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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 13:33

 

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Delaware Watershed PA@lighthawk.org-Ted Waddell, Damascus Citizens

 


Le gaz de schiste: En mars 2010, la France a accordé trois permis d’exploration de gaz de schiste au groupe pétrolier Total et à la Société américaine Schuepbach Energy LLC, associée à GDF Suez, autorisant leur recherche sur le sous-sol de territoires qui s’étendent de Montélimar à Montpellier et qui remontent aux Cévennes et jusqu’au Larzac. L’exploitation du gaz de schiste, amalgamé dans la roche à des profondeurs de 2 000 à 4 000 mètres, permettrait à la France, qui importe près de 98 % du gaz qu’elle consomme, de produire du gaz fossile.

 Après l'octroi de ce permis exclusif, comme l’a annoncé le Journal officiel du 24 août 2010, notre gouvernement a donné pour 5 ans une concession de prospection et d'exploitation de gaz de gaz de schiste dans certains départements du Sud-Ouest à la société britannique 3Legs Oil and Gas Plc, dont le siège social est situé dans un paradis fiscal de l'île de Man. Les régions concernées par ce droit exclusif de recherches de mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux appelé « Permis de Cahors », sont l’Aveyron, la Dordogne, le Lot, le Tarn et le Tarn-et-Garonne.

Manifestations Paris

z09l-300x225.jpgOfficiellement, le Grenelle de l’environnement avait pour ambition d’améliorer la gestion des émissions de gaz à effet de serre, de protéger les sources d’eau potables et les zones d’écosystèmes sensibles. Il est certain que la fracturation hydraulique trahit les nombreux engagements pris par le ministre de l’écologie Jean Louis Borloo, qui a pourtant signé l’attribution des permis de recherche.  

En effet, pour exploiter ce gaz, il faut injecter des millions de litres d'eau à très forte pression mélangés à des solvants très toxiques pour fracturer les roches qui se trouvent entre 2 000 et 2 500 mètres de profondeur. Le risque de pollution des nappes phréatiques est immense, sans parler des risques de déclencher des tremblements de terre ou autres joyeusetés, sans compter les bouleversements de la biodiversité.

Quant aux quantités d’eau nécessaires à l’opération, le choix de la région — particulièrement la Drôme et l’Ardèche frappées de sécheresse endémique depuis plusieurs années — va à l’encontre de l’article L. 212-1 du code de l'environnement qui stipule : « l’état promeut des actions visant à limiter les prélèvements et les consommations d'eau ». Il est évident que les monstrueuses quantités de mètres cubes d’eau prélevés pour ces actions contredisent les promesses du Grenelle de l’environnement sur la préservation des ressources en eau.

article_shciste-300x194.jpgIl est impossible d’exclure la question de l’impact sur l’environnement, mais GDF-Suez « ne désire pas s’exprimer pour l’instant » et Total affirme se pencher sur des « programmes de recherche pour améliorer le processus ». Pour obtenir deux des trois permis, l’entreprise américaine Schuepbach Energy, basée à Dallas, a dû rassurer les autorités françaises en s’alliant à GDF : « S’il y a un problème, ils sont juste là », a déclaré Charles Lamiraux, géologue en charge du dossier à la direction générale de l’énergie et du climat au ministère de l’écologie.

Lorsqu’on connaît les méthodes de pollution irresponsables des pétroliers, on ne peut que trembler.

Dans un précédent communiqué, vous avez reçu le lien pour voir le film de Josh Fox Gasland, sous titré en français, qui a reçu le Prix spécial du Jury au Festival du film Sundance. Le DVD est introuvable en France mais on peut se le procurer au Canada. Ce que l’on constate est terrifiant et nous devons refuser d’être victimes des mêmes dégâts irréversibles que les riverains américains qui ne peuvent plus utiliser leur eau, même pour se laver, car elle est totalement polluée et prend feu en quelques secondes dès qu’on approche une allumette. Pendant ce temps, des scientifiques corrompus, des politiciens et des cadres de l’industrie du gaz intriguent pour faire abroger la loi sur la responsabilité de fracturation hydraulique et la sécurité de l’eau potable.

  Le puits de Saint-Denis, 21/11/2010 Photo: J.Béliveau

 DSCF1774.JPGChez nous, le ministère de l’écologie, qui n’a pas évoqué la question de l’eau, assure qu’ « on ne va pas travailler à l’américaine ». étant donné que les Français sont encore novices dans l’exploitation des gaz de schistes et ont besoin de partenaires américains, seuls à maîtriser la technique d’extraction de ces nouvelles ressources, on se demande comment ils vont « améliorer le processus » avec ou malgré les Américains. Comment pourront-ils réduire l’utilisation massive d’eau et la purifier alors que les firmes américaines n’y sont jamais parvenues ? Sans parler de l’inévitable  pollution qui rejoindra les nappes phréatiques car cette eau sera contaminée par les métaux lourds, sel, éléments radioactifs, et hydrocarbures que renferme le sous-sol auxquels s’ajouteront plus de 500 additifs chimiques utilisés pour faciliter la fracturation. Aux états-Unis et au Canada, la composition de ces additifs est protégée par le secret industriel, et en 2005, Dick Cheney, alors vice-président de George W. Bush et ex PDG d’Halliburton, leader mondial du gaz de schiste, réussit à faire voter une loi qui empêche l’EPA, l’Agence fédérale pour l’environnement, d’analyser les eaux utilisées pour la « fracturation ». Voilà un moyen simple pour régler le problème !

Heureusement, début septembre 2010, devant la colère grandissante des habitants voisins des puits, l’EPA a sommé neuf entreprises de révéler la composition des additifs chimiques, car les interviews de riverains mettant le feu, en quelques secondes, à l’eau du robinet se multiplient sur Internet. Selon des analyses indépendantes menées par Josh Fox, cette eau contient en outre des traces de produits chimiques injectés dans les puits de gaz. 

photos : Elise Aubry

180332_10150170824628975_768518974_8499560_7161718_n-2fa1c.jpgEn France, la Région Aquitaine étant concernée, ses élus verts se sont massivement manifestés : « Nous sommes clairement pour les énergies renouvelables, pas pour développer encore les énergies fossiles », explique Bérénice Vincent, conseillère régionale et maire adjointe de Bergerac.

Lorsque Frédéric Inizan, élu vert de la mairie de Sarlat, a su que Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement, venait dans le Périgord Noir et précisément à Sarlat, il à tout de suite mis en œuvre une manifestation contre le Gaz de schiste pour le 17 février à Sarlat, avec l’aide de tout le collectif du Lot. Il a également demandé une entrevue privée avec la ministre qui l’a accepté à la condition que seul un petit comité soit présent. Nathalie Kosciusko-Morizet est arrivée accompagnée de Laurent Wauquiez, ministre chargé des affaires européennes, sous l'escorte d'un hélicoptère, d'une dizaine de gardes mobiles et d’une vingtaine de voitures, dans lesquelles se trouvaient nombre d’élus, maires des communes concernées, députés, conseillers généraux, Préfet du département et sous Préfet de Sarlat. Les gendarmes étaient également très nombreux ainsi que les journalistes de radios, télévisions et quotidiens.

Durant l’entretien privé, la ministre a laissé parler ses interlocuteurs l'un après l'autre, et a écouté  leur demande commune du retrait immédiat de tous les permis d'exploration de gaz de schiste sur les 18 communes qu’ils représentaient et en règle générale sur le territoire français. Ces membres du petit comité était Frédéric Inizan, Marie Bové conseillère régionale, Benoît Secrestat conseiller régional, Aymeric de Valon du comité lotois contre le gaz de schiste, et Maïthé Vialle sarladaise.

photos : Elise Aubry

167532_10150170823913975_768518974_8499536_5510929_n-8423d.jpgTous ont très vite compris que les dés étaient déjà jetés et que la ministre avait bien appris sa leçon : « Je ne peux pas abroger les permis déjà accordés car le code minier ne l'autorise pas, mais toutes les demandes de permis d'exploration en cours, dont celui de Cahors qui concerne la zone du Sarladais, sont pour l'instant stoppés. J'attends les conclusions de la mission d'information, le 31 mars. C'est sur cette base que sera autorisée ou pas l'exploration des sous-sols ».

 L’un des membres du « petit comité représentatif » lui a fait comprendre qu’ils ne baisseraient pas les bras ni pour l'Aquitaine, le Quercy, le Larzac, ni pour le territoire entier. « Et çà, elle a feint de ne pas écouter, mais nous  pensons qu'elle l'a entendu. La manifestation de 17h30 a rassemblé 500 participants et là, personne ne peut nier qu'il y aura un poids humain avec lequel ils vont devoir lutter ! » Si ces représentants du gouvernements connaissaient la détermination  des habitants de la région, ils seraient moins arrogants et sûrs de leur « bon droit ».

gaz_schiste_article.jpgBien loin d’être limités à des histoires locales, ces événements concernent tout le territoire français. En effet, du 31 janvier au 2 février, 2011 s’est tenu à Paris le « Sommet Européen des Gaz Non Conventionnels ». D’après un Communiqué de presse d’Europe Écologie les Verts de l'Ardèche du Sud : « Pendant que toute l’Ardèche et d’autres départements du Sud sont en effervescence contre le projet d’exploitation des gaz de schistes sur leur sol, le monde des affaires et de l’énergie organise tranquillement leur prédation. Ils sont tous là, à commencer par David L. Goldwin, coordonnateur pour l’énergie au Département d’état des USA. Mais aussi Total, Schlumberger, General Electric, EDF, Arcelor Mittal, BNP-Paribas et des quantités d’autres venus des quatre coins de l’Europe. Il s’agit d’opérer un lobbying sur les décideurs publics et d’imposer des méthodes. C’est du moins ce que déclarent ouvertement les organisateurs et Andrew Ross, Directeur Général de Elixir Pétroleum. Et pendant ce temps, notre Ministre de l’Environnement tente de nous rassurer. Jusqu’où ce Gouvernement osera-t-il aller ? » demande  Éric Arnou, auteur du communiqué et conseiller régional sortant.

4950460929_37bfaebc60.jpgAu ministère de l’écologie, on admet que « le problème de l’approvisionnement en eau nécessaire à l’exploitation des gaz de schiste se posera à un moment ou à un autre. » Il se pose déjà, ainsi que bien d’autres liés à ce projet dément qui met en cause la survie de la Terre, déjà bien compromise par d’autres décisions de nos apprentis sorciers.    

DVD en vente au Québec chez Renaud-Bray, Archambault, HMV, et autres, avec des sous-titres français

documentaire de Josh Fox Gasland sur le Gaz de Schistes


 


 


 

http://www.sylviesimonrevelations.com/article-gaz-de-schiste-danger-pour-la-terre-les-predateurs-sans-conscience-sont-la-67891729.html

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