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21 août 2010 6 21 /08 /août /2010 01:17

 

Manifeste pour une humanité libérée

Un Manifeste toujours d'actualité (1976)

L'humanité vit une crise profonde et globale; des peuples entiers en saignent et en meurent. Mais les sociétés riches, accaparées par leurs possessions, entravées par leurs appareils, enfermées dans leurs problèmes, se réfugient encore derrière la façade de leurs certitudes. Les sociétés industrielles « avancées » sont, en général, aveugles sur leur propre situation, dans une fuite en avant qui les rend incapables de remettre en cause les moteurs de leur type de développement et les finalités concrètes de leur existence. Elles ne s'aperçoivent pas qu'elles sont structurées pour développer des inégalités croissantes dans chaque pays et entre les pays. Dans leurs pratiques, ces sociétés sont sourdes aux cris qu'élèvent les hommes en détresse ou en révolte : peuples dominés, nations humiliées, jeunesse ignorée ou méprisée. Des responsables et des élites du tiers-monde veulent sortir leurs pays d'une situation d'infériorité et de misère. Ils proposent pour cela un nouvel ordre économique international qui récuse le droit des forts à exercer librement leur domination et qui requiert de tous des devoirs de solidarité. Mais à peine ébauché, ce nouvel ordre se trouve menacé par des divisions profondes ; une rupture entre les pays du Nord et les pays du Sud est même possible. Les conséquences en seraient incalculables pour les uns et pour les autres. Une telle coupure provoquerait des bouleversements, des désordres dans tous les pays et sans doute des conflits meurtriers dont les plus faibles seraient encore les victimes. Cependant, il serait tout aussi dangereux de répondre à l'exigence de la construction d'un nouvel ordre économique par des propositions hypocrites ou dilatoires. Les jeunes, les faibles, les démunis, les «sans voix » du monde ne peuvent plus accepter de vivre sans avenir et sans espoir. Aujourd'hui, l'appel de cette humanité pauvre et opprimée devient revendication, contestation, clameur, révolte, volonté révolutionnaire. Nous devons y répondre en adoptant collectivement une autre conduite et des pratiques différentes permettant le véritable développement de tout homme et de tous les peuples. Cela va exiger, à n'en pas douter, des transformations radicales et parfois douloureuses dans le comportement social des individus et des groupes. La résistance des structures et des mécanismes des sociétés industrielles sera grande et la réaction "des groupes sociaux privilégiés sera très forte.
C'est pourquoi, face à une telle situation, nous dénonçons : - un prétendu ordre social qui crée l'inégalité, l'injustice et le désordre humain ; - une amélioration de la qualité de la vie qui exclurait une répartition équitable des richesses du monde et serait un défi au droit à l'existence des peuples sous-développés ;
- un semblant de justice qui n'octroierait pas la dignité et la liberté à tout homme et à tout peuple ; - des idéologies et un nationalisme qui aboutiraient à constituer des rapports de forces contraires à la solidarité entre les peuples et entre les générations ; - un progrès technique et une croissance économique qui auraient pour conséquence d'accroître les inégalités de travail et de vie à l'intérieur des pays et entre pays ; - une société enfin qui manquerait du sens de la mesure, bloquée sur un type de rationalité, incapable de s'ouvrir à toutes les exigences de l'humain.
La construction d'un nouvel ordre économique international ne saurait s'identifier à une simple remise en ordre ou à un ajustement du modèle actuel de croissance. Une remise en cause profonde de ce type de société s'impose. Pour atteindre un nouvel objectif, nous proposons de constituer des forces et de soutenir activement les groupes capables de : - reconnaître les droits des nouveaux partenaires de l'économie mondiale, Etats ou groupes sociaux ; - être ouvert aux aspirations des autres peuples et des nouvelles générations; accepter que leur vision de l'avenir puisse se projeter d'une manière toute différente de la nôtre, même et surtout si cela dérange l'ordre des choses existant ; - admettre l'interdépendance des avenirs économiques en accordant une priorité aux besoins fondamentaux, individuels et collectifs, en tenant compte aussi des choix de développement et des choix de société des pays neufs et des jeunes du monde ; - faciliter partout la pratique et les objectifs de ceux qui veulent compter d'abord sur leurs propres forces, avec tout ce que cela entraîne en matière de choix de gestion et de responsabilité ; - contribuer à résoudre les grands problèmes globaux du monde : crise alimentaire, exode rural, racisme et recrudescence de la violence ;
- travailler à l'aménagement
de l'espace mondial et du temps de tous les hommes comme construction d'une grande oeuvre collective ; - considérer que les pays neufs et la jeunesse du monde sont les premiers partenaires avec lesquels doit s’établir une authentique coopération pour des solidarités entre régions du globe et entre générations.
Convaincus de la gravité de la partie qui se joue aujourd'hui pour le devenir du monde, estimant que la construction d'un nouvel ordre économique et social international est une oeuvre trop importante pour être laissée entre les mains des seules élites au pouvoir, percevant une résistance active et passive à la mise en cause du modèle de croissance qui a présidé aux choix des sociétés industrielles, souhaitant un véritable dialogue entre le Nord et le Sud et entre les générations, où les plus forts viendraient à douter de leurs certitudes pour faire place à l'imagination créatrice des faibles, nous en appelons à l'opinion publique et à tous les responsables quelles que soient leurs appartenances idéologiques, religieuses ou philosophiques, en leur demandant de prendre en compte dans leurs actions les sept points de la déclaration suivante :
1. Nous reconnaissons que l'humanité a besoin d'une nouvelle visée directrice, d'un nouveau vouloir commun pour remplacer la froide organisation rationnelle de nos sociétés par une qualité de tous les rapports humains et l'extension des solidarités à la terre entière.
2. Nous devons travailler à construire de nouvelles formes d'interdépendance et de solidarité, respectueuses de l'autonomie des groupes et des pays les plus faibles et capables de neutraliser les causes permanentes d'agressivité et de conflit.
3. Nous devons en particulier pour cela supprimer les causes d'infériorité et d'humiliation qui sont dues aux divers effets de domination, consciente ou non, que les groupes ou pays les plus forts exercent sur les démunis et les faibles.
4. Nous nous engageons à soutenir les efforts qui sont faits pour redécouvrir, comprendre et revaloriser l'héritage des savoirs pratiques, des outils et des structures de vie dont les formes actuelles nous écrasent, mais dont la mémoire retrouvée pourrait faire des moyens de libération parmi d'autres.
5. Nous nous efforçons de faciliter la pleine utilisation de l'expérience vécue et des capacités de création des travailleurs, des consommateurs et d'une façon générale des citoyens pour qu'ainsi se constitue le contre-pouvoir concret, nécessaire à la mise en cause du modèle actuel de société.
6. Nous luttons pour que s'organise la résistance active à l'aliénation et à la dépersonnalisation et pour que s'affirme comme pouvoir réel une volonté politique de contrôle sur les pouvoirs économiques et techniques.
7. Nous nous engageons à devenir les artisans exigeants de la construction d'un nouvel ordre économique et social international, en étant les promoteurs d'une véritable coopération entre les peuples et les générations, et les messagers d'une volonté de concertation qui ne se démente jamais.
La revendication de justice des pays de la faim, du sous-emploi et de la servitude ne peut plus être dissociée de l'attente même des sociétés industrielles pour un avenir mieux maîtrisé, plus juste pour tous, plus respectueux des hommes et des peuples. Le nouvel ordre mondial ne peut résulter que d'une nouvelle volonté politique commune. Ne pas démissionner devant une pareille tâche implique certes un grand effort collectif, mais cet effort est tout simplement le prix du futur. 
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http://rogergaraudy.blogspot.com/
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    Qui est Garaudy ?
  Garaudy est un grand philosophe du XXe siècle. Né à Marseille en 1913 dans une famille de petits employés, Roger Garaudy commence son engagement comme militant protestant, ce qui ne l'empêche pas d'entrer en 1933 au Parti communiste et d'y faire une ascension fulgurante après guerre, tout en poursuivant des études de philosophie. Mobilisé en 1939, il est déporté dans les camps vichystes d'Afrique du Nord. Il se montre très critique à l'égard du régime de Vichy au point d'être condamné à mort. Mais les soldats musulmans refusent de le fusiller. C'est là un événement fondateur dont il montrera l'importance par la suite. Devenu membre du Comité central du Parti en 1945, il est élu député communiste du Tarn (1945-1951), puis de la Seine (1956-1958), et sénateur de Paris (1962).
Directeur du Centre d'études et de recherches marxistes, il fut pendant des années le philosophe officiel du Parti, avant d'en être exclu en juin 1970, après sa protestation face à l'invasion de Prague par les soviétiques. Il devient alors catholique  sans renier son idéal communiste. Il pense même que christianisme et marxisme sont complémentaires et se sent très proche des théologies de la libération.
Garaudy a évoqué dans son œuvre la plupart des grands événements du XXe siècle en ne cessant de souligner le fossé entre les pays riches et les pays pauvres et en dénonçant le « monothéisme du marché », la course effrénée de la société occidentale derrière le profit et l'individualisme de jungle. Mais ses analyses les plus fines, il les a réservées à l'esthétique. 60 œuvres qui annoncèrent le futur (Skira) paru en 1974, est un véritable chef-d'œuvre. Il y montre que les grandes œuvres d'art, à chaque époque, manifestent les rapports que l'homme établit avec son environnement, avec ses semblables et avec Dieu.
En 1982, il se convertit à l'islam sans renier ses idéaux antérieurs. L'islam est une religion qui « subsume » les deux autres, qui parachève la révélation. Il veut aussi être du côté des « dominés » et de ceux qui lui ont jadis épargné la vie. Il a créé sa propre fondation en Espagne à Cordoue, la fondation Roger Garaudy. Avec Senghor, il a aussi créé sur l'île de Gorée l'Université des Mutants (un mutant étant un homme ou un groupe d'hommes portant en lui le projet d'un ordre économique, social et culturel nouveau et préparant ainsi une « mutation historique ».).
En 1996, il publie Les Mythes fondateurs de la politique israélienne qui lui vaut un procès et le lynchage des médias. Depuis lors, on ne trouve plus, dans les librairies occidentales, un seul livre de Roger Garaudy.
Durant sa période communiste, Garaudy a été un porte-parole du matérialisme historique. Mais ses idées dépassent largement une simple illustration des idées de Marx et Lénine. Il a notamment montré l'importance de la révolution scientifique et technique propre au XXe siècle, la révolution cybernétique : il est l'un des seuls hommes de gauche à souligner ce qui est à ses yeux la grande chance de demain à condition qu'elle s'accompagne d'une révolution dans les rapports sociaux. Il insiste sur l'exigence révolutionnaire que mettent dans leur foi un nombre de plus en plus grand de chrétiens qui sont « de la même famille » que les marxistes et qui peuvent et doivent avec eux préparer la société socialiste de demain. Enfin, il affirme que l'éducation esthétique doit faire de chacun de nous un « militant de la révolte » contre toutes les aliénations et un « poète de la création ».
Aujourd'hui, Garaudy ne renie pas l'idéal communiste qui a toujours été le sien, mais il pense aussi que « le communisme n'a jamais existé », c'est-à-dire que son idéal a été assez vite trahi par l'Union soviétique et les régimes mis en place dans les pays de l'Est.
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    La critique de l'Occident et le dialogue des cultures
L'œuvre de Garaudy a été écrite sous le signe du « dialogue des civilisations » mais surtout des cultures non occidentales. Selon lui, du XVIe siècle à la fin du XXe siècle, le développement du monde occidental a reposé sur trois primautés : celle de l'action et du travail (« C'est en agissant sans relâche que l'homme déploie toute sa grandeur », dit le Faust de Goethe), celle de la raison (l'esprit étant réduit à la seule intelligence) et celle de la croissance vue en termes quantitatifs (production de besoins artificiels et des moyens de les assouvir). Pour Roger Garaudy, un tel modèle ne pouvait conduire qu'à la crise que nous connaissons aujourd'hui.
D'après lui, nous sommes en train d'assassiner nos petits-enfants : notre modèle de croissance dilapide en une génération des richesses accumulées dans les entrailles de la terre depuis des siècles. Cette politique tue déjà chaque année, par la faim, cinquante millions d'êtres humains dans le tiers monde  et accule ceux-ci  à l'extermination ou à la révolte. Et l'on propose, aux Etats-Unis et en France, des « forces d'intervention militaire »… Cette crise, par ses violences qui nous poussent au suicide nucléaire, à la désintégration de notre société et de ses idéologies, est la plus grave qu'ait jamais traversé une civilisation.
Pour la mesurer et la surmonter, Roger Garaudy prend le recul de cinq mille ans d'histoire et d'un dialogue universel avec les civilisations de l'Asie et de l'Afrique, de l'Amérique latine, de l'Islam. Il évoque aussi les plus belles visions prophétiques des hommes mais aussi le sens d'un socialisme islamique, indien, chinois, africain, et débouche, pour l'Occident, sur un projet politique concret : à partir d'un tableau économique rigoureux de nos gaspillages, mais aussi de nos ressources et de nos possibilités, et d'une rencontre inédite de la politique et de la foi, il trace le plan d'une nouvelle croissance, en rupture avec les politiques, les technocrates et les intégristes de tous bords.

Pour lui, la création d'un avenir heureux exige que soient retrouvées toutes les dimensions de l'homme développées dans les cultures non occidentales. Comprendre la vie, c'est d'abord la saisir dans son unité. Il développera cette thèse dans Pour un dialogue des civilisations (Denoël, 1977) et dans Appel aux vivants (Seuil, 1979) en témoignant de l'expérience planétaire qui l'a conduit à cette certitude et en présentant un projet politique concret.
Les religions de la Chine et du Japon ont enseigné à l'homme la fusion de tous les éléments avec le grand Tout. Le taoïsme exige l'insertion dans le principe universel qu'il saisit par une connaissance intuitive, par une contemplation au terme de laquelle se concrétise l'union de l'homme et de la nature. Le bouddhisme qui, de l'Inde, gagnera massivement l'ensemble de l'Asie, enseigne que l'homme ne mettra fin à ses souffrances qu'en renonçant au désir et au plaisir et en se fondant dans l'éternité comme une tasse d'eau versée dans la mer. L'école bouddhiste Tch'an (Zen, en japonais) met l'accent sur la nécessité de libérer l'esprit afin qu'il puisse accueillir l'illumination.
Pour les peintres chinois de l'époque Song (de 960 à 1279), la nature n'est pas une matière inerte dont on cherche à se rendre maïtre. L'univers forme un tout animé d'un même mouvement de vie, englobant aussi bien la rivière que les sommets des montagnes, l'arbre que les rochers, les nuages que l'oiseau, et l'homme n'est qu'un moment de ce cycle éternel.La peinture est un medium de l'expérience zen. Contrairement à nos tableaux de la Renaissance, l'artiste ne cherche pas à représenter un spectacle, mais à communiquer un état d'âme de la nature. IL saisit les lignes de force d'un paysage et en compose le yin et le yang, les contrastes et les tensions.
L'art africain tente, lui aussi, de « rendre visible l'invisible » (l'expression est de Paul Klee). Au contraire de l'art grec, qui part de l'individuel pour en extraire les lignes essentielles, le créateur africain part de son expérience vécue du grand Tout pour donner une forme concrète à ses talismans. Un masque, par exemple, doit être avant tout considéré comme un condensateur d'énergie. La force qu'il contient et qu'il dégage a pour sources la nature, les ancêtres et les dieux. Les oeuvres africaines n'ont pas été créées pour la contemplation. Ce sont des objets de participation destinés à l'accomplissement de cérémonies rituelles. Quand les Africains dansent avec leurs masques, ils y puisent une énergie qu'ils irradient dans toute la communauté.
L'art musulman appelle des remarques analogues à celles que Garaudy fait à propos des arts de la Chine, du Japon ou de l'Afrique : partir du sens pour déchiffrer le signe. La conception islamique du monde n'incite pas à la représentation réaliste. Pour elle, toute image détourne le croyant de la prière pure, l'amène à prendre conscience de l'unité de Dieu. Ainsi, la mosquée est-elle décorée des versets du Coran. Le développement de la calligraphie s'explique d'ailleurs par le caractère même de l'Islam, religion centrée sur un texte sacré, parole de Dieu dont Mohamed n'est que le messager.
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    Garaudy est-il un antisémite ?
Garaudy témoigne de beaucoup de respect pour les trois religions du livre. Mais suite à la publication des Mythes fondateurs de la politique israélienne (1996), il a été taxé d'antisémitisme.
En fait, ce que Garaudy a voulu mettre en cause dans ce livre, c'est l'impérialisme israélien, le sionisme. Les Israéliens cherchent à justifier l'expulsion des Palestiniens de leurs terres et la domination qu'ils leur font subir. Pour cela, ils instrumentalisent la Bible où Dieu a choisi un peuple et une terre, « la terre promise ». En quelque sorte, les Israéliens ne feraient qu'accomplir cette promesse faite par Dieu dans l'Ancien Testament. En outre, ils instrumentalisent la shoah en jouant sur le sentiment de culpabilité des Occidentaux qui n'ont pu empêcher le massacre des juifs.
Garaudy a fait œuvre d'historien et met en doute le chiffre de 6 millions de juifs morts dans les camps de concentration. Mais au-delà des chiffres il reconnaît le génocide. Ce qui a suscité le scandale, c'est qu'il affirme n'avoir trouvé dans les nombreux documents qu'il a consultés aucune trace des chambres à gaz. Les juifs auraient été décimés par le travail forcé et le typhus et les crématoires servaient à brûler les cadavres des victimes. Il n'y aurait pas de témoins fiables. On peut penser  en effet que les nazis avaient effacé toutes traces de leur ignominie ! Des tortures auraient été infligées aux prisonniers nazis pour leur faire avouer leur génocide. On a donc fait de Garaudy un négationniste. L'antisionisme radical de Roger Garaudy l'avait déjà conduit, dès 1982, à placer sur le même plan sionisme et nazisme.
L' « affaire Garaudy » est d'abord révélée par le Canard enchaîné en janvier 1996, suivi par quelques quotidiens nationaux, entraînant contre lui le dépôt de plusieurs plaintes avec constitution de partie civile pour contestation de crime contre l'humanité, diffamation publique raciale et provocation à la haine raciale par des associations de résistants, de déportés et des organisations de défense des droits de l'homme. Puis, le scandale est médiatisé en avril :  Roger Garaudy est contraint de s'éloigner de la vie médiatique. Converti à l'Islam depuis le début des années 1980, il avait reçu pendant le procès le soutien d'intellectuels de pays arabes et musulmans au nom de la liberté d'expression.
Roger Garaudy a été condamné le 27 février 1998, au titre de la loi Gayssot (jugée négativement à l'époque de son adoption par de nombreux hommes politiques  et des spécialistes du droit et de l'histoire), pour contestation de crimes contre l'humanité et diffamation raciale. Depuis lors, ses ouvrages, si célèbres pendant les années 60 à 80,  sont introuvables dans les librairies occidentales.
Cette affaire a suscité l'écriture d'un dernier ouvrage, son testament spirituel en quelque sorte,  Le terrorisme occidental (Al-Qalam, 2004).

Quoi qu'il en soit, Garaudy est un philosophe engagé dans son siècle , un des plus grands témoins de son temps.

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