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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 00:47

http://www.pnr-regioncorse.com/news.php?lng=fr&pg=&id=7

Israël: un antisionisme lucide

 Aveuglement collectif, les erreurs les plus fréquentes des Israéliens

   Par Gilad Atzmon

 

 

À travers toute l'histoire relativement courte du nationalisme juif, beaucoup de juifs ont réussi à trouver des imperfections dans la philosophie sioniste. Beaucoup se sont détachés du sionisme. Depuis la déclaration de l'État d'Israël, beaucoup d'Israéliens ont quitté Israël, et pas mal de juifs de par le monde se sont joints au mouvement de libération palestinien. Les Israéliens, d'autre part, sont ceux qui n'arrivent pas à réaliser que les dix points cités ci-dessus sont en vérité des erreurs graves et fatales.

On pourrait probablement demander si ces erreurs sont faites par les sionistes en particulier plutôt que par tous les Israéliens. Je répondrai que les Israéliens sont des sionistes, même s'ils n'ont que peu de connaissance du sionisme. La plupart des Israéliens sont nés dans une réalité colonialiste et raciste. Ils sont éduqués en vue de maintenir le sionisme et non de le remettre en cause. L'acceptation aveugle d'une des vues les plus radicales et chauvinistes du monde rend les Israéliens imperméables à toute forme de négociation pacifique.

Les erreurs en détail :

 

 

 

1) De ne pas réaliser qu'il n'y a pas de différence essentielle entre Tel Aviv et une colonie juive en Cisjordanie :

La plupart des Israéliens considèrent les colonies juives en Cisjordanie et les colons comme des obstacles à la route vers la paix. Les Israéliens en général et les sionistes soi-disant «de gauche» en particulier, dans leur univers égocentrique, sont totalement convaincus que seul un retrait des forces israéliennes jusqu'aux frontières de 1967 pourrait leur garantir la paix. La seule explication intelligible devant une telle erreur de jugement vient du fait que ce n'est qu'après 1967 que les Israéliens ont rencontré face à face les Palestiniens qui avaient subi un «nettoyage ethnique» en 1948 (et qui sont «tout à coup» apparus dans l'expansion des nouveaux territoires occupés). Les Israéliens veulent croire que ce qu'ils ne voient pas n'existe pas. Ils refusent toujours de reconnaître que la «cause palestinienne» est basée sur une demande de retour au pays justifiée.

La semaine dernière, le ministre de l'Autorité Palestinienne, Nabil Sha'ath, a fait la déclaration suivante concernant le «droit au retour»: «La feuille de route pour la paix au Proche-Orient parrainée par les États-Unis garantit le droit pour les réfugiés palestiniens de revenir dans leurs maisons en Israël ou sur les terres qui ont été conquises lors de la guerre des Six-Jours en 1967.» (Ha'aretz, 16 août 2003)

Voyons certains des commentaires faits par les principales figures politiques israéliennes:

«Les réfugiés n'auront jamais le droit de revenir en Israël.» (le porte-parole du gouvernement, Avi Pazner, Ha'aretz, 17 août 2003)

«Toute avance en ce qui concerne la feuille de route devra dépendre de l'abandon des Palestiniens du droit au retour sur des terres en Israël.» (le Ministre israélien de la Santé, Dan Naveh, Ha'aretz, 17 août 2003)

«[Les Palestiniens] parlent encore d'un problème qu'ils ne pourront jamais résoudre.» (le porte-parole du parti travailliste, Shimon Peres, Ha'aretz, 17 août 2003)

«Tous les partis politiques en Israël sont unis contre le droit au retour en Israël pour les Palestiniens.» (le député travailliste Matan Vilnai, Ha'aretz, 17 août 2003)

«Israël et l'Autorité Palestinienne ont un intérêt commun: celui de trouver des solutions au problème des réfugiés à l'intérieur des frontières d'un État palestinien, et non pas en Israël.» (le député du Meretz Ran Cohen, Ha'aretz, 17 août 2003)

Comme nous pouvons le voir, les politiciens israéliens doivent encore arriver à comprendre ce qu'est la cause palestinienne. Ils s'attendent encore à ce que les Palestiniens abandonnent leurs doits légaux légitimes. En réalité ils veulent que les palestiniens acceptent de ne plus être des palestiniens. C'est confondre leurs désirs avec la réalité, car je dirai que les Palestiniens n'abandonneront jamais leur droit au retour. Ils n'abandonneront jamais la résistance contre le colonialisme sioniste. Certainement pas maintenant, pas quand ils sont en train de gagner un soutien grandissant du monde. Chaque Palestinien sait que le but du sionisme est de transformer toute la Palestine en une terre juive. C'est pourquoi Tel Aviv, qui est partiellement située sur des terres palestiniennes confisquées (Yafo, Abu Kabir, Sheikh Munis, etc.) et Elon Moreh (une colonie en Cisjordanie) sont très semblables. Ce sont des colonies juives sur une terre palestinienne.

 

 

 

2) De croire que la création de l'État d'Israël est un résultat de l'Holocauste:

Voici d'abord quelques citations révélatrices:

«Un juif élevé au milieu des Allemands peut adopter les coutumes allemandes, des mots allemands. Il peut être totalement imbibé de fluide allemand, mais le noyau de sa structure spirituelle restera à jamais juif, parce que son sang, son corps, son type physique racial sont juifs.» (Vladimir Jabotinsky, «Une lettre sur l'autonomie», 1904 - Jabotinsky est le mentor idéologique de la droite israélienne).

«Moi aussi, comme Hitler, je crois dans le pouvoir de l'idée du sang.» (Chaïm Nachman Bialik, «L'heure présente», 1934 - Bialik est le poète national officiel d'Israël).

«Si j'avais été juif, j'aurais été un sioniste fanatique.» (Adolf Eichmann, 1955, publié dans Life Magazine en 1960 - Eichmann, un officier SS en charge du «problème juif», a fait cette remarque en référence à sa visite en Palestine en 1937).

Tout au long des années, les Israéliens ont adopté une vue bizarre du récit de leur histoire sioniste. D'une manière ou d'une autre, ils ont décidé que leur entreprise coloniale militante et nationaliste est en réalité un «mouvement à la recherche de la paix» de l'après-Shoah. Dans les premières années de l'État, cette notion manipulatrice s'est trouvée être très efficace en engendrant un soutien de l'Ouest grâce sans doute au sentiment de culpabilité au sein des Occidentaux. Depuis la guerre du Liban en 1982, l'opinion à l'Ouest s'est déplacée. De plus en plus de personnes estiment que ce sont les Palestiniens qui sont en réalité les «dernières victimes de Hitler». Alors que l'Ouest prend lentement mais sûrement conscience des crimes inhumains et continus d'Israël, les Israéliens croient toujours en leur image auto-fabriquée. Les Israéliens sont convaincus que l'État d'Israël a été crée après l'Holocauste afin de donner un havre de sécurité aux juifs en cas de désastre qui recommencerait. Cette fausse idée est la conséquence directe de la lecture erronée des événements historiques cruciaux. Israël est le fruit du sionisme, et l'idéologie sioniste a été édifiée bien avant la naissance de Hitler.

De plus, il y a une bonne raison de croire que Hitler a développé ses arguments antisémites après avoir lu les premiers textes sionistes. En lisant Ber Borochov, il pouvait apprendre à quel point les juifs étaient socialement anormaux («La structure socio-économique du peuple juif diffère radicalement de celle des autres nations. La nôtre est une structure anomale, anormale.» Ber Borochov, 1897, publié dans Moshe Cohen (éd.), «Nationalisme et la lutte des classes: une approche marxiste au problème juif», 1937). Il pouvait apprendre de Jabotinsky à quel point la pureté du sang était importante. Les citations ci-dessus suggèrent que le sionisme et le nazisme sont très semblable dans l'esprit (tous deux sont des mouvements nationalistes inspirés par les concepts de la pureté raciale). Une chose néanmoins reste claire: le sionisme précède le nazisme.

D'autre part, si nous décidons d'accepter l'idée de l'aveuglement d'Israël qui estime que l'État est un résultat de l'Holocauste, alors nous devrions prendre en compte le fait que les sionistes ont toujours été plus qu'enthousiastes en ce qui concerne l'antisémitisme. Aux yeux des sionistes, c'est l'antisémitisme qui poussera les juifs vers leur pays. Ainsi, les sionistes ont réalisé dès le début que l'Allemagne nazie présentait une chance pour le sionisme. Alors qu'avant la guerre les organisations sionistes ont collaboré avec les nazis pour transférer les richesses des juifs allemands en Palestine pendant la guerre, quand l'échelle du désastre était déjà connue, les sionistes de par le monde n'ont pas fait grand-chose pour aider leurs frères et sœurs en Europe. Il faut mentionner un incident en particulier. Vers la fin de la deuxième guerre mondiale, Adolf Eichmann (au nom d'Heinrich Himmler) a offert à Rezso Kasztner, un dirigeant sioniste hongrois, la possibilité de libérer près d'un million de juifs en échange de 10.000 camions. De façon surprenante, cette offre a été ignorée par les organisations sionistes qui avaient réalisé alors que l'anéantissement des juifs d'Europe aiderait à générer suffisamment de soutien de la part des nations en vue de la création du futur État juif. Apparemment, l'offre nazie a été réduite à un seul train et à juste 600 juifs sionistes hongrois dévoués. Les sionistes n'étaient clairement intéressés à sauver ni les juifs assimilés ni les juifs orthodoxes.

On doit admettre, tristement, que du point de vue tactique, les sionistes avaient raison: la liquidation des juifs d'Europe a en effet généré un grand soutien pour la cause sioniste, qui a conduit finalement à la création de l'État juif. Néanmoins, si nous adoptons cette ligne de pensée, nous devons considérer les dirigeants sionistes comme étant responsables en partie de la liquidation des juifs d'Europe.

 

 

 

3) De se considérer innocents et victimes du conflit israélo-palestinien:

C'est difficile à croire, mais les Israéliens se considèrent vraiment comme étant des personnes innocentes. Même ces mêmes Israéliens qui ont nettoyé ethniquement les Palestiniens et qui les ont terrorisés pendant des dizaines d'années (comme Peres et Sharon) ont le chutzpah (toupet) de se considérer comme des victimes. Même le fait que pendant plus d'un demi-siècle les Israéliens ont voté en faveur du déni des droits humains les plus fondamentaux pour les Palestiniens, n'a jamais amené les sionistes à exprimer le moindre doute. Jusqu'à aujourd'hui, il n'y a pas un seul corps politique juif au sein du parlement israélien qui reconnaisse le droit au retour pour les Palestiniens.

En prenant en compte le fait que le judaïsme mondial, poussé par le gouvernement israélien, réussit à mener à bien les demandes concernant les intérêts juifs d'avant la deuxième guerre mondiale (en ce qui concerne les comptes en banque ou les biens en Europe de l'Est), il est plutôt bizarre que les Israéliens parviennent si bien à ignorer les demandes similaires des Palestiniens. Comment se fait-il que les juifs soient tellement mobilisés au sujet des injustices des banques suisses, et si sourds et aveugles vis-à-vis de leur propre vol de terres, des possessions et de la dignité des Palestiniens? Je suggère deux réponses possibles:

a) Les Israéliens et les sionistes ne sont pas vraiment concernés par les injustices faites à leur peuple dans le passé; ils sont simplement motivés par avidité, par exaltation politique, ou par les deux.

b) Les Israéliens et les sionistes sont des créatures étranges qui ne suivent aucun des modèles humains reconnus d'empathie, et donc il ne faut pas attendre d'eux des sentiment de compassion ou de culpabilité en ce qui concerne leurs propres crimes envers les non-juifs en général, et envers le peuple palestinien en particulier.

On sait que des milliers de jeunes Israéliens vont chaque année en Pologne pour visiter les différentes attractions touristiques de la Shoah. Ces voyages sont sponsorisés par le gouvernement israélien et par beaucoup d'autres organisations juives. On pourrait penser que, lorsque ces heureux jeunes gens rejoignent l'armée israélienne, ils appliquent les leçons morales et qu'ils ressentent de la compassion pour leurs voisins palestiniens. Néanmoins, alors qu'il parait évident qu'ils ont appris la leçon, c'est malheureusement la mauvaise: quand ils sont dans les Territoires occupés, beaucoup se comportent comme la Wermacht. Il n'est pas étonnant que les Israéliens investissent tant d'argent dans ces «voyages éducatifs».

 

 

 

4) De croire qu'ils vivent dans une démocratie et donc que les atrocités qu'ils commettent sont légitimes :

Malgré le fait que plus de la moitié de la population vivant dans les frontières israéliennes n'ait pas le droit de vote, les Israéliens se considèrent toujours comme étant un peuple démocratique. De plus, les Israéliens (comme les Américains) croient que leur «liberté» de choix politique leur donne un mandat pour décider du destin d'autres peuples. Les Israéliens sont persuadés que leurs actes assassins sont légitimes parce qu'ils sont «la seule démocratie au Moyen-Orient». On peut expliquer cela en prenant comme référence l'interprétation israélienne du concept juif d'«élu». Alors que les juifs orthodoxes regardent le fait d'être élu comme étant un fardeau éthique et spirituel, les Israéliens considèrent cela comme une forme de cadeau cosmique: on naît «élu», et cela vous rend surhumain. En très peu de temps, les Israéliens ont développé un système de «démocratie de peuple élu» qui leur permet en tant qu'élus de dicter leur conception du monde à ceux qui sont trop faibles (pour le moment) pour les combattre. Il est important de faire remarquer qu'Israël n'est pas le seul pays à avoir «une démocratie de peuple élu». La démocratie américaine suit assez bien la même ligne de pensée. Depuis la deuxième guerre mondiale, les Américains ont décidé pour le reste du monde de la façon dont ces pays devaient contribuer à enrichir les États-Unis. Ce n'est pas étonnant que ces deux «démocraties de peuples élus» soient si éprises l'une de l'autre.

 

 

 

5) D'être convaincus qu'ils vivent dans une société ouverte qui bénéficie d'une diversité politique et idéologique :

«Le problème avec la gauche israélienne est qu'elle pense qu'il suffit de chanter une chanson pour être en faveur de la paix. Je dis, si vous voulez chanter une chanson, alors devenez chanteur.» (Shimon Peres, The Independent, 4 août 2003)

Les Israéliens ont tendance à croire qu'ils bénéficient d'une société avec une diversité politique et avec un vrai débat gauche/droite. Traditionnellement, on identifie la pensée de gauche avec le combat pour une égalité sociale et juridique, alors que la politique de droite se bat pour les plus forts. Bizarrement, une telle distinction n'est pas applicable à Israël. L'idée du sionisme, c'est d'être fort et juif, et les Palestiniens (et la main-d'œuvre émigrée bon marché) ne font pas partie du jeu. La gauche israélienne n'essaye pas d'en faire des partenaires égaux, et les sionistes de droite ne leur permettent même pas d'entrer dans la fosse. En réalité, la gauche et la droite ont adopté l'idée du «Mur de fer» de Jabotinsky, une philosophie dont le but est de construire une puissance que la «population native ne peut pas enfoncer» (Vladimir Jabotinsky, «The Iron Wall», 1923).

Je suppose que la raison pour laquelle les Israéliens n'arrivent pas à voir que leur société manque d'un vrai débat entre la gauche et la droite, c'est parce qu'ils n'arrivent pas à faire la différence entre un débat idéologique et un débat politique. Alors qu'en réalité il n'y a pas de différence idéologique entre le parti du Likoud et le parti travailliste israélien, les Israéliens considèrent encore leur affrontement politique comme un débat idéologique. En Grande Bretagne, par contre, la plupart des gens comprennent maintenant que Tony Blair est un dirigeant Tory déguisé en travailliste. Les Anglais sont beaucoup plus avancés que les Israéliens en réalisant le contexte idéologique de leur propre jeu politique. En Israël, peu de personnes comprennent que les différences entre Peres et Sharon ne sont que marginales. Si cela ne suffisait pas, même les organisations israéliennes de gauche comme Peace Now (La Paix Maintenant), Women in Black (les Femmes en Noir) et Gush Shalom, qui se sont battus courageusement pour les droits des Palestiniens, acceptent l'inacceptable «solution de deux États». Penser à ces mouvements de la «gauche israélienne» en termes catégoriques révèle une donnée dévastatrice: que leur programme politique n'est pas si éloigné idéologiquement parlant de celui de Sharon. Il est triste d'admettre qu'il n'y a pas de «gauche israélienne».

 

 

 

6) De croire qu'ils ont laissé le ghetto derrière eux :

Les aspirations juives nationalistes ont commencé à apparaître à la fin du dix-neuvième siècle suite à l'émancipation des juifs d'Europe. Les idéologues sionistes ont suivi la vague grandissante du nationalisme européen. Les premiers sionistes ont considéré que la possible assimilation des juifs était une grave menace pour l'existence juive. Beaucoup de ces penseurs sont tombés d'accord sur le fait que les juifs souffraient d'un mauvais fonctionnement social, en se référant aux occupations juives traditionnelles comme étant non productives. L'hypothèse sioniste à cette période était que cette forme de condition sociale malsaine venait du fait d'avoir vécu dans des ghettos dans un pays étranger pendant trop de temps. Le sionisme a été considéré comme un remède pour les nombreuses «maladies traditionnelles juives». Son but était de créer un juif nouveau: un homme laïc, civilisé et productif, qui vit et cultive sa propre terre tout en communiquant dans sa propre langue (hébreu), tout l'opposé du caractère des juifs de l'Europe de l'Est des ghettos. Cette expérience n'a pas survécu longtemps. En réalité, ce «nouveau juif» n'a jamais été créé. Le sionisme n'a jamais été un mouvement laïc. Alors que la laïcité est une alternative philosophique à la religion, quand on regarde le sionisme et la laïcité juive, le sionisme ne rejette certains rituels juifs que pour en adopter de nouveaux.

Depuis le début, le sionisme a adopté beaucoup de symboles héroïques juifs bibliques et mystiques, la plupart suicidaires (l'histoire de Massada - un conte de kamikazes communautaires - et Samson, le premier attaquant suicide, sont des exemples typiques). De plus, l'idée de ressusciter un État juif en Palestine est directement liée à la promesse biblique. Même si au début il semblait qu'un réel effort ait été fait pour établir une civilisation hébraïque, aujourd'hui chaque personne qui visite Israël serait d'accord pour dire que la plupart des aspects culturels hébraïques sont en train de disparaître de la culture israélienne qui s'effondre. Même l'hébreu est en train d'être broyé chaque jour. Inutile de dire que peu de temps après leur arrivée, les sionistes ont trouvé qu'il était beaucoup plus facile d'utiliser la main-d'œuvre palestinienne que de se brûler en plein air dans les champs méditerranéens. Rétrospectivement, il serait difficile de faire ressortir quelque renaissance culturelle hébraïque que ce soit, à part quelques habitudes barbares d'oppression sadique qui se sont développées pendant des dizaines d'années. En prenant en compte la large contribution impressionnante des juifs à la culture du monde, on verra que presque rien n'est venu de l'État juif. Ce n'est pas très surprenant. Comme nous le savons, il y a eu peu de contributions venant des ghettos juifs. Quand nous pensons aux grands penseurs et aux artistes juifs, nous voyons que tous sont des juifs émancipés qui préféraient l'assimilation au sionisme ou à l'orthodoxie. Le remarquable «Mur de défense» de Sharon est là pour expliquer pourquoi Israël n'a jamais été productif culturellement. En réalité, les sionistes n'ont jamais quitté le ghetto; ils ont juste déménagé de l'Europe de l'Est vers la Palestine. Le concept de ségrégation est probablement inhérent à l'existence sioniste.

 

 

 

7) D'être convaincu que «l'État juif» est un concept légitime :

Cette erreur est le résultat d'une mauvaise lecture du changement culturel du vingtième siècle. Quand le sionisme est né, c'était plus qu'une philosophie idéologique légitime. Il faisait partie du mouvement nationaliste européen du dix-neuvième siècle, et s'est développé au moment où la haine de l'Autre était très courante dans les discours politiques et intellectuels européens. Les sionistes révisionnistes dirigés par Vladimir Jabotinsky ont fait ouvertement l'éloge du fascisme italien et considéré Mussolini comme leur mentor idéologique. De plus, Jabotinsky a adopté l'idée de la pureté raciale des années avant qu'Hitler n'en parle. À cette époque, le sionisme n'était pas la seule philosophie à pousser pour un État nationaliste basé sur la pureté raciale. Après la deuxième guerre mondiale et la chute du nazisme, les choses ont néanmoins changé. L'idée d'un État basé sur la pureté raciale n'était plus légitime. Même la nouvelle forme de fascisme américain est multiraciale. En fin de compte, Israël est le seul exemple restant d'un État nationaliste basé sur la pureté de la race. L'État juif n'est plus un concept légitime.

 

 

 

8) De penser qu'Israël est un abri pour toute la population juive et la meilleure réponse à l'antisémitisme :

Madame Tzipi Livni, la Ministre israélienne de l'Immigration, a récemment révélé que l'immigration vers Israël s'est complètement arrêtée. En d'autres mots, elle a admis qu'Israël n'est pas le pays le plus attrayant pour les juifs pour venir y vivre. Il n'y a pas si longtemps, j'ai entendu une présentation d'un porte-parole palestinien, ici en Grande Bretagne. On a demandé au porte-parole s'il pouvait justifier les actes de suicides palestiniens dirigés contre les civils israéliens. Évitant de parler des aspects moraux compliqués concernant cette question maintes fois posée, le porte-parole s'est limité à parler des aspects pragmatiques des différentes formes de lutte des Palestiniens. Son argument était très simple: «Si Israël est un État pour les juifs, alors c'est la terreur palestinienne qui pourra faire de cet État un lieu très déplaisant pour les juifs qui veulent y vivre.» Il n'y a pas de doute que les attaques suicides sont très efficaces et atteignent leur but. Les mots de Tzipi Livni confirment que la terreur palestinienne est en train de vaincre l'entreprise sioniste. Mais la faillite du sionisme est beaucoup plus dramatique. Non seulement Israël n'a pas empêché l'antisémitisme, mais de plus les crimes dévastateurs et inhumains qui sont commis tous les jours par Israël au nom du «peuple juif» font que l'antisémitisme devient une philosophie légitime. Il n'y a pas de doute, le prochain désastre juif viendra d'une réaction au sionisme.

(Il est important de noter à nouveau que le sionisme est porté consciemment par l'antisémitisme. Nous voyons ici un cercle vicieux initié par les sionistes: Israël commet délibérément des crimes inhumains afin de provoquer des actes antisémites qui amèneraient les juifs à considérer que le sionisme et la seule et unique solution au «problème juif».)

 

 

 

9) De se considérer comme des humanistes :

Non, ce n'est pas une plaisanterie. Malgré la douleur qu'ils infligent à leurs voisins, les Israéliens se considèrent toujours comme des humanistes. De plus, il semble que l'image de l'humaniste est très importante pour les Israéliens. Vous trouverez des équipes de secours israéliennes et des équipes d'urgence médicale dans chaque lieu de désastre de par le monde. Mais pour quelque raison que ce soit, on ne trouve jamais ces «chevaliers» humanistes israéliens à Gaza ou à Jénine.

Je suppose que le déguisement humaniste israélien a quelque chose à faire avec l'héritage marxiste qui a été partiellement adopté par les premiers sionistes de «gauche». Ayant dit cela, on doit se souvenir qu'il n'y a rien dans la philosophie sioniste qui fasse écho à quelque code moral universel de comportement. Le sionisme ne concerne que les juifs. Il a été inventé par les juifs et ne peut être appliqué qu'aux juifs. L'appel pour l'unification mondiale prolétaire qui apparaissait pendant des années sur certains documents de la «gauche» sioniste, était un appel prétentieux sans grand-chose derrière. De plus, les partis de gauche qui appelaient à un cosmopolitisme international étaient en fait très actifs à voler les indigènes palestiniens. La grande majorité des kibboutzim israéliens sont situés sur des terres palestiniennes volées. Le vol des terres palestiniennes est au cœur même de toutes les philosophies sionistes. Je crois que le déni des droits humains les plus fondamentaux par les Israéliens peut s'expliquer par leur propre perception en tant que race élue. Pourquoi est-ce que la Palestine devrait appartenir aux juifs qui en sont partis il y a deux mille ans, et pas aux Palestiniens qui vivent sur cette terre depuis le début des temps? Probablement parce que les juifs sont choisis, et que leur texte biblique est supérieur à tout autre texte (y compris les documents légaux). Comment pouvez-vous être élu, et être en même temps un humaniste? C'est la question principale qui devrait être posée aux Israéliens. Il paraîtrait que dans le nouveau monde dominé par les «Juifméricains», vous avez le droit de vous considérer comme un humaniste tant que vous avez suffisamment d'armes nucléaires à votre disposition pour soutenir votre image.

 

 

 

10) D'être sûrs qu'Israël est immortel :

En réalité, Israël est déjà une entité presque morte. Le pays est en train d'entrer dans un processus rapide de désintégration dans des secteurs isolés sans but commun collectif. Bientôt, plutôt que plus tard, les secteurs israéliens couramment rejetés comprendront qu'ils ont beaucoup plus de choses en commun avec les Palestiniens qu'avec les zélateurs sionistes. La prétendue «gauche» sioniste réalisera qu'elle a plus de choses en commun avec Nabil Sha'ath et Saëb Erekat qu'elle n'en a avec quelque membre que ce soit du parti Likoud. Les juifs orthodoxes réaliseront qu'ils ont bien plus de choses en commun avec le fondamentalisme islamique qu'avec le front israélien laïque libéral. Les nouveaux émigrants russes n'ont même pas essayé d'intégrer la société hébraïque qui les considère comme inférieurs. Les juifs éthiopiens, qui n'ont même pas le droit de donner leur sang, et la nombreuse main-d'œuvre étrangère bon marché, réaliseront bientôt que la suprématie sioniste est leur plus grand ennemi. Les jours des sionistes sont comptés. Il n'y a pas besoin d'une guerre. Qu'ils se détruisent eux-mêmes en «paix». Dans les nouveaux murs du ghetto qu'ils imposent à eux-mêmes et dont ils s'entourent, ils n'ont pas d'autre option.

 

 

 

 

 

 

Où tout cela nous mène-t-il ?

Il semble que toute forme de communication avec les Israéliens est presque impossible à moins que l'on décide de s'engager dans l'aveuglement israélien. Puisqu'il est clair que les Israéliens sont doués pour l'autodestruction, il ne nous reste qu'à les aider en servant de catalyseur. Une série d'interdictions et de boycotts feraient l'affaire. Nous devons commencer avec des boycotts culturels et économiques. On doit s'assurer que les criminels de guerre sionistes et israéliens sont arrêtés dès qu'ils atterrissent sur le sol du monde libre (en assumant bien sûr qu'une telle chose existe). Si cela ne suffit pas, il faut continuer et interdire aux Israéliens de voyager en Europe à moins qu'ils ne déclarent leur rejet total du sionisme.

Ces nations éclairées qui sont assez courageuses pour interdire l'antisémitisme, la propagande néo-nazie et toute autre forme d'activité raciste devraient immédiatement envisager d'ajouter l'activité sioniste à leur liste d'activités interdites.

Cela ne prendra pas trop longtemps. Face à un moment de vérité, beaucoup d'Israéliens seront contents de laisser le sionisme derrière eux et de rejoindre la famille des hommes. !

 

 

Remarques

                  Cette critique radicale d’Israël est « terrible, elle s’explique bien par un parcours et une prise de conscience de ce qu’il en est d’Israël. Si certaines propositions de Gilad Atzmon, comme l’interdiction de voyager nous paraissent contestables, comme l’interdiction de voyager en Europe  aux Israéliens à moins qu’ils ne déclarent le rejet total du sionisme qui ne peut se comprendre que comme un renversement de  la situation imposée aux Palestiniens par Israël.

Nous tenons aussi à rajouter ses réflexions sur l’antisémitisme qui éclairnt bien cette dernière  proposition

Si Israël est l'Etat des Juifs et si les Juifs eux-mêmes ne s'élèvent pas collectivement contre les crimes commis en leur nom, alors chaque Juif, chaque symbole juif, chaque objet juif devient un intérêt israélien et la cible éventuelle de terroristes.

C'est aux Juifs de s'élever contre leur Etat juif et de se désolidariser de ce mouvement national fanatique.

Si par exemple, nous apprenions demain matin au réveil qu'une cible humaine a été réduite en miettes, personne ne songerait à dire que cette  attaque était "motivée par un racisme antiaméricain". Nous serions naturellement enclins à considérer cet incident comme un "acte de terrorisme" dirigé contre les "intérêts américains". Nos analystes politiques expliqueraient sans doute qu'il s'agit d'une forme de représailles contre le "colonialisme", l'"expansionnisme" des US, ou leur "soutien au sionisme" etc. Puisque les sionistes veulent être un "pays comme les autres", il n'y a pas de raison de les traiter comme un cas à part.

Il faut les traiter comme nous traitons les Américains et les Britanniques qui ont déjà compris que leurs intérêts expansionnistes dans le monde sont sérieusement menacés.

Si nous admettons, comme le réclament les sionistes, que la "judéité" se réfère à une nation plutôt qu'à une religion, il nous faut être cohérents et considérer alors que tout acte perpétré contre les Juifs est une réaction politique et non pas une agression raciste irrationnelle. En d'autres termes, la réussite du sionisme élimine toute possibilité d'antisémitisme.

Et ce constat est déconcertant dans la mesure où ce sont les sionistes qui nous répètent tout le temps que l'antisémitisme est en augmentation. Le sionisme est alimenté par l'antisémitisme. Les sionistes ont besoin d'actes antisémites pour justifier que l'Etat d'Israël est la seule possibilité viable pour l'existence des Juifs. Les sionistes ont compris depuis longtemps que ce sont des actes antisémites qui incitent les Juifs à soutenir un Etat juif.

Et donc, afin de soutenir les intérêts sionistes, Israël doit créer un important sentiment anti-juif.

La cruauté vis-à-vis des Palestiniens est un des moyens préférés d'Israël pour parvenir à ses fins. Et ainsi, nous nous retrouvons devant un cercle vicieux: les Israéliens commettent des atrocités contre les Palestiniens, les sentiments anti-juifs s'expriment par des agressions verbales et physiques violentes contre les Juifs et les intérêts juifs; les

Juifs du monde entier se sentent à juste titre menacés et enclins à soutenir  Israël; certains de ces Juifs émigrent en Israël, davantage de terre est confisquée aux Palestiniens et l'indignation contre les Juifs enfle dans le monde entier. C'est apparemment le  mouvement perpétuel du sionisme. Hélas, il est sacrément efficace. Il marche depuis le tout début du sionisme".

 

 

 

 

Le sionisme enfant bâtard du judaïsme !

Si au moment de la création d’Israël il y eût un certain enthousiasme qui s’est en quelque sorte renouvelé après la « miraculeuse victoire » de la Guerre des Six Jours, si les Accords d’Oslo avaient été pour beaucoup un grand moment d’espoir, c’est sans doute, parce qu’on prêtait à Israël des « vertus bibliques » dans lesquelles seraient inscrites un désir de paix qui est conjugué depuis son origine par les prophètes relayés  les exégètes du judaïsme.

Mais à y voir de plus près, en réalité, tout d’abord la création et le fonctionnement d’Israël s’inscrit bien dans les pratiques et les préceptes du  judaïsme dont, tout particulièrement le Deutéronome porte témoignage est une entreprise de colonisation d’une terre que Yahvé a donné en héritage à son « peuple »

Si par les temps qui courent, un nombre de plus en plus important de juifs peuvent émettre des critiques sur Israël, ils éprouvent à son égard une certaine empathie, quant aux colons israéliens juifs, ils n’ont nullement l’intention de faire leurs valises pour céder leur place aux réfugiés palestiniens dont il se sont appropriés les terres !

 De ce fait, même si certains juifs se disent antisionistes peuvent reconnaître que l’Etat d’Israel ne correspond pas à leur idéal religieux, peut même causer des torts à l’idée qu’on peut se faire du judaïsme, ils continuent à rêver d’une réconciliation  entre les deux peuples, à laquelle, nous ne pouvons pas croire !

 

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