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18 juillet 2010 7 18 /07 /juillet /2010 21:43

 

 

Inutile d’y aller par quatre chemins. Force est de constater que la France vit la plus importante crise politique depuis les manifestations des retraites en 1995
Et justement, à croire que le thème est maudit, bien qu’il ne soit pas la cause de cette nouvelle crise, c’est justement par le ministre chargé de cet épineux dossier que les embêtements arrivent.
L’Histoire demeure bien taquine envers nos femmes et hommes politiques.

 

Rembobinons quelque peu le déjà trop long-métrage du National Sarkozism.
Dès le début les scandales, gaffes, bévues et autres boulettes éclatent. Au départ, ce ne sont que piques et polémiques entre collègues hyènes de l’UMP, suite notamment aux chaises musicales à la sauce « ouverture », qui fait plus que grincer des dents et des parquets.
Ensuite la politique elle-même:
- avec le nauséabond bouclier fiscal, qui rattrapé par la crise, deviendra obsolète et dont le scandale Bettencourt nous montrera finalement son inefficacité pour lutter contre la fuite des capitaux à l’étranger
- avec ce florilège de promesses non tenues ou tenues en apparence seulement (Grenelle de l’environnement, Etats Généraux de l’Outre Mer, Françafrique…)
La 3ème année du mandat sarkozien démarre en fanfare avec les avancées dans l’enquête sur le Karachigate (financement occulte de parti politique ayant entraîné la mort d’une dizaine de personnes) et la grenade Boutin.


balladur homme en or karachigate


A partir de là, rien ne va plus. Les médias forcément ultra-gauchistes et/ou fascistes, enquêtent et remuent la merde. Le nombre de nouveaux opposants, déçus ou ridiculisés par le National Sarkozism, facilite le travail des journalistes en déliant les langues et les mémoires.
Les us et abus de nos ministres, leurs moindres dépenses sont scrutées à la loupe, comme celles de leur gourou monarchique: jet privé, frais de bouche, absentéisme, frais de journaux, frais de déplacement, caprices dignes des stars du show-biz…

Il fallait une saignée
Au bout de 3 longues années, que deux abcès alors devenus trop visibles – Alain Joyandet et Christian Blanc – ont été irrémédiablement crevés. Le pue est sorti. Certes. Mais il en reste tellement dans ce corps sans tête et pourri jusqu’à la moelle.
Pourtant le scandale déterré par Pierre Péan à propos de Bernard Kouchner (Le Monde selon K.) aurait pu suffire à comprendre quel type de cancer rongeait la politique française.
Parodiant une idée louable d’un certain 3ème homme aujourd’hui oublié, Sarkozy a pratiqué l’ouverture en rassemblant les personnalités du monde politique ou associatif, ayant pour point commun de faire fi de leurs valeurs pour accomplir leurs desseins.
Un principe simple rassemble ce genre d’énergumènes: Au diable, votre camp. Au diable votre passé, pourvu que vous ayez le pouvoir, l’argent et les avantages en nature dont vous rêviez et que votre propre parti, même en poste, n’a jamais su et voulu vous donner. A raison.
Le talent du dictateur mou est d’avoir réussi à débusquer ces traites dans leurs propres camps (Besson, Rocard, Morin, Beckel…) Cependant il faut avouer que pour certains, les apparences ou leurs passés politiques parlaient d’eux-mêmes (Lang, Kouchner, Frédéric Mitterrand…), d’autres encore plus culottés, ont demandé expressément. (Rachida Dati)
N’oublions pas les pires de tous, les labellisés « proches des plus démunis » (Martin Hirsch) ou « proches des jeunes » (Fadela Amara), qui ont même piétinés leur propre parcours par appât du gain et du pouvoir.
Promesses non tenues, injustices, désengagement de l’Etat puis scandales politico-financiers, il n’en fallait pas plus pour que l’opinion publique se cristallise autour d’une même idée: « tous pourris »

Evidemment, l’amalgame demeure toujours dangereux. Mais reconnaissons au National Sarkozisme, sa seule véritable qualité : s’apparentant à une sorte de tamis, il a permis à la France d’en bas, de séparer le mauvais grain des politiciens de son ivraie.
Les brebis galeuses, les lèches culs, les beni-oui-ouis sans scrupules, les ignobles timorés, et autres Chamberlain capables de cautionner l’inacceptable, les ripoux financés par les banksters ont été désignés et ont même…avoués!
La Justice passera ou pas. Mais en attendant qu’elle daigne passer, le pays est plongé dans une crise politique majeure. Tels du chloroforme, la chaleur de l’été et l’odeur de la crème solaire verront leurs effets s’atténuer avec le temps. Quand le bon peuple rentrera en septembre et verra ses factures, ses impôts, le dossier des retraites en plus des scandales dénichés, nul doute que la moutarde va monter au nez.
La puissance du 4ème pouvoir devenu numérique fera probablement le reste.

Auparavant…
Certains politiciens avaient compris plus vite que d’autres et parlaient déjà d’un contexte particulier: « Il existe un risque révolutionnaire ». Devant les évidences, le fabuleux collectionneur de montres, piégé par sa passion dévorante et ses pratiques immorales mais pas illégales, parlait lui aussi d’ « une cocotte-minute au bord de l’explosion ». Aucune surprise alors qu’il suggère une « Dissolution de l’Assemblée Nationale ».
A l’instar du céphalopode Paul, nos politiciens semblent douer du don de clair-voyance: est-ce à travers les tweets et autres blogs, qu’ils lisent l’ambiance politique de la France d’en bas?


 villepin révolutionnaire

Petit rappel
La dissolution de l’Assemblée Nationale est assurée par l’article 12 de la constitution:
 » Le Président de la République peut, après consultation du Premier ministre et des Présidents des assemblées, prononcer la dissolution de l’Assemblée nationale.
Les élections générales ont lieu vingt jours au moins et quarante jours au plus après la dissolution.
L’Assemblée Nationale se réunit de plein droit le deuxième jeudi qui suit son élection. Si cette réunion a lieu en dehors de la période prévue pour la session ordinaire, une session est ouverte de droit pour une durée de quinze jours.
Il ne peut être procédé à une nouvelle dissolution dans l’année qui suit ces élections. « 

Cette dissolution permet de résoudre un conflit grave. Cela tombe bien nous y sommes. Historiquement, la Vème République a connu plusieurs types de dissolution (source wikipédia):
* La dissolution défensive : Riposte du président à la mise en jeu par l’Assemblée de la responsabilité du gouvernement. Le président protège donc son gouvernement en agissant ainsi. Exemple : De Gaulle en 1962.
* La dissolution offensive : Quand un président de la République vient d’être élu ou réélu et ne veut pas cohabiter avec une majorité parlementaire hostile. Exemple : Mitterrand en 1981 et 1988.
* La dissolution stratégique : Le président dissout la chambre alors que son gouvernement dispose d’une majorité au parlement. Utile pour consulter le peuple sans organiser de référendum ou bien lors d’une conjoncture favorable. Reste cependant risqué. On peut parler de dissolution « surprise ». Exemple : Chirac en 1997.
* La dissolution exutoire : Dans le cadre d’un évènement imprévu et entraînant une crise sociale grave. Exemple : De Gaulle en mai 1968.
* La dissolution rupture : Pour mettre fin à une période de cohabitation. Pour renvoyer le gouvernement en place et le remplacer après le changement de majorité à la chambre.

Chacun comprendra que nous sommes dans la dissolution exutoire, certainement la pire, puisque les assemblées des élus du peuple ne représentent plus ses idées.

Malheureusement pour nous, le National Sarkozism ne semble pas aussi responsable que le Chiraquisme. Point de dissolution sans réaction forte du peuple. Une grève de la plage ou du pastis ne suffisant pas, il y a fort à parier qu’une grande partie du tournant politique se jouera lors du mardi 7 septembre prochain.
Ici ou là fleurissent les appels à une grève monstre, certains rêvent (dont Cpolitic) même à la fameuse « grève générale »
Une grève qui ressemble fort à l’unique déclencheur possible pour forcer le groupuscule politique en place dans ce pays à écouter le peuple. Un peuple désabusé, partagé entre sa colère et son dégoût de la Politique et des politiciens.

En attendant, l’UMP sarkozien prend le risque d’actes inconsidérés de chaque côté de la barrière. La récente manifestation à Nice opposant les soldats du feu aux CRS ressemblent à s’y méprendre à un avertissement.
Lorsque des mous du bulbe armés tabassent – l’expression n’est pas trop forte – l’incarnation physique de l’abnégation, incarnation souhaitant humblement défendre sa retraite et braver ainsi le bâillon archaïque et injuste du droit de réserve, alors la limite est franchie.
Les solutions ne manquent pas mais le petit Nicolas joue avec le feu: tel un enfant entêté et pyromane, il veut à tout prix attendre octobre, fin du dossier des retraites pour remanier son gouvernement.
Sauf que la maison brûle pour reprendre l’expression chère à Chirac. Nous ne parlons pas ici de la maison terre – le Sarkozisme s’en moque! – nous parlons ici de la République Française.
Et nul doute qu’après les ravages du nainpoléon, une nouvelle République (épaulée du nouvelle constitution) semble plus que nécessaire.

Terminons par une petite note nostalgique… En effet, ici et là sur internet, le thème de la légalité de l’insurrection revient souvent en se basant sur la constitution. Problème: il s’agit ici – non pas d’une supercherie – mais d’une référence à la toute première constitution celle de l’An I, alors jamais appliquée, qui en ces termes stipulait:

Article 9. La loi doit protéger la liberté publique et individuelle contre l’oppression de ceux qui gouvernent.

Article 34. Il y a oppression contre le corps social lorsqu’un seul de ses membres est opprimé. Il y a oppression contre chaque membre lorsque le corps social est opprimé.

Article 35. Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.

D’autres constitutions ont été écrites entre temps, dont la dernière en application la Constitution celle de 1958, et le thème de l’insurrection légitime y a été étrangement supprimé.
En espérant que, quoi qu’il arrive, Nicolas n’applique pas l’article 16.

sarkozy décapité guillotine


Auteur : CPolitic - Source : CPolitic

 

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=14368

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