Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 20:27

Social

MRJC : jeunes engagés en milieu rural

Par Benjamin Seze

 Copyright : MRJC TEMOIGNAGES - Du 8 au 9 juillet, le Mouvement rural de la jeunesse chrétienne (MRJC) a organisé le Festival des boussoles à Argenton-sur-Creuse dans l'Indre. Mais qui sont ces jeunes qui s'engagent dans ce mouvement ?

Mouvement rural de la jeunesse chrétienne (MRJC) : si la première image qui vous vient est celle d'un jeune chaussé d'une paire de bottes dans un champ de blé, vous avez tout faux.

Collégiens, lycéens, étudiants, jeunes actifs, le mouvement, héritier de la Jeunesse agricole catholique (JAC) créée en 1929, compte aujourd'hui 10 000 militants dans toute la France, essentiellement en milieu rural. 

Les plus jeunes ont 13 ans, les plus vieux 30, responsables et permanents compris. Le MRJC est la seule organisation de jeunesse intégralement dirigée par des jeunes.

Pour beaucoup, ce sont leurs premiers pas dans le militantisme. Ici naissent les prémisses de leur futur engagement associatif, syndical ou politique. Et c'est le but. Le MRJC promeut « l’ouverture au monde et la prise de conscience politique », et entend « donner aux jeunes des clés de lecture de la société, leur permettre de se construire un esprit critique, les amener à se questionner puis à agir sur leur milieu ».

De la simple organisation d'une brocante à la création d'un Comité local d’épargne pour les jeunes entrepreneurs, regroupés en équipes (On en compte aujourd'hui 500), les militants montent, en quelques semaines ou quelques mois, des projets à caractère social à l'échelle de leur commune ou de leur département. Les plus jeunes sont épaulés par des « accompagnateurs » adultes, anciens membres du MRJC. 

Avec, toujours en toile de fond, la préservation du monde rural, le mouvement organise journées, week-end et semaines de réflexion ou de formation sur des problématiques sociales, politiques et environnementales. Le thème, choisi cette année, de la mobilité est l'occasion pour les militants d'aborder des questions comme les migrations, l'aménagement du territoire, les défis énergétiques, l'emploi, l'agriculture...

La dimension politique et militante du MRJC n'empiète pas sur son identité chrétienne. Pour ses membres, les deux ne sont pas incompatibles. Dans le cadre de ses activités, le mouvement propose des temps de prière et de célébration. Ouvert aux non chrétiens, il ne les impose pas. Pour beaucoup de jeunes, c'est aussi un espace de réflexion sur leur foi.

Le MRJC vu par ses membres 

Cécile Letourneur, 20 ans, étudiante infirmère, membre du MRJC depuis 2007 (Indre).

« Je suis entrée au MRJC quand j'étais au lycée. À 16 ans, nous avons monté une équipe, avec trois copines de mon village. Nous étions épaulés par des adultes, anciens membres du mouvement. Notre premier projet a été de réaliser une exposition sur des parcours de vie, qui a été exposée dans plusieurs collèges et lycées des communes environnantes. Pendant plusieurs semaines, nous avions rencontré des personnes qui exerçaient divers métiers dans notre village et autour. Elles nous ont expliqué pourquoi elles avaient fait ce choix professionnel et quel avait été leur parcours. L'idée était de donner des idées aux collégiens et lycéens. Aujourd'hui, je suis responsable départementale, c'est moi qui aide les jeunes à réaliser leur projet. En ce moment par exemple, une équipe voudrait promouvoir l'éco-construction autour de leur commune. Le MRJC sert à la fois à dynamiser le milieu rural et à donner quelque chose à faire aux jeunes, les inciter à s'impliquer au niveau local. Il y a une dimension personnelle aussi, c'est un mouvement qui permet de prendre le temps de se poser pour réfléchir à notre vie. Pour certains, cela va être autour de leur foi. Il y a des équipes d'anciens du MRJC qui sont là pour les aider. Pour d'autres, ce sera autour de leur orientation professionnelle ou de leur engagement. » 

 

Anne-Claire Ville, 19 ans, étudiante dans un IUT carrières sociales, membre du MRJC depuis 2008 (Rhône-Loire).

« Nous étions tout un groupe en aumônerie et nous cherchions un cadre pour continuer à nous voir. On nous a parlé du MRJC. Adhérer à ce mouvement nous a amenés à regarder ce qui se passe autour de nous, discuter de ce qui ne va pas et des moyens possibles pour changer les choses. A 16 ans, on se construit. Débattre, monter un projet, organiser un événement... ces temps de réflexion et d'action entre jeunes, ça m'a permis de me forger un esprit critique, de m'émanciper et de prendre confiance en moi. J'ai aussi trouvé ma voie puisque je compte travailler dans l'animation socio-culturelle. Sur l'aspect chrétien, j'apprécie la manière dont y aborde la religion, différente de celle proposée en aumônerie ou au catéchisme. En plus des temps de célébration, il y a des temps de réflexion. On cherche à comprendre ce qu'est la foi pour nous. »

 

Jérémy Godet, 25 ans, diplômé en sciences politiques, membre du MRJC depuis 2000 et futur président du mouvement (Deux-Sèvres).

«  J'ai découvert le MRJC à 15 ans. J'ai tout de suite aimé l'idée d'être entre jeunes et réfléchir à comment changer le monde. Pour moi, le mouvement a été une deuxième école où j'ai appris l'autonomie, où j'ai été énormément stimulé. C'est un cadre qui permet au jeune de s'émanciper en dehors du cocon familial, un espace de liberté. Je me suis aussi retrouvé dans le côté religieux. Au moment où j'ai rejoins le MRJC, j'arrivais à un stade de saturation. La façon dont on me proposait de vivre ma foi en aumônerie ne me convenait plus. S'il n'y avait pas eu le MRJC, je pense que je ne serais plus croyant. D'ailleurs, sur la dizaine que nous étions à faire notre confirmation à ce moment là, je suis un des derniers à avoir encore un lien avec l'Eglise. Au MRJC, j'ai trouvé quelque chose de beaucoup plus libre, plus accès sur l'humain, sans toutefois négliger le religieux. J'ai mûri mon rapport à la foi dans un cadre où je ne me suis pas senti obligé. On m'a donné envie d'y aller. Des temps de célébration et de lecture de textes religieux sont proposés. Vient qui veut. Et on essaie toujours de proposer un temps spirituel à ceux qui ne se retrouvent pas dans les célébrations. Par exemple, dimanche prochain, au Festival des boussoles, ceux qui le veulent pourront partager une messe avec les paroissiens. Pour les autres, d'autres formes de temps de recueillement seront proposés :  une réflexion autour d'un texte écrit par des chrétiens ou une discussion autour d'un conte philosophique. »

 

Les Festival des boussoles

Événement « culturel et citoyen », le Festival des boussoles a eu lieu du 8 au 9 juillet à Argenton-sur-Creuse (Indre) avec la participation de nombreuses personnalités politiques et associatives, dont Jeannette Bougrab, secrétaire d’État chargée de la jeunesse et de la vie associative, Michel Sapin, député de l’Indre et Henri Weber, député européen. L'événement, organisé sur le thème de la mobilité, a réuni 2 000 jeunes autour de différentes questions : Comment trouver sa place collectivement et individuellement dans un monde où les personnes, les biens et les informations n'ont jamais autant circulé ? Quelles sont les limites d’un monde en proie à une course contre le temps, au nom de la performance et de la productivité ? Quelles sont les conséquences écologiques de ces visions court-termistes ?

 

http://www.temoignagechretien.fr/ARTICLES/Societe/MRJC-jeunes-engages-en-milieu-rural/Default-18-2756.xhtml

 

.


 

Partager cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog d' Eva, R-sistons à la crise
  • Le blog d' Eva,  R-sistons à la crise
  • : Tout sur la crise financière, économique, sanitaire, sociale, morale etc. Infos et analyses d'actualité. Et conseils, tuyaux, pour s'adapter à la crise, éventuellement au chaos, et même survivre en cas de guerre le cas échéant. Et des pistes, des alternatives au Système, pas forcément utopiques. A défaut de le changer ! Un blog d'utilité publique.
  • Contact

Recherche