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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 16:39

Le règne de la peur

Par Saïd Ahmiri

Fallacieux ou encore marionnettiste si ce n’est sournois, il y a tant de qualificatif pour définir le message implicite des discours anxiogènes des chefs d’État à propos d’une éventuelle menace d’attentat d’ores et déjà annoncé meurtrier et à l’arme non-conventionnelle type NRBC – nucléaire, radiologique, biologique, chimique -. Une campagne mensongère dans les pays atlantistes légitimant ainsi la continuation de la calomnieuse guerre contre le terrorisme face à la nébuleuse Al-Qaïda, l’organisation internationale d’Oussama Ben Laden, Abou Mohamed al-Masri et Ahmed al-Hisawi revendiquant l’établissement de régimes islamistes dans les pays à majorité musulmane d’où émergera le rétablissement du Califat dont les idéaux sacrés par la Sunna vont à l’encontre des intérêts occidentaux. Quoi de plus évident alors que d’entendre dans le camp opposé à ce doux rêve partagé par des myriades de musulmans aspirant à un nouvel âge d’or de leur civilisation, des formules politiques aux sous-entendus viscéraux pour climatiser le règne de la peur. Ce spectre de crainte ambiante parait semblable à l’émotion inconnue qui résulte de la fin proche et immuable de leur souveraineté capitaliste de l’Occident sur les restes d’un monde unipolaire, la mort de l’Occident, et à contre-courant sur l’ensemble des évolutions naturelles des civilisations métissées ô combien riche de cultures à partager, à en comprendre les valeurs et à en apprécier les vertus. Les récents débats sur le voile en Europe et le vote sur les minarets suisses prouvent que cette longue campagne médiatique, de Hollywood à TF1, de cette dantesque diabolisation de l’Islam en général et non pas seulement de l’Islam radical est parvenue à modeler les esprits chétifs et facilement contrôlable soit par une confiance aveugle envers les institutions gouvernementales, soit par la hantise d’une forme novatrice d’insécurité urbaine réclamant ainsi des mesures préventives par-delà l’ancienne cité de l’ordre moral. Deux raisons parmi d’autres pouvant être cumulable.

 

 

http://www.dailymotion.com/video/x99llh_demandez-vous-par-jean-bricmont_news#from=embed

 

Afghanistan : Le théâtre de l’idéologie du terrorisme imaginaire

Lors de la levée des rideaux le 20 janvier 2009, l’ambiance d’un thriller qui nous le savons cherche à provoquer chez le spectateur une certaine tension, voire un sentiment de peur, était donnée et le décor déjà planté à l’entrée du sauveur. Une habile mise en scène fondée autour d’une opaque brume dissimulant pour les non-initiés en matière de géostratégie une pure idéologie guerrière anglo-saxonne de spectrale néo-domination eurasienne à l’instar du Grand Jeu d’Arthur Conolly face à la Russie seule et clairement avouée dans le Grand Échiquier de Zbigniew Brzezinski contre le duopole étatique Chine et Russie. Une doctrine belliciste transmise aux mains de Petraeus à McChrystal par un prétoire de stratèges ignorant tout du tribalisme hétéroclite des nombreux peuples tadjik, ouzbek, hazara, pachtoune, des régions reculées d’Asie Centrale et qui font leurs rapports au secrétaire à la Défense Robert Gates déjà en poste également au Pentagone depuis le 18 décembre 2006. Lui, un membre du CFR depuis 1987 proche de plusieurs personnalités ayant eu un rôle important dans le scandale Iran-Contra.

La nouvelle ligne de conduite impérialiste des oeuvres martiales du nouveau commandeur en chef des légions sanguinaires de GI’s conquérants accompagnés des prétoriens sans foi, ni loi du mercenariat DynCorp ou Blackwater devenu Xe demeure en toute évidence dans la stricte continuité de la stratégie du 1 % de risque de menaces pour la sécurité de la nation américaine et ensuite de leurs alliés atlantistes, capitalistes danois, français, allemands, britanniques, italiens, espagnols, etc. Un concept architecturé sur la gestion de la peur élaboré par le fidèle bras droit, Dick Cheney, du belliqueux George W. Bush qui a été sans nulle doute un tyran plus despotique encore que le vicieux empereur romain Titus ayant cependant eu le courage de réclamer ouvertement l’élimination des hommes menaçants à ses yeux tandis que ce précédent locataire de la Maison Blanche passa par la CIA pour organiser secrètement son programme noir d’assassinats ciblés au moyen de drones sans devoir rendre de comptes à personne avant de définitivement quitter la scène, avant de devoir confier les rennes de l’hyperpuissance hégémonique en plein déclin à un lapin sorti du chapeau.

Certes, les temps ont probablement changé depuis l’empire romain, la tragédie grecque contre les Taliban, contre ces fous de Dieu de l’école de pensée soufiste Deobandi pakistanaise financée par les radicaux conservateurs wahhabites de l’Arabie Saoudite, elle, se poursuit toujours avec ardeur. Dans ce vaste horizon de croisades néocolonialistes de l’Afghanistan et du Pakistan puis bientôt contre le progressif croissant chiite duodécimain de l’Iran, ismaélien et alaouite de la Syrie au zaïdite du Yémen et au-delà encore sur la plaque continentale africaine de la Somalie sunnite chaféite aux autres pays sub-sahariens formant le Sahel, la quête de solutions salutaires pour le bien-être de la fragile société contemporaine de l’Ouest, fabriquée de toutes pièces par la réclame intempestive des chaînes télévisées, étant d’une nécessité absolue à en croire la somme de tous les speechs présidentiels depuis Ground Zero, les vaines promesses aussi enchanteresses que messianiques de l’empirique Barack H. Obama, sans la moindre expérience internationale et seulement trois années sénatoriales au Capitole, s’apparentent à de belles paroles envoûtantes. De beaux discours scénarisés par les portes-paroles néoconservateurs du consortium Carlyle et qui sont imbibés de la pusillanimité analogue à tous ses prédécesseurs depuis les mensonges sur les incidents du golfe de Tonkin ayant ainsi fait entrer les États-Unis de Lyndon Johnson en guerre contre le Viêt-Cong d’Hô Chi Minh.

« L’idéologie de la peur et de la haine s’est révélée plus efficace et dangereuse qu’aucune autre arme. Plus meurtrière et dévastatrice qu’aucune opération militaire. Plus destructive et contagieuse qu’aucune arme de destruction massive. Car elle s’attaque à l’homme lui-même et à tout ce qui l’a rendu humain, alors que les autres agressions se contentent, généralement, de son physique, de ses possessions, de ses ressources ou de son environnement. C’est cette stratégie de conquérir l’homme qui induit les nouveaux inquisiteurs à la conquête des sociétés plutôt qu’à celle des États. » précise Youssef Aschkar [1]. De très nombreux documentaires ficellés et reportages sur les arcanes du pouvoir washingtonien relatent l’analogie des faits de cette terreur propagandiste embellie d’une chemise de droiture irréprochable qui est véhiculée dans des allocutions doctrinales chaleureusement saluées de chaque côté de l’Atlantique, de l’académie militaire des chairs à canons de West Point jusqu’à la tribune souillée des prix Nobel à Oslo. Le pacifisme d’Obama est à l’image de son changement promis, totalement inexistant à ce jour.

Dans le dernier coup de théâtre en date en Afghanistan, l’annulation du second tour de l’élection présidentielle par le candidat Abdullah Abdullah qui a précédé les félicitations de la communauté internationale pour le président réélu Hamid Karzaï [2] malgré les fraudes électorales criées des mêmes bouches élogieuses, l’a rendu légitime aux yeux de tous tel un tour de magie. Plus personne n’en parle. Lorsque la corruption se lie en toute clarté à la superchérie, les masques tombent, les enjeux réels se profilent dans le panorama et les objectifs officiels resteront à l’état de projet. Karl Marx rapportait déjà en son temps que « l’idéologie sert de masque à la domination d’un groupe d’êtres. » On peut se mentir à soi-même ainsi qu’aux esprits endoctrinés formant la majorité mais pas aux autres consciences éveillées de la minorité qui tant bien même toutes ne sont pas bonnes à dire, tôt ou tard la vérité finit toujours par leur éclater au visage.

Afghanistan, le cimetière des Empires

Afghanistan, le cimetière des empires

Comme la célèbre bataille des Thermopyles qui s’est déroulée en -480 où une petite coalition de 7000 soldats grecs menés par le roi agiade Léonidas Ier de Sparte résistèrent aux Perses du roi achéménide Xerxès Ier qui étaient plus de 200 000, on ne peut que saluer la volonté du changement du paysage politique autant que la résistance héroïque de 20 000 insurgés afghans pratiquant une guerre d’usure face à un ennemi onze fois plus nombreux et nettement mieux équipé mais étant surtout, il faut le dire, complètement incapable d’apporter toute évolution au Yagestan, le pays des Insoumis, d’après la formule du franc-maçon Pierre Biarnès car c’est le cimetière des Empires selon le journaliste Dahr Jamail. « L’union soviétique a été enterrée en Afghanistan. Et ce fut également le sort de l’Empire britannique, qui y a été défait. Et ce fut le sort de tous les envahisseurs de l’Afghanistan, sans aucune exception, jusqu’à Alexandre le Grand, abandonné par la chance dans les sables du Balouchistan et de l’Afghanistan au troisième siècle avant JC. » William Pfaff [3]. Dominer au sens strictement impérial dans un monde qui tend vers la démocratie n’est pas une compétition rude où tous les coups sont permis, c’est juste une lente course à la mort du dominateur. La volonté de dompter l’indomptable n’équivaut pas à combattre le feu par le feu mais à courir derrière des chimères en donnant des coups d’épée dans l’eau lorsque l’on se trompe de combat et qu’on utilise les mauvaises armes. Il n’est d’ailleurs pas impossible du tout que les raisons officielles citées au début de la campagne de guerre contre le terrorisme aient été gonflées, météorisées voire totalement trompeuses mais défendre cette thèse reviendrait à faire du conspirationnisme ou du négationnisme puisque ce terme utilisé à tort et à travers ne se résume plus seulement au déni de la Shoah mais à toute opposition d’une version officielle d’un événement majeur. Le droit au doute n’est plus toléré, seule la partialité compte. Disgracié ou mort, « soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous. » Benito Mussolini, Hillary Clinton et George W. Bush. Une phrase maintes fois reprise des paroles du Christ (pbsl), dans Mathieu 12:30 : « Celui qui n’est pas avec moi est contre moi, et celui qui ne se joint pas à moi s’égare. » [4]

La manipulation par la gestion de la peur

le fascisme américain

De tout temps, pas seulement depuis le Patriot Act, l’usage de la peur a conduit, conduit et conduira encore à de petits pas inéxorables la population endoctrinée, terrifiée de l’intérieur, à s’accommoder de certains sacrifices démocratiques nécessaires au nom de la paterne sérénité de leur vie matérialiste et de la sacro-sainte prospérité de leur entreprise de consumérisme mais au mépris fâcheux d’une autre communauté partageant les us et coutumes de ces réseaux islamistes jusqu’à aller imaginer, à marginaliser, leur rôle dans l’islamisation de l’Occident bercé de chrétienté et de laïcité qui continue de se mentir chaque jour un peu plus en vantant les mérites des valeurs, unaniment bafouées à l’heure qu’il est, des si chères libertés fondamentales de chaque citoyen n’étant plus tout à fait égal sous l’étendard national. Terrifiée de l’intérieur à la fois par la langue de serpent des gardiens de ces valeurs de démocratie d’antan et surtout par un constant bombardement massif de télémanipulation durant deux minutes d’images de choc alambiques, catastrophistes et homogènes montrant des attentats-suicides ou à la bombe par les SMP (société militaire privée) dans un marché bondé de Bagdad, devant une base militaire de Kaboul ou une mosquée de Peshawar. Un montage enchevêtrant habilement à la hollywoodienne des carcasses fumantes de véhicules de police, des femmes hurlantes en larmes aux bras levés au ciel, d’enfants en haillons au visage ensanglanté, d’hommes blessés enturbannés de compresses des pieds à la tête transportés sur une civière ou couchés sur un lit de fortune d’une miséreuse clinique et des patibulaires agents des forces de l’ordre qui s’accourent dans tous les sens, l’arme lourde bien en évidence, pour propager dans le foyer du téléspectateur cette tension vive de frayeur, ce sentiment de panique apocalyptique, ce pressentiment de grande et grave instabilité territoriale au bord de la troisième guerre mondiale, cette menace constante d’un danger omniprésent qui plane au-dessus de sa tête telle une épée de Damoclès. Dans le corthex cérébral, les pensées confuses fusent, s’obscurissent et forgent inconsciemment la culpabilité de l’auteur cité dans les commentaires journalistiques accompagnant les images endoctrinales. Les réactions primaires de l’aliénation sont le dégoût ou l’incompréhension accompagnées de quelques paroles racistes, haineuses. Le coeur refoulé, l’esprit canalisée, la raison aux oubliettes, l’usage de la terreur révèle le fond de la pensée. Le contrôle mental est total. Terrorisée de l’intérieur au point de non pas accepter à contre-coeur l’inspiration chevaleresque de la machination romancée, quasi orchestrale à la Beethoven, des chefs d’État et leur administration conseillée par toute une kyrielle de think tanks aux subventions occultes par les complexe militaro-industriel et/ou lobby pétrolier [3] mais lato sensu* face à ce problème d’envergure transnationale à quémander de leur plein gré, à genoux presque, l’instauration du fascisme comme état de droit, comme une résolution décisive, comme la seule échappatoire, comme le dernier salut pour les âmes innocentes. Dans un précédent billet, j’écrivais : « Les diverses formes distinctes de la terreur sont utilisées depuis les géants empires de l’antiquité pour assurer le pouvoir persécuteur des despotes pharaoniques » [4] et je rajouterai que la vile gestion de la peur est l’apanage de ces dirigeants opportunistes nourrissant des ambitions totalitaires aux antipodes de cette réelle volonté dans ce contexte de guerre contre le terrorisme d’apporter la démocratie et de promouvoir les droits de la femme à une population bien définie tandis qu’il existe des dizaines de dictatures et théocraties de part le monde qui ne les dérangent vraiment pas en raison de certains contrats fructueux au montant donnant le vertige. Un chemin de fer TGV par ici, une centrale nucléaire Westinghouse par là et partout des villages en kit hautement sécurisé Halliburton avec fast-food McDonald’s, Pizza Hut, Starbucks, bars karaoké ou night club privé géré par la CIA comme la célèbre zone verte dite bulle coloniale ” Little America ” de la capitale irakienne. La réalité de l’effort de guerre est une variable d’ordre économique néolibérale exclusivement. La manipulation par la gestion de la peur n’est qu’une branche de l’arbre qui cache la forêt.

De l’état policier au fascisme politique

Petit à petit, nous le voyons et assistons impuissant à la lente transformation des léthargiques sociétés contemporaines en de véritables états policiers sous le couvert de l’insécurité sans cesse croissante et du terrorisme ayant remplacé la criminalité et le grand banditisme. D’après sa définition, « un état policier se distingue spécifiquement par ses caractéristiques totalitaires ou l’utilisation de moyens radicaux pour assurer le contrôle social. » Cette escalade vers l’état policier peut notamment se définir par les augmentations des caméras de surveillance et des agents de sécurité sur le terrain, les manifestations réprimées, les évacuations musclées, les tirs de flash-ball ou du Tazer, le gazage de masse, la presse indépendante muselée, la vaccination forcée, les nouvelles taxes imposées et ce ne sont que quelques exemples parmi les prémices de l’instauration d’une autocratie fasciste qui se démarque notamment par les exécutions sommaires, la police secrète et des lois arbitraires, autant coercitives que prohibitives. Il n’y a qu’à observer les dernières manifestations lors des sommets des grandes puissances à Londres, Strasbourg, Pittsburg ou Copenhague. Instaurer un climat ultra-sécuritaire constitue sans vergogne un maillon de la chaîne du règne de la peur. A quoi bon montrer continuellement les images de Black Blocks si ce n’est pour légitimer ces mesures ? La vraie question à se poser est : « Est-il plus intéressant de montrer les images d’une centaine de casseurs ou d’écouter les révendications des milliers d’autres manifestants pacifistes ? »

Pour les mass médias cherchant à se donner bonne conscience diront les uns, afin d’amplifier la propagande penseront les autres, un problème de société impliquant un certain degré de terreur est exprimé en détail, soigneusement argumenté par toute une peltée d’analystes, ministres de l’Intérieur et de la Défense, militaires ayant connu le front, philosophes réputés, sociologues bourlingueurs ayant parcouru les cinq continents mais la source du problème demeure à chaque très floue ou même, elle n’est guère abordée du tout malgré son importance névralgique. C’est notamment le cas en Afghanistan où bien peu sont les commentaires journalistiques, autant à la télévision que dans la presse, faisant allusion ou la corrélation entre l’émergence des Taliban et l’opération Cyclone en 1979 menée par la CIA et l’ISI, l’agence de renseignement pakistanaise, pour armer les moudjahidins afghans dans le cadre de la guérilla anticommuniste contre les soviétiques. Le discours du quatrième pouvoir est renvoyé à chaque fois aux attentats du 11 septembre 2001 victimisant l’agressé et culpabilisant l’agresseur. Dans un autre cas de figure, tout aussi exemplaire que la Shoah et Israël, qui a eu lieu en France, « dès les années 1970 – 1980, l’utilisation de la notion de ” sentiment d’insécurité ” fait son apparition. Ce sont les rapports Peyrefitte de 1977 et Bonnemaison de 1982 qui la consacreront. Cependant, il s’agit d’une manière de se saisir de la question de l’augmentation de délinquance dans les quartiers populaires sans avoir à se prononcer sur les causes. » Fappani Frederic, Les dossiers de l’éducation, Violence à l’école, Les objets sociomédiatiques. 

Quelle différence entre une dictature et une démocratie ?

Que ce soit la théocratie afghane du mollah Omar prétendue être le fief des chefs du réseau terroriste Al-Qaïda ou l’insécurité française originaire des banlieues aux violences urbaines devenues récurrentes depuis trente ans, en toute logique invraisemblable, pour appréhender le présent d’un problème, comprendre la pathologie pour mieux expliquer les symptômes, il faut impérativement se tourner vers ses origines épicentriques et ainsi chercher dans le noeud du problème les réponses qui aideront à trouver une solution future évitant ainsi toute escalade vers le bourbier ou une perennité de la délinquance. Pourtant, nous avons eu droit de la part des médias de masse à tout et vraiment « n’importe quoi, sauf la vérité. Il n’y a que ça qui ne se vend pas. » disait Boris Vian. Dans un cas cité comme dans l’autre, il est clair qu’il y a eu une flagrante manipulation de l’opinion par certains acteurs politiques ou certaines organisations sectaires qui n’hésitent pas à jouer sur les peurs collectives, voire à les susciter dans l’optique de s’assurer un pouvoir sur les populations sensibles à ce discours et dans l’absolu, pour gagner des élections ou pour favoriser de son côté l’opinion publique. Ce contexte rejoint textuellement le masque de Marx. Et bien souvent une peur collective s’accompagne de la désignation de boucs émissaires. La machine médiatique se met en route et la diabolisation commence. « Arrêt sur image, émission de France 5 consacrée aux médias, a fourni une intéressante statistique le 7 octobre 2005, relative aux journaux de TF1, France 2 et France 3. Ces trois chaînes ont traité 158 fois d’insécurité en septembre 2001, contre 66 fois seulement en septembre 2002. Comme si la délinquance avait chuté de près de 60% en un an. » Il faut dire à cela que la campagne de propagande de guerre contre l’Irak de Saddam Hussein, soutenant Al-Qaïda aux preuves jamais découvertes et possédant des armes de destruction massives jamais trouvées elles non plus, battait son plein sur toutes les chaînes télévisées.

Des enjeux inavouables

La véritable cible à terroriser n’est pas un dangereux barbu vivant dans une grotte quelque part entre le Helmand afghan et le Sud-Waziristan pakistanais qui serait capable de brûler au phosphore blanc des innocents dans leur sommeil comme Tsahal à Gaza ou l’U.S. Army à Falloujah, ou encore une tyrannie maquillée autrefois par des espions de Langley en Virginie soutenus par les Chicago Boys de Milton Friedman en une fausse démocratie, bref un régime religieux répressif hostile de nos jours au néolibéralisme du FMI, de l’OMC et de la Banque Mondiale tel l’Iran mais la vraie cible, c’est tout simplement vous. « Pourquoi ? » Car c’est vous, esprits de la jeunesse, qui détenez les clefs de l’avenir des moteurs de la civilisation occidentale. Car c’est surtout vous, adultes et parents, qui enfantez et éduquez la génération suivante de ces vertus morales de prudence, de tempérance, de tolérance et/ou de ces vertus théologales de foi comme de charité envers son prochain. Car c’est vous aussi, ainés, à l’expérience à partager, à écouter, à faire bonnifier comme du vin dans une cave d’un vieux château aux fondations poreuses et de plus en plus chancelantes à cause notamment du bourrage de crâne par les médias de masse et du fossé grandissant qui sépare les classes sociales. « Et dans quel but ? » Si l’intention officieuse n’est pas de sauver la démocratie de la civilisation occidentale prétendue attaquée de toute part par un Islam radical, c’est uniquement pour la survie d’un mode de pensée permettant une technique de contrôle colonial qui est resté à l’ère de la féodalité romaine et des seigneuries moyen-âgeuses qui n’ont jamais totalement quitté les coulisses du pouvoir. Copinage et népotisme dans certains cas, c’est dans la nature humaine de préservation d’un statut et d’avantage encore de l’instinct de survie au sein des milieux aristocratique et élitiste qui gangrènent de l’intérieur les institutions régaliennes. Des enjeux inavouables car politiquement incorrect. Opposée à la mondialisation, la nationalisation dans les diverses géopolitiques mondiales du gaz, du pétrole, des principales ressources coûteuses pour l’industrie et de l’eau dans un avenir proche est cauchemardesque pour l’ensemble des lobbys internationaux dirigés par ces milieux mafieux. La gestion de la peur n’est pas une fin en soi mais uniquement un moyen subversif de préserver le contrôle de ce vieux mode de pensée colonialiste avec l’accord préalable et démocratiquement tyrannique des populations engagées contre leur gré sur les chemins de la perdition.

Conclusion

De la mort de la liberté à la gloire du fascisme

Quel paradoxe assez grossier mais pourtant réel que de vouloir à tout prix la paix dans le monde en étant à la fois la première nation à vendre de l’armement à des pays instables et nécessiteux mais aussi à déclarer des guerres préventives, ou encore à être le plus dépensier en matière de défense en cumulant la totalité des dépenses militaires des quatre autres nations siégeant au Conseil de Sécurité si ce n’est l’utopie grotesque d’un monde dénucléarisé en abritant le plus grand arsenal nucléaire et financant toujours des recherches sur les armes nucléaires à Los Alamos, Livermore et Sandia [6] tout en repoussant à force d’échec de compromis la signature d’un nouveau traité de désarmement avec la Russie mais ce sont là d’autres débats. La fin justifie les moyens, la paranoïa attise la terreur et à preuve du contraire, le vrai changement n’a de sens que si l’on se donne les moyens d’y parvenir sans pour cela surenchérir aux erreurs commises par de nouvelles manoeuvres roublardes dans la forme mais toutes aussi identiques dans le fond. Blanc ou noir, démocrate ou républicain, de gauche ou de droite, cyclique est la politique étrangère occidentale guidée par la volonté impérialiste américaine et depuis bien avant 1962 avec les premières pulvérisations de défoliants Monsanto sur les zones rurales vietnamiennes de la seconde guerre d’Indochine. A l’instar de la colère qui couve derrière la peur, inéluctable est l’insurrection qui couve dans les chaumières. La prochaine crise d’ampleur mondiale, certainement alimentaire, aura pour effet un effet de masse qui fera exploser cette colère renfermée au fond de soi. C’est une probabilité à l’explication du retour en force du fascisme. Peut-être bien, l’explication aussi du retour de la peine de mort par le traité de Lisbonne ciblant les insurgés. En prenant du recul, les coïncidences paraissent stupéfiantes. Je terminerai par une citation d’Amedeo Modigliani pleine de sens : « D’un œil, observer le monde extérieur, de l’autre regarder au fond de soi-même. » Voyez par vous-même.

 

 

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