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18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 05:03

« Les origines religieuses du mondialisme »

Article placé le 24 fév 2009, par Mecanopolis

Entretien avec Hervé Ryssen

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Hervé Ryssen, vous venez de publier un livre qui met enfin en pleine lumière la logique mondialiste et ses soubassements religieux. Depuis trop longtemps, en effet, les intellectuels de la mouvance nationale n’osent pas aborder les « sujets qui fâchent » et s’interdisent de dénoncer la propagande cosmopolite. Pourriez-vous tout d’abord expliciter le titre de votre livre pour nos lecteurs ?

HR : Je me suis penché sur la production écrite des intellectuels juifs afin de tenter de comprendre leur vision du monde. Après avoir lu des dizaines d’essais politiques, de romans et de récits en tout genre, je me suis aperçu que le mot « espérance » apparaissait régulièrement dans les textes. Il s’agit bien entendu pour eux de l’attente d’un monde meilleur, du messie et de la « terre promise ». Rappelons que si les chrétiens ont reconnu leur messie, les juifs attendent toujours le leur. Cette attente messianique est au cœur de la religion hébraïque et de la mentalité juive en général, y compris chez les juifs athées. C’est le point fondamental. Quant au terme « planétarien », c’est un néologisme qui ne signifie rien d’autre que l’aspiration à un monde sans frontière.

Mon travail est exclusivement centré sur les intellectuels juifs. Contrairement à ce que beaucoup de gens peuvent penser, l’utilisation du mot « juif » ne tombe pas encore sous le coup de la loi. Je sais bien que nombreux sont ceux dans le milieu nationaliste qui se mettent à avoir des sueurs à la simple évocation de ce mot, mais c’est probablement parce qu’ils craignent de tenir des propos antisémites, qui sont effectivement aujourd’hui lourdement condamnés. Personnellement, je n’éprouve nullement cette crainte, puisque mes travaux sont exclusivement basés sur la recherche à travers les sources hébraïques. Disons que j’ai une approche rationnelle du sujet, et, osons le dire, totalement dépassionnée.

On entend effectivement souvent parler chez les juifs de « terre promise » et de « messie », mais nous avons toujours du mal à comprendre ce que ces concepts signifient. La « terre promise », n’est-ce pas l’Etat d’Israël ?

HR : Historiquement, c’est bien la terre du pays de Canaan, que Yahvé à donné à Abraham, ainsi qu’on peut le lire dans la Genèse, le premier livre de la Torah. Mais avant même la destruction du second Temple par les légions romaines de Titus et la dispersion, de nombreux juifs vivaient déjà dans la diaspora. Il n’en demeure pas moins qu’en 1917, avec la déclaration Balfour qui créait un « foyer juif en Palestine », certains juifs ont pu penser qu’en récupérant la « terre promise », les temps messianiques étaient enfin proches. Mais il ne faut pas oublier que d’autres juifs, beaucoup plus nombreux, pensaient à alors la même époque que cette terre promise se situait plus au Nord, dans cette immense Union soviétique où, après la révolution d’Octobre 1917, tant de juifs apparaissaient aux plus hauts échelons du pouvoir. Cependant, il suffit de lire des textes un peu plus anciens pour s’apercevoir qu’au XIXe siècle, c’était la France – le pays des droits de l’homme – qui soulevait tous les espoirs et constituait aux yeux des juifs du monde entier la « terre promise ». La Vienne du début du XXe siècle, ou l’Allemagne de Weimar durant l’entre-deux guerres ont aussi pu être considérées comme des « terres promises », tant la culture et la finance, notamment, étaient à ce moment-là très largement influencées par les banquiers, les intellectuels et les artistes d’origine juive.

On notera que cet espoir se termine toujours par une cruelle désillusion. Le fait est que l’Etat d’Israël ne constitue pas un havre de paix, c’est le moins que l’on puisse dire. Quant à la Russie judéo-bolchevique, elle s’est retournée contre les juifs qui ont été évincés du pouvoir après la Seconde Guerre mondiale. La « France des droits de l’homme » est aujourd’hui en voie de tiers-mondisation, et l’on entend depuis 2001 certains juifs appeler à fuir ce pays « antisémite », où les juifs subissent de plus en plus la colère des jeunes Arabes. Bref, pour les juifs, tout semble se finir toujours très mal, où qu’ils aillent, quoi qu’ils fassent.

La « terre promise » s’est aussi pendant longtemps incarnée dans le rêve américain. Dès les années 1880, des dizaines de milliers de juifs d’Europe centrale partent pour les Etats-Unis où ils espèrent une vie meilleure, loin des Cosaques, des pogroms et de ce tsar honni. Mais la « terre promise » la plus récente fut évidemment la Russie après l’effondrement du soviétisme. En quelques années, une poignée d’« oligarques » avait réussi à mettre le grappin sur une grande partie des richesses russes privatisées. Le plus connu d’entre eux, le milliardaire Khodorkovski, dort aujourd’hui dans les prisons de la nouvelle Russie de Vladimir Poutine. Manifestement, cette nouvelle « terre promise » n’a pas non plus été la bonne ! Bref, vous l’avez compris, depuis la sortie du ghetto, les juifs ne cessent de changer de « terre promise », et leur errance se termine systématiquement par une déception. Seuls les Etats-Unis représentent toujours à leurs yeux cet Eldorado et nourrissent encore leurs espérances. Mais pour combien de temps ?

Vous nous entretenez ici d’histoire et de géographie, mais le messianisme et l’idée de terre promise ne sont-ils pas plutôt des concepts religieux ?

HR : Nous rentrons ici au cœur du sujet. Si vous allez discuter avec un rabbin dans la rue des Rosiers, il va immédiatement vous dire que les juifs aspirent par-dessus tout à l’instauration d’un monde de Paix, un monde dans lequel tous les conflits auront disparu, qu’il s’agisse des conflits sociaux, ou qu’il s’agisse des conflits entre races ou nations. C’est à ce monde de Paix universelle qu’il faut parvenir, parce que ce monde de Paix se confond pour eux avec les temps messianiques. Les auteurs sont ici assez clairs. Voici ce qu’écrit le philosophe Emmanuel Lévinas à ce sujet : « On peut grouper les promesses des prophètes en deux catégories : politique et sociale. L’aliénation qu’introduit l’arbitraire des puissances politiques dans toute entreprise humaine, disparaîtra ; mais l’injustice sociale, l’emprise des riches sur les pauvres disparaîtra en même temps que la violence politique… Quant au monde futur, poursuit-il, notre texte le définit comme « humanité unie dans un destin collectif « . » (Difficile liberté, 1963, pp. 85-86.)

Le Grand Rabbin du Consistoire central, Jacob Kaplan a rappelé lui aussi dans Le vrai Visage du judaïsme (Stock, 1987) le passage célèbre qui est l’une des sources du messianisme juif : « le loup habitera avec la brebis, le tigre reposera avec le chevreau ; veau, lionceau, bélier vivront ensemble et un jeune enfant les conduira. » (Isaïe, XI, 6 à 9). « C’est évidemment une image, ajoute Kaplan, des relations qui s’établiront entre les nations, heureuses de maintenir entre elles l’union et la concorde. »

Dans son livre sur le messianisme, David Banon confirme bien cette vision du monde : « L’ère messianique telle qu’elle a été décrite par l’ensemble des prophètes consiste en la suppression de la violence politique et de l’injustice sociale (1). »

Les prophéties hébraïques nous promettent donc à la fois une progression de l’humanité vers un monde unifié, et parallèlement à cela, la suppression des inégalités sociales. On reconnaît là évidemment aussi bien les sources primitives du marxisme que celles qui inspirent aujourd’hui notre idéologie planétarienne en ce début de troisième millénaire, et qui, publicité aidant, fait rêver tant de nos concitoyens. Voilà le point central de la vision juive du monde. C’est de là qu’il faut partir si l’on veut comprendre l’univers mental des juifs. Et c’est ce qui explique que les juifs ont toujours le mot « paix » plein la bouche. Leur « combat pour la paix » est incessant.

Un exemple : En mars 2000, Chirac inaugura un « Mur pour la paix » sur le Champ de Mars, conçu par Clara Halter, l’épouse de l’écrivain Marek Halter : c’est une sorte de vestibule de verre, où la petite Clara a écrit le mot « Paix » en trente-deux langues, pour narguer, on imagine, les élèves-officiers de l’école militaire installés juste en face. Ces œuvres ont une signification religieuse que bien peu de goys peuvent déceler.

On peut donc avancer que le concept de « terre promise » ne signifie rien d’autre qu’un espoir de dimension planétaire, où toutes les nations auront disparu. C’est bien ce que nous dit le philosophe Edgar Morin, lorsqu’il écrit : « Nous n’avons pas la Terre promise, mais nous avons une aspiration, un vouloir, un mythe, un rêve : réaliser la Terre patrie (2). » Et c’est aussi ce dont parle Jacques Attali, dans L’Homme nomade : « faire du monde une terre promise (3). » C’est donc ce monde unifié, pacifié, qui sera la « terre promise ». Mais les textes nous laissent parfois penser que dans l’esprit de certains intellectuels, l’idée est prise au sens littéral : ce serait bien toute la Terre qui leur serait promise ! D’où certains comportement parfois un peu envahissants…

A en juger par la politique du président américain George Bush, il n’apparaît pas que les conseillers sionistes, qui sont nombreux à ses côtés, agissent en faveur du monde de « paix » dont vous parlez. Comment expliquez vous ces contradictions ?

HR : Il est indéniable que les chefs de la communauté juive américaine ont une bonne part de responsabilité dans la guerre en Irak. Il faut être aveugle pour ne pas le voir ; il faut être de mauvaise foi pour le nier. Leur poids politique dans les gouvernements américains successifs a d’ailleurs toujours été important depuis le début du XXe siècle. Les nationalistes américains comme le fameux aviateur Charles Lindbergh dénonçait en son temps les pressions du « lobby juif » (aux Etats-Unis, c’est un lobby parmi d’autres) pour pousser un peuple trop isolationniste à la guerre contre l’Allemagne nazie. Déjà, dans les années vingt, le constructeur Henry Ford avait pris la mesure du problème et faisait largement diffuser ce type d’informations dans un journal créé à cet effet. On rappellera encore que Madeleine « Albright » et les faucons du département d’Etat américain ont pesé aussi de tout leur poids dans la guerre contre la Serbie en 1999. Vous avez donc parfaitement raison en soulignant cette contradiction entre la foi messianique et les « opérations terrestres », si je puis dire.

Mais c’est très sincèrement que l’on vous déclarera alors que ces guerres sont « œuvre de « paix » ! Écoutez un peu Elie Wiesel, un prix Nobel de la « paix », justement, qui était naturellement un ultra-belliciste en 1991, quand il s’agissait, d’aller bombarder l’Irak : « Il ne s’agit pas seulement d’aider le Koweït, disait-il alors, il s’agit de protéger le monde arabe tout entier. » Tout les Occidentaux devaient donc se mobiliser contre « le tueur de Bagdad », coupable de faire peser une menace sur l’Etat d’Israël : « A sa guerre, écrit Elie Wiesel, il est impératif de faire la guerre. A la force destructrice qu’il emploie contre l’humanité, il faut opposer une force plus grande pour que l’humanité reste en vie. Car il y va de la sécurité du monde civilisé, de son droit à la paix, et non seulement de l’avenir d’Israël… Soif de vengeance ? Non : soif de justice. Et de paix (4). »

Vous constatez ici que l’on n’hésite pas à se draper dans les grands idéaux de paix et d’amour quand il s’agit d’anéantir son ennemi. Mais il est bien entendu hors de question que l’Etat juif s’occupe lui-même de ces basses œuvres militaires. C’est là le travail des Occidentaux, qu’il s’agit donc de convaincre, par des campagnes de « sensibilisation », d’aller déboulonner le dictateur. Une fois votre ennemi vaincu, votre inlassable combat pour la démocratie et « pour la Paix » se retrouve à nouveau en phase avec la situation politique. Après avoir écrasé ses ennemis, effectivement, on est toujours pour la « paix ».

Vous parlez de « démocratie »… Quel rapport peut-il y avoir entre un système politique et la foi messianique ? La démocratie est-elle nécessaire à l’arrivée du messie ?

HR : La démocratie n’a pas toujours été le seul cheval de bataille des espérances planétariennes. Pendant longtemps, l’idéal marxiste a aussi joué ce rôle. On sait que Marx lui-même, et la grande majorité des principaux doctrinaires et des chefs marxistes étaient juifs : Lénine avait des origines juives, Léon Trotsky, Rosa Luxemburg, Georg Lukacks, Ernest Mandel, etc., de même que la quasi totalité des leaders de mai 68. Ce n’est pas un hasard, et il n’y a guère que le petit militant communiste de base qui ne s’en rende pas compte. Le marxisme aspire à l’établissement d’un monde parfait, où les religions, comme les nations, auront disparu en même temps que les conflits sociaux. Ce schéma, on le constate, entre parfaitement dans le cadre messianique. La pensée de Marx n’est finalement que la sécularisation de l’eschatologie juive traditionnelle.

George Steiner a pu présenter le marxisme dans la perspective des prophéties bibliques : « Le marxisme, dit-il, est au fond un judaïsme qui s’impa-tiente. Le Messie a trop tardé à venir ou, plus précisément, à ne pas venir. C’est à l’homme lui-même d’instaurer le royaume de la justice, sur cette terre, ici et maintenant… prêche Karl Marx dans ses manuscrits de 1844, où l’on reconnaît l’écho transparent de la phraséologie des Psaumes et des prophètes (5). »

Ni Marx, Ni Lénine, Ni Trotsky ne croyaient en Dieu, et pourtant, leurs origines juives apparaissent en pleine lumière à travers la grille de lecture du messianisme juif. Le marxisme politique a néanmoins été marginalisé en Europe depuis la chute du Mur de Berlin. Le fait est que, dans les projets d’unification planétaire, la démocratie a triomphé partout où le communisme a échoué. On constate cependant que les groupes d’extrême gauche continuent de bénéficier de toute l’attention médiatique dans les sociétés occidentales : c’est parce qu’ils représentent le fer de lance du projet de société égalitaire et multiraciale et canalisent dans un sens mondialiste les oppositions radicales que suscite le système libéral. Cette utopie mobilisatrice est toujours nécessaire à un système démocratique désespérant, qui ne propose à sa jeunesse que de déambuler dans les supermarchés. C’est donc niché à l’intérieur même de la démocratie que le marxisme rend finalement ses meilleurs services. Marxisme et démocratie sont deux forces absolument complémentaires et indispensables l’une à l’autre dans le projet d’édification de l’Empire global. Sans le communisme, les opposants se dirigeraient immanquablement vers les courants nationalistes, et le Système n’y survivrait pas.

Après l’échec du communisme d’Etat, la démocratie multiraciale et les « droits de l’homme » seraient donc l’arme absolue des forces « planétariennes » ?

HR : L’objectif des mondialistes est de détruire les cultures traditionnelles enracinées pour parvenir à un monde uniforme. Cette aspiration à l’unité a été exprimé par le philosophe hassidique Martin Buber, qui ne paraît pas vraiment se rendre compte qu’il nous donne ici la définition exacte du totalitarisme : « Partout, écrit-il, on trouvera [dans le judaïsme] l’aspiration vers l’unité. Vers l’unité au sein de l’individu. Vers l’unité entre les membres divisés du peuple, et entre les nations. Vers l’unité de l’homme et de toute chose vivante, vers l’unité de Dieu et du monde. » (Judaïsme, 1982, p. 35). Pour parvenir à ce monde parfait, il faut donc broyer, concasser, dissoudre toutes les résistances nationales et les identités ethniques ou religieuses. L’« unité » ne pourra se faire qu’à partir de la poudre humaine et des résidus des grandes civilisations, et dans cette entreprise de destruction des civilisations traditionnelles, l’immigration joue un rôle essentiel. La doctrine des « Droits de l’homme » est ici une arme de guerre d’une terrible efficacité.

Voici ce qu’en dit le Grand Rabbin Kaplan : « Pour l’avènement d’une ère sans menace pour le genre humain, nous devrions pouvoir compter beaucoup sur la déclaration universelle des Droits de l’homme… Le respect de la Déclaration universelle des droits de l’homme est une obligation si impérieuse qu’il est du devoir de chacun de contribuer à toutes les actions tendant à la faire appliquer universellement et intégralement. » L’humanité tout entière doit s’y soumettre. Autant dire que les « Droits de l’homme » sont l’outil privilégié pour voir se réaliser les promesses de Yahvé. Là encore, ce n’est pas un hasard si René Cassin, l’inspirateur de la déclaration de 1948, était aussi le secrétaire général de l’Alliance israélite universelle. En 1945, le général de Gaulle le nomma à la tête du Conseil d’Etat. Son corps repose au Panthéon, dans le temple des grands hommes de la république.

Peut-on dire qu’il y a une homogénéité de pensée des intellectuels juifs sur la question de l’immigration ?

HR : Les intellectuels juifs peuvent être libéraux, marxistes, sionistes, religieux ou athées. Mais toutes ces divergences n’invalident en rien le fondement messianique de leurs aspirations. Et sur l’immigration, justement, je puis vous confirmer qu’il y a chez eux une unanimité. Voici par exemple ce que nous dit Daniel Cohn-Bendit, ancien leader de mai 68 et maire-adjoint de Francfort : « A Francfort-sur-le-Main, la population résidente est composée d’étrangers pour plus de 25 %, mais on peut dire que Francfort ne s’effon-drerait pas si le pourcentage d’étrangers atteignait un jour le tiers de la population globale. » (Xénophobies, 1998, p. 14.) Il est en cela parfaitement en phase avec le socialiste Jacques Attali, qui écrit, au sujet de l’Allemagne, confrontée au vieillissement de sa population : « Il faudrait en effet que la part de la population étrangère naturalisée atteigne un tiers de la population globale, et la moitié de celle des villes. » (Dictionnaire du XXIe siècle, 1998). Il y aurait aussi une autre solution, qui serait d’encourager la natalité allemande, mais Jacques Attali ne l’envisage pas, car seule une société multiraciale est garante de la réalisation des projets planétariens. Pour la France, Attali présente la même solution : « Il lui faudra tout à la fois se donner les moyens d’un net rajeunissement, accepter l’entrée d’un grand nombre d’étrangers. » (L’Homme nomade, 2003, p. 436). Un rapport récent de la Banque mondiale (novembre 2005) encourage aussi la Russie à ouvrir ses frontières et à entreprendre une grande politique d’immigration, qui serait « l’une des principales conditions d’une croissance économique stable » et permettrait de faire face au vieillissement de la population. Notons tout de même que Paul Wolfowitz, le président de la Banque mondiale, n’a jamais encouragé l’immigration arabe en Israël pour soutenir la démographie vacillante de ce pays.

Les propos allant dans ce sens se retrouvent systématiquement chez la quasi totalité des intellectuels juifs, qu’ils soit marxistes, comme Jacques Derrida, socialiste, comme Guy Konopnicki, ou libéraux, comme Guy Sorman ou Alain Minc. Les uns et les autres présentent de surcroît une fâcheuse tendance à nous prendre pour des demeurés, en nous faisant accroire, par exemple, que l’immigration n’a pas augmenté depuis vingt ans ou encore que l’insécurité ne serait en aucun cas liée à ce phénomène. Cohn-Bendit nous assure carrément que « pour enrayer le racisme, le mieux serait encore d’augmenter le nombre d’étrangers » ! Leurs propos à ce sujet sont hallucinants de culot. Voyez encore Guy Sorman qui nous explique tranquillement que la France d’antan, avec ses dialectes et ses patois, était somme toute « plus multiculturelle qu’elle l’est aujourd’hui ? » (En attendant les barbares, pp. 174-179). C’est un exemple parmi d’autres de ce culot à toute épreuve, dont ils sont très fiers, et qu’ils appellent « houtzpah » (Prononcer Rroutzpah).

L’objectif est de détruire le monde blanc, et, de manière plus générale, toutes les sociétés enracinées. Tous ces intellectuels nous assurent que cette évolution est inéluctable, et que par conséquent, rien ne sert de s’y opposer. On rappellera ici que dans le schéma marxiste, c’était déjà la société sans classe qui devait être « inéluctable ». Ecoutons le directeur de presse Jean « Daniel » : « Rien n’arrêtera les mouvements des populations misérables vers un Occident vieux et riche… C’est pourquoi la sagesse, la raison, consiste désormais à faire comme si nous allions recevoir de plus en plus d’émigrés dont il faut préparer l’accueil. » (Le Nouvel Observateur du 13 octobre 2005). Vous l’avez compris, il s’agit de nous interdire l’idée même de nous défendre. L’homogénéité du discours cosmopolite est à ce sujet vraiment étonnante.

On entend souvent dire que les juifs étaient considérés par les nazis comme une « race inférieure ». Vos recherches, je crois, tendent à démontrer qu’ils auraient plutôt tendance à se considérer eux-mêmes comme « la race supérieure ». Qu’en est-il ?

HR : Je puis vous assurer qu’il existe un orgueil immense d’appartenir au « peuple élu ». Et cet orgueil se combine chez les intellectuels, avec un mépris non moins grand pour les nations sédentaires, considérés, comme très nettement inférieures. Les propos à ce sujet sont innombrables. Voici ce qu’écrivait par exemple Bernard-Henri Lévy, dans le premier numéro du journal Globe en 1985 : « Bien sûr, nous sommes résolument cosmopolites. Bien sûr, tout ce qui est terroir, bourrées, binious, bref franchouillard ou cocardier, nous est étranger, voire odieux ». Les « patries en tout genre et leurs cortèges de vieilleries » le dégoûte au dernier degré : tout cela n’est qu’un « repli frileux et crispé sur les identités les plus pauvres ». « Parler patois, danser au rythme des bourrées, marcher au son des binious… tant d’épaisse sottise » l’ « écœure ». (L’Idéologie française, 1981, pp. 212-216).

Le philosophe Emmanuel Lévinas a exprimé lui aussi sa foi dans les vertus du déracinement et du nomadisme. Pour lui, la plus grande arriération, assurément, est celle que représentent les civilisations païennes de l’antiquité : « Le paganisme, écrit-il, c’est l’esprit local : le nationalisme dans ce qu’il a de cruel et d’impitoyable. Une humanité forêt, une humanité pré-humaine. » Assurément, tout cela ne vaut pas le génie des bédouins du désert : « C’est sur le sol aride du désert où rien ne se fixe, que le vrai esprit descendit dans un texte pour s’accomplir universellement… La foi en la libération de l’homme ne fait qu’un avec l’ébran-lement des civilisations sédentaires, avec l’effritement des lourdes épaisseurs du passé… Il faut être sous-développé pour les revendiquer comme raison d’être et lutter en leur nom pour une place dans le monde moderne (6). »

Il ne suffit donc pas à ces intellectuels de nous raconter n’importe quoi, de nous endormir avec les droits de l’homme, de nous ligoter les mains dans le dos avec les lois répressives, et de nous injecter dans les veines un corps étranger. Il faut aussi qu’ils nous glissent à l’oreille leur mépris pour nos vieilles cultures. Mais le mépris ne semble pas apaiser complètement leur esprit de vengeance. Il faut encore qu’ils nous insultent et nous crachent au visage : « ignorants, xénophobes, paranoïaques, stupides, délirants, etc. » : voilà ce que nous sommes. Dans La Vengeance des Nations (1990), Alain Minc, qui nous explique les bienfaits de l’immigration, nous assure que c’est « l’ignorance qui alimente la xénophobie » (p. 154), qu’il faut donc « lutter contre le délire xénophobe » et en finir avec cette « paranoïa française » (pp. 208). Et pour ce faire, Alain Minc propose de favoriser systématiquement les immigrés par rapport aux Français sur le modèle américain. Comme le proclame le très médiatique Michael Moore, aux Etats-Unis, dans son livre sorti en 2002, ce n’est plus vraiment la peine de prendre de gants avec ces Stupid White Men (c’est le titre du livre), puisqu’ils ne comprennent rien à rien à ce qui leur arrive.

Et je ne vous récapitulerai pas ici de tous ces films innombrables dans lesquels les cinéastes cosmopolites semblent assouvir leur vengeance contre la civilisation chrétienne et l’homme blanc en général. Il me paraît évident, au regard de toute cette logorrhée, que ces gens-là nous haïssent. S’ils étaient fluorescents, clignotants ou s’ils portaient un gyrophare sur le tête, on y verrait un peu plus clair !

Comment expliquez-vous ce sentiment manifeste de vengeance, alors que les textes religieux tendent vers la paix universelle ? D’où vient cette vengeance dont vous parlez ?

HR : L’esprit de vengeance se retrouve dans de très nombreux textes. Il transparaît sous la plume de romanciers comme Albert Cohen, dans Frères humains, ou chez Patrick Modiano (La Place de l’Etoile). Le grand Gourou américain du courant afro-centriste, Martin Bernal, qui est un « blanc », lui aussi, a lui aussi évoqué ce sentiment : « Mon but est de réduire l’arrogance intellectuelle des Européens. » Maintenant, si l’on se plonge dans un passé plus lointain, on peut se rendre compte que ces permanences ont traversé les siècles sans prendre une seule ride.

Au début du XVIe siècle, par exemple, Rabbi Chlomo Molkho, qui était considéré par de nombreux juifs comme une figure messianique, écrivit ses visions prophétiques très révélatrices dans lesquelles on retrouve l’idée d’une « vengeance contre les peuples » qui va s’accomplir. Il nous assure aussi que « les étrangers seront brisés » et que « les nations trembleront. » (Moshe Idel, Messianisme et mystique, 1994, pp. 65-66). Et Moshe Idel fait ce commentaire : « le poème de Molkho évoque clairement l’avènement d’une double vengeance : contre Edom et contre Ismaël », c’est-à-dire contre la chrétienté et l’islam, puis ajoute un peu plus loin : « Dieu révèle non seulement comment lutter contre le christianisme… mais encore comment briser la force du christianisme pour qu’advienne la Rédemption. » (page 48). C’est clair, non ?

On peut trouver ce type de délire prophétique chez bien d’autres personnages historiques juifs, tel cet Isaac Abravanel (Editions du Cerf, Paris, 1992), qui était le chef de la communauté juive d’Espagne avant l’expulsion de 1492, et qui devint un des héros mythique des Juifs d’origine ibérique. Il a lui aussi exprimé très explicitement la vengeance du peuple d’Israël contre la chrétienté et appelait déjà « toutes les nations à monter vers la guerre contre le pays d’Edom » (vision d’Obadia, dans la Genèse 20, 13) (page 256).

Pour ceux qui s’interrogent encore sur les raisons de cette haine séculaire, voici une petite explication : « Il est proche le jour où l’éternel tirera vengeance de toutes les nations qui ont détruit le Premier Temple et qui ont asservi Israël dans l’exil. Et à toi aussi, Edom, comme tu as fait lors de la destruction du Second Temple, tu connaîtras le glaive et la vengeance. (Obadia)… Toute délivrance promise par Israël et associé à la chute d’Edom. » [Lamentations 4, 22] (page 276).

Cette haine vengeresse de vingt siècles a été aussi exprimée par le philosophe Jacob Talmon, qui écrit aussi en 1965 : « Les Juifs ont des comptes sanglants et très anciens à régler avec l’Occident chrétien (7). » Pierre Paraf, l’ancien président de la LICA (Ligue contre l’antisémitisme), rappelle, par la voix d’un personnage de son roman réédité en l’an 2000 : « Tant de nos frères, marqués de la rouelle, gémissent sous le fouet du chrétien. Gloire à Dieu ! Jérusalem les réunira un jour ; ils auront leur revanche (8) ! » 2000 ans de haine ! Il faut croire que ces gens-là ont la rancune tenace !

On est effectivement assez loin des clichés du « pauvre petit juif persécuté » véhiculé au cinéma. Peut-on accréditer finalement l’idée communément admise, ou le « préjugé », que « les Juifs veulent dominer le monde » ?

HR : Vous savez, je n’ai pas d’idées personnelles à ce sujet, et je me contente d’analyser ce qui est écrit. Par conséquent, je ne puis affirmer qu’il s’agit d’une disposition générale de l’ensemble des intellectuels juifs. Mais cette idée a été exprimée par certains d’entre eux. Le livre sur Abravanel confirme cette interprétation, sur la base des textes bibliques : « A l’époque messianique, écrit-il, Schmouel a pensé que toutes les nations seraient soumises à Israël, conformément à ce qui est écrit : « Son empire s’étendra d’une mère à l’autre et du fleuve aux extrémités de la terre » [Zacharie 9, 10] » (page 181). « Lors de la délivrance à venir, un roi de la maison de David régnera. » (page 228). Ce sera « la grande paix qui régnera sur la terre à l’époque du Roi-Messie. » (page 198). Nous avons bien ici la confirmation qu’Israël milite pour la « paix » !

Dans Flammes juives (9), un roman paru en 1936, et réédité en 1999 par Les Belles Lettres, Camille Marbo raconte encore l’histoire de jeunes Juifs marocains qui quittent leur mellah dans les années 20 pour s’installer en France. On y parle explicitement de « conquête du monde par Israël. » (page 10). On trouve plus loin ces passages : « Israël doit gouverner le monde, dit Daniel… – On a peur de nous, répétait le vieux Benatar, parce que nous sommes de la race des Prophètes » (page 18) ; « Ce n’est pas encore notre génération qui peut conquérir la chrétienté. Vous pourrez, vous, jeter les fondements et vos enfants seront à pied d’œuvre. Ils se mêleront aux chrétiens. Israël mènera le monde ainsi qu’il le doit. » (page 126). Il existe encore bien d’autres textes sur le sujet.

La volonté d’instaurer un gouvernement mondial n’est donc pas un délire d’ « illuminés », comme le dirait Taguieff ?

HR : Il est bien certain que tout est mis en œuvre pour nous faire renier nos racines, nos traditions, notre histoire, nos familles et nos patries, afin de mieux nous faire accepter la société « ouverte » chère aux esprits cosmopolites et l’idée d’un gouvernement mondial. Alain Finkielkraut a insisté sur ce point : « Le Mal, écrit-il, vient au monde par les patries et par les patronymes (10). » L’homme post-moderne doit cesser de « pourchasser les traces du passé en lui-même comme dans les autres. » Son titre de gloire, « c’est d’être cosmopolite, et de partir en guerre contre l’esprit de clocher (11). » A partir de là, on peut enfin admettre l’idée d’une « confédération planétaire », comme le souhaite le sociologue Edgar « Morin » dans tous ses livres, ou mieux encore, œuvrer pour l’instauration du gouvernement mondial, ainsi que l’exprime Jacques Attali : « Après la mise en place d’institutions continentales européennes, apparaîtra peut-être l’urgente nécessité d’un gouvernement mondial. » (Dictionnaire du XXIe siècle). Tout cela, bien évidemment, n’empêchera pas le célèbre trappeur antifasciste Pierre-André Taguieff de s’indigner des élucubrations antisémites et de prétendre que l’idée domination mondiale est une aberration ou une « supercherie ».

On ne peut nier cependant que les juifs ont connu d’atroces persécutions au fil des siècles. Comment eux-mêmes expliquent-ils leurs malheurs ?

HR : C’est probablement le chapitre le plus étonnant de la question. Sur ce point, là encore, les explications sont tous concordantes et reposent la plupart du temps sur la théorie du « bouc-émissaire », qui voudrait qu’en période difficile, le gouvernement ou le peuple se retournent contre une victime toute désignée que l’on charge de « toutes » les fautes « passées, présentes ou à venir ».

Mais les principaux intéressés manifestent souvent aussi une incompréhension totale du phénomène. Ainsi, pour Clara Malraux (l’épouse de l’écrivain) la haine antisémite « est moins dure à supporter quand on la sait totalement et absolument injustifiée et que, de ce fait, l’ennemi se transforme en ennemi de l’humanité (12). » L’ennemi des juifs est l’ennemi de l’humanité toute entière. C’est aussi ce qu’exprime Elie Wiesel, qui écrit dans le tome 2 de ses Mémoires : « C’est ainsi et l’on n’y peut rien : l’ennemi des Juifs est l’ennemi de l’humanité… En tuant les Juifs, les tueurs entreprenaient d’assassiner l’humanité tout entière (13). » En effet, tuer un juif, pour ainsi dire, par nature innocent, c’est forcément s’en prendre à toute personne innocente ou à tout autre communauté. C’est donc bien se définir comme l’ennemi de l’humanité. Il y a aussi une autre interprétation, plus classique, qui se base sur l’idée que les juifs seuls se définissent comme l’humanité, les autres nations n’étant, selon une soi-disant formule du Talmud, que « la semence du bétail. »

Dans son livre intitulé Le Discours de la haine, paru en 2004, le philosophe André Glucksmann assure que « la haine des Juifs est l’énigme entre les énigmes… Le juif n’est aucunement la source de l’antisémitisme ; il faut penser cette passion en elle-même et par elle-même, comme si ce juif qu’elle poursuit, sans le connaître, n’existait pas… Deux millénaires que le juif embarrasse. Deux millénaires qu’il est une question vivante pour son entourage. Deux millénaires qu’il n’y est pour rien (14). » Vous l’avez compris, « le juif » est toujours innocent. Là encore, ce ne sont pas de témoignages isolés, et cette attitude semble être celle d’une majorité des intellectuels juifs. Emmanuel Lévinas a aussi exprimé cette opinion, tout comme un autre philosophe juif, Shmuel Trigano pour qui le phénomène antisémite est « resté inexpliqué malgré une bibliothèque immense sur le sujet (15). »

On entend aussi souvent dire que l’antisémitisme est une maladie mentale…

HR : Puisque le phénomène est inexpliqué, et que les juifs sont innocents, le problème ne peut logiquement venir que des goys. Ecoutons ce témoignage de Yeshayahu Leibowitz, philosophe des religions, trouvé dans le livre intitulé Portraits juifs : « C’est un phénomène qui est historiquement incompréhensible. L’antisémitisme n’est pas pour moi le problème des Juifs mais des goyim (16) ! » Dans le premier tome de ses Mémoires, Elie Wiesel écrit lui aussi : « Je n’étais pas loin de me dire : c’est leur problème, pas le nôtre (17). »

L’explication par le dérangement mental des antisémites se retrouve très fréquemment sous la plume des intellectuels juifs. Le livre de Raphaël Draï, Identité juive, identité humaine, publié en 1995, reprend cette idée : « L’antisémite prête au Juif les intentions qu’il nourrit lui-même à son endroit… La dimension psychopathologique d’une telle construction doit retenir l’attention… Les Juifs mis en scène sont des Juifs projectifs ; l’image « judaïsée » est propre au délire des antisémites (18). »

L’écrivain russe Vassili Grossman, a exprimé la même idée : « L’antisémitisme, dit-il, est le miroir des défauts d’un homme pris individuellement, des sociétés civiles, des systèmes étatiques. Dis-moi ce dont tu accuses les Juifs et je te dirai ce dont tu es toi-même coupable. Le national-socialisme, quand il prêtait à un peuple juif qu’il avait lui-même inventé des traits comme le racisme, la volonté de dominer le monde ou l’indifférence cosmopolite pour sa patrie allemande, a en fait doté les Juifs de ses propres caractéristiques (19). » En somme, vous l’avez compris, l’antisémite rejette sur les Juifs ses propres tares. A ce niveau-là, cela relève effectivement du domaine de la psychothérapie. Reste à savoir si c’est vraiment le goy qui en a le plus besoin !

 

Notes, Références, Liens sur le site :

 

http://www.mecanopolis.org/?p=4031

 

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Florian 22/12/2012 04:17


Conseille de vidéo à voir - L'entretien du 6 octobre 2012 sur le mondialisme avec Philippe Ploncard d'Assac :
http://ploncard-dassac.over-blog.fr/article-le-mondialisme-entretien-du-6-ctobre-2012-avec-florian-rouanet-111376674.html

Définition du mondialisme, vecteurs du mondialisme, opposition au mondialisme, complot mondialiste, « néo-cons », colonisation et décolonisation, immigration-substitution, fardeau financier,
crime d’euthanasie, « discrimination positive », cosmopolitisme contre la diversité, identité et racisme, monde arabo-musulman, Israël-Palestine, finance et Réserve Fédérale, pensée rabbinique...

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