies européennes, avec une succession de plans jamais suffisants et une première restructuration de la dette grecque.
Pire, des études économiques commencent à chiffrer le coût qu’un maintien de l’euro pourrait avoir pour l’Allemagne. Les chiffres donnent le vertige. Le mécanisme des euro obligations mis au point par l’institut Bruegel revenait à demander à Berlin une caution solidaire de quatre mille milliards d’euros (150% du PIB du pays) ! Patrick Artus a fait une première évaluation estimant le montant des transferts annuels autour de 100 milliards d’euros par an, soit 4% du pays.
Sa dernière étude évoque le chiffre astronomique de 12,7% du PIB ! L’étude récente de Merrill Lynch évoque un coût de plus 150 milliards d’euros, soit 7% du PIB. Bref, pour que l’euro subsiste, il faudrait que l’Allemagne accepte de transférer une part importante de ses richesses vers les pays en difficulté pour financer les aides aux emplois et protéger les systèmes de protection sociale. Et une nouvelle restructuration de la dette grecque alourdirait encore la note.
Des opinions publiques hostiles
 

L’augmentation de l’addition a un effet radical sur les dirigeants politiques et les opinions publiques des pays qui sont les créanciers de dernier ressort de l’Europe : Allemagne, Finlande ou les Pays-Bas. La Finlande a réussi à obtenir des garanties spécifiques sur l’argent avancé à la Grèce. L’opinion néerlandaise est vent debout contre les plans européens et les prochaines élections pourraient bien être favorables aux partis qui s’opposent à cette Europe.

La situation est totalement bloquée en Allemagne où 81% de la population s’oppose aux euro obligations, 51% pensent que le pays vivrait mieux hors de la zone euro et 71% souhaitent voir la Grèce sortir de l’euro. A Berlin, le ministre de l’économie a estimé que « si la Grèce ne remplit pas ses obligations, il n’y aura plus d’argent. Le pays sera alors insolvable ». Le ministre des transports a abondé dans son sens, affirmant que « naturellement, la Grèce peut sortir de l’euro ».
Bref, il est totalement invraisemblable d’arriver à vendre aux dirigeants et aux citoyens allemands un quelconque assouplissement des règles et plus encore, une augmentation des fonds européens, d’autant plus que la Cour consitutionnel de Karlsruhe veille. Les fédéralistes français peuvent bien s’illusionner, jamais les allemands ne souhaiteront mettre un euro de plus, à part s’ils administraient directement le pays. Bref, les politiques sauvages d’austérité vont continuer.
Aujourd’hui, les créanciers sont échaudés par le manque de progrès des finances des pays en difficulté et le risque grandissant de nouvelle restructuration. Certes, la fin de la monnaie unique aura un coût, mais il est bien moindre que son maintien… Demain, j’étudierai la situaiton des pays débiteurs.

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commentaires

persoons 06/08/2012 10:37


à propos de "verrou anti-fédéraliste": attention tout de même, la mise en commun d'institutions politiques et administratives remonte à ..1959. La crise de l'Euro provient du défaut d'autorité
des institutions européennes, et du maintien des comportements égoïstes des Etats riches du nord. Si les Etats européens du sud , les piigs latinos, sont rejetés de l'Union, l'Allemagne perdra
30% des ses clients. Elle n'aura plus que les 30 millions de Nordistes et ses 90 millions d'habitants comme clients: c'est insurmontable. Par contre une Union européenne digne de ce nom,
mériterait un aménagement du territoire européen. Donc des transferts. ON n'est pas loin du référendum d'avril 1969 sur la régionalisation, audacieux testament du Général De Gaulle. 

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