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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 20:29

 

le 37 quater déjà en place !


 

On nous signale un article paru le 28 décembre sur le site indymedia du Québec. L’internaute anonyme rapporte son témoignage sur les milices sarkozistes, déjà en place à Strasbourg et dans quatre autres communes d’Alsace, à titre expérimental, avant même que le Parlement les autorise, ainsi que le prévoit l’article 37 quater de la Loppsi.

Le correspondant strasbourgeois d’indymedia Québec signale également des articles parus dans les Dernières nouvelles d’Alsace et dans l’Alsace qui confirment en effet la mise en place de ces milices, et donnent quelques détails sur leur fonctionnement, tels leurs critères d’embauche – très larges.

Rappelons que la Sarkopol est déjà instituée dans la gendarmerie depuis 2008, et qu’il n’est question avec le 37 quater « que » de l’étendre à la police.

Et profitons de l’occasion pour dénoncer aussi l’intervention française en Tunisie – ainsi que celle au Niger. En Tunisie comme au Niger, Sarkozy tue, y compris des otages. En France, il lâche les SA dans les rues.

 

 

Les méfaits de la loi LOPPSI2 commencent à se faire sentir insidieusement…

Tout d’abord, un témoignage direct de scènes très inquiétantes dans la rue d’une de ces Milices à l’œuvre ; confirmé ensuite par un camarade qui se réfère au journal local qui fait une grande publicité de ce qui s’appelle officiellement « Service Volontaire Citoyen ».

En effet, pour avoir été témoin, à la rue de la 1re Armée, ce midi, au niveau de la station tram, de scènes étranges, et d’abord sans aucunement porter des conclusions définitives, tout porte à croire que voilà les premiers pas du nouveau SVC généralisé et officialisé :

De la fenêtre d’un immeuble donnant sur la rue, je vois cinq personnes, en civil, apparemment une femme et quatre hommes, sans aucun signe distinctif. Ils sont autour de deux SDF, et rigolent avec eux, leur parlent. Mon attention ne se serait pas attardée davantage si un car de la police nationale, en patrouille, comme il y en a tant dans ce secteur, ne s’était pas arrêté à leur niveau.

Première chose étrange : les cinq individus vont gaiement vers le car de police, font des signes de la main. Un flic en uniforme sort, la femme lui fait la bise, les autres ont l’air très excité, presque gamins, à tous parler en même temps. Finalement, le car s’en va assez rapidement continuer sa ronde. Comme de vieux amis de longue date, les cinq individus leur font des signes d’au-revoir, de manière très démonstrative. Puis ils saluent les SDF qui ont l’air de ne pas comprendre. Je remarque d’ailleurs que d’autres passants, dans la rue à ce moment-là, ont également l’air surpris.

C’est alors que se produit le plus étrange : les cinq individus remontent la rue et au premier croisement, alors qu’une voiture se gare sur un trottoir, ils se précipitent et d’après les signes de main, lui font apparemment comprendre qu’il n’a pas le droit de se garer là. Comme le type en voiture a l’air de s’en foutre, tout à coup, ils lui disent quelque chose et le type en voiture donne ses papiers d’identité, son permis de conduire, et sa carte grise. Pendant 5 à 10 minutes (ce qui est très long), ils contrôlent ses papiers.

Première question : À supposer que ce soit des flics, des civils peuvent-ils contrôler des papiers selon leur bon gré ?

Deuxième question : Si ce sont des flics, et en civil, ce ne peut être ni des BACeux ni autre, donc qui sont-ils ?

Première conclusion : En considération de cela, et de plus sans aucun signe distinctif, ce ne sont sûrement tout bonnement PAS des flics. Pas officiels en tout cas.

Par ailleurs, ils ne font pas sérieux, ils sont à quatre en cercle à décrypter le permis de conduire, puis deux regardent l’intérieur de la voiture par la fenêtre, un autre vérifie les pneus, un autre va jeter un coup d’œil rapide au niveau du coffre. Et là, de plus en plus étrange, un des individus parle à un petit micro au niveau de son col. Les SDF plus loin, sur la même rue, ont l’air de débattre vivement de ce groupe et les montrent du doigt en causant vivement.

Après de longues minutes, et un nouveau speech au micro, ils rendent les papiers au conducteur qui s’en va fissa.

Là, nouvelle scène étrange, ils rigolent en cercle, ont l’air de beaucoup s’amuser.

Il est dommage que je n’ai pas d’appareil photo car j’en aurais bien pris de ces scènes très curieuses. Puis ils remontent la rue et tournent en se dirigeant vers le centre-ville.

Car me revient aussitôt une des nouvelles mesures promises par la loi LOPPSI2, à savoir le « Service Volontaire Citoyen », sorte de Milices Citoyennes-Républicaines à la nature et au rôle flous. Voici d’ailleurs ce qu’on en sait :

RÉSERVE CIVILE DE LA POLICE ET SERVICE VOLONTAIRE CITOYEN

La réserve civile est constituée de retraités de la police nationale et de volontaires. Les retraités peuvent accomplir des missions de soutien aux forces de sécurité et des missions de solidarité et les volontaires des « missions élémentaires d’exécution » ou des « missions de spécialiste correspondant à leur qualification professionnelle ». Le service volontaire citoyen concerne des missions « de solidarité, de médiation sociale et d’éducation à la loi ».

Or, il semble que le journal local DNA (Dernières Nouvelles d’Alsace), de bonne droite par ailleurs, fait depuis longtemps la publicité pour ce genre de dispositif. En effet, cet article datant de février 2007. Voici notamment les critères de recrutement, tels que les exposait les DNA :

Devenir volontaire citoyen Il suffit de se rendre au commissariat de police le plus proche pour y retirer un dossier de candidature.

Une enquête administrative de moralité sera alors diligentée, le préfet ainsi que les instances de police du département examineront le dossier .

Si le candidat est retenu, il sera appelé à remplir ultérieurement un engagement à servir dans le SVC. Cet engagement a une durée d’un an et peut être renouvelé, mais il est possible de se désengager par lettre recommandée ou d’être radié .

En aucun cas il ne sera demandé au candidat de passer une visite médicale .

La durée des missions est variable (avec néanmoins un minimum de deux heures par mois) et l’affectation se fait en fonction de la disponibilité de chacun .

La seule condition est d’avoir au moins dix-sept ans (il n’y a pas d’âge limite) et d’être citoyen de l’Union Européenne ou de l’espace économique européen (donc la Suisse).

Voici qui est explicite, si l’on n’avait pas encore compris : ce sont bien là un dispositif de Milice, de délation, de surveillance, sorte de gangs policiers, dont on ne sait ni les droits officiels, leurs équipements (apparemment, déjà un micro), voire leurs armements (moins probable, mais qui sait), leur autorité officielle (sont-ils des « représentants d’État » officiels et, en tant que tels, disposent des mêmes pouvoirs d’intimidation et de répression que toute police déjà existante).

Ces Milices d’État ne sont sûrement que les prémisses de prochaines milices davantage nationalistes, car qu’est-ce qui interdit à l’État de créer des milices qui soutiennent des rafles de sans-papiers, par exemple, de squats, etc.

En outre, il semble que la loi LOPPSI 2 ne fait que GÉNÉRALISER et OFFICIALISER sur tout le territoire ce dispositif, déjà existant dans plusieurs secteurs, comme l’atteste ce blog de recrutement de la police :

En situation de mouvement social, de manifestations syndicales ou sauvages, d’émeutes en banlieues, d’occupations et de blocages, quelles seront les conséquences de l’élargissement et du durcissement de ce nouveau dispositif d’État ?

[Source : quebec.indymedia.org]

D’après des camarades, de nouveaux articles du même genre ont été publiés récemment, que ce soit aux DNA ou au journal 20 Minutes local.

Ainsi cet article datant du 7 novembre 2010, trouvé dans L’Alsace :

Quand ton voisin devient ton flic

Sécurité : Le Haut-Rhin expérimente la surveillance par les voisins

Plusieurs communes servent de banc d’essai au dispositif « participation citoyenne ». Mais, à Soultz, la première tentative a tourné court.

Soultz est la première des communes haut-rhinoises à avoir signé, avec la sous-préfecture et la gendarmerie, une convention pour la mise en place du dispositif « participation citoyenne ». Objectif : développer des réseaux de citoyens, en liaison avec la gendarmerie et la mairie, afin d’éliminer tout ce qui peut nuire à la tranquillité des riverains : cambrioleurs, vandales, chauffards, etc. Le tout, sur le modèle anglo-saxon (voir ci-dessous et ci-contre).

Soultz était également la première commune à organiser, vendredi soir, une réunion publique avec les habitants du premier quartier retenu. Du coup, la soirée, à la Halle aux blés, avait valeur de lancement de l’opération.

La réunion est annulée, faute de participants

Mais, à 19h45, trois quarts d’heure après l’heure H, sur les 66 familles du Nouveau Monde, l’un des plus récents quartiers pavillonnaires de la commune, seul un couple avait fait le déplacement ! Malgré les courriers adressés à tous les habitants.

Du coup, on pouvait se dire qu’il aurait été plus avisé de circonscrire l’expérience au centre-ville où, une semaine avant, deux vitrines et une demi-douzaine de véhicules venaient d’être vandalisés : là, les habitants seraient peut-être venus (à noter que le coupable a été arrêté depuis)…

Ou encore, que les riverains du Nouveau Monde se sentent peut-être suffisamment rassurés par la présence, à Soultz, de deux brigades de gendarmerie, du siège des brigades vertes, d’une police municipale (armée) et de la vidéo-surveillance — même si une partie de ces dispositifs n’ont pas vocation à se déployer localement — pour ne pas être tentés d’apporter leur contribution à « la démultiplication de l’action de la gendarmerie ».

Les élus, le maire Thomas Birgaentzlé en tête, et le sous-préfet de Guebwiller Arthur Soêne, ont en tout cas pris acte de la désaffection du public. Les gendarmes ont remballé projecteur et exposés. Et les trois parties ont convenu d’annuler. Mais pas sans que le sous-préfet n’ait rappelé qu’une telle innovation est « majeure, pour la protection de l’environnement du citoyen, de ses biens et de son entourage ». Et aussi cette évidence : « Sans la participation des citoyens, tous nos efforts ne sont rien. »

Vu les circonstances, Gérald et Augusta Mielle, seuls représentants de leur quartier, ont été les « héros » involontaires de la soirée, chaleureusement félicités « pour (leur) civisme » par le sous-préfet. Ce dernier n’a d’ailleurs pas manqué de les solliciter pour un rôle de référents. M. Mielle a décliné, invoquant des obligations professionnelles : « C’est une mission, a-t-il fait valoir, et il faut être en capacité de la mener ». En aparté, il confie que « des voisins retraités seraient mieux à même de le faire ». D’autant que « certains sont déjà impliqués dans la vie associative ».

En tout cas, le sous-préfet estime n’avoir « pas encore perdu la manche », tandis que le maire envisage de « passer de maison en maison pour comprendre pourquoi les gens ne sont pas venus ».

Signaler les présences suspectes

Avant le Haut-Rhin, le dispositif « participation citoyenne » a déjà été expérimenté dans les Alpes-Maritimes, le Loir-et-Cher, le Nord, la Drôme, l’Hérault et l’Allier. Visant à mobiliser la vigilance des habitants sur leur propre sécurité, il consiste essentiellement à signaler « présences suspectes ou agissements douteux de personnes étrangères aux lieux », afin de « mettre en place des contrôles orientés ou des services de surveillance générale ». Le tout en liaison avec la gendarmerie, la police municipale et la mairie et en faisant du « référent de quartier désigné par ses pairs, le maire et les forces de sécurité », une pièce maîtresse du dispositif.

L’exemple soultzien démontre à l’envi qu’il faudra d’abord vérifier que l’idée correspond bien à un besoin et que les quartiers retenus sont bien ceux dont parle le texte de référence : « Particulièrement visés par les délits d’appropriation (vols, cambriolages). »

La proximité de la RN 83

À Soultz, en marge de la réunion avortée, un officier a surtout évoqué des potentialités, plus que des faits ou des chiffres : la proximité de la RN 83 (à partir du carrefour du… Nouveau Monde), propice à la fuite rapide des malfaiteurs, et l’attrait d’un lotissement aux maisons neuves, évocatrices de butins intéressants.

Resteront ensuite toutes les questions de nature à nourrir un débat plus politique, qu’elles aient trait au respect de la liberté individuelle et de la vie privée, éventuellement écornées par une surveillance de proximité érigée en système, ou à la couverture légale des membres du réseau, voire au bon sens, qui enseigne que l’esprit civique et d’entraide n’a pas attendu ce dispositif pour animer certains esprits.

Cinq communes impliquées

En plus de Soultz, quatre autres communes sont pressenties pour expérimenter le dispositif.

Ribeauvillé. Le député-maire Jean-Louis Christ nous a fait valoir que, dans sa ville, « on ne va pas stigmatiser un quartier : ce serait une grave erreur ». C’est donc « l’ensemble du centre-ville » qui, selon lui, devrait faire l’objet de l’expérience. Fin de semaine, un adjoint au maire était chargé de mettre l’opération sur pied avec la gendarmerie.

Lutterbach. Le directeur général des services municipaux Francis Wira indique que le maire a proposé La Petite Venise. « Parce qu’il est bien identifié géographiquement et qu’il était prévu qu’on y rencontre de toute façon les habitants pour parler de circulation et de sécurité plus largement ». Pour autant, précise M. Wira, « ce quartier, déjà relativement ancien et principalement pavillonnaire, ne présente pas de difficultés particulières ». En plus, ajoute-t-il, « c’est le quartier du maire et on pensait qu’il serait plus facile d’y travailler ». À Lutterbach, la réunion publique avec les habitants a lieu mardi soir.

Cernay. Le premier adjoint Jean-Paul Omeyer a rendez-vous demain avec le capitaine de gendarmerie : « Chez nous, ce serait autour de la rue de l’Argonne, prévoit l’élu, qui précise toutefois : Ce n’est pas un quartier obligatoirement difficile, même s’il y a eu quelques cambriolages pendant les vacances ». « Il s’agit surtout, pense avoir compris M. Omeyer, de mener l’expérience dans des quartiers où on est sûr d’avoir un pilote qui tienne la route. » « De plus, estime-t-il, cela compléterait le système de vidéo-surveillance en train d’être mis en place. » Mais, prévient M.Omeyer : « Je ne veux pas qu’on mette en place des milices. C’est bien, à condition qu’on maîtrise. »

Altkirch. Pour l’instant, rien de fait, indique-t-on à la mairie.

Un trait d’union police-nation

Les futurs volontaires citoyens se reconnaîtront à leur blouson coupe-vent bleu marine orné d’un insigne rappelant leur engagement.

Renforcer l’action préventive, rapprocher les citoyens et leur police, favoriser l’intégration : c’est l’essentiel des missions qui seront confiées aux futurs « Citoyens volontaires ».

Cette formule de bénévolat civique est développée pour l’instant dans 26 départements dits « sensibles », dont le Haut-Rhin. Le service volontaire citoyen a été présenté hier matin à la préfecture par Michel Guillot, préfet du Haut-Rhin et Jean-Christophe Bertrand, directeur départemental de la sécurité publique, qui était entouré de ses chefs de circonscriptions.

« Les “Volontaires citoyens” ne sont ni des policiers, ni des travailleurs sociaux, ni des psychologues, ni des médiateurs au sens où on l’entend légalement. Ce sont des hommes et des femmes de tous âges (17 ans au moins), prêts à consacrer quelques heures de leur emploi du temps à assurer et renforcer les liens entre la population et sa police. Une sorte de “modem intelligent” dans le cadre de missions comme l’accueil et le contact avec la population dans les commissariats, l’explication aux citoyens des principes de respect de la loi lors de la participation à des actions de sensibilisation, ainsi que la médiation et la prévention (notamment dans les quartiers sensibles) », ont expliqué les intervenants de la police nationale.

Des missions qui seront confiés à ces bénévoles après plusieurs séances de formation portant notamment sur le cadre institutionnel, partenarial et juridique de l’action policière. De même, avant chaque mission spécifique, une information opérationnelle sera dispensée sur les objectifs attendus et sur les méthodes.

« Oser le civisme » : une formule originale qui devrait permettre aux citoyens de mieux connaître ceux qui ont quotidiennement en charge leur sécurité.

[Sources : le Jura libertaire ; DNA ; l’Alsace ; Indymedia-Québec]

 

 

http://www.parisseveille.info/les-premieres-milices-citoyennes-a,2684.html

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