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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 13:45

Le Traité de Lisbonne étrangle les peuples


Les peuples - ou le marché financier ! 


Face à la grave crise que connaît la Grèce, le Conseil européen réuni la semaine dernière a donné la piètre image d’une construction qui n’a rien de solidaire. Il a décidé, en guise d’aide pourtant si nécessaire face aux difficultés financières et budgétaires que connaît ce pays, d’imposer « du sang et des larmes » au peuple grec. C’est à lui qu’est demandé aujourd’hui de payer une crise dont seuls les dirigeants au service des forces de l’argent sont responsables !


La même détestable potion se prépare dans tous les pays européens avec des plans de super-austérité et de destructions des droits sociaux. Ces choix à courte vue mènent à de dramatiques impasses sociales, génératrices d’une amplification de la crise économique. Partout en effet les salaires sont bloqués, les emplois dans les services publics sont diminués, les niveaux de protection sociale abaissés et l’âge ouvrant droit à la retraite reculé.


Loin d’être une Europe « protectrice » comme l’affirmait l’UMP durant la campagne des dernières élections européennes, l’actuelle construction européenne est malheureusement bien ce que nous n’avons cessé de dénoncer dans les débats sur les traités de Maastricht et de Lisbonne : une construction au seul service des marchés financiers.  Mêmes des défenseurs d’hier de ces traités sont contraints de le reconnaître. La dette des Etats est placée dans les griffes des marchés financiers qui font de « l’argent » avec elle alors qu’il est demandé des sacrifices aux populations, mettant en cause des droits gagnés de longue date.


Pour refuser aujourd’hui de venir en aide à la Grèce et demain à d’autres Etats qui en auront besoin, le Conseil européen  applique tout simplement l’actuel article 123-1 du traité de Lisbonne. Celui-ci stipule : « Il est interdit à la Banque centrale européenne (BCE) et aux banques centrales des Etats membres, ci-après dénommées, « banques centrales nationales », d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l’Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des Etats membres ; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la Banque centrale européenne ou les Banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite ».


Nous avions alerté sur la nocivité de cet article. Elle se vérifie douloureusement.

Ajoutons que si la Banque fédérale américaine a pu venir en aide au budget des Etats-Unis  en recyclant 300 milliards de dollars de dettes, en Europe les statuts de la Banque centrale européenne l’interdisent.


Cela montre à quel point l’orientation choisie pour la construction européenne favorise les marchés financiers au détriment des peuples pour lesquels l’Europe sociale n’est qu’un slogan de campagne électorale. Certes, il existe dans le traité de Lisbonne, l’article 122-2, qui évoque des « événements exceptionnels pour un Etat membre » pour lequel « le Conseil, sur proposition de la Commission », pourrait décider de venir en aide par  « sous certaines conditions, une assistance financière ». Manifestement, ce qui a été choisi aujourd’hui, c’est de faire payer lourdement les peuples.


C’est le sens en France de la suppression d’un poste sur deux dans les secteurs publics, la privatisation annoncée de la Poste, l’invention de vingt nouvelles taxes ponctionnées sur les familles populaires, la pression à la baisse sur les salaires et l’emploi, l’attaque contre les retraites, confirmée lundi dernier par le Président de la République. Il s’agit là d’un cas d’école à ne pas laisser passer. C’est parce que les cotisations patronales ont été sans cesse abaissées, parce que les revenus financiers sont exonérés de contribution aux caisses de protection sociale et de retraites que des déficits existent. Et l’argument consistant à dire qu’il y a moins de cotisants que de retraités devra être discuté. S’il y a moins de cotisants, c’est parce qu’on refuse d’appliquer un droit humain et un droit constitutionnel : celui d’un travail sécurisé pour chacune et chacun. Oui, il y a moins de cotisants parce qu’on refuse du travail à trop de nos concitoyens! Notre pays est médaille d’or en matière de productivité horaire du travail. Une part plus importante de la richesse nationale peut donc être consacrée au financement des retraites  à condition qu’elle ne soit pas pillée par le capital. Le débat devra avoir lieu. Nous y participerons activement, argument contre argument.


Les peuples ou les marchés financiers ? Tel est le choix. L’heure est donc à la riposte la plus large, la plus unitaire possible

http://patricklehyaric.net/2010/02/18/le-traite-de-lisbonne-etrangle-les-peuples/

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