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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 10:36

 

Sexe, mensonges et pollution pétrolière

par Robert F. Kennedy Jr.

 

Un travers  commun dans la couverture par la droite du  déversement d'hydrocarbures de la BP  est une joyeuse suggestion que la catastrophe  du Golfe soit  le Katrina d’Obama

En vérité,  il est plus exact de mettre la culpabilité de ce désastre sur le compte de  l'Administration Bush. Durant  huit ans, la présidence Bush a contaminé  l'agence de surveillance de l'industrie du pétrole, le Service  d’Administration  des ressources minérales, avec une culture nocive  de corruption dont il doit encore se guérir. Les anciennes stagiaires  du bureau du pétrole à la  Maison Blanche ont encouragé le personnel de l’agence à diminuer les mesures de sécurité qui ont directement contribué à la catastrophe de golfe.

L'absence de régulateur acoustique - un interrupteur automatique commandé à distance  qui aurait pu fermer  le tuyau  crevé  de la BP à sa source au niveau sous-marin  quand l’interrupteur manuel  a été empêché de fonctionner- le feu et l'explosion sur la plate-forme de forage pouvant avoir empêché les ouvriers mourant de pousser le bouton -  était directement attribuable à la soumission  de l'équipe de Bush aux exigences de l’industrie. Les interrupteurs acoustiques sont exigés par  la loi pour toutes les plateformes pétrolières au large du Brésil comme pour  les opérations en  Mer du Nord au large de la Norvège. BP utilise  volontairement cette technique en Grande-Bretagne  en Mer du Nord et ailleurs dans le monde aussi bien que d'autres grands comme la  Shell hollandaise et la Française  Total. En 2000, le Service  d’Administration   des ressources  minérales  en évaluant  globalement la règlementation  pour la sécurité des forages, a jugé  que le mécanisme acoustique était « indispensable " et a proposé d'imposer ce mécanisme sur toutes les plateformes pétrolières du Golfe.

C’est alors , entre  janvier et  mars 2001, que le nouveau Vice-président  Dick Cheney a organisé  des réunions secrètes avec plus de 100 représentants officiels de l'industrie du pétrole leur permettant de faire une  liste des exigences  de  l’industrie qu’une administration bien disposée vis-à-vis de l’industrie pétrolière devrait satisfaire. Cheney a aussi utilisé cette période pour faire embaucher par le Service d'Administration de Minéraux du personnel à la botte de  l'industrie du pétrole en incluant un groupe  de ses copains du Wyoming. En 2003, le Service d'Administration de Minéraux nouvellement reconstitué s’est mis à genoux  devant le cartel de pétrole en recommandant la suppression  de l'obligation proposée des  interrupteurs acoustiques. L’étude de 2003 du Service d'Administration de Minéraux a conclu que " les systèmes acoustiques  ne sont pas recommandés parce qu'ils ont tendance à être très couteux "

L’interrupteur  acoustique coûte environ $ 500,000. Les couts  estimés du déversement d'hydrocarbures sur la   Côte du Golfe sont maintenant au niveau de $ 14 milliards aux frais des collectivités des Etats  du golfe. La loi sur l'énergie de Bush   de 2005 a officiellement  fait disparaitre l'obligation d’installer des interrupteurs acoustiques  en expliquant que les techniques existantes utilisées  sont  "sûres. "

Se coucher devant le BIG OIL  est devenu la posture idéologique de la Maison Blanche de Bush et, sous les coups de boutoir brutaux de Cheney, cette attitude a pénétré en profondeur l’administration. Le Service d'Administration de Minéraux – le cas le plus typique  du phénomène de « prise de contrôle d’une agence d’Etat – (sous-entendu par le privé)  – a, littéralement,  couché  avec l'industrie qu’il devait contrôler. Une enquête  de 2009 du Service d'Administration des Minéraux a constaté que les fonctionnaires  de l’Agence consommaient  souvent de  "l'alcool  pendant leurs réunions avec l’industrie, avaient utilisé de la cocaïne et de la marijuana et avaient des rapports sexuels avec  des représentants des compagnies de pétrolières  et gazières. "  Trois rapports de  l'Inspecteur général décrivent un énorme trafic de cadeaux, pots-de-vin et renvois d’ascenseur  épicés par des scènes d'employées féminines  accordant  des faveurs sexuelles  aux gros  bonnets de l'industrie qui , à leur  tour, récompensaient les employés  gouvernementaux avec des contrats illégaux. Dans un incident rapporté  par l'Inspecteur général, les employés de l’agence étaient  si ivres lors d’un  golf sponsorisé par  Shell qu'ils ne pouvaient pas conduire pour rentrer chez eux et ont dû dormir dans les chambres d'hôtel payées pour par Shell.

Leurs relations financières ont aussi été caractérisées par  des rapports profonds. Les lobbyistes d'industrie ont organisé des fêtes  somptueuses  et ont arrosé  les employés de l’agence avec des cadeaux illégaux et les contrats personnels lucratifs et les ont invités régulièrement au golf, au ski aux sorties paint-ball, et à des concerts de rock et des événements sportifs professionnels.


L'Inspecteur général a caractérisé cette orgie de brassage d'affaires  et de trafics  comme "une culture de faillite morale " qui coûte des millions aux  contribuables dans les redevances  et   produit des tonnes d’information scientifique de mauvaise qualité pour justifier le forage non contrôlé  en eau profonde dans le golfe.

Il est charitable de caractériser la morale  de ces fonctionnaires comme "élastique. " Ils ont semblé ne pas avoir existé du tout. L'Inspecteur général a dit avec surprise que l’équipe de Bush  aux MILLIMÈTRES, quand elle fut mise en présence de la liste des actes de corruption, des vols d’argent public et de faveurs sexuelles et financières à et de l'industrie " n’a montré aucun remords. "

La confiance de BP dans le relâchement  de la  surveillance gouvernementale par une agence gravement compromise  et toujours dirigée  par le personnel mis en place pendant l’ère BUSH   peut avoir incité la compagnie à faire des économies  dangereuses. D'abord, BP a omis  d'installer une vanne de fermeture  au fond du  trou - autre sécurité  qui aurait pu éviter le déversement accidentel. Ensuite, BP  a reconnu que le fait d’avoir violé la loi en forant  à la profondeur de 22,000-25,000 pieds au lieu de la profondeur maximum de 18,000 pieds permise par son permis peut avoir contribué à cette catastrophe.

Et là où se produit une tragédie nationale impliquant du pétrole, la compagnie de Cheney, Halliburton, n’est  jamais loin. En fait, restez attentifs : Halliburton peut apparaitre  comme le premier voyou  dans cette affaire. L’explosion s’est  produite peu de temps après qu’ Halliburton ait achevé une opération d’encaissage  du puits de forage avec du  béton. C'est un processus délicat qui, selon les experts gouvernementaux, peut déclencher des explosions  catastrophiques s’i l n’est pas effectué avec soin.

Selon le Service d'Administration de Minéraux, 18 de 39 explosions  dans le Golfe du Mexique depuis 1996 ont été attribués à la mauvaise qualité  professionnelle des travaux   d’injection de ciment autour des tuyaux  métalliques. Halliburton fait actuellement l'objet d'une enquête par le gouvernement australien pour une  très grosse explosion   en 2005 dans la Mer Timor provoquée par une  application défectueuse de béton.

L’administration Obama a désigné presque 2,000 agents fédéraux  des Garde-côte, du  Corps des Ingénieurs, du Ministère de la défense, du Ministère du Commerce, EPA, NOAA et du Département e l’'Intérieur pour  s'occuper du déversement accidentel - une réponse impressionnante. Cependant, la Maison Blanche actuelle n'est pas exempte de responsabilité - le gouvernement devrait, par exemple, exiger un bien plus grand déploiement de produits  absorbants. Mais le coupable réel dans ce crime est  une industrie négligente, la putréfaction morale de l'Administration Bush et le pauvre contrôle  exercé par une Agence corrompue par  huit ans de servilité grotesque au Big Oil.

   
Article original en anglais :
Sex, Lies and Oil Spills, Huffington Post, le 5 mai 2010.

Traduction par Comaguer, Radio-Galère, http://www.radiogalere.org

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=19275

 

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