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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 00:59

 

 

Lundi 3 septembre 2012

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LES INTELLECTUELS FAUSSAIRES

Pascal Boniface

Edition de référence : Jean-Claude Gawsewitch, 2011.

 

 

Ceci est un extrait des notes de lecture. Retrouver la présentation générale de cet ouvrage : cliquer ici.

 

 

 

Mohammed Sifaoui, pourfendeur utile de l’islamisme

M. Sifaoui est un personnage très utile pour les inconditionnels d’Israël : ses origines rajoutent encore plus de poids à ses condamnations unilatérales des ennemis de l’Etat hébreu. Ainsi, il n’hésite pas à affirmer vertement que l’islamisme est « une sorte de copier-coller (…) du nazisme » et à justifier très simplement les bombardements israéliens sur Gaza : « Depuis que les guerres existent, les populations civiles payent le prix fort. Cela ne fait pas forcément, n’en déplaise à certains, de celui qui bombarde un criminel de guerre » (pages 124-125).

Comme tous les intellectuels faussaires, il n’est pas à une manipulation près : dans son livre L’Affaire des caricatures, il utilise, en 178 pages, 225 fois le concept d’islamistes, sans jamais en donner la définition (pages 126-127). Ces manipulations peuvent d’ailleurs aller très loin. Sans qu’il en ait été inquiété, Mohammed Sifaoui a réalisé des reportages complètement bidons, l’un sur une pseudo-infiltration d’Al-Qaïda (page 132), l’autre sur la mafia chinoise (page 133).

La victimisation est un autre procédé courant de ces intellectuels faussaires. Alors qu’il a table ouverte dans tous les médias, contrairement à
Tariq Ramadan, Sifaoui se présente comme un martyr des attaques de Ramadan (page 129).

 

    La suite :





Origine de l'illustration : http://www.bakchich.info/france/2008/06/27/un-restaurateur-ruine-par-le-mauvais-tuyau-dun-journaliste-53009

Alexandre Adler

Caroline Fourest : la serial menteuse

Mohammed Sifaoui : pourfendeur utile de l'islamisme

François Heisbourgh : qui paye la musique choisit sa partition

Philippe Val : de Léo Ferré à Troquemada

  Bernard Henri-Levy (BHL) : le seigneur et maître des "faussaires"

 

 

 

Jeudi 23 août 2012

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LES INTELLECTUELS FAUSSAIRES

Pascal Boniface

Edition de référence : Jean-Claude Gawsewitch, 2011.

 

 

 

Ceci est un extrait des notes de lecture. Retrouver la présentation générale de cet ouvrage : cliquer ici.

 

 

Alexandre Adler

Spécialiste des relations internationales, Alexandre Adler est un fervent soutien de la politique d’Israël. Mais ce soutien sait connaître ses exceptions : il n’a jamais critiqué les positions pro-arabes de Jacques Chirac. Mais il faut dire que son épouse, Blandine Kriegel, était conseillère à l’Elysée (page 96).

Sa position sur la guerre en Irak a également souffert de quelques ambigüités. Initialement, Adler était un des rares intellectuels français à soutenir la candidature de Georges Bush contre celle d’Al Gore. En mars 2003, se basant sur des « intuitions » et des « appréciations psychologiques » (!), il annonce que la guerre d’Irak n’aura peut-être pas lieu. Deux semaines plus tard, les Etats-Unis lancent leurs chars contre Saddam Hussein. Mais il est vrai, qu’il commence à se faire une spécialité des prémonitions dénuées d’arguments crédibles. Son livre J’ai vu finir le monde ancien en est une parfaite illustration. Tel un devin lisant dans les entrailles, il y a ainsi annoncé – pêle-mêle – un divorce franco-allemand, une rupture entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni, une alliance regroupant la Turquie, l’Iran, les Etats-Unis et Israël, l’adhésion de la Russie à l’OTAN, que deux « coups de tournevis » suffiraient à ce que le Japon produise « trois à cinq milles ogives nucléaires dans l’année » et, évidemment, que Saddam Hussein avait des liens avec Oussama Ben Laden et Al-Qaïda (pages 96-98). Il semble également avoir accès à des renseignements particulièrement avisés : selon lui (mais il n’en produit aucune preuve) et toujours dans le même ouvrage, les attentats du 11 septembre se sont préparés dès l’été 1999 et des financiers malais et indonésiens étaient dans la confidence (page 99). Ce qui est sidérant, c’est qu’un tel recueil d’affabulations a été unanimement salué par les médias et reçu le prix du livre politique en 2003 (page 99).

Notre lauréat du Livre politique a depuis multiplié les propos outranciers dénués de preuves et d’arguments : sur Zapatero, Chavez, Evo Morales, les Palestiniens (il affirme tout de blanc qu’une majorité d’entre eux souhaite la destruction d’Israël alors qu’au même moment un sondage du Jerusalem Media and Communication affirme qu’ils ne sont que 11% à le faire pendant que 57% souhaitent deux Etats voisins) ou encore l’ancien directeur de l’AIEA (page 102).

 

 

 

 Origine de l'image : Wikipédia.fr

 

 

 

Jeudi 30 août 2012

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LES INTELLECTUELS FAUSSAIRES

Pascal Boniface

Edition de référence : Jean-Claude Gawsewitch, 2011.

 

 

Ceci est un extrait des notes de lecture.  

 Retrouver la présentation générale de cet ouvrage : cliquer ici.

 

Caroline Fourest : la « serial menteuse »

 

Jeune, pugnace, excellent débatteuse, ayant une grande force de conviction, elle est une égérie des médias dans lesquels elle a réussi à s’imposer comme incontournable, ce à quoi son bagage universitaire, constitué uniquement d’un diplôme du 3e cycle, ne la destinait pas. « La grande force de Caroline Fourest est d’enfourcher des chevaux de bataille largement majoritaires dans l’opinion et plus encore parmi les élites médiatiques (pages 106-107). Elle s’est ainsi donné un nom en s’attaquant à un Tariq Ramadan, déjà ostracisé par BHL, qui avait l’avantage à la fois d’être médiatiquement très visible tout en disposant de très peu de relais dans l’opinion en France. C’est ainsi qu’elle a pu s’attirer les bonnes grâces des élites politico-médiatiques (pages 108-109). Pour ce faire, elle n’hésite pas à travestir la vérité, y compris lorsqu’il s’agit d’un arrêt d’une cour de justice, comme celle de Lyon. Alors que celle-ci a simplement estimé que Tariq Ramadan pouvait avoir une influence sur les jeunes islamistes, Caroline Fourest se faire fort de rajouter que la Cour d’appel a affirmé que cette influence peut les conduire à la violence, ce que les magistrats n’ont jamais indiqué (page 109). De même, elle n’hésite pas, sans aucune preuve, à clamer que le prénom de Ramadan fait référence à Tariq Ibn Zyad, le premier conquérant musulman à avoir foulé la terre chrétienne. Tous les parents qui prénomment leur enfant Philippe font-il ainsi immanquablement référence à Pétain ?  (page 110).

 

De manière générale, Caroline Fourest accuse régulièrement ceux qui ont le tort de ne pas être d’accord avec elle de non dénonciation de l’antisémitisme, de passivité devant les viols, de sexisme, d’homophobie … etc. sans jamais citer les sources qui pourraient prouver ses allégations (page 111).

 

En 2006, elle publie La Tentation obscurantiste. L’un des chapitres de cet ouvrage expose une théorie d’une binarité et d’un simplisme affligeant : soit l’on considère Israël comme la patrie des survivants de la Shoah, soit l’on considère cet Etat comme un œuvre de néocolonialisme (elle condamne évidemment avec force cette dernière thèse). Cette absence de nuance et ce manichéisme outrancier ne l’empêche nullement de recevoir, comme Alexandre Adler, le prix du Livre politique. Cinq universitaires (Jean Baubérot, Bruno Etienne, Franck Fregosi, Raphaël Liogier et Vincent Geisser) ont vertement critiqué ce choix en montrant comment les écrits de Caroline Fourest ne s’appuient nullement sur un argumentaire rationnel mais bien davantage sur le trafic des émotions et des peurs pour énoncer des lieux communs sur l’Islam et les musulmans (pages 114-115). Réponse (entre autres) de l’auteur : « Vincent Geisser est présenté pour être connu par ses prises de positions polémiques en faveur de l’Islam radical ». Et comme d’habitude, nulle preuve à l’appui (page 120).

 

Dans le Wall Street Journal du 2 février 2005, elle va encore plus loin dans l’outrance : elle s’alarme de l’incapacité des immigrants arabes à s’intégrer, ce qui fonde là une véritable menace pour l’Occident car ils en deviennent un terreau pour le terrorisme islamiste (page 121).

 

On pourra également se référer au dernier numéro du Monde diplomatique (septembre 2012) dont un article relève que Mme Fourest a affirmé - toujours sans preuve - que Bachar El-Assad avait construit des "fours crématoires" en se basant sur unique source : Al-Arabia, la télévision de propagande du régime saoudien ... Aussi abject soit le régime syrien, peut-on vraiment justifier de tels mensonges qui, in fine, desservent plusqu'autre chose les opposants à Bachar El-Assad ?



 

 

Mardi 9 octobre 2012

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 LES INTELLECTUELS FAUSSAIRES

Pascal Boniface

Edition de référence : Jean-Claude Gawsewitch, 2011.

 

 

Ceci est un extrait des notes de lecture. Retrouver la présentation générale de cet ouvrage : cliquer ici.

 

 

Philippe Val : de Léo Ferré à Troquemada

 

 

Anarchiste dans sa jeunesse, Philippe Val, directeur de France Inter, a radicalement tourné sa veste pour devenir une caricature de bobo bien-pensant qui ne rechigne pas au terrorisme intellectuel. Ainsi, après avoir viré avec pertes et fracas Didier Porte de France Inter, il ira jusqu’à faire pression sur le maire de Dieulefit, où il a sa résidence de vacances, pour que cette petite commune de la Drôme fasse annuler une représentation de l’humoriste en ses murs. Drôle de conception de la liberté d’expression pour le patron d’une des plus grandes radios nationales …. (Page 184).

Philippe Val est également un proche de Carla Bruni-Sarkozy. Est-ce pour cela, alors qu’il était patron de Charlie Hebdo, qu’il a fait licencier l’humoriste Siné lorsque ce dernier a publié dans cet hebdomadaire un papier relevant l'opportunisme d'une potentielle conversion au judaïsme du fils du Président ?[i] (page 185). Et le patron de France Inter a d’ailleurs la dent dure, puisque l’une des premières mesures prises à l’arrivée à ce poste (Deux heures après sa prise de fonction !) fut de licencier Frédéric Pommier, coupable de donner sur les ondes de la radio des références à Siné Hebdo, hebdomadaire éponyme créer par l’ancien employé de Val après son éviction de Charlie Hebdo (page 188).

Sa relation avec Carla Bruni-Sarkozy lui permet pleinement d’exploiter ses qualités d’homme de cour puisque de son aveu même il est intervenu auprès d’elle pour obtenir que Jean-Luc Hees soit nommé à la tête de Radio France (page 185).

Malgré ces vices d’entremetteurs et d’inquisiteurs au service du pouvoir, on pourrait se dire que M. Val est au moins un patron de média compétent. Il n’en est, semble-t-il, rien : les journalistes de France Inter se disent consternés de son incompétence (page 189). Philippe Val aurait peut-être mérité un chapitre dans l’ouvrage de Sophie Coignard et Romain Gubert, L’Oligarchie des incapables.

A la mode BHL, Philippe Val n’hésite pas non plus à se lancer dans l’outrance, comme lorsqu’il fait de la France d’aujourd’hui une héritière directe de la France de Vichy par le biais de clichés au simplisme consternant dans les colonnes de Charlie Hebdo du 5 janvier 2005 évoquant : « des terroristes islamiques qui adorent égorger les Occidentaux, sauf les Français, parce que la politique arabe de la France a des racines profondes qui s’enfoncent jusqu’au régime de Vichy, dont la politique antijuive était déjà, par défaut, une politique arabe ». Faire le lien entre Vichy et la politique arabe initiée par Charles de Gaulle et suivie, peu ou prou, par tous ses successeurs (à l’exception sans doute de Nicolas Sarkozy) pour en déduire qu’en pratique, la France est pour ainsi dire l’alliée objective du terrorisme islamiste, il faut quand même oser dans l’outrance et la bêtise (page 194) ![ii]

La suite :

Alexandre Adler

Caroline Fourest : la serial menteuse

Mohammed Sifaoui : pourfendeur utile de l'islamisme

François Heisbourgh : qui paye la musique choisit sa partition

Bernard Henri-Levy (BHL) : le seigneur et maître des "faussaires"

 

 

Origine de l'illustration : http://www.lexpress.fr/ 


[ii] Philippe Val n’en est pas à ces exemples près. On pourra citer, pêle-mêle :

-          Les accusations de Denis Robert, Michel Polac et Siné  qui lui reprochent d’avoir censuré dans Charlie Hebdo toute critique à l’encontre l’obscure multinationale Clearstream.

-          Il est également à l’origine de l’éviction de Stéphane Guillon et de Gérald Dahan  de France Inter.

Lundi 15 octobre 2012

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LES INTELLECTUELS FAUSSAIRES

Pascal Boniface

Edition de référence : Jean-Claude Gawsewitch, 2011.

 

 

Ceci est un extrait des notes de lecture. Retrouver la présentation générale de cet ouvrage : cliquer ici.

 

BHL, le seigneur et maître des « faussaires ».

Plus personne ne présente BHL qui « passe pour un intellectuel éclairant le public alors que c’est un désinformateur. Il passe pour quelqu’un de profondément engagé en faveur de la morale alors que c’est le cynisme même. Il passe pour un défenseur intransigeant de la liberté alors qu’il est un maccarthyste virulent. Il passe pour un universaliste alors que c’est un communautariste forcené » (page 202).

Ses postures moralistes sont une habitude qui en fait lui permettent d’esquiver le débat sur le fond, comme ce fut le cas face à Régis Debray lors de l’intervention de l’OTAN au Kosovo (page 204) ou contre Tariq Ramadan (page 205). Il ne se place pas ainsi sur le plan de la réfutation des arguments des autres mais sur l’ostracisation médiatique par le biais d’un moralisme arbitraire.

Le mélange des genres est une autre habitude du « philosophe ». Président de la Commission d’avance sur recettes[i], il refuse le scénario du film Germinal car sa conjointe, Arielle Dombasle, n’a pas été retenue pour le casting (page 205). En 2001, il a fait évincer d’Arte Georges Goldenstern car celui-ci s’était opposé au financement du film Le Jour et la Nuit, dont BHL était le réalisateur. Cela n’a pas empêché cette production d’être l’un des plus grands bides de l’histoire du cinéma français (pages 205-206). Lorsque le journaliste Philippe Cohen veut sortir une biographie non autorisée sur notre « intellectuel », il fait jouer toutes ses relations pour empêcher la sortie de cet ouvrage trop critique à son goût, puis pour en empêcher toute publicité (pages 206-207). Il adoptera la même démarche lorsque Christophe de Ponfilly, ami de Massoud, voudra dénoncer les mensonges de BHL sur sa soi-disant proximité avec le « Lion du Panchir » : tous les grands quotidiens (Le Monde, Le Figaro, Libération) refuseront la publication de l’article (page 207). De même intervient-il peu gracieusement auprès de France Soir pour empêcher la parution d’un article suite à la sortie du livre Le B.a. ba du BHL (page 208). Alors qu’une interview avec deux journalistes de Elle ne se passe pas à sa convenance, il se fait fort de rappeler ses liens avec le propriétaire du journal, Jean-Luc Lagardère, pour mettre au pas les deux impertinents (page 209). Il fera également mettre à l’écart Céline Buanic pour un article trop critique sur l’un de ses ouvrages (page 209), tout comme il œuvrera pour obtenir la déprogrammation d’un film d’Eyal Sivan, trop critique à son goût sur Israël (page 212). Un autre article, sur une filière locale de l’entreprise Levy en Côte d’Ivoire, sera de la même manière censuré alors que les employés de cette entreprise œuvrent dans des conditions de travail proches de l’esclavage (pages 209-210).

BHL pousse même ses petits trafics d’influence jusqu’à la bêtise lorsqu’il s’insurge du renouvellement de contrat sur France 3 de Frédéric Taddeï à qui il reproche d’inviter dans son émission Ce soir ou jamais des personnalités qui selon lui ne devraient pas avoir le droit à la parole. Sauf que BHL s’est trompé de Taddeï : c’est le contrat à l’AS Roma du footballeur Rodrigo Taddeï qui a été prolongé (pages 211-212) !

Sa proximité avec Philippe Val (voir article sur l’intéressé) est un excellent moyen de valider la conception de l’honneur et le sens moral de BHL qui n’hésite pas à clamer « Philippe Val est un ami et je ne peux critiquer un ami ». Le monde selon BHL est ainsi : les amis ont droit à toutes les outrances, les ennemis doivent être chassés de la sphère médiatique (page 213). Et son emprise sur cette dernière est telle qu’aujourd’hui il n’a même plus à intervenir : l’autocensure se fait d’elle-même (page 215). Il faut dire que notre philosophe est sur tous les fronts : président du conseil de surveillance d’Arte, actionnaire de Libération, membre du conseil de surveillance du Monde, il tient un bloc-notes hebdomadaire sur Le Point, il se fait interviewer quand il le souhaite dans Le Parisien, Le Journal du Dimanche ou encore Elle, il est un invité régulier du Grand Journal de Canal Plus et le directeur de Marianne, dont les journalistes et les lecteurs ne l’apprécient guère, tient une surveillance rapprochée à son profit (pages 216-217).

Mais il est une ère d’expression que BHL a plus de mal à maîtriser : internet. Pour se faire, il s’est constitué une petite équipe chargée de surveiller la toile à son profit (page 219).

Mais comment BHL est-il parvenu à gagner une telle emprise ? S’il a certes fait des études de philosophie, il n’a jamais enseigné – ce qui est pour le moins paradoxal pour un « philosophe » - . En fait, BHL a hérité d’une immense fortune qui a fait de lui un rentier (ce ne sont certainement pas ses livres aux succès très limités qui vont lui permettre de tenir le train de vie qui est le sien) et lui a donné accès à un réseau hors du commun. Bien évidemment, BHL ne supporte pas que l’on fasse référence à sa fortune et pour s’en défendre il n’hésite pas à accuser d’antisémitisme tous ceux qui s’y risquent par le biais d’une rhétorique d’un simplisme pathétique : les antisémites du début du XXe siècle reprochait leur richesse aux Juifs, donc tous ceux qui parlent de la richesse d’un Juif sont antisémites (pages 222-223). Lorsqu’il est à court de manipulations, d’intrigues et de contre-vérité, c’est d’ailleurs régulièrement le dernier argument du « philosophe » : je suis Juif ; mon adversaire ne m’aime pas ; donc, il est antisémite (pages 233-234). Toutefois, il sait se montrer accommodant avec les puissants, y compris, lorsque ceux-ci adoptent des positions diamétralement opposées aux siennes. C’est donc pourquoi, malgré des positions – notamment à l’égard d’Israël – aux antipodes de celles de BHL, Jacques Chirac, Jean Daniel ou encore Hubert Védrine n’ont jamais été la cible de « l’intellectuel » (page 238). Le double langage est d’ailleurs une autre de ses facettes : un jour il légitime l’action d’Israël sur la bande de Gaza et le lendemain il affirme, avec André Glucksman, « nous condamnons bien entendu le terrorisme, mais on ne chasse pas le terrorisme en bombardant des civils » ; mais cette fois-ci il évoque … les Russes en Tchétchénie (page 244).

Malgré toutes les aberrations de ses prises de positions, Il est donc pour le moins surprenant qu’il puisse encore conserver une once de crédibilité, surtout après l’affaire Botul : dans son livre De la guerre en philosophie, notre « philosophe » s’en prend à Kant en s’appuyant sur les recherches d’un certain Jean-Baptiste Botul; sauf que … ce fameux Botul est un canular de  toute pièce inventé par Frédéric Pagès, un journaliste du Canard enchaîné, qui sous ce pseudo s’était amusé à publier une Vie sexuelle d’Emmanuel Kant, alors que le philosophe allemand est passé à la postérité pour être demeuré vierge jusqu’à sa mort (page 223-225) …

Qui a tué Daniel Pearl ? est un autre ouvrage fort en affabulations de BHL qui prétend y faire une enquête sur ce journaliste américain assassiné au Pakistan. BHL prétend – sans preuves à l’appui – que Pearl a été tué car il avait découvert qu’Al-Qaïda cherchait à se procurer l’arme atomique au Pakistan. Pourtant cette thèse est largement réfutée par la famille du journaliste. Dans ce même ouvrage, BHL avoue avoir usurpé un titre de représentant du président de la République en trafiquant des papiers officiels et on peut alors s’interroger – à juste titre – pour savoir si une telle attitude ne met pas en danger la sécurité et la crédibilité des véritables diplomates au service de la France. Mais cela notre « philosophe » n’en a cure : il n’est au service que de lui-même. Toujours dans ce livre, il prétend être un ami de Massoud. Or, il ne l’a rencontré qu’à une seule reprise, pendant une heure ou deux (pages 227-228).

Dans le même registre, à l’occasion de la guerre russo-georgienne, Bernard Henri-Levy publie un « grand témoignage » dans les colonnes du Monde. De nombreux témoignages de personnes ayant vécue les évènements attestent qu’une grande partie des faits défendus par BHL ont été inventés, en particulier son déplacement à Gori (pages 229-230).

Tous ces arrangements avec la vérité et avec l’éthique ne datent pas d’hier. En 1981 déjà, au sujet de son livre L’Idéologie française dans lequel il soutient que la France est le laboratoire du fascisme européen (!),  Raymond Aron affirmait que « Bernard Henri-Levy viole toutes les règles de l’interprétation honnête et de la méthode historique » et René Rémond que « Bernard Henri-Levy opère comme le procureurs soviétiques » (page 231).

 

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