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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 03:38

 

 

"Les souverainetés nationales ont dépassé le stade de l'efficacité, elles entrent dans le cadre de la nuisance" (Rocard)

 

En septembre 2010, beaucoup avaient découvert, médusés, Michel Rocard, l’homme de gauche, déclarant à l’Université d’été du Medef : "Le seul milieu qui connaisse quelque chose au monde extérieur, ce n’est pas vraiment les journalistes ; ce n’est pas les hommes politiques, ils ne sont référés qu’à leurs seules traditions ; ce n’est pas le monde salarial et ses syndicats ; ce n’est pas les intellectuels, trop sensibilisés à leur langue et à leur culture ; c’est vous les patrons. Vous n’avez pas de substituts. Vous êtes la seule expertise en connaissance du monde extérieur par rapport à ce qu’il s’y passe".

 

L’ancien Premier ministre socialiste avait fini par déclarer la guerre aux souverainetés nationales : "Et l’urgence est qu’il va falloir finir par tomber d’accord pour dire que les souverainetés nationales ont dépassé leur stade d’efficacité, elles entrent dans la période de la nuisance."

 

En parcourant l’ouvrage de l’universitaire belge Geoffrey Geuens, Tous pouvoirs confondus, j’ai enfin compris la logique de cette sortie rocardienne... J’y ai appris que Michel Rocard était membre du conseil international du CFR, le Council on Foreign Relations.

 

Fondé en 1921, le CFR "constitue depuis plusieurs dizaines d’années l’institution privée US la plus influente en matière de relations économiques internationales." Certains voient même dans cette institution un véritable gouvernement "fantôme" des Etats-Unis. Parmi ses membres les plus illustres : des anciens de l’administration Bush (Dick Cheney, Colin Powell, Robert Zoellick, Condoleezza Rice...), d’anciens directeurs et vice-directeurs de la CIA (Franck Carlucci, Bobby Inman, Robert Gates, James Woolsey, George Bush Sr., etc.), et des intellectuels comme Francis Fukuyama et Samuel Hutington. Président honoraire du CFR : David Rockefeller, également président honoraire de la Commission Trilatérale, fondateur et membre du bureau exécutif du Groupe Bilderberg, et ancien dirigeant de la Chase Manhattan Bank.

 

Geoffrey Geuens n’hésite pas à qualifier le CFR d’attaché de presse du complexe militaro-industriel...

 

Mais venons-en à la place qu’y occupe Michel Rocard (p. 89) :

"Mais le Council on Foreign Relations ne limite pas son influence au seul continent américain. Ainsi, sous la présidence de David Rockefeller, celui-ci mit sur pied, en 1995, un Conseil international ayant officiellement pour fonction de commenter les programmes institutionnels, les directions stratégiques et les opportunités pratiques de la collaboration entre le CFR et d’autres institutions. Il est également partie prenante de l’éclairage international, de l’approche multilatérale des problèmes mondiaux contemporains et des dispositifs de "démocratisation" des régimes politiques dont aime à se réclamer le CFR.

 

Ce comité consultatif, regroupant une petite trentaine de personnalités non-américaines, constitue l’un des relais des prises de position du CFR à l’extérieur du territoire US. Parmi ses membres, on trouve des représentants : (...)

 

- du monde politique tels que :

 

Michel Rocard (France) : ancien Premier Ministre français (1988-1991), président du Comité pour le Développement et la Coopération du Parlement Européen..."

 

Anecdote étonnante (pages 90-91) : "Au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, le CFR organisa deux journées de travail dans le cadre d’une étude intitulée "La réponse américaine au terrorisme", lesquelles furent pour les dirigeants US du Conseil et les membres de son Comité international, l’occasion de programmer les mesures à prendre pour contrecarrer ledit terrorisme. La première conférence (26 septembre), "Terrorisme et Nouvelle politique étrangère des Etats-Unis : perspectives de l’étranger" donna la parole à Michael Elliot (rédacteur au Time), Sergei Karaganov (membre du conseil international du CFR), Luiz Felipe Lampreia (ancien Ministre des Affaires Etrangères du gouvernement brésilien) et Michel Rocard (ancien Premier Ministre français, membre du conseil international du CFR)."

 

L’appréciation finale de Geuens sur le CFR : "On l’a compris : les intérêts des multinationales sont au coeur des travaux du Conseil. Créé à l’origine par des industriels, des banquiers et des avocats de renom, bien décidés à assurer et à maintenir l’engagement et l’action des Etats-Unis dans le monde, le CFR reste, à l’heure actuelle, le bras privilégié de la classe dominante américaine. Tout ceci, bien entendu, sous couvert de défendre la paix et la prospérité du monde..."

 

Référence : Geoffrey GEUENS, Tous pouvoirs confondus - Etat, Capital et Médias à l’ère de la mondialisation, Editions EPO, 2003.

 

Rappelons que dans ses Mémoires, David Rockefeller admet qu’il conspire avec d’autres à travers le monde pour construire une structure politique et économique globale intégrée - "one world" :

 

 

http://www.agoravox.tv/tribune-libre/article/michel-rocard-porte-parole-de-29610

 

 

 

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commentaires

Ananole Vanderichtingenverstaatenfohruntenbanen . 22/03/2011 11:14



je me demande si Rocard n'aurait pas depassé le stade de l'efficacité .



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