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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 16:16

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Libye-Sénégal: Les dessous de la visite de Wade à Benghazi


Par El Hadji Malick Sall


 Quel sérum d'aboulie a pénétré les veines de la nation pour que nulle clameur ne réprouve la récente pantalonnade diplomatique du président Wade ? Son voyage à Benghazi, envers et contre la position de l'Union africaine, aura davantage démonétisé une diplomatie sénégalaise téléguidée par les puissances étrangères. Face à cette saynète diplomatique incongrue qui laisse l'Afrique entière comme deux ronds de flan, nulle clameur ne s'élève pour réclamer ordre et éthique à la politique diplomatique du président de la République. La nation sénégalaise somnolerait-elle au ronron des turpitudes d'Abdoulaye Wade ? Il y a quelque chose de révulsant à voir le président de la République débarquer en Libye en paladin de la démocratie et en vestale des Droits de l'homme pour enjoindre Kadhafi de quitter le pouvoir. Abdoulaye Wade a, par le passé, trop souvent minaudé avec Kadhafi pour jouer au grand mamamouchi démocrate.

En atteste la visite en grande pompe que le Libyen a effectuée au Sénégal avec tout le lyrisme ambiant qui s'en est accompagné. Wade a toujours été un flagorneur impénitent de Kadhafi qui, lui aussi, n'a jamais tari d'éloges à son endroit.

Aussi cette palinodie acrobatique du président en aura-t-elle laissé plus d'un pantois. Certes, l'angélisme enfariné ne tient pas la route en diplomatie et la Realpolitik la plus cynique peut se justifier par sa nécessité et son efficacité. Mais il est toujours malséant, pour un homme d'Etat, de se rétracter en jetant les accointances d'hier dans les poubelles de l'oubli.

Il s'y ajoute que Kadhafi, quelque despote qu'il puisse être, n'a pas vraiment de leçons à recevoir de notre vieux baladin national. Abdoulaye Wade a beau se dorer la pilule en se drapant dans les oripeaux d'un démocrate, il n'en demeure pas moins un autocrate invétéré au même titre que le foutraque libyen. La nation sénégalaise, sous son règne, n'est qu'un écrin de peines où les libertés individuelles sont brimées au quotidien avec une désinvolture ineffable.

L'exemple du jeune Malick Bâ, froidement assassiné par les sicaires de la gendarmerie pour avoir renaudé contre la chienlit des découpages administratifs, en est une parfaite illustration.

Sous son règne, une pléthore de journalistes auront été mis au gnouf et une foultitude de 'procès staliniens' intentés contre des opposants jugés trop encombrants (exemple Idrissa Seck). Notons, au passage, l'emprise inouïe, sous son magistère, du népotisme familial qui est caractéristique des régimes totalitaires.

Mais, à Benghazi, dans le halo des projecteurs du monde entier, Abdoulaye Wade se pavanera en grand appariteur des Droits de l'homme, occultant ainsi ses pires exactions liberticides.

Grand écran pour ses hauts-faits démocratiques, moucharabieh pour ses plus abjectes exactions : voici le Docteur Jekyll démocrate et le Mister Hyde satrape du Sénégal.

Paladin de la démocratie le matin et tortionnaire des libertés le soir, Wade est une harpie au visage démocratique et au corps de dictateur. Il n'a, de ce fait, aucune leçon à donner à Kadhafi.

Par ailleurs, le président Wade, dans son odyssée importune, se sera aussi distingué par son attitude schismatique vis-à-vis de l'Union africaine. En prenant le contre-pied d'icelle, il aura bousculé les pudeurs à l'Africaine de la bienséance. Et ouvert au sein de ladite organisation des lézardes où suinte le venin de la désunion.

Interrogé plus tard sur les ondes de la Rfi, il excipera de la pusillanimité alléguée de l'Union africaine pour justifier son attitude fractionniste. Mais force est de constater qu'en filigrane de cette visite ubuesque à Benghazi, transparaît la tutelle française.

Abdoulaye Wade n'est, dans cette histoire, qu'un obscur laquais africain à la solde des puissances étrangères. Corvéable et malléable à merci, il n'est, aux yeux de ses maîtres occidentaux, qu'un roquet à qui l'on demande d'aboyer un discours de commande.

Voilà pourquoi, à Benghazi, il a fortement raboté les courbes de son discours pour qu'elles épousent les circonvolutions de la bien-pensance occidentale. Dans cette posture de vulgaire factotum, Wade semble donc ériger la servilité au rang des plus grandes vertus. De quoi dessiller les yeux rêveurs de tous ces songe-creux qui croyaient notre pays délié de son ancrage colonial.

La visite du président de la République à Benghazi aura donc couvert notre pays d'opprobre. Pis, elle discrédite davantage notre diplomatie qui, aujourd'hui, ne cesse de voir ses dorures s'écailler et son tranchant s'émousser.

Face à cette impéritie chronique de nos dirigeants, j'eusse tant aimé que le peuple se levât, comme un seul homme, pour protester contre les embardées du pouvoir.

Mais, à quelques encablures de 2012, le peuple sénégalais, dans sa grande longanimité, semble avoir fait le choix d'attendre le moment des élections pour se débonder dans les urnes.

El Hadji Malick Sall

Wal Fadjri/15/06/2011

 

Libye-Sénégal: Les dessous de la visite de Wade à Benghazi

 

http://www.afriquejet.com/afrique-du-nord/libye/libye-senegal:-les-dessous-de-la-visite-de-wade-a-benghazi-2011061615135.html

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