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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 19:42

http://www.echoslogiques.com/liquidateurs.JPG

http://www.echoslogiques.com/liquidateurs.JPG.

 

Liquidateurs :

Les esclaves du nucléaire

 

http://www.lexpress.fr/actualite/environnement/japon-les-clochards-du-nucleaire_978891.html

 

Par Mathieu Gaulène, publié le 02/04/2011 à 16:32, mis à jour à 17:20



80% des travailleurs du nucléaire au Japon sont en fait des sous-traitants,  recrutés parmi les couches les plus paupérisées de la population japonaise. Enquête sur les "gitans du nucléaire".


En plus d'une forte radioactivité qui les condamne à mort à brève échéance,

les quelques 500 liquidateurs de Fukushima

doivent travailler dans des conditions
atroces et inhumaines. Ils recevraient seulement deux repas par jour, des
biscuits le matin et du riz le soir, un maximum d'un litre et demi d'eau par
personne, et dormiraient sur des nattes de plomb, à même le sol. Dans ces
conditions, un patron confiait au journal Asahi qu'il ne pensait plus "pouvoir
trouver d'autres salariés qui accepteraient d'y aller."

http://www.20minutes.fr/article/696895/planete-fukushima-insupportable-quotidien-liquidateurs-centrale-nucleaire


Dans le journal tokyoïte Tokyo Shimbun, un ancien travailleur sous-traitant de
Fukushima Daiichi ne cache pas sa colère au sujet des trois ouvriers

contaminés aux jambes. Sur les trois irradiés, deux n'étaient

même pas chaussés de bottes.

http://www.tokyo-np.co.jp/article/national/news/CK2011032602000026.html?ref=rank



Qui sont ces travailleurs du nucléaire et comment sont-ils recrutés?
Bien que les centrales possèdent leurs propres employés, environ 80% des
travailleurs du nucléaire au Japon sont en fait des sous-traitants, recrutés
parmi les couches les plus paupérisées de la population japonaise. Ces
travailleurs pauvres et non qualifiés effectuent pour quelques jours, parfois
quelques semaines, les tâches les plus dangereuses au coeur des centrales
nucléaires. Parce qu'ils se déplacent de centrale en centrale,

on les appelle au Japon les "gitans du nucléaire" (genpatsu jipushi),

du nom d'un livre de Kunio Horie publié en 1984.

http://www.tokyo-np.co.jp/article/national/news/CK2011032602000026.html?ref=rank



En France, où la sous-traitance dans le nucléaire est en plein développement,
l'expression utilisée dans le jargon des employés d'EDF pour les désigner est
moins poétique mais plus explicite: la "viande à rems".

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/les-bagnards-du-nucleaire_974084.html


Sur le modèle de Toyota, les entreprises nippones ont recours depuis très
longtemps à la sous-traitance, notamment dans la construction. Et les
intermédiaires servant au recrutement des travailleurs journaliers sont bien
souvent les yakuzas.

Sur le site de l'ANPE japonaise "Hello Work", on trouve aisément

diverses offres d'emploi de ce type, comme une offre par exemple

pour travailler à la centrale de Fukushima Daiichi et Daini

pour trois mois, du 3 février au 30 avril 2011.

http://job.j-sen.jp/hellowork/job_3373229/



Le descriptif des travaux à effectuer est sommaire: tâches d'inspection,
d'électricité et de soudure. "Aucun diplôme, aucune qualification ni aucune
expérience n'est exigé", est-il précisé. L'embauche est faite au nom d'une
petite entreprise de sous-traitance spécialisé

dans la maintenance de centrale nucléaire.

Le salaire: 10 000 yens par jour, soit 83 euros.

Un reportage d'El Mundo révélait en 2003 que la centrale

de Fukushima Daiichi allait jusqu'à recruter des sans-abris

dans les parcs de Tôkyô.

http://www.elmundo.es/cronica/2003/399/1055060977.html
http://job.j-sen.jp/hellowork/job_3373229/



Depuis la récession au début des années 1990,

tous les parcs des grandes villes
se sont transformés en véritable campement,

avec de multiples abris de fortune
faits de bâches bleues.

C'est ici que les sociétés de sous-traitance souvent
détenues par des yakuzas, envoient leurs recruteurs à la recherche de
travailleurs journaliers. Dans le cas de la centrale de Fukushima Daiichi,

on expliquait à ces travailleurs pauvres qu'il s'agissait d'un emploi de
"nettoyeurs". Puis envoyés à 200 km de Tokyo, ils réalisaient

au dernier moment qu'il s'agissait de travailler

au coeur d'un réacteur nucléaire.


Depuis, des panneaux d'avertissements

ont été installés dans les parcs à Tokyo:
"N'accepte pas ce travail, il te tuera!". Mais en trente ans, ce sont des
milliers de travailleurs pauvres, de travailleurs immigrés et de sans-abris qui
se sont relayés dans ces centrales, au péril de leur vie. Certains tentent de
faire reconnaître leurs maladies dues à l'exposition à la radioactivité. La
famille Shimahashi fut la première à gagner un procès pour maladie
professionnelle: leur fils, Nobuki, après 8 huit ans de travail dans la centrale
nucléaire d'Hamaoka était mort à 29 ans d'une leucémie.

Ce cas pourrait être l'arbre qui cache la forêt:

d'après un rapport du docteur Fujita, professeur de
physique de l'université de Keiô,

il y aurait entre 700 et 1000 "gitans du nucléaire"

qui seraient déjà morts et des milliers atteint de cancers.

Dans ces conditions, les liquidateurs supposés "volontaires"

de Fukushima, dont on souligne volontiers le courage,

pourraient être des "héros" bien malgré eux du désastre nucléaire.

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