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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 02:38
Revue de presse

Les médias étrangers raillent Sarkozy le va-t'en-guerre

Nicolas Sarkozy descend les Champs-Elysées en compagnie de l'amiral Edouard Guillaud le 14 juillet 2010 (Eric Feferberg/Reuters)

Qu'ils le prennent pour un fanfaron belliqueux ou pour le nouveau leader de la scène internationale, les journalistes du monde entier glosent sur le président français et son récent virage géopolitique. L'armée française présente sur trois fronts – l'Afghanistan, La Libye et la Côte-d'Ivoire, sans compter le Kosovo, le Liban ou le Tchad –, ça rappelle des souvenirs lointains à certains commentateurs.

Passé le récit des opérations militaires en cours, les observateurs soupçonnent Sarkozy d'ouvrir de nouveaux fronts pour mieux préparer sa réélection, et s'interrogent sur cet « étonnant revirement de la diplomatie française », qui, comme se souvient Le Soir (belge), « ne voulait plus tenir un rôle de gendarme en Afrique ».

Même piqûre de rappel dans le quotidien suisse Le Temps : en janvier, alors que la France rechignait à soutenir le peuple tunisien, Nicolas Sarkozy « faisait des déclarations allant dans le sens de la non-ingérence […]. Depuis, la doctrine s'est infléchie ».

« La nouvelle ère française napoléonienne »

Nicolas Sarkozy en couverture de l'hebdomadaire NewsweekDans les journaux du monde entier, on décrit une France sur le pied de guerre, prête à tirer la première. A la Maison Blanche, les opérations militaires en Libye sont d'ailleurs appelées « Sarkozy's War » (« les guerres de Sarkozy »), comme le rapporte l'hebdomadaire américain Newsweek, qui met le président français en couverture.

« La nouvelle ère française napoléonienne », c'est ainsi que The Hindutan Times a titré une dépêche

relative aux interventions françaises.

Le quotidien indien dénonce au passage la schizophrénie d'une nation qui, « il y a huit ans, s'était vigoureusement opposée à l'invasion irakienne dirigée par les Etats-Unis ».

Ce nouvel interventionnisme est souvent analysé comme le réveil des aspirations hégémoniques passées :

  • Pour Associated Press, les opérations en cours sont une quête de la « grandeur » perdue de la France, le retour de l'« interventionnisme de bons sentiments » dont la France a le secret.

 

  • Lu dans un article du New York Times paru ce dimanche : « Le président veut aussi être une figure historique et a une grande vision de la place de la France dans le monde. »

    Selon le journaliste, »Sarko l'Américain » peut enfin s'exprimer : dans les habits de « leader fanfaron du monde », le président français tient davantage de Ronald Reagan que de Charles de Gaulle.

  • « On peut parler de virage, ou de retour de la France sur la scène internationale comme les Français aiment le dire », ironise l'Italienne Nava Massimo dans le Corriere della Serra daté du 7 avril.

 

« Sarkozy aurait volontiers vendu des centrales à Kadhafi »

Qu'est-ce qui pousse ainsi Nicolas Sarkozy à vouloir être leader à tout prix ? Une douce « folie » estime Thorsten Knuf, journaliste allemand du Berliner Zeitung qui se moque d'un Président en habit de chef de guerre :

« Il semble que Sarkozy veuille abattre le dictateur libyen tout seul. Il y a quelques mois, il lui aurait volontiers vendu des centrales nucléaires. Désormais, Sarkozy mène la chasse anti-Kadhafi. Un combat d'homme à homme. »

Pour Antoine Glaser, spécialiste de l'Afrique, il s'agit surtout d'une question de stratégie :

« En Côte d'Ivoire, la France tente difficilement de tourner la page de la Françafrique. Et en Libye, si Sarkozy ne s'était pas senti trompé par Kadhafi qui lui avait promis de gros contrats, il est probable qu'il n'aurait pas agi ainsi. La France se dit que si les insurgés gagnent, elle sera bien placée. »

En s'affichant aux côtés des rebelles de Benghazi, la France cherche « une opportunité de rédemption politique et diplomatique », une tentative de redorer la « réputation de la France dans le monde arabe », estime Paul Taylor pour Reuters, le 1er avril.

Capture d'écran du China DailyReste à savoir si Paris est en mesure de tenir ce rôle de leader sur la durée. C'est la question que pose Zhang Hongyu sur le site du quotidien chinois People Daily.

« Pratiquement obsédé » pour Newsweek

D'ailleurs, dans ce nouveau rôle de chef des opérations, Nicolas Sarkozy n'est pas vraiment pris au sérieux.

En Chine, où l'interprétation française de la résolution onusienne autorisant les frappes aériennes contre l'armée de Kadhafi a été critiquée, les journalistes se font l'écho de la leçon de démocratie que Hu Jintao a administré à Nicolas Sarkozy lors de sa visite le 30 mars.

Ailleurs, le président français est dépeint comme un bouffon ou un mégalomaniaque : « un personnage d'avant-spectacle » qui fait « rire », raille l'édito du 27 mars de La Reppublica, un quotidien italien de centre-gauche ; un homme « pratiquement obsédé », renchérit Newsweek.

« Sarkofago » (« sarcophage ») a même titré l'hebdomadaire italien pro-Berlusconi Panorama. Sur la une, le président français a endossé l'habit de Napoléon. Et comme un récit de campagne, l'article de Grilli Silvia intitulé « L'homme qui voulait ressembler à Napoléon », s'ouvre ainsi :

« Seul dans son rôle de commandant en chef, jouant la montre pour être le premier à tirer, à 17h45, le Napoléon Sarkozy, a ordonné à l'aviation militaire d'ouvrir le feu sur les blindés libyens ? »

Couverture de Panorama

Photo : Nicolas Sarkozy descend les Champs-Elysées en compagnie de l'amiral Edouard Guillaud le 14 juillet 2010 (Eric Feferberg/Reuters)

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