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9 septembre 2012 7 09 /09 /septembre /2012 00:52
Suite et fin de la série,

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Suite et fin de la série, samedi 28 août 2010

28 août 2010 - Ça fait bien longtemps que je suis à la retraite, tu sais ! Je plains les jeunes d’aujourd’hui qui vont avoir bien du mal ! Tu crois vraiment qu’ils vont supprimer la retraite par répartition ?

Pas tout à fait. Margaret Thatcher a essayé de convaincre les ouvriers anglais de cotiser à des fonds de pension, mais ils n’y ont pas cru. Ceux qui pouvaient économiser ont acheté des maisons. Pour le capital, ce n’est pas le bon circuit. Cette tentative a convaincu les intellectuels du capital que, pour développer les fonds de pension, il faut maintenir, a minima, une retraite par répartition. Ils la veulent trop faible pour vivre, une sorte de minimum vieillesse. D’après leurs calculs, les fonds de pension comme complément à la retraite sont plus convaincants pour les salariés que si c’était le principal. Bernard Friot explique ça dans son livre « L’enjeu des retraites ». Je vais tout à l’heure te citer des chiffres, c’est de ce livre que je les tire.

 

Mais tu vois bien qu’il y a de plus en plus de retraités, et que les gens vivent plus longtemps qu’avant ; alors forcément, les retraites vont coûter de plus en plus cher. Il faut bien une solution !

C’est vrai, le poids des pensions va s’accroître dans les années qui viennent. Mais il n’y a aucune inquiétude à avoir. Regarde, en 1950, les pensions représentaient 5 % du PIB. En 2000, elles en représentent 13 %. On estime qu’en 2050, ce sera environ 18 %. Mais le PIB lui-même double tous les cinquante ans ! Donc en 1950, le PIB était de 1000 milliards d’euros : 50 pour les pensions, 950 pour les salaires, les investissements et les profits ! En 2000 il était de 2000 milliards d’euros, soit 260 milliards pour les pensions (13 %) et donc 1740 milliards pour le reste. En 2050, le PIB sera de 4000 milliards d’euros dont 720 milliards pour les pensions et 3280 pour le reste. Tu vois que, contrairement à la propagande du capital, la part du salaire actif et des investissements augmentent. La population augmente beaucoup moins vite que le PIB : on était 42 millions en 1950, on est 65 millions aujourd’hui, on sera sans doute environ 70 millions en 2050.

 

Ton PIB qui n’arrête pas de doubler, et qui grandit plus vite que la population, comment tu l’expliques ?

C’est que la productivité du travail s’est considérablement accrue. Dans la même heure de travail, un ouvrier d’aujourd’hui produit beaucoup plus que le même ouvrier, travaillant la même heure après guerre. Par exemple, il y avait après-guerre environ 10 millions d’agriculteurs en France. Cela représentait la moitié de la population active. Aujourd’hui, il n’y en a plus qu'un million (c'est-à-dire 3 % des actifs), et pourtant la production agricole a beaucoup augmenté avec beaucoup moins d’heure de travail. C'est-à-dire que chaque heure de travail est beaucoup plus productive : ici, presque 20 fois plus. Mais je te donne un autre exemple : actuellement, selon les chiffres de Peugeot, il est fabriqué 13 000 voitures par jour. La première Peugeot, la 201, c’étaient 13 000 voitures par an ! Et avec plus d’ouvriers que maintenant !

 

Voilà l’affaire, la production par ouvrier augmente, mais pas les salaires !

Tout le problème est là : la question des retraites est la question des salaires. Parce que pour financer les retraites, il est nécessaire d’augmenter les cotisations. C’est la bonne solution : après guerre, les cotisations étaient à peu prés de 5 % du salaire total. Tu sais que le salaire est en deux parties, d’une part le salaire net, celui.qui est versé sur le compte en banque du salarié, et d’autre part l’ensemble des cotisations sociales : maladie, vieillesse, invalidité, chômage, etc. Ces cotisations sont arbitrairement divisées en deux parts : la part dite « ouvrière », et la part dite « patronale ». C’est artificiel, car l’ensemble est dû par l’employeur à son employé pour son travail. Mais ce « paritarisme » permet au patronat de se mêler de la gestion de l’ensemble de ces cotisations, qui représentent beaucoup d’argent, supérieur au budget de l’Etat !

Les cotisations pour la retraite ont plus que doublé jusque dans les années 80 où elles ont été gelées à leur niveau de 1979 pour les salaires inférieurs à 1,6 smic, c'est-à-dire pour plus de la moitié des salariés, le salaire médian étant à 1,5 SMIC.

Pourquoi ce gel ? Parce qu’augmenter les cotisations augmente mécaniquement les salaires ! C’est justement ce que ne veut pas le patronat. C’est grâce à ce gel des cotisations, et la non-augmentation des salaires, que le patronat accapare l’augmentation de la productivité.

Tout à l’heure, on disait que le poids des pensions allait augmenter : la question est de savoir qui va payer. Le capital, par la voix de son gouvernement a une réponse très claire : ce seront les salariés qui paieront. Soit on augmente les salaires, et avec, les cotisations, soit on continue à bloquer les cotisations et on allonge le temps où il faut cotiser. C’est pour ça que je te dis que la question des retraites est en fait la question des salaires !

Tu sais que certains, à gauche, disent qu’en effet, il faut taxer le capital pour financer les pensions. C’est de la poudre aux yeux : s’ils veulent que le capital paye, qu’ils militent donc pour une augmentation des salaires.

 

 Doc.

 

 

Lundi 20 décembre 2010

Côte d'IvoireA ton avis, qu’est-ce qui se passe en Côte d’Ivoire ? C’est quand même curieux que ce soit Sarkozy qui désigne le vainqueur, non ?

C’est plus que curieux, c’est franchement inconvenant. D’autant plus qu’il semble bien que la désignation de Laurent Gbagbo se soit faite selon la loi ivoirienne. Comme dans beaucoup de pays, c’est en effet au conseil constitutionnel qu’il appartient de proclamer les résultats. Il y a une sombre affaire de participation : à la clôture du scrutin, le taux de participation était de 70 %, et la commission électorale indépendante (à ce que l’on dit, quoique majoritairement composée de membres du RHDP - le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la Paix : l’opposition à Gbagbo !) en trouve quelques jours plus tard 81 % !

Mais là où ça devient franchement louche, c’est quand Obama et Sarkozy prétendent désigner le vainqueur au nom d’une « communauté internationale » qui n’est qu’une communauté de prédateurs, immorale et brutale. Ils sont allés faire pression sur l’Union Africaine pour qu’elle prenne parti pour eux. Mais plusieurs pays d’Afrique n’ont pas marché, comme l’Angola, et, semble-t-il, l’Afrique du Sud. Le Liban, la Chine, la Russie, le Mexique, etc., ont exprimé, à des niveaux divers, des réserves sur la position d’Obama et de Sarkozy.

 

Reconnais que tout ça n’est pas clair ! Qui sont les bons, qui sont les méchants ?

Je ne sais pas bien qui sont les bons, parce que je ne connais pas bien la situation politique en Afrique, mais je sais qui sont les méchants, parce qu’on les connaît bien : quand Obama et Sarkozy choisissent Ouattara, ils le définissent comme étant leur homme, et on peut être sûr qu’il n’est pas du côté du peuple ! D’ailleurs, son CV ne plaide pas en sa faveur : il obtient un doctorat en économie aux Etats-Unis, puis travaille au FMI (dont il fut un directeur adjoint), et il sera gouverneur de la Banque Centraledes États d’Afrique de l’Ouest. C’est certainement sa soumission aux Etats-Unis qui plaît tant à Sarkozy ! Suite à une rébellion armée dans le nord de la Côte d’Ivoire (qui est son fief), il est nommé par Gbagbo premier ministre. Il mène alors la politique du FMI : rigueur pour la population, attaques contre les services publics et opulence pour la finance. D’ailleurs, Wikipédia dit de lui : « par son parcours professionnel au sein de grandes institutions financières, [il] jouit d'une bonne réputation auprès des organisations financières internationales ». C’est tout dire ! Et sa mission en Côte d’Ivoire est claire !

 

Bon, d’accord, mais la démocratie dans tout ça ?

Là, tu me déçois, grand-mère ! D’abord, ces élections, calquées sur le modèle occidental, ont été imposées aux pays africains par l’ancienne puissance coloniale après l’indépendance.

Avant la colonisation, les Africains avaient des modes de résolution des problèmes et de la désignation des dirigeants par de vastes débats. Les colonialistes ont balayé tout ça au motif que ces « palabres » étaient « archaïques » et « tribales ». Mais surtout parce que cela mettait en avant l’intérêt collectif des populations.

Ils préfèrent de très loin « la démocratie » à leur sauce : parce que le processus est manipulable, en amont et en aval. En amont par la désignation des candidats, puis par la  campagne électorale qui sera menée par la presse (et les sondeurs), entièrement tenue dans les mains fermes du capital. Puis en aval, soit en ne tenant pas compte des résultats quand ils ne lui conviennent pas (souviens-toi du référendum de 2005, souviens-toi des élections en Palestine), soit en les contestant (souviens-toi des « révolutions colorées » dans les pays de l’ex-URSS, où la CIA a coordonné l’accession au pouvoir de dirigeants inféodés aux Etats-Unis). On est tout à fait dans cette situation en Côte d’Ivoire.

 

Mais tu crois que Laurent Gbagbo est un bon dirigeant pour ce pays ?

Ça, je n’en sais rien, mais c’est une question qui se pose pour les Ivoiriens, pas pour nous !

 

Doc

 

.

 

 

 

Communisme

Dis-moi, mon petit, tu parles toujours de communistes et de communisme ! Mais qu’est-ce que c’est à la fin ?

 

 Les communistes sont ceux qui, solidement organisés dans leur parti, oeuvrent à rassembler la classe ouvrière et ses alliés contre l’exploitation capitaliste. Le communisme, c’est le but à atteindre après le renversement du capitalisme : la Révolution !

On peut voir les choses comme ça : le peuple, en France, a comme noyau la classe ouvrière. Aujourd’hui, c’est 30 % de la population.

Tout près on a les employés, 20 %. Il n’est pas rare qu’un ouvrier soit marié à une employée. Ça fait déjà la moitié de la population.

Il faut aussi ajouter d’autres groupes sociaux qui ont des intérêts proches : des enseignants, des agents de maîtrise, certains intellectuels, la jeunesse lycéenne et étudiante qui, souvent, choisissent le camp du peuple. Emmanuel Todd, démographe, fait les comptes dans son dernier livre « Après la démocratie» : 66 % de la population forment le peuple, 33 % sont hésitants, et 0,1 % forme l’ennemi de classe. Comme disait Charles Tillon le 17 juin 41, en appelant le peuple de France à la Résistance : « Il est le nombre : uni il sera la force ».

 

Ça a l’air facile comme ça, mais c’est pas vrai : il y a bien des ouvriers qui sont réactionnaires. Et qui ont voté pour Sarkozy !C ’est avec eux que tu vas faire ta révolution ?

  

Tu as raison, c’est tout le problème. Certains sont bel et bien ouvriers, et donc exploités, mais ils ne le savent pas ! Ou plutôt ils n’ont pas compris le rôle qu’ils ont dans la production capitaliste. Ils pensent que leurs salaires sont juste, et qu’on ne peut pas faire grand-chose. Ils ont tort, et c’est aux communistes de les convaincre.

Il faut aussi voir que la bourgeoisie, ce 0,1 % de la population dont je parlais, soit quelques dizaines de familles, ont d’énormes moyens. Financiers d’abord, bien sûr, mais ils sont aussi cultivés, ont parfaitement conscience d’être la classe sociale dominante, se savent menacés, et agissent en conséquence. Et ce n’est pas toujours le cas dans le camp du peuple, c’est vrai. Les possédants ont surtout, à l’heure actuelle, un énorme atout dans leur manche, c’est la presse, toute la presse : les journaux (à part Résistance et  quelques autres, bien rares), les radios, les télés. Avec une armée d’experts, de sondeurs, d’éditorialistes aux ordres de la bourgeoisie.

Le combat pour la vérité est bien long et difficile. Mais aucun mensonge ne peut masquer les faits. Par exemple, il n’y a pas si longtemps, le gouvernement (entièrement au service des exploiteurs) répondait aux revendications salariales, que les caisses étaient vides, que la France était en faillite, etc. Puis la crise économique arrive (dont ils sont les seuls responsables), et brusquement, il y a des centaines de milliards pour les banques, l’automobile, etc.

Il faut expliquer tout ça, non ? Et, sous nos yeux, ont voit la mobilisation s’organiser, la conscience progresser. Et dans les Antilles, par exemple, le mouvement est devenu rapidement très fort.



 Mais c’est pas parce qu’il y a eu quelques manif où tu m’as emmenée, et même une grève générale en Guadeloupe que la révolution va venir toute seule !

 

Bien sûr. Pour que la Révolution ait lieu, il faut rassembler deux conditions : d’une part que « ceux d’en bas » constatent que la situation ne peut plus durer, c'est-à-dire que la classe ouvrière et ses alliés soient forts et prêts autour de son Parti Communiste, et que«  ceux d’en haut » ne puissent plus se maintenir, parce qu’ils sont devenus trop faibles, et trop divisés. C’est ce qui s’est passé en Russie en 1917, dans le contexte de la deuxième guerre mondiale, en Chine en 1949, après une longue lutte de libération nationale, ou à Cuba en 1959 dans le contexte d’une bourgeoisie compradore, veule et divisée. Deux conditions donc : des circonstances favorables, et une bonne préparation. Si l’une des conditions manque, ça ne marche pas. Par exemple à la Libération en 1945, l’organisation était là, mais les circonstances, disons, n’étaient pas suffisamment favorables.

En 1968, les circonstances étaient favorables (souviens-toi de De Gaulle qui part en Allemagne chercher le soutien de l’armée), mais l’organisation n’était pas à la hauteur.

 

Mais dis donc, ce n’est pas très démocratique, tout ça ! Tu veux la guerre ?

 

Oh non, je ne veux pas la guerre. D’ailleurs, les armes, et l’art de s’en servir sont de l’autre coté ! La police et l’armée ne s’entraînent pas pour rien. D’autre part, la démocratie que nous vivons doit être clairement nommée : c’est une démocratie bourgeoisie, au service de la bourgeoisie. Souviens-toi de quel coté est la presse ! Donc, ce n’est pas par un vote favorable que la Révolution se fera. L’expérience montre que lorsque les résultats d’un vote déplaît à la bourgeoisie, elle n’en tient pas compte.

Je te sens sceptique,  tu veux des exemples ? Le référendum contre le TCE en 2005 a-t-il été respecté ? L’élection du Hamas en Palestine a-telle été respectée. Faut pas croire à la démocratie bourgeoise comme solution. Il faut sans doute participer (et encore pas tout le temps !), mais sans se faire d’illusions. De plus, il faut prévoir les réactions violentes de la bourgeoisie qui n’acceptera donc pas comme ça de se voir dépossédée de ses moyens de productions. Et se préparer !

 

Ses moyens de quoi ?

 

Ses moyens de productions, c'est-à-dire les usines, les machines, les stocks de matières premières, les banques, les moyens de transports, les moyens de communication, y compris les médias, etc. Après la Révolution, tout cela devra être confisqué par la classe ouvrière et ses alliés organisés autour de son Parti Communiste.

C’est nécessaire pour que la production soit réorganisée au profit de la majorité, soit maîtrisée par le peuple lui-même. C’est sûr, ça va pas faire plaisir à la bourgeoisie, et il faudra savoir lui résister par le peuple en arme. C’est ce que les révolutionnaires français de 1789 ont bien dû faire ! D’ailleurs, c’est l’ensemble de l’Etat qui devra être transformé : on voit bien qu’il faudra changer la police pour créer une police populaire. De même pour la justice, l’enseignement, la diplomatie : le pouvoir prolétarien ne pourra pas garder les anciens ambassadeurs, il en faudra de nouveau, acquis au nouveau régime.



Toujours pas de démocratie ? Et un parti unique qui régente  tout ?

 

La démocratie, si ! La démocratie prolétarienne ! Elle aura pour rôle d’organiser des débats sur les orientations politiques, sociales et culturelles. C’est aussi son rôle que de faire désigner les dirigeants à tous les niveaux. Quant au Parti unique, c’est l’épouvantail habituel de la bourgeoisie. Mais remarque que le multipartisme de la démocratie bourgeoise ne remet pas la bourgeoisie en cause. Pourquoi un multipartisme dans un régime prolétarien le

remettrait-il en cause ? Certes, le Parti Communiste sera très présent, mais il ne peut prétendre à organiser tout le monde. Des enseignants, ou des intellectuels, peut-être les paysans, ou encore d’autres classes intermédiaires estimeront-ils utiles d’avoir leur propre parti. D’ailleurs, ces partis apparaîtront certainement avant la Révolution et y auront contribué. Bien sûr, pour les autres, ceux qui l’auront combattu, se sera surement plus difficile !

 

Et c’est ça le communisme ?

 

Non, pas encore. Ce que je décris est l’instauration du socialisme. Il y a encore des classes sociales qui s’affrontent, mais dans des conditions favorables pour le peuple. Après un temps, ces contradictions s’atténueront pour finalement disparaitre. Ce sera alors une société d’abondance, respectueuse des hommes et de leur environnement. Alors on pourra commencer à parler de communisme !

 

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