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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 02:00

 

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Par Arnaud Bihel

 

Les pauvres sont toujours aussi pauvres, et les très riches sont de plus en plus riches et nombreux. Dans sa dernière enquête sur Les revenus et le patrimoine des ménages publiée ce vendredi, l’Insee constate que « les inégalités en France s’accroissent par le très haut » : quand le niveau de vie de la grande majorité de la population stagne, celui des plus riches s’est accru de façon spectaculaire entre 2004 et 2007.

Pour cette enquête, l’Insee s’est particulièrement intéressée à deux catégories de population en France : les personnes pauvres, et les très hauts revenus. Analyse des tendances :

Une explosion du nombre de personnes riches...

Pour ces derniers, les années 2004 à 2007 ont été fastes. Les « très hauts revenus », ce sont les personnes se situant parmi les 1% les plus riches. Difficile toutefois de tirer des généralités. Car même dans cette tranche, où l’on gagne plus de 84 500 euros annuels, « l’hétérogénéité reste forte », explique l’Insee. Ainsi, parmi les « plus aisés » de ces très riches, 0,01% de la population (soit 5 800 personnes), le revenu s’étend entre 688 000 et 13 millions d’euros par an.

Mais la vue d’ensemble est claire : entre 2004 et 2007, le nombre de personnes dont le niveau de vie dépasse les 100 000 euros annuels a augmenté de 28%, et a gonflé de 70% pour ceux dépassant les 500 000 euros... « une explosion du nombre de personnes riches », constate l’Insee.

...qui s’enrichissent plus vite que les autres

C’est l’autre enseignement de l’enquête : cet enrichissement est dû en bonne partie au patrimoine à disposition, mais aussi à l’augmentation des revenus d’activité. Alors que la hausse de ces revenus d’activité a été de 9% en trois ans pour 90% de la population – un rythme un peu plus soutenu que l’inflation – elle a atteint près de 30% chez les très aisés, près de 40% chez les plus aisés. En résumé : plus on est riche, plus on a de chances de s’enrichir (voir graphique ci-dessus). Cette augmentation soutenue, sans commune mesure avec les autres tranches de la population, fait dire à l’Insee que « les inégalités augmentent par le très haut ».

En haut de l’échelle, les hommes

Chez ces très hauts revenus, le principal apporteur de ressources du ménage est un homme à 82% (contre 68% pour les 9 premiers dixièmes de la population). Pour Julie Solard, de l’Insee, ce chiffre met en avant « les inégalités salariales persistantes, et les difficultés d’accès pour les femmes aux postes à fortes responsabilités ». C’est ce que confirme une autre enquête, également publiée ce vendredi, sur les « très hauts salaires du secteur privé » : plus on s’élève dans la hiérarchie salariale, plus la proportion d’hommes s’accroît ; elle est de 55% dans l’ensemble du privé, de 78% parmi les « hauts salaires », et monte à 87% chez les « très hauts salaires ».

Plus de 8 millions de pauvres

À l’autre bout de l’échelle, la pauvreté reste bien ancrée en France. L’Insee remarque qu’elle stagne depuis le début des années 2000, après une longue période de réduction. À la date de 2007, le taux de pauvreté a même légèrement augmenté : il était de 13,4% - dépassant pour la première fois la barre des 8 millions de personnes pauvres – contre 13,1% en 2005. Les chiffres ne sont toutefois pas significatifs pour déterminer une vraie tendance, souligne Jean-Louis Lhéritier, de l’Insee. Ils placent la France à la 10ème place européenne, une performance correcte qui est due, estime-t-il, « au système de transferts sociaux ».

Les immigrés, 3 fois plus pauvres que les autres

Et, pour la première fois, l’Insee a enquêté sur la pauvreté particulière aux immigrés en France. Pour constater que là encore les inégalités sont très fortes. Plus du tiers d’entre eux sont en situation de pauvreté. Le niveau de vie moyen des ménages immigrés est inférieur d’un tiers à celui des ménages non immigrés. Et les raisons structurelles (la taille des ménages est plus importante, le taux de chômage plus élevé) n’expliquent que la moitié de l’écart. Même à caractéristiques identiques (même sexe, âge, type de ménage, catégorie socioprofessionnelle...), d’importantes inégalités persistent. Le niveau de vie est alors de 19% plus faible pour une personne originaire du Maghreb, 17% si elle est née en Afrique.

Les effets de la crise, à suivre...

Reste, on l’aura remarqué, que tous ces chiffres s’arrêtent à la date de 2007. C’est à dire avant la crise de 2008. Quelles conséquences aura-t-elle eue, sur les plus riches et sur les plus pauvres ? Pour l’Insee, impossible à dire pour le moment. Des premières données sur l’année 2008 seront disponibles dans 3 mois, et seront forcément complexes, assure Jean-Louis Lhéritier.

Lequel a aussi soigneusement évité la polémique actuelle : certes, l’Insee a scruté les très hauts revenus. Mais la période étudiée, et le fait que certains prélèvements, comme l’impôt sur la fortune, ne sont pas pris en compte, « ne permettent pas de tirer des informations sur les effets du bouclier fiscal. »

 

http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article13373

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