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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 00:15

 

Jeudi 17 mai 2012

Grèce et eurosLes premiers à croire que la Grèce sortira de la zone euro sont les Grecs eux-mêmes qui, en proie à la panique, se sont présentés aux guichets bancaires pour retirer, en quelques jours, quelque 700 millions d’euros des comptes courants. La banque centrale a sonné l’alarme pour éviter la fuite des capitaux, sachant que le phénomène ne pourra que s’accentuer eu égard au contexte économique et social du pays. Même si rien ne sera comparable aux années 2010 et 2011, quand l’importance de la dette publique grecque éclata à la face du monde.  

 

L’échec des tractations en vue de former un nouveau gouvernement et la perspective de nouvelles élections, fixées au 17 juin 2012, ont aggravé les préoccupations des citoyens qui disposent encore d’un peu d’argent. La dissolution des partis historiques, socialistes et conservateurs, liés tous les deux aux technocrates européens, et la prise de conscience que de lointains usuriers ont imposé à la Grèce un programme « de sang et de larmes », ont accru à tel point le mécontentement que nombreux sont en droit de penser que la débâcle est proche et que le pays s’achemine tout droit vers la banqueroute et la sortie de l’euro.

 

Le Pasok et Nouvelle démocratie sont considérés comme étant les seuls en mesure de traiter avec l’Union européenne et le Fonds monétaire international pour négocier des prêts (conditionnés à une politique d’austérité que l’extrême-gauche comme l’extrême-droite rejettent en bloc). La Grèce a donc vu affluer aux guichets bancaires un grande nombre de ses citoyens venus retirer des espèces sonnantes et trébuchantes pour les garder par-devers eux, à la maison, au cas où… D’autres les ont déjà probablement confiés à des compatriotes à l’étranger.

 

Pour conjurer le mauvais sort, la banque centrale a pensé un moment introduire un plafond maximum de 50 euros sur les prélèvements de comptes courants, mais c’est une mesure qui aurait été d’autant plus impopulaire qu’il a été porté à la connaissance publique que le Trésor grec a récemment remboursé 450 millions d’euros en titres à un fonds d’investissement étatsunien. Une dette qui ne rentrait pas du tout dans l’accord fixé avec les principales banques internationales. Accord qui comportait un taux de 70 % sur le capital et qui a été à l’origine de la réaction, fort légitime, du leader de la Gauche démocrate, Fotis Kouvelis, qui s’est dit indigné que les spéculateurs qui ont mis la Grèce à genoux aient pu être ainsi remboursés.

 

Mario Draghi et José Manuel Barroso, au nom respectivement de la banque centrale européenne et de la commission européenne, ont assuré urbi et orbi que la nomenklatura communautaire voulait que la Grèce reste tant dans l’Union que dans la zone euro. Le technocrate portugais a même usé du terme de « famille européenne ». « La décision finale revient à la Grèce », a concédé Barroso, « mais je l’exhorte à tenir ses engagements vis-à-vis de la politique de rigueur ». « Il est donc important que les citoyens grecs se prononcent prochainement en toute connaissance de cause », finit-il par conclure.

 

Le pouvoir politique n’ayant pu constituer un gouvernement légitime, soutenu par le Pasok et Nouvelle démocratie et dirigé par l’ancien de Goldman Sachs, Lucas Papademos, il reviendra au gouverneur de la banque de Grèce, George Provopoulos, de colmater les brèches et d’éviter qu’on n’assiste, comme en février 2011, à une prise d’assaut en bonne et due forme, des ministères et des sièges des banques, considérés par les Grecs comme responsables des spéculations et de la situation actuelle de leur pays.  

 

Capitaine Martin

 

 

Note d'eva, Montant maximum de retrait : Une loi devrait passer comme quoi les Grecs ne pourraient plus retirer plus de mille euros par mois en espèces.

 

 

Voir aussi :

 

(Vidéo) Olivier Delamarche : "Il faut laisser les (stupides) banques sauter"

 

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Banques- Bourses- Retraites- Dettes


Convergence de quatre facteurs explosifs au cours du second semestre selon LEAP/2020

 

En attendant que l' Euroland se dote, d' ici la fin 2012, d'un projet politique, économqiue et social commun de moyen et long terme, suite notamment à l'élection du nouveau président français François Hollande, les opérateurs resteront prisonniers  (enfermés qu'ils sont dans leur cadre de référence)  des réflexes de court terme liés aux soubressauts politiques grecs, aux incertitudes sur la gouvernance de l' Euroland et aux risques sur les dettes publiques.

 

La sortie du cadre de référence (une nécessité) se traduira probablement en Europe par la création d'une fédération ou une confédération des Etats de l' Euroland dans les 3 années à venir.

 

Parallèlement, aux Etats-Unis, la dissipation de l' illusion d'une reprise

(tellement illusoire que même le prix du lait, indicateur fiable des ralentissements économiques, pointe vers la récession)

cumulée au renouveau d'inquiétudes sur l'état de santé du secteur financier américain (dont JP Morgan vient d'illustrer la fragilité) et au grand retour du problème de l'endettement du pays conduisant les acteurs économiques et financiers à envisager un avenir de plus en plus inquiétant.

(par exemple : Le Gouvernement US et la FED doivent créer 2,5 $ de dette pour générer 1 $ de croissance)

C'est le problème que rencontre toute économie dont l'endettement devient excessif. Il faut un équilibre entre réduction de l'endettement et soutien à la croissance. C'est d'ailleurs le chemin que va prendre l' Euroland dès cet été, alors que les Etats-Unis continuent à nier la nécessité de traiter leur endettement incontrôlé.

 

Au Royaume-Uni le retour en récession du pays se conjugue à l'échec de maîtrise des déficits et à la monté d"une colère populaire face à une austérité qui n'en est pourtant qu'à ses débuts.

 

Au Japon, l'atonie économique et l'affaiblissement des exportations dans un contexte de récession mondiale, font ressortir le spectre de l'endettement excessif du pays.

 

Dans ce contexte, le second semestre va être le moment de la convergence des quatres facteurs explosifs cités ci-dessus pour les économies occidentales.

 

Pour les opérateurs financiers ou politiques comme pour les simples ménages, cette convergence va faire peser des risques majeurs sur l'état de leurs finances et sur leur aptitude à faire face aux défis à venir.

 

Dettes : dettes publiques difficilement maîtrisables et dettes privées destructrices....les créanciers s'approchent douloureusement de l'heure des comptes et les peuples d'une explosion de colère.

 

Il y avait de l'ordre de 30 000 milliards $ d'actifs fantômes dans le système financier mondial, il en reste de l'ordre de 15 000 milliards $ qui vont pour l'essentiel s'envoler d'ici la fin de 2012. La mauvaise nouvelle c'est que c'est au cours de des trimestres à venir que ces 15000 milliards  vont s'envoler en fumée, la bonne nouvelle c'est qu'à partir de ce moment-là, on pourra sérieusement envisager de reconstruire un système financier mondial sain.

 

Cela implique toutefois la faillite (et/ou le sauvetage par les Etats) de 10 à 20% des banques occidentales.

 

(Et cette fois-ci, à la différence de 2008, les actionnaires en seront les premières victimes, y compris aux Etats-Unis, quels que soient leurs droits. Seuls les actionnaires possédant un poids géopolitique important seront traités avec égard...fonds souverain, Etats amis...).

 

En matière de dettes privées, les ménages vont, notamment aux Etats-Unis et au Royaume-Uni devoir faire face seuls aux conséquences des hausses de taux et d'insolvabilité induites qui vont les toucher. Pris dans la nasse de la récession, les Etats occidentaux n'ont plus les moyens de porter secours aux classes moyennes tant qu'il n'y a pas de croissance. (et hélas ce ne sera pas le cas en 2012).

 

En Europe, le Royaume-Uni a décidé de laisser sa classe moyenne faire face seule à son endettement record. Cela revient à la faire chuter dans la classe défavorisée. Les prochains mois vont voir une nouvelle confrontation brutale entre cette classe moyenne britannique et ses dirigeants appartenant presque tous à l'uper-class.

 

Sur le continent, via les votes de rejet des dirigeants adeptes de l'austérité comme seule et unique solution à la crise de l'endettement public, les peuples ont ouvert une confrontation démocratique majeure avec les élites en place depuis près d'une vingtaine d'année, et au services des créanciers.

 

La tentative qu'incarne le nouveau président François Hollande, d'ouvrir une voie moyenne entre austérité et relance qui toutes deux ont échoué ou sont impossible politiquement ou budgétairement, va aboutir (car elle est la seule politiquement et budgétairement viable) mais pas avant la fin de 2012.

(En Allemagne aussi les voix se font de plus en plus fortes et nombreuses pour exiger un chemin plus équilibré car le coût social du succès économique allemand commence à être lourdement ressenti par une partie croissante de la population. (Spiegel 04/05/2012).

 

Entre temps, soubresauts politiques comme en Grèce et négociations complexes au sein de l' Euroland vont dominer l'agenda, rendant plus nerveux les créanciers et leur émanation, les marchés. Et cette nervosité des marchés est accrue par la conscience de la fragilité des institutions financières de Wall Street et la City au risque de non paiement des créances : dettes publiques ou privées.

 

Dès la fin de l'été 2012, le retour du thème de l'endettement ingérable des Etats-Unis, liés aux réductions budgétaires automatiques imposées en cas de non-accord du Congrès sur la réduction de l'endettement va déclencher le chaos aux US. on assistera ainsi  au remake que les dettes européennes et américaines ont déjà joué à l'été 2011, mais pour les marchés bien plus effrayant : la monétisation massive et brutale de la dette US

 

Pour ce qui est de la crise grecque, il y a une grande différence entre ce qui se passe actuellement et l'hystérie anti-euro de 2010/2011. S'il est théoriquement possible d'envisager une sortie de la Grèce hors Euroland sans remise en cause de la monnaie unique, il n'en reste pas moins que dans la réalité cette sortie est impossible. C'est d'ailleurs l'un des problèmes auxquels se trouvent confrontés les dirigeants grecs.

( sur ce sujet les économistes, qui vivent dans des mondes théoriques sans rapport avec la réalité, se sont trompés sans arrêt depuis des mois.Les chantres de la fin de l'euro, de Krugman à Roubini, ont en la matière aucune crédibilité.)

Pour revenir à la Grèce, tant que les dirigeants des deux principaux partis de gouvernement (PASOK et ND) appartiendront aux générations qui ont conduit le pays dans cette crise historique, il n'y aura pas d'issue politique viable faute de confiance populaire. Il appartient donc aux dirigeants de l'Euroland, et en particulier à Angela Merkel via le PPE et à François Hollande via le PSE, de faire pression sur leurs "partis frères" respectifs pour que d'ici septembre 2012 l'ensemble des dirigeants de ces formations soit renouvelé au profit de responsables de moins de 45 ans.

(un processus de ce type a bien  été utilisé pour faire lâcher le pouvoir à Silvio Berlusconi en bout de course...les moyens existent donc).

En la matière il s'agit de permettre au peuple grec de retrouver confiance dans des dirigeants neufs. Pour bien comprendre pourquoi une sortie de la Grèce hors de la zone euro est en pratique infaisable, un seul exemple suffira :

Si vous étiez grec, et qu'on vous propose d'échanger vos euros contre des nouveaux drachmes, que feriez-vous? No comment !

 

extrait de LEAP/2020

http://millesime.over-blog.com

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