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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 00:19

Le retour du local

 

Relocalisation et requalification


Un monde plus petit
Un monde avec moins de carburants, c'est un monde où les personnes comme les marchandises circulent moins. Le coût d'un tee-shirt fabriqué en Chine, de pommes produites au Chili, d'un voyage aux Seychelles deviendra prohibitif.

En effet, nos consommations énergétique ne se limitent pas à la voiture, au chauffage et à l'éclairage. Un yaourt fait en moyenne un “voyage” de 3000 km avant d'arriver dans nos assiettes, et consomme de ce fait beaucoup plus d'énergie qu'un yaourt produit à la laiterie locale (Laiterie du Mont-Aiguille, par exemple). On imagine bien qu'une fois les transports devenus chers, le yaourt de 3000 km deviendra un luxe.

Il faut donc que les liens économiques et sociaux se resserrent, ne serait-ce que pour trouver à distance raisonnable ce qu'on va aujourd'hui acheter jusqu'en Chine. Certains n'hésitent pas à dire que le choc pétrolier qui s'annonce sonnera le glas de la mondialisation.

 

Le retour du local
S'il est difficile de dire quel sera le degré d'une telle relocalisation, il paraît certain que les différentes productions et services se rapprocheront du consommateur (commerces et services de proximité, vente directe, valorisation des ressources locales ou régionales, production d'énergie moins centralisée, etc.).

Trouver des matériaux ou des fournisseurs plus près, trouver des clients plus proches, recréer des solidarités de proximité, recycler et réutiliser les matériaux plus localement, produire son énergie moins loin (les 2/3 de l'énergie électrique produite sont perdus dans les lignes ; plus elles sont longues, plus il y a de pertes).

Un autre enjeu de taille est de produire l'alimentation plus près et avec moins d'énergie.

Cela ne signifie pas que les échanges à grande échelle cesseront (il existait déjà des échanges “internationaux” à la fin de l'Age de Pierre), mais que la dimension locale retrouvera une importance significative.

 

Le niveau local : une nécessité en période de crise
La relocalisation ne sera pas seulement une conséquence du pic pétrolier, mais ce sera aussi une nécessité pour éviter une désorganisation trop poussée de nos économies et de nos sociétés, en leur rendant suffisamment de résilience.

En temps de crise, c'est à proximité que l'on trouve les soutiens et l'entraide nécessaires. A ce titre, les monnaies locales ou régionales ont un grand rôle à jouer.

 

Des métiers différents
Moins d'énergie, c'est probablement la disparition de nombreux métiers, mais aussi un besoin de main d'œuvre plus grand dans certains secteurs (agriculture, btp, etc.), le retour de certaines industries disparues (textile, sidérurgie), le développement et l'apparition de nouveaux métiers (systèmes énergétiques, systèmes de recyclage, écoconstruction etc.).

Un enjeu important de la transition à venir sera la requalification de la population active, bien qu'il soit aujourd'hui difficile d'anticiper où seront les besoins, les activités nouvelles et l'ampleur de la requalification.

 

Ce n'est pas un retour en arrière
La relocalisation n'est pas une invitation à un retour vers un passé idéalisé. D'abord parce que le passé n'était pas idéal, il suffit d'interroger vos grands-parents.

D'autre part, le monde a beaucoup changé depuis. De nouvelles techniques, de nouveaux matériaux, de nouvelles connaissances, de nouveaux types de relations humaines sont apparus depuis, offrant des potentialités insoupçonnées.

La transition vers un monde plus local et moins gourmand en énergie n'est pas non plus un processus de rêve : elle sera probablement difficile, longue et incertaine. D'où la nécessité de la préparer pour qu'elle se déroule le mieux possible. C'est l'objectif de cette initiative et du concept de transition.

http://gorgerouge.over-blog.com/ext/http://villesentransition.net/

 

 


Au Rêve : fermeture


Crise du système ou crise de système ? Rafistoler ? Notre nouveau monde est micro-macro. C'est-à-dire que l’individu peut s’adresser au global directement et, inversement, les questions globales ont des influences rapides sur les individus les plus isolés : temps d’ubiquité. Alors, nous avons craint, à juste titre, les conséquences d’une uniformisation des modes de vie. Ce fut plutôt le nivellement d’une consommation écervelée, mue par les seuls intérêts financiers de quelques-uns.

La structuration par le haut est devenue une réalité, même si elle est peu cohérente. Elle constitue une nécessité impérieuse cependant, à condition de s'organiser, pour éviter notamment les périls environnementaux mais aussi des conflits en chaîne. Elle ne pourra cependant se réaliser –tous s’en rendent compte désormais-- que grâce à des pensées multipolaires, des conjonctions de points de vue. Ceux qui déduisaient de la mort du communisme, l’Empire des Etats-Unis se sont trompés. Finalement, communisme et capitalisme proposaient des structurations autoritaires, l’un dans une version bureaucratique, l’autre par l’hyper-puissance d’entreprises mondialisées. Aucun de ces modèles n’est durable. Aucun n’est juste. Aucun n’est acceptable.


Le moment n’est-il pas venu alors de concevoir que l’échelle d’action doit redescendre vers le très local ? Si l’individu se montre au global, les individus concertés –à portée de vue, en vue directe—sont capables de repenser hic et nunc leur organisation et leurs modes de vie. Le temps n’est plus d’importer à Bezons des pommes de Chine, à Cayenne des poulets de Bretagne, du riz au Cameroun. Les ressources locales, les possibilités vivrières sont à reconsidérer. Les économies solidaires devraient commencer par favoriser ce qui ne nécessite aucun déplacement.


C’est aussi au niveau local que les économies d’énergies, que des solutions inventives d’habitat sont à penser (ou à repenser). La diversité culturelle est là : imaginer en fonction des désirs et des conditions géographiques. Pourquoi construire la même chose partout sur la planète ? Cela n’a aucun sens ni pratique ni culturel. C’est encore au niveau local que des économies éthiques et des entreprises éthiques sont à concevoir. La question n’est ni le marché (souvent nécessaire), ni le profit, mais l’organisation de l’entreprise et l’utilisation des bénéfices. Des micro-marchés peuvent se mettre en place et des interventions d’individus sont susceptibles d’encourager ou condamner des pratiques au nom du devenir commun.


Alors que la tendance fut –à l’ère télévisuelle des mêmes images pour les masses—d’uniformiser les contenus pour consommateurs passifs, à l’ère d’Internet –celle de la multidiffusion, où l’un parle potentiellement au tout—il est donc temps d’un réveil individuel et collectif. La prise en mains de sa situation locale n’est d’ailleurs pas forcément la perpétuation de ce qui est (la survie d’une usine polluante) mais une vraie réflexion sur le vivre ensemble, aujourd’hui et demain, une "poétique" au sens d'Edouard Glissant ou de Kenneth White.


Il en découlera forcément le disparate. C'est-à-dire que le morcellement et l’émiettement favoriseront, avec des volontés d’autarcie,  les replis communautaristes. Voilà pourquoi un pacte commun évolutif est nécessaire. Il doit donner conscience à chacun de participer aux mutations d’une planète, chacun responsable du tout. De plus, ce mouvement redonnera espoir, volonté, fantaisie, à des individus qui peuvent maîtriser les conditions de leur quotidien.


Les excès de la globalisation furent en effet, plus encore que l’uniformisation générale, la déresponsabilisation, la construction de sociétés d’exécutants à qui était expliqué qu’il ne pouvait y avoir aucun autre mode de vie ni de pensée, médicalisés dès qu’ils se montraient inadaptés. La reprise en mains de l’initiative locale, l’imagination autour de soi, restent pourtant des leviers puissants de créativité, individuelle et collective.


Ils supposent la réévaluation du savoir et de la recherche. Seul le savoir permet en effet d’avoir des éléments d’appréciation pour choisir (et changer). Seule la recherche, et ses méthodes expérimentales, offrent des perspectives contradictoires et critiques. Les deux nous expliquent l’erreur parallèle du modèle unique --normalisation et robotisation--, et de l’explosion en autant d’égoïsmes, pragmatiques ou non : ni standardisation, ni protectionnisme, plutôt protection et circulation. Et pensées comparatistes, économies diversifiées, vraies consciences micro-macro.


C’est donc bien à une inversion des priorités et des valeurs que sous-tend l’évolution de ce monde : regarder en bas, regarder autour de soi, pour construire ensemble le tout. Les individus planétaires, pleinement conscients de la relativité, peuvent mettre en œuvre une vraie écologie culturelle pour diversifier la diversité en bâtissant un univers global évolutif. Changer ici pour dialoguer partout.

http://www.gervereau.com/regards.php?regard=61

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Published by Eva R-sistons - dans Alternatives au Système
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