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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 02:19

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Le vent du Printemps arabe

souffle sur le Hamas

lundi 16 janvier 2012


Au pouvoir dans la bande de Gaza depuis juin 2007, le mouvement islamiste palestinien Hamas doit faire face à l’instabilité en Syrie, où se trouve sa direction en exil. Mais le Hamas attend beaucoup des révoltes arabes et de la percée politique des islamistes dans la région.

Le froid humide de ce début d‘année s’est glissé partout et c’est en manteaux ou blousons que vous reçoivent les Gazaouis. C’est le cas dans ce local de l’Université islamique de Gaza, où se réunissent les membres de l’Union des étudiants palestiniens.

Affilié au Hamas, son président Fahdi Abu-Nasser se dit persuadé que des jours meilleurs arrivent : « Bien sûr que l’arrivée au pouvoir des islamistes en Egypte, en Tunisie et ailleurs, va renforcer le Hamas, explique le jeune homme à la barbe claire. Et n’oubliez pas que le Hamas est le premier parti islamiste à être arrivé au pouvoir », dit-il en rappelant la victoire électorale du parti aux législatives palestiniennes de 2006.

Une victoire qui s’est traduite par son isolement international, l’affrontement avec le Fatah du président Mahmoud Abbas, puis par la prise de contrôle de Gaza par le Hamas en juin 2007.


Une frontière avec l’Egypte


Or, depuis un an, les révoltes arabes frappent à la porte de Gaza. Il y a bien sûr ces centaines de voitures neuves venues de Libye qui ont afflué dans l’enclave palestinienne via les tunnels de contrebande, conséquence inattendue du conflit libyen. Mais pas seulement : la bande de Gaza partage une frontière avec l’Egypte et – de l’autre côté- les Frères musulmans sont en passe d’accéder au pouvoir. Cela représenterait un changement considérable pour le Hamas, lui-même issu de la mouvance des Frères musulmans.

Pour l’instant, le pouvoir de transition du Caire s’est contenté de faciliter les conditions de passage des Palestiniens via le point de passage de Rafah, entre Gaza et l’Egypte. On est encore loin d’un fonctionnement frontalier « normal » qui permettrait la libre circulation des personnes et des biens. Et c’est toujours via les tunnels de contrebande, que le trafic alimente le territoire palestinien en matériaux de construction, en essence et aussi en armes destinés aux mouvements armés de Gaza.


L’équation syrienne


En attendant la fin du processus électoral en Egypte, le Hamas doit faire face à une situation particulièrement inconfortable : le régime syrien de Bachar el-Assad, l’un des parrains du mouvement palestinien, réprime dans le sang le soulèvement de son propre peuple. Et parmi les forces en lutte contre le clan Assad, il y a les Frères musulmans, alliés naturels du Hamas.

Depuis le début de la crise syrienne, le mouvement islamiste a multiplié les réactions embarrassées. Mais nombreux sont les témoignages qui désormais l’attestent : la formation palestinienne a réduit sa présence à Damas. Khaled Mechaal, chef du bureau politique du Hamas est toujours officiellement installé dans la capitale syrienne. Mais la plupart des cadres du mouvement ainsi que leurs familles ont quitté la ville. Certains se seraient même installés dans la bande de Gaza.

Le Hamas, chassé de Jordanie à la fin des années quatre-vingt-dix va-t-il devoir se trouver un nouveau point de chute ? « Si le régime s’effondre et que la Révolution l’emporte en Syrie, alors les Frères musulmans seront l’une des principales forces de ce pays, analyse Mkhemar Abou Sada, enseignant en sciences politiques à l’Université al-Azhar de Gaza, je dirais donc que le Hamas a un problème immédiat, avec ce régime qui tue son propre peuple et qui réprime les manifestants. Mais quand la situation sera stabilisée – soit avec la chute du régime soit avec son maintien – alors le Hamas pourra s’adapter à la nouvelle situation en Syrie ».


La fin d’un axe ?


L’une des conséquences du Printemps arabe est la remise en cause de l’axe Iran-Syrie-Hezbollah-Hamas. Ce front se définissant comme celui du « refus de la politique américano-israélienne au Proche et au Moyen-Orient » bat de l’aile avec le soulèvement en Syrie.

Téhéran et Damas voient le Hamas (islamiste sunnite) s’éloigner, là où le Hezbollah (chiite libanais) a confirmé son allégeance aux parrains iranien et syrien. Le Hamas cherche donc à se repositionner dans un environnement arabe sunnite plus conforme à sa nature que l’alliance avec l’Iran chiite ou avec le clan Assad (issu de la minorité alaouite, une branche du chiisme).

C’est sans doute avec cette volonté de renouer avec le voisinage arabe qu’Ismaïl Haniyeh, dirigeant du Hamas dans la bande de Gaza vient d’effectuer une tournée dans plusieurs pays de la région, dont la Tunisie et l’Egypte.

L’annonce en avril dernier d’un accord de réconciliation avec l’Autorité Palestinienne de Mahmoud Abbas procède aussi de la même volonté du Hamas de tenir compte des évolutions régionales. Reste que la réconciliation est enlisée malgré les rencontres régulières et les nominations de commissions censées permettre l’application de décision restées sans lendemain.


Changement de stratégie ?


Dans une région en plein tourbillon politique, le Hamas va-t-il revoir sa stratégie ? Dans ses discussions avec le président palestinien Abbas, Lechef du bureau politique du Hamas, Khaled Mechaal a déclaré que son parti allait se concentrer sur la « résistance populaire », autre façon de dire que le mouvement islamiste pouvait faire taire les armes.

C’est d’ailleurs la situation de facto à Gaza depuis l’opération israélienne « Plomb durci » de l’hiver 2008-2009. La branche armée du Hamas (Brigades Ezzedine al-Qassam), ne tire plus de roquettes sur Israël et les dirigeants de Gaza déploient tous leurs efforts pour que les autres organisations (Jihad islamique ou salafistes) respectent la trêve de fait.

Mais au sein même du Hamas, des voix continuent d’évoquer la lutte par les armes contre Israël. Mahmoud Zahar, influent leader du parti islamiste à Gaza, s’est récemment démarqué avec des déclarations plus radicales que celles de Khaled Mechaal. Malaise ? « Débat au sein de l’organisation , répondent les analystes familiers du Hamas.

Omar Shaban, animateur du think tank palestinien ThinkPal est formel : « Quand le Hamas regarde les Frères musulmans en Egypte, quand il les voit participer aux élections, quand il les écoute parler du tourisme en Egypte, parler du respect du christianisme en Egypte, alors il apprend. Le Hamas est l’élève et le maître, ce sont les Frères musulmans égyptiens. Et pas l’inverse ! Je crois et j’espère que nous allons voir un nouveau Hamas dans les deux ou trois prochaines années, il sera très différent de celui de 2000 ou de 2006 ».

Pour considérer le Hamas comme un interlocuteur fréquentable, les Occidentaux et Israël exigent toujours de lui qu’il remplisse trois condition : renoncer à la violence, reconnaître Israël, et reconnaître les accords signés entre Israël et les Palestiniens.

 

http://www.yolele.com/spip.php?article143

.

 

Lire aussi :

 

La lutte pour la succession de Khaled Mechaal à la tête du Hamas est lancée

Khaled Mechaal, chef en exil du Hamas, a (...)

 

| UE

L’Union européenne initie un nouveau train de mesures contre l’Iran

Le Hamas dans l'orbite du Caire

Le printemps arabe a bouleversé l'équilibre interne du mouvement islamiste palestinien. Ce sont les responsables proches des Frère musulmans, tels Mahmoud Zahar, qui ont désormais le vent en poupe.(...) [ 336 mots ] [5€]

 

(Intelligence Online)  - Lire la suite 

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