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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 02:23

Les États de l’U.E. pires que les banques ?...
FESF-GATE : La faillite grecque fait des heureux
Par Franck de Bouvines

jeudi 27 janvier 2011, par Comité Valmy


A ce jour, le discours officiel est immuable : "L’union européenne a sauvé la Grèce de la faillite, grâce à l’euro et à la mise en place du Fonds Européen de Stabilité Financière." Répéter en boucle ce message peut provisoirement « rassurer les marchés » et freiner l’effondrement du mythe européiste mais la vérité est têtue et "le temps révèle tout : c’est un bavard qui parle sans être interrogé" (Confucius)

- 1. La Grèce est déjà en faillite.

Les obligations grecques à 10 ans se négocaient jeudi dernier à 71% de leur valeur nominale (source Financial Times)

Ce qui signifie que les banquiers qui, en échange de taux d’intérêts élevés, avaient librement pris le risque d’acheter ces obligations acceptaient de subir discrètement une décote de 29% et que d’autres banquiers (si ce n’est les mêmes) acceptaient, eux, ce prix fixé par les simples règles du marché, "libre et non faussé". Cette décote équivaut à un défaut de paiement de 29% de la dette grecque, défaut normalement absorbé par les banques privées.

Dans ces conditions que dire de l’intervention du FESF qui :

- rachète ces obligations à 80% de leur valeurs faciales, faisant ainsi un cadeau aux banques de 9%

- puis, qui revend ces obligations à la Grèce pour 90% de leur valeur faciale ? (source : Jacques Cailloux, chef économiste Europe de la Royal Bank of Scotland, cité par la Chronique Agora)

Ce qui aboutit à ralentir la réduction de la dette grecque qui aurait pu être de 29% par la loi du marché (libre et non faussé) et qui se retrouve limité à 10% pour que le FESF prenne 10% au passage, après en avoir donné 9% aux banques. L’aide octroyée a la Grèce est donc un racket et non une aide.

- 2. Le Fonds Européen de Stabilité Financière est un montage illégal

Que ce soit en garantissant des actifs pourris, en intervenant sur les marchés avec les libertés des personnes morales de droit privée, en se faisant complice des banques qui devraient être placée en faillite, etc... le FESF va inéluctablement devenir une entreprise juridiquement hasardeuse, voire s’apparenter à un schéma de Ponzi effectués par les clients, au moyen essentiellement des fonds procurés par les nouv [1] :

Tous le monde a parfaitement compris qu’après les défaillances des petits états viendront celles des moyens, voire des gros, et comme la capacité des fonds FMI+FESF est très, très loin de pouvoir couvrir ces risques, le FESF ne pourra fonctionner qu’en rackettant les états qu’il prétend aider, qu’en réalisant des plus-value en dehors de sa mission, voire en couvrant des risques sur les titres détenus par les banques irlandaises(voir la bad bank qui prend en pension les junk bonds revendus avec la garantie du FESF en dernier ressort) irlandaise avec de juteux montage « à la grecque », ce qui s’apparente à un schéma de Ponzi.

- 3. Sur la piste des "Franco-russes"

Ni la Grèce, ni l’Irlande, ni aucun pays qui sera "aidé" par le FESF ne pourra rembourser et tous le monde le sait, à commencer les membres de la Commission des Finances, (par exemple Charles de Courson qui déclare en séance : « Arrêtons de nous cacher derrière notre petit doigt. Tous les États ne seront pas capables de rembourser et on s’oriente vers des emprunts perpétuels. » ) et Christine Lagarde qui a qualifié les sauvetages de l’Irlande et de la Grèce, ainsi que la création du FESF de "transgressions majeures" du Traité de Lisbonne.

( « Nous avons enfreint toutes les règles car nous voulions resserrer les rangs et vraiment sauver la zone euro » )

- 4. Quid des droits nationaux ?

L’ensemble du montage contrevient non seulement au droit européen en piétinant les traités en vigueur, mais il n’a pu se mettre en place qu’en bafouant également les droits nationaux qui interdisent tous d’appauvrir les états sans contrepartie et à plus forte raison dans les montages internationaux interdits par les traités où règnent la plus grande confusion entre les règles et entités privées ou publiques.

- 5. A qui profitent les agissements du FESF ?

Les seuls à bénéficier du dispositif sont les spéculateurs et les banquiers qui ont eux-mêmes créée la crise, qui l’on entretenue et mise en scène en créant une panique susceptible de populariser le racket opéré sur les états.

CONCLUSION PROVISOIRE

Imaginez un instant que les contribuables européens considèrent qu’il n’y a pas de différence fondamentale entre le clan Trabelsi / Ben Ali qui s’enfuit en emportant des milliards et 1,5 tonnes d’or et les gouvernements européens qui dilapident l’argent public pour le seul bénéfice de leurs amis spéculateurs & banquiers. Peut-on gouverner un pays sereinement avec ce genre de pratiques ? Et 16 pays ? Et 27 pays ? Je pense que nous allons bientôt avoir la réponse à cette question.

26 janvier 2011

Notes

[1] Un schéma de Ponzi est un circuit financier frauduleux qui consiste à rémunérer les investissements eaux entrants, le système étant découvert et s’écroulant quand les sommes procurées par les nouveaux entrants ne suffisent plus à couvrir les rémunérations des clients (Source : U.S. Securities and Exchange Commission)

 

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1115

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