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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 20:10

 

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Les témoins gênants de l'UMP

Les directeurs juridique et de l'informatique de l'UMP ont été écartés par l'équipe Copé. Ils plaidaient pour que le parti demeure "impartial".


"L'ambiance s'est dégradée… Pour le personnel, c'est devenu tendu." L'employé de l'UMP qui parle souhaite rester anonyme. La centaine de permanents de la Rue de Vaugirard a en tête les cas de l'ancien directeur de l'informatique et de l'ancien directeur juridique… "Le parti est à l'image de ce qu'est l'UMP aujourd'hui : un malade", soupire un cadre. Pour ne rien arranger, l'Urssaf a lancé un contrôle sur la façon dont le parti gère ses salariés. "On nous a dit de faire attention à ce qu'on dit dans les couloirs", confie un employé. "Pour nous, les vieux permanents, pas les jeunes de la garde Copé, la campagne interne a été un cauchemar. Tout l'appareil a été mis au service d'un seul candidat et il règne maintenant une chasse aux sorcières", résume-t-il. "Oui, forcément, c'est tendu, admet Éric Cesari, le directeur général, chacun se surveille, mais bon, c'est ridicule, et ça passera."

David Biroste a été embauché par le parti de Nicolas Sarkozy voilà trois ans, sous la direction de Xavier Bertrand. Professeur de droit, en charge des questions juridiques, il se retrouve en charge des travaux de la Cocoe, la commission qui, depuis fin juin, doit piloter le scrutin interne. "Je prépare un dossier pour licenciement abusif contre l'UMP, je ne souhaite faire aucun commentaire", s'excuse-t-il auprès du JDD. Mais aux dires de ses anciens collègues, "David Biroste sait tout sur la façon dont s'est préparé le vote". Tous les mardis soirs, avant la réunion de la commission présidée par le sénateur Patrice Gélard, organisée dans une salle du 2e étage, c'est David Biroste qui planchait sur les sujets. C'est encore lui qui, avant chaque réunion, accompagnait le sénateur dans le bureau de Cesari, au 5e, pour "une réunion préparatoire systématique". "Et alors, on veut dire que j'étais Fantômas, que je pilotais la Cocoe en sous-main!" s'étrangle Cesari. "David Biroste a insisté de bout en bout pour que le siège du parti reste neutre", résume un de ses collègues. 

Un SMS pour un meeting de Morano?

Le premier gros clash a eu lieu le 3 septembre. Ce jour-là, Pascal C., le permanent de la Rue de Vaugirard chargé d'envoyer mails et SMS aux adhérents, reçoit l'ordre du patron des fédérations d'envoyer un message aux adhérents de la Sarthe pour les inviter à une réunion de Copé. Pascal C. demande par mail un feu vert à son chef direct, Christophe Laroche, le patron de l'informatique. Étonné de la demande, Laroche interroge Biroste sur la marche à suivre. Ce dernier répond, par mail, à sa supérieure hiérarchique, Fabienne Liadzé, que les moyens du parti doivent rester neutres comme le prévoient les statuts. "Liadzé est allée chez Cesari et Biroste et Laroche ont été priés de ne plus laisser de trace écrite", indique un de leurs proches. Cesari "ne se souvient pas" de ce premier incident. Pourtant, le 25 septembre, rebelote. Le même Pascal est prié d'envoyer un SMS pour un meeting de Nadine Morano, elle aussi soutien de Copé. Cette fois-ci, Biroste rédige une longue note écrite, dans laquelle il rappelle les règles d'impartialité. Le soir même, ils sont de nouveaux convoqués chez Cesari. "Il était ivre de rage, raconte un permanent. Il hurlait sur Laroche, lui disant qu'il ferait ce qu'on lui dirait de faire… Laroche, qui est un ancien militaire, n'a pas bronché. Il a ensuite été en congé maladie, puis est parti." "C'est des conneries, le SMS pour Morano, j'ai interdit qu'il parte, et oui je les ai engueulés, mais parce qu'ils n'avaient pas respecté la voie hiérarchique", se défend Cesari.

Biroste, jugé lui aussi "peu fiable" par le camp Copé, a été écarté en octobre. Cette fois-ci, il avait rappelé la règle, pourtant décidée par le bureau politique, qu'aucune des motions ne devait se prévaloir du nom de "Sarkozy". Mais l'équipe de Génération Sarkozy, proche de Copé, est passée outre. "David a été mis au placard, puis il a été en congé maladie, et carrément licencié pendant son congé, trois semaines avant le vote, parce qu'il devenait gênant", indique un de ses collègues. "Nous avions une série de manquements envers lui, voilà tout", répond Cesari. Selon nos sources, Pascal, le jeune permanent en charge des mails, est en congé maladie depuis le début de la semaine. Une nouvelle victime de "l'ambiance".

 

Laurent Valdiguié - Le Journal du Dimanche

samedi 01 décembre 2012

 

http://www.lejdd.fr/Politique/Actualite/Les-temoins-genants-de-l-UMP-578626

 

FRANCE Duel à l'UMP : le lièvre et la tortue

L'UMP serait en fait l'Union des Mauvais Perdants, selon ce journaliste libanais. Mais la bataille est bien plus une mauvaise fable, dont Valérie Giscard d'Estaing détient la morale.
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L'UMP, quatre ans après le PS. Au sein d'un parti, des élections qui se terminent mal : cela devient une particularité française au même titre que le croissant trempé dans le bol de café-filtre et la baguette sous le bras. Dire que la première formation de droite se trouve aujourd'hui au bord de l'explosion, c'est commettre deux erreurs. D'abord l'enfant adoptif de Nicolas Sarkozy, dont le géniteur fut Jacques Chirac, est déjà au fond du ravin, victime autant de cette sorte de frénésie du suicide collectif, façon Moon, que du ridicule, un travers qui, en France encore moins qu'ailleurs, ne paraît nullement mortel.

Ensuite, il ne s'agit pas d'une explosion mais bel et bien d'une implosion causée par un scrutin interne qui a tout de même intéressé quelque 300 000 adhérents, un chiffre qu'il faudra ramener à des proportions bien plus modestes une fois que l'on aura baissé le rideau sur la désolante mascarade du 19 novembre. L'histoire ressemble fort à la fable du lièvre François Fillon, et de la tortue Jean-François Copé. Rappelez-vous ce bon Monsieur Jean de La Fontaine :

" ................................. À la fin quand il vit

Que l'autre touchait presque au bout de la carrière,

Il partit comme un trait ; mais les élans qu'il fit

Furent vains : la tortue arriva la première."

L'ancien Premier ministre avait ses raisons pour mépriser "une telle victoire" et pour tenir "la gageure à peu de gloire". Toujours est-il que, parti tard, il est arrivé tard. Oh ! à 98 voix de son adversaire, mais la victoire tient souvent à un fil - ou à quelques suffrages. C'est alors que l'on découvrit ces satanées urnes d'outre-mer, inopportunément oubliées, qui assuraient au centriste une tout aussi mince avance. Vingt-six voix, c'est Blücher, alors qu'on espérait Grouchy. À partir de cet instant, les situations cocasses vont se succéder, comme dans les meilleurs vaudevilles (encore une particularité française).

Jusqu'à l'irruption sur la scène d'un huissier mandaté par Fillon dans le cadre d'une saisie conservatoire des “pièces à conviction”, comprendre des documents électoraux devenus soudain corpora delicti. Une intervention pour rien puisque le brave homme, mandaté par le Tribunal de grande instance de Paris au 55, rue La Boétie, siège du défunt - je sais, je sais, cela relève de la politique-anticipation -, est reparti les mains vides, les dossiers en question se trouvant dans une pièce placée sous contrôle... d'huissier.

Acte III. - Alain Juppé, convié à jouer le rôle d'arbitre, accepte en rechignant tout de même, histoire d'entretenir le suspense. Seule condition : que les deux plaignants s'en remettent à son infinie sagesse, une éventualité que l'un des deux (devinez lequel) rejette au prétexte que le peuple a déjà parlé. Se sentant outragé, le dernier ministre des Affaires étrangères du précédent quinquennat remet son tablier. Ses mots pour annoncer la fin de sa mission résonnent déjà comme une oraison funèbre : “Il apparaît clairement que Nicolas Sarkozy est le seul aujourd'hui à avoir l'autorité suffisante pour proposer éventuellement une sortie que je n'aperçois pas, en ce qui me concerne. ”

Sur la planche ainsi savonnée, l'ancien président de la République allait-il s'engager ? Non, est-il apparu hier [26 novembre]: le déjeuner avec son ancien chef de gouvernement a été cordial et utile, termes habituellement utilisés pour qualifier un entretien de pure forme. Tout indique que, désormais, la dégradation va poursuivre son bonhomme de chemin et que le début de dislocation constaté il y a une semaine est appelée à s'accélérer jusqu'à devenir irréversible. Sous un titre franchement alarmiste : “Arrêtez le massacre !”, l'éditorialiste du Figaro lance un “Ça suffit !” excédé qui traduit l'exaspération de la base du parti.

Étrange destin que celui d'une droite française qui a choisi de se perdre au lieu de saisir la chance inespérée offerte par un nouveau pouvoir qui en est toujours, six mois et demi après son triomphe quasi total, à chercher sa voie. Curieux cheminement politique d'un homme qui, en prétendant braconner sur les terres de l'extrême droite, fait à celle-ci le cadeau inespéré de milliers de nouveaux adhérents par ses soins incomplètement “décomplexés”. Jean-François Copé, ou l'ex-secrétaire général désormais privé de troupes.

"Vous ne verrez jamais dans votre vie un homme d'État de cette stature." Celui qui s'est adressé, le 14 novembre, en ces termes [en parlant de lui-même] à un parterre de lycéens européens réunis à la Mutualité, c'est Valéry Giscard d'Estaing, l'homme du "oui, mais", l'homme du non au référendum du 27 avril 1969. Combien il a raison, l'ex. Pour une fois.

 

http://www.courrierinternational.com/article/2012/11/27/duel-a-l-ump-le-lievre-et-la-tortue

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