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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 07:58

Médiator, le fiasco général qui en cache d'autres

 

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Article publié le 17 novembre 2010

On le dit haut et fort avec une dramaturgie imbécile. Xavier Bertrand doit s’emparer du sujet… 500 morts en 30 ans et le courage des lâches revient au galop. On entend l’Afssaps pérorer une fois de plus pour faire le compte des morts… Il y avait donc un problème depuis 1976… Bel effet tragique. En fait, tout ce développement met en lumière des incompétences partagées par des compromis et des alliances financières.

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Médiator, le fiasco général qui en cache d'autres

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Alors que la presse veut montrer du doigt un dossier bien choisi par un état peu enclin à respecter le sort des patients, il faut prendre le sujet d’une manière plus originale et scientifique. Comment se fait il que le sujet émerge seulement à ce jour. De 1976 à 2010, Mediator a été largement commercialisé, remboursé par la Sécurité Sociale sur la base des impôts de chacun. Cela donnerait 500 morts officiels… j’imagine qu’il y a en a beaucoup plus mais la statistique d’état est toujours une base assez burlesque, revue et corrigée à l’extrême. Le choix d’un produit d’un laboratoire secondaire est aussi à mettre en lumière. Le laboratoire Servier n’a pas l’aspect tentaculaire de Sanofi-Aventis, de Glaxo ou d’autres magnas pharmaceutiques. Il est donc plus facile de jouer les surpris contre une structure dont le lobbying n’est plus ce qu’il était notamment à la sortie de Médiator.

Autre point que la presse ne saura pas chercher… Qui sont les experts qui ont fermé les yeux sur ces morts, ces incapacités à vie ? A- t- on leur déclaration d’intérêt ? J’imagine que le panel de cardiologues et de diabétologues doit être important. Faut-il rappeler alors que l’Afssaps a été dirigé pendant des années au niveau stratégique et dispositif AMM par un diabétologue et ancien représentant du syndicat de l’Industrie Pharmaceutique (Leem ou SNIP). Ceci est un autre point qui sera peu étudié par les journalistes qui se fieront à l’autorité désarticulé d’un Xavier Bertrand qui essaie de faire oublier ses petites lâchetés, lui qui avait fait l’impasse sur le ministère du travail pendant la réforme des retraites… lui qui trouve du courage contre un médicament moribond est assez amusant. La presse n’ira pas jusque là, mais il fallait soulever l’idée.

Plus prêt de nous. Faut-il analyser la communication médicale ciblant le syndrome métabolique comme le défi d’aujourd’hui… Les poignées d’amour devenant l’ennemi à abattre, le diabète étant l’enjeu de santé publique alors que les barres chocolatées pullulent aux rayons à de prix festifs, alors que même le jambon d’Yorke voit dans sa composition un pourcentage de « jus de sucre »… C’est à ce niveau qu’on voit des entreprises « racailles » qui poussent la population vers la malbouffe à la grande joie de leur actionnaires mais qui n’assurent pas l’après vente social lorsqu’il s’agit de soigner les délires des concepteurs alimentaire. Heureusement, l’entreprenariat sait trouver des marchés en travaillant de concert avec la big-pharma pour que la sécurité sociale rembourse des médicaments contre l’obésité, le diabète créés par des campagnes publicitaires de géant de la nourriture « hyper-riche ».

Plus loin encore, saisissons l’éthique de l’expertise et le fonctionnement des agences françaises voire européennes. Il est curieux de voir qu’aujourd’hui dans les structures de santé on se coordonne autour de plan de gestion du risque. La symbolique de ceci est très importante car on met désormais des médicaments sur le marché et chaque année on se réunit pour voir si des soucis sont intervenus. Là, les firmes promettent de sortir des statistiques et puis on voit des chiffres. Si on creuse un peu, certains verront que des biais dans les choix des échantillons humains servent à cacher les effets morbides ou invalidants d’un produit qu’il faut rentabiliser. On va loin pour pousser le plaisir des actionnaires en bout de chaine. Ainsi, n’oublions pas que certains produits comme l’Acomplia eu des bénéfices lourds avant de vivre un retrait d’urgence (surtout aux USA) ou des démarches de compromis pour un second produit (Avendia, il me semble). Là, encore des études d’expert très firmes sont venues heurtés des avis d’une expertise indépendante… pour éviter des retraits… évidemment les produits sont évacués pour absence d’efficacité juste avant de les voir tomber dans le domaine public…

Sordides histoires que Xavier Bertrand n’abordera pas. Car les lâches ne savent que pérorer sur les boulevards de la pensée. Lorsqu’il s’agit de poser des vérités et des réalités, là ces politiques qui n’ont rien vu et entendus sont aux abonnés absents. Oui, on aurait préféré que Roselyne Bachelot se saisisse de Médiator et d’autres produits litigieux mais elle a montré son penchant en soutenant hier Eric Woerth et des expertises "biaisées" lors de la ridicule pandémie de 2009.

En conclusion, Médiator est l’arbre désolant qui cache une forêt de petits arrangements fétides dont on n’évoquera rien. Dommage que nos éthiciens et experts trouvent leur courage qu’au bout de 20 ans. Dommage que les agences soient devenues des structures vides de sens.

 

(C'était un Billet d’humeur sans importance)

 

Source image : http://www.leparisien.fr

http://www.naturavox.fr/sante/article/mediator-le-fiasco-general-qui-en
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Published by Eva R-sistons - dans Santé
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