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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 04:57
déc 042010

Depuis quelque trois semaines qu’il n’était plus en charge de la Persécution des étrangers et de l’Identité nationale-sarkozyste, il s’était fait un peu oublier dans son nouveau ministère, celui de l’Industrie et l’Economie numérique. Mais voilà qu’Eric Besson signe son grand retour : « On ne peut héberger des sites internet qualifiés de criminels et rejetés par d’autres Etats en raison d’atteintes qu’ils portent à leurs droits fondamentaux », vitupère-t-il.  Allons bon. De quels « autres Etats » parle-t-il ? Quand même pas ceux où règnent d’odieux islamistes, horrifiés par la seule vue d’une femme non-voilée ? Dans ce cas, nombre de sites français encourraient son courroux et sa censure ! Mais tout de même, on est en France… Ah mais non, nous n’y étions pas du tout : on nous souffle dans l’oreillette que les « Autres Etats » en question sont… Unis. Eh oui, Hillary Clinton s’est fâchée toute rouge et les autorités américaines ont sommé l’hébergeur de WikiLeaks de jeter ce site à la rue virtuelle, ce qu’Amazon s’est empressé de faire. Et du coup, WikiLeaks avait trouvé cyber asile dans la patrie des droits de l’Homme (rires), chez OVH, hébergeur français. Mais selon Éric Besson, WikiLeaks « met en danger les relations diplomatiques, mais aussi des personnes qui se pensaient légitimement protégées par le secret diplomatique ». En conséquence de quoi a-t-il pris sa plume et écrit au vice-président du Conseil général de l’industrie, de l’énergie et des technologies : « Je vous demande de bien vouloir m’indiquer dans les meilleurs délais possible quelles actions peuvent être entreprises afin que ce site internet ne soit plus hébergé en France et que tous les opérateurs ayant participé à son hébergement puissent être dans un premier temps sensibilisés aux conséquences de leurs actes, et dans un deuxième temps placés devant leurs responsabilités ».

Et Le Point de commenter : « Le gouvernement cherche donc des pistes légales pour faire fermer l’hébergement de WikiLeaks chez OVH. Si le projet de loi Loppsi 2 doit permettre à l’exécutif de contrôler Internet sans l’intervention d’un juge, ce texte n’est pas encore adopté et la tâche pourrait donc être complexe. » On mesure bien ici le contenu liberticide de Loppsi 2 : une fois la loi adoptée, le gouvernement sera en mesure de censurer tout site qui lui déplairait sans autre forme de procès.  « Cerise sur le gâteau : une partie des sites officiels du gouvernement (adresses en .gouv.fr) seraient hébergés par… OVH », précise l’hebdomadaire. Mais on n’est pas aux Etats-Unis et le prestataire français ne se laisse pas faire : « OVH veut que la justice se prononce, pas l’exécutif. (…) L’entreprise lilloise a saisi le juge des référés « afin qu’il se prononce sur la légalité de ce site sur le territoire français » et parce que « ce n’est pas au monde politique ni à OVH de décider la fermeture d’un site ». Une décision judiciaire favorable à WikiLeaks pourrait être une véritable épine dans le pied du gouvernement, dont les relations avec les États-Unis ne manqueraient pas d’être entachées. Une décision conforme aux volontés du gouvernement ouvrirait, quant à elle, une dangereuse brèche dans la liberté d’expression sur Internet telle qu’elle existe aujourd’hui. » C’est Le Point qui l’écrit ! Et du côté de Numérama, on observe : « Le ministre qui a pour charge de protéger les libertés numériques demande donc expressément qu’elles soient violées ». Mais oui, ça se passe comme ça en Sarkozie !

L’illustration sur Loppsi provient de la Quadrature du Net.

 

 

http://www.plumedepresse.net/le-retour-de-besson-le-terrible/

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