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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 23:25

Les relations tendues entre les Etats-Unis et le Pakistan

http://www.alterinfo.net/Les-relations-tendues-entre-les-Etats-Unis-et-le-Pakistan_a66822.html


IRIB
Lundi 21 Novembre 2011


Les relations tendues entre les Etats-Unis et le Pakistan

Depuis janvier 2011, la tension est montée d’un cran, dans les relations entre les Etats-Unis et le Pakistan. Au début de l'année, deux citoyens pakistanais ont été tués, par un agent de la CIA, répondant au nom de Raymond Davis.
Les autorités pakistanaises ont donné l'ordre de l'arrestation de Davis, dont le procès a été entamé, devant le tribunal de la ville de Lahore. Le gouvernement américain a protesté contre l'arrestation et le procès de son agent de la CIA, en faisant valoir l'immunité diplomatique de Raymond Davis. Washington estime que le gouvernement pakistanais a violé les conventions internationales ; pourtant, la Maison Blanche n'a jamais remis à Islamabad de documents valables qui puissent établir que Davis ait été membre du corps diplomatique, au moment de son arrestation. Pour obtenir la libération de Davis, le gouvernement américain a menacé le Pakistan d’interrompre ses aides économiques et militaires, en intensifiant ses pressions politiques sur Islamabad. Sous les pressions de Washington, le gouvernement pakistanais a essayé de convaincre les familles des victimes d'accepter des indemnités, en échange de leur consentement, pour l'arrêt du procès.
L'affaire de Raymond Davis est intervenue, au moment où les relations entre les Etats-Unis et le Pakistan souffrent de tensions chroniques, car, depuis 2001, Washington critique Islamabad, pour sa faible participation à la guerre contre le terrorisme, ce qui a fait régner un climat de méfiance, sur les relations entre les deux pays.
Quelques mois après l'affaire de Raymond Davis, les commandos américains ont attaqué la demeure gardée secrète de l'ancien chef du réseau Al-Qaïda, Oussama ben Laden, au Pakistan. Suite à cet incident et la révélation de la vie clandestine du leader d'Al-Qaïda, au Pakistan, Washington a, vivement, critiqué le gouvernement pakistanais. Le fait que les autorités d'Islamabad prétendaient ignorer la présence d'Oussama ben Laden, non loin de la capitale pakistanaise, a été considéré, par les Américains, comme une position douteuse d'Islamabad, par rapport à la lutte contre le terrorisme. Suite à la montée des protestations internationales contre la position du Pakistan, dans l'affaire de Ben Laden, le gouvernement pakistanais a préféré changer sa position initiale concernant la cachette de Ben Laden. Dans un article qui a été publié dans le quotidien américain, "Washington Post", le Président pakistanais, Assef Ali Zardari, a souligné que les forces de sécurité pakistanaises n'avaient joué aucun rôle, dans l'opération des Américains, pour tuer l'ancien chef d'Al-Qaïda, mais que les services de renseignements pakistanais avaient transmis aux Etats-Unis les premières informations sur le lieu où se cachait Ben Laden. En effet, le ministère pakistanais des Affaires étrangères a publié des documents, qui montraient qu'en 2009, les services de renseignements pakistanais avaient transmis des informations à leurs confrères américains, sur un lieu qu'ils soupçonnaient comme étant la cachette de Ben Laden.
En effet, quelques heures après l'annonce de l'assassinat d'Oussama ben Laden, des questions se sont posées sur l'improbabilité de l'ignorance totale des autorités d'Islamabad, au sujet de la présence de Ben Laden, sur le territoire pakistanais. En réalité, les dirigeants politiques et militaires de divers pays, dont l'Afghanistan, l'Inde et les Etats-Unis, estimaient que la position du gouvernement d'Islamabad, qui prétendait ne pas avoir été informé, quant à la présence de Ben Laden, sur son sol, était illogique et inadmissible. C'est pourquoi, le gouvernement d'Islamabad a dû changer sa position.
Selon le communiqué du ministère pakistanais des Affaires étrangères, qui a été publié, tardivement, au moins, depuis 2009, les autorités pakistanaises avaient des informations plus ou moins précises, concernant le lieu où se cachait l'ancien chef du réseau Al-Qaïda. Il semblerait que les Pakistanais aient longtemps caché ces informations, afin de pouvoir arracher des concessions aux Etats-Unis, au sujet de la guerre contre le terrorisme. Dans le même temps, l'ancien chef de la CIA, Leon Panetta, avait annoncé, officiellement, que les commandos américains n'avaient pas informé les autorités pakistanaises, au sujet de leur opération pour arrêter Ben Laden, car Washington n'avait pas confiance en Islamabad. En tout état de cause, la révélation de la présence de Ben laden, sur le territoire pakistanais, a été un tournant important, dans les relations tendues entre les Etats-Unis et le Pakistan. Les médias américains ont lancé une vaste campagne, au sujet de ce qu'ils ont considéré, comme l'approche sélective d'Islamabad, quant à la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme. Dans ce contexte, l'armée américaine s'est arrogé le droit de multiplier ses interventions militaires, au Pakistan, notamment, en développant l'usage de ses drones, dans les régions tribales du Pakistan, malgré les vives protestations du gouvernement d'Islamabad et les critiques internationales. Ces interventions militaires des Etats-Unis ont fragilisé la position du gouvernement pakistanais, à l'intérieur du pays.
Les partis d'opposition ont critiqué l'attitude ambigüe des services de renseignements de leur pays, concernant l'affaire de Ben Laden, et ont estimé que l'intensification des pressions américaines sur le Pakistan était le résultat de l'incompétence du gouvernement. Après l'opération des commandos américains, pour assassiner Oussama Ben Laden, l'armée pakistanaise a interrompu sa coopération avec les Etats-Unis, en matière de renseignement, ce qui a augmenté la méfiance de la Maison Blanche, à l’égard du Pakistan.
Selon des responsables de la Maison Blanche, la coopération pakistanaise, en matière du renseignement, avait une importance stratégique, pour la réussite des forces militaires étrangères, stationnées, en Afghanistan. C'est pourquoi, malgré leur méfiance vis-à-vis du comportement des Pakistanais, les Etats-Unis n'ont jamais voulu rompre, définitivement, leurs relations spéciales avec Islamabad. C'est la raison pour laquelle, le Département d'Etat américain aurait préféré ne pas intégrer le nom du Pakistan, sur sa liste des pays et des organisations soutenant le terrorisme. Par contre, dans son rapport annuel, le Département d'Etat a considéré le Pakistan comme l'un des alliés les plus importants des Etats-Unis, dans leur lutte contre le terrorisme. Pourtant, le même rapport souligne que certaines parties du territoire pakistanais s'étaient transformées en bases principales des terroristes d'Al-Qaïda et des Talibans.
Il est à noter que ce rapport a évoqué la poursuite de la coopération, en matière du renseignement, entre les armées américaine et pakistanaise, alors que les autorités des deux pays avaient, déjà, annoncé la rupture de ces coopérations. Il faut rappeler qu'il y a quelques mois, le gouvernement américain avait annoncé la suspension des aides financières et militaires au Pakistan, pour un montant de 800 millions de dollars, en raison de l'insuffisance de la participation d'Islamabad, dans la lutte globale contre le terrorisme.
La cacophonie, dans les déclarations des autorités politiques et militaires des Etats-Unis, concernant leur position, à l'égard du Pakistan, montre, bel et bien, que la Maison Blanche, la CIA et l'armée américaine estiment que la rupture des relations spéciales avec le Pakistan aurait des conséquences incalculables, pour Washington, ce qui les met, d'ailleurs, dans une position très difficile, quant à leur politique envers Islamabad.
Les autorités américaines estiment que l'attaque du groupe terroriste Haqqani contre l'ambassade des Etats-Unis, à Kaboul, la capitale de l'Afghanistan, n'aurait été possible qu’avec le soutien des services du renseignement de l'armée pakistanaise aux terroristes. Ces accusations ont été proférées contre l'armée pakistanaise, alors que les forces étrangères, stationnées, en Afghanistan, sont responsables de la sécurité de ce pays occupée. Or, les autorités pakistanaises estiment que les politiques des Etats-Unis et de l'OTAN, et leur incapacité à lutter contre l'extrémisme constituent les raisons principales du développement accru des activités terroristes, dans toute la région, surtout, en Afghanistan.

 

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Published by Eva R-sistons - dans Luttes d'influences
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