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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 03:38

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"....et pourquoi il ne faut jamais les croire..."

c'est le titre implacable d'un bouquin pédagogique qui sort en librairie le 2 février

écrit par Pascal Canfin, et publié par les ed.Les Petits Matins

 (128 pages, 5 € )

 

Pascal Canfin a été élu au parlement européen sur la liste Europe écologie, en 2009, il est membre de la Commission des affaires économiques et monétaires, il a obtenu l'interdiction des "CDS à nu" un produit toxique qui permet de spéculer contre les Etats.

 

Il est à l'origine de la création de Finance Watch (ONG)  parce qu'il fallait absolument un contre-lobbying au lobbying incroyable de la finance à Bruxelles.

(Finance Watch est issue d'un appel de députés appartenant à cinq formation politiques, dont les libéraux et les conservateurs...)

 

Les lobbies bancaires très présents à Bruxelles utilisent une dizaines d'arguments :

 - "Nous ne sommes pas responsables de la crise de la zone euro"

 - "Les banques n'ont rien coûtés aux contribuables"

 - "Nous ne spéculons pas contre les Etats"  etc....

Pascal Canfin dé-construit ces arguments un par un, et montre comment se passent les négociations européennes, ce que défend vraiment la France, loin des discours sur le moralisation du capitalisme.

 

Sur les agences de notation, l'argument des lobbies c'est : " Elles ne sont qu'un thermomètre, et ce n'est pas en cassant le thermomètre qu'on va réduire la fièvre"  Faux !

les agences utilisent des indicateurs qui sont des thermomètres (taux d'endettement, inflation, déficit public..;) mais elles se posent en médecin car elles établissent un diagnostic (en évaluant par exemple le risque à acheter une obligation) puis elles préconisent.

 

Cette crise à trois dimensions :


 - elle est d'abord la crise du néo libéralisme (affaiblissement des Etats, compression des revenus du travail)

 - Elle est aussi celle du productivisme, qui se heurte au limites physiques de la planète

(ce n'est pas un hasard  si l'effondrement des subprimes s'est produit lorsque les ménages US, sur-endettés pour devenir propriétaires, ont subi le contre coup de l'explosion du prix du pétrole)

 - Le troisième aspect, c'est la spéculation financière, que plus rien n'arrête..!

 

Il y a trois mesures d'urgence pour reprendre le contrôle de la finance :


1) - Tout d'abord considérer la partie des dettes publiques européennes nées de la crise depuis 2008 comme une sorte de dette de guerre, et la ré-échelonner sur vingt ou trente ans. (Après tout, l'Allemange a fini de payer sa dette de guerre il y a quelques années seulement !), de surcroît, les Etats européens ne l'ont pas accumulé parce qu'ils sont devenus plus dispendieux,qu'ils ont embauché des millions de fonctionnaires, mais parce qu'ils sont intervenus pour sauver les banques et l'économie!

Il faut donc isoler la dette née de ce sauvetage, ce qui diminuerait la charge des remboursements On pourrait ainsi, tout en réduisant progressivement les déficits publics relancer les investissements.

 

2) - Il faut que la BCE puisse acheter davantage de dette publique qu'elle ne le fait aujourd'hui, mais pas toute la nouvelle dette émise en 2012 (800 milliards d"euros), car cela entraînerait une trop grande création monétaire et un risque d'inflation

 

3) - La troisième réforme essentielle étant de mettre fin à la spéculation sur les Etats. On vient de faire un pas dans ce sens, et c'est une grande victoire du Parlement européen :

en novembre 2012 seront interdits les  "CDS à nu".

 

Les CDS sont des contrats d'assurance sur des actions ou des obligations, pour se prémunir des risques d'impayés. Ils sont dit "à nu" quand on achète ces contrats sans détenir le titre financier (action où obligation) qui justifie cette assurance, par exemple, on s'assure contre le risque de faillite d'un Etat alors qu'on ne détient pas une seule obligation de cet Etat.

(Il suffit de vendre des obligations de ce pays, obligations qu'on ne possède toujours pas, mais qu'on s'engage à livrer à une date ultérieure. Quand on pourra les acheter à un cours plus bas...Et c'est ainsi qu'on gagne sur les deux tableaux... et ruine un pays. La Grèce par exemple).

 

Pourquoi en novembre 2012 seulement ?


Seuls deux Etats y étaient au départ favorables : L'Allemagne et l'Autriche... il a fallu parcourir du chemin, convaincre..c'est le temps de la négociation européenne !

 

Quand Pascal Canfin compare les discours de Nicolas Sarkozy sur la moralisation du capitalisme et la réalité des positions défendues par la France, il voit un monument d'hypocrisie. Il évoque les filiales des banques françaises dans les paradis fiscaux... BNP Paribas en avait cent quatre-vint-dix en 2009, elle n'en a fermé que six au Panama et aux Bahamas !

 

Qui connait NEWEDGE, la filiale commune de la Sociéte Générale et du Crédit Agricole pour les fonds spéculatifs ? 

(à noter que la SocGen veut vendre sa participation)


Sur le site de Newedge on peut lire qu'en cas de problèmes liés à son activité, cette filiale pourra compter sur le soutien du grand groupe bancaire auquel elle est adossée, (groupe que l'Etat ne laissera jamais tomber..;)

Çà revient à dire : "on sait que le contribuable français sera toujours là" !

( Il serait question de réaliser la séparation des banques de dépot des banques d'affaire dans le programme de la gauche aux élections présidentielles..s'agit-il de faire comme au Royaume-Uni où la commission Vickers

recommande "d'isoler" les banques d'affaire et non "séparer" ....?  les mots ont un sens.!

( "isoler" un coq dans un poulailler, ce n'est pas le "séparer" des poules))


Pascal Canfin a appris que des banques françaises vendent des CDS, donc de la protection, sur le risque de faillite de la France.qui entraînerait leur propre faillite, puisqu'elles détiennent massivement des obligations d'Etat  C'est délirant.!

Mais en attendant, elles récupèrent du cash..des profits, des bonus.

 

Entre 2008 et 2009, il y avait une fenêtre de tir pour les Etats : les banques étaient à genoux, ils auraient pu tout exiger d'elles, qu'elles sortent des paradis fiscaux etc...ils n'ont rien fait!

 

Obama a tout de même réussi à restreindre le secret bancaire avec la loi Facta, qui s'appliquera en 2013

(Les républicains ont annoncé qu'ils aboliraient cette loi)

Elle va s'appliquer aux banques du monde entier qui ouvrent un compte à un citoyen américain, elles doivent le signaler à l'administration fiscale américaine, pour que cet argent soit taxer au taux où il aurait été taxé aux Etats-Unis.

Faisons en France ce que Barack Obama a fait aux Etats-Unis, on donnerait l'exemple à l'Europe !


Le manque à gagner de l'Etat français, évalué par la Cour des Comptes, lié à l'évasion de l'argent dans les paradis fiscaux est de trente milliards d'euros, soit plus de quarante fois la fraude aux allocations familiales...!

 

un livre à lire...


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