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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 01:16

 

dim, 23/09/2012 - 23:45

Banques : plus à un mensonge près

 

 

A écouter les banquiers, remettre de l’ordre dans un monde de brutes leur coûterait bonbon et c’est le client qui en ferait les frais. Pas si sûr…

 

Avec une belle unanimité, la profession bancaire se répand depuis peu en lamentations selon lesquelles, une régulation accrue, en particulier l’entrée en vigueur des normes Bâle III – certes nécessaire s’empresse-t-elle d’ajouter sans conviction et dans le seul but d’éviter les noms d’oiseaux - risque de faire flamber leurs coûts, renchérir les taux d’intérêt à la clientèle et réduire méchamment la rémunération de leurs actionnaires.

 

Preuve qu’il s’agit d’un élément de langage à destination des politiques, Frédéric Oudéa, en bon petit soldat de la haute finance, n’a pas manqué de fredonner à son tour la complainte du banquier lors de son interview à Bloomberg TV du 12 septembre évoqué par Bakchich.

 

Faut dire que l’internationale bancaire n’a pas lésiné sur les moyens pour instiller l’idée selon laquelle la régulation est une monstruosité économique : 

 

L’Institut de la Finance Internationale, (IoIF) le lobbyiste en chef de la profession basé à Washington, n’a pas craint par exemple d’avancer des prévisions apocalyptiques selon lesquelles l’ensemble des mesures de régulation de la profession à l’étude provoquerait une augmentation de 5% des tarifs du crédit aux USA de 2011 à 2015 pendant que le PIB baisserait lui, de 3%. Une thèse, fortement contestée au cours des deux dernières années, tant par l’OCDE que par la Banque des Règlements Internationaux. 

 

Oh la grosse ficelle

 

Ainsi, sur les 3 marchés bancaires de référence retenus (Europe, Japon, USA) le IoIF n’hésite pas à affirmer que les mesures de régulation provoqueront une véritable horreur économique se traduisant respectivement de 2012 à 2019, par une augmentation du taux d’intérêt de 328, 181 et 243 points de base, soit 3,28%, 1,81% et 2,43% aux USA. Des hausses qui s’accompagneront respectivement d’une baisse des PIB de 0,40%, 0,30% et 0,10% aux USA. 

 

Selon la même source, la période 2011-2015 n’en sera pas moins difficile à négocier : une hausse à attendre des taux d’intérêt de 291 points de base en Europe, 202 points de base au Japon et 468 points de base aux USA, avec en prime, un impact négatif dévastateur sur les PIB de 0,6%, 0,8% et 0,6%. 

 

 

La ficelle est un peu gros grosse. Pas un jour ne se passe aujourd’hui sans qu’une preuve de déloyauté envers la clientèle, voire de fraude bancaire pure et simple ne soit mise en évidence quelque part dans le monde. La course à l’enrichissement personnel de leur dirigeants est presque devenue la clef de décryptage des business-models mis en œuvre au cours des 5 dernières années par les plus grandes banques d’investissement de la planète. 

 

Bien entendu, il serait inconvenant et imprudent pour elles de reconnaître qu’un accroissement des contrôles et une « aggravation » des normes, se traduira surtout par une plus grande surveillance des comportements individuels discutables voire condamnables de leurs dirigeants au moins du point de vue éthique. 

 

Lobbystes bancaires contre économistes du FMI

 

D’où le refrain sur l’alourdissement des charges financières à attendre d’une régulation financière accrue que les malheureux banquiers seront contraints de répercuter, au moins partiellement sur leurs clients et sur leurs actionnaires du fait d’une rentabilité réduite….

 

Faux ! ont répondu André Oliveira Santos et Douglas Elliott dans une étude de plus d’un an très instructive, rendue publique le 11 septembre (cf. pièce jointe). Le premier, economiste-sénior au FMI, et son collègue consultant occasionnel au FMI et qui opère au sein de la prestigieuse Brooking Institution, partagent d’ailleurs leurs conclusions avec des trouble-fête comme Simon Johnson, ex-chef économiste au FMI maintenant employé de l’Institut Paterson pour l’Economie Internationale également situé à Washington.

 

Prenant le contre-pied des chargés de com’ de l’IoIF, Oliveira Santos et Elliott ont mesuré l’impact cumulatif sur le taux de prêt des banques, des réformes de régulation prévues, en prenant bien soin d’expliciter leur méthodologie.

 

 C’est rien de dire que leurs conclusions sont radicalement différentes de celles du lobbyiste patenté : selon les deux économistes, le coût net à attendre d’un peu plus de police dans un monde de gloutonnerie triomphante n’excédera pas 17 points de base en Europe, (0,17%) 8 points de base au Japon (0,08%) et 26 points de base aux USA (0,26%).

 

Des chiffres à comparer avec ceux de l’OCDE, qui s’établissent respectivement à 54, 35 et 64 points de base, l’ordre de grandeur étant aussi important que la valeur absolue des résultats annoncés. 

 

Décidément, tous les moyens même les plus grossiers sont bons pour les banquiers pour maintenir éternellement leur rente de situation macro économique.

 

Cliquer pour télécharger le rapport des économistes 

 

 

 

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http://www.bakchich.info/societe/2012/09/23/banques-plus-a-un-mensonge-pres-61709

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