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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 01:12

 

Traité budgétaire européen : respecter la parole donnée

by Patrick Le Hyaric

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L’austérité n’est pas une solution pour sortir l’Europe de la crise. Elle ne fait que l'aggraver partout où elle est appliquée, avec dans toute l'Union européenne, une explosion du chômage, une montrée continue de la pauvreté et toujours plus d'inégalités.

Plusieurs indicateurs prédisent de nouvelles difficultés à venir. Au lieu d’essayer de les surmonter, le sommet européen de cette fin de semaine inscrit à son ordre du jour l’adoption du « traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance » (TSCG), communément appelé « pacte budgétaire ». Ce traité initié par M. Sarkozy et Mme Merkel,  va au-delà du traité de Maastricht en imposant un niveau de déficit public de 0,5% des richesses produites. De lourdes sanctions quasi-automatiques seraient appliquées aux Etats en cas de non respect de réductions des dépenses publiques et sociales. Les budgets de l’Etat, de la sécurité sociale et aussi ceux des collectivités territoriales seraient placés sous le contrôle direct de la commission de Bruxelles. La règle imposée serait donc la diminution permanente des crédits pour l’école, la santé, les transports, l'ensemble des services publics et les prestations sociales. Alors que toute la gauche a refusé le principe dit de la « règle d’or », ce traité oblige les Etats à l’insérer dans leur constitution. Or, de grands centres de recherches allemands, français, autrichiens ont récemment montré que l’application de ces critères conduirait à une récession dans la quasi-totalité des pays européens.

Face à de telles prévisions, la logique voudrait qu’on abandonne ce texte.

F. Hollande, quand il n'était que candidat, avait formulé ainsi la proposition numéro 11 de son programme présidentiel : « Je renégocierai le traité européen, issu de l’accord du 9 décembre 2011 ». « Renégocier » veut dire en rediscuter pour en faire un autre.

Aujourd’hui, il ne propose que l’ajout d’un volet dit de « croissance ». A y regarder de plus près, ce « volet », n’est que la reprise des décisions du Conseil européen du 30 janvier dernier, consistant à utiliser des « fonds structurels » non dépensés, à augmenter le capital de la Banque européenne d’investissements, à créer des obligations de rachat de dettes, à instituer une taxe sur les transactions financières. Tout cela mérite sans doute d'être réalisé. Mais rien n'est sûr. Surtout, chacun comprend bien qu'il n'y a pas là de quoi relancer l’économie et faire reculer le chômage. Ainsi, rien n’est prévu pour améliorer le pouvoir d’achat. Au contraire,  les textes européens insistent sur la « modération salariale », c’est-à-dire la diminution relative de la rémunération du travail.

Le bon sens voudrait que l’on se demande pourquoi il faudrait rechercher des dispositifs de relance afin de compenser l’impact négatif et régressif du pacte d’austérité budgétaire. Si les chefs d’Etat et de gouvernement pensent que la récession va être aggravée par l’austérité budgétaire, le plus simple et le plus efficace est de supprimer  la cause du mal. La seule alternative à l’austérité consiste à… ne pas faire d’austérité. Simple bon sens ! Ce ne sont pas les déficits publics qui sont responsables de la crise. L’Espagne, l’Irlande, l’Italie avaient des budgets en excédent avant 2008. Aujourd’hui leur situation s’aggrave car leurs finances publiques sont pillées par le secteur bancaire et financier.

Cette stratégie impose aux Etats la remise en cause progressive de leurs droits sociaux et démocratiques. En vérité, le pacte budgétaire n’a pour seul objectif que de « constitutionnaliser » des principes qui réduisent sans cesse les moyens alloués au monde du travail, aux assurés sociaux, aux retraités, au seul bénéfice des banques et de la finance.

Ainsi, il ne sert qu’à imposer aux peuples -sans discussion- des contre-réformes structurelles que les citoyens n’accepteraient pas s’ils étaient consultés. Au nom même de ses engagements, le Président de la République doit refuser cette orientation. Si la France disait « non », il n’y aurait plus de « pacte d’austérité budgétaire » et il faudrait de nouvelles discussions pour un autre traité. Le débat n’est pas entre plus d’Europe ou moins d’Europe. Il est entre l’Europe à la gloire des banques et celle qui protège et améliore le sort des peuples. Dans ce bras de fer, il est urgent de choisir l’Europe sociale, solidaire, pacifique, démocratique, écologique. Cela suppose de changer les traités actuels pour changer le rôle de l’Euro, de créer les conditions pour que la Banque centrale européenne prête directement aux Etats au même taux qu’elle le fait aujourd’hui pour les banques. Celles-ci se gavent sur la dette des Etats avec des taux d’intérêt usuraires qui, au bout de la chaîne, sont payés par les populations. La combinaison du mécanisme européen de stabilité, sorte de FMI européen, et du traité d’austérité, nous mènera dans le mur. Il y a urgence à réorienter radicalement la construction européenne dans l’intérêt de celles et ceux qui y vivent et de l’idée européenne elle-même. Pour y parvenir, le Président de la République dispose d’un puissant atout : nos concitoyens et la confiance qu'ils lui ont accordée. Il peut en décupler la force dans toute l'Europe en misant sur le  débat et en soumettant le traité Sarkozy-Merkel à référendum. Un nouveau changement de la constitution française pour ratifier ce traité et pour y inscrire le principe de la « règle d’or », constituerait un recul de la démocratie et un manquement à la parole donnée.

28/06/2012

 

L'Europe vers l'aggravation du traité de Lisbonne (Jean-Claude Chailley)

Non à la ratification par la France du pacte budgétaire « Résistance sociale » (Marinette Bache) et « Convergence nationale des collectifs de défense et développement des services publics »…

Pour lire la suite cliquez ici

 

Non à la ratification par la France du pacte budgétaire

 

« Résistance sociale » (Marinette Bache) et « Convergence nationale des collectifs de défense et développement des services publics » (Jean-Claude Chailley) ont initié une Pétition contre la ratification par la France du « pacte budgétaire - Voir la pétition en ligne

Jean-Claude Chailley propose une argumentation - lire le Spécial Pacte budgétaire

 

Le Tryptique « Pacte pour l’euro plus », « MES », « TCG » : une aggravation considérable du traité de Lisbonne

 

Ces 3 textes, conçus simultanément, forment un tout

 

Le Pacte pour l’euro plus (coordination renforcée des politiques économiques pour la compétitivité et la convergence), adopté il y a 1 an, définit la politique de régression économique et sociale à mener impérativement. Il a lancé le MES et le TSCG.

 

MES = mécanisme européen de stabilité : procédure pour les pays qui ne peuvent pas ou pourraient ne pas pouvoir payer leurs créanciers ; on l’appelle aussi FMI européen.

 

TSCG = Pacte budgétaire (Traité sur la Stabilité, la Coopération, la Gouvernance de l’Union européenne). Il vise à :

- constitutionnaliser l’austérité ;

- mettre les Etats sous tutelle, la totalité de la politique économique et sociale hors d’atteinte du suffrage universel, de la souveraineté populaire.

 

Où en sommes- nous après l’élection de François Hollande ?

Depuis des mois la Convergence de Défense et Développement des Services Publics et Résistance Sociale font campagne contre la ratification du TSCG. Dans l’intervalle Nicolas Sarkozy a été battu, ce dont nous nous félicitions. Il est temps de faire un premier point.

 

1) Le MES a été ratifié en France par le Congrès en février puis le Pacte budgétaire a été signé par Nicolas Sarkozy le 2 mars. Pour s’appliquer en France, le TSCG doit être ratifié par le Congrès ou par référendum.

 

2) François Hollande candidat a déclaré à de multiples reprises qu’il voulait le renégocier et ne le ratifierait pas en l’état. Actuellement face au refus de d’A. Merkel, J.M. Barroso …, la discussion se porte sur des « eurobonds », des « project bonds », … dans le cadre d’une crise qui rebondit violemment, notamment en Espagne. On ne parle plus guère du TSCG, au point qu’on peut se demander si le président n’est pas sur le point de céder.

 

3) L’aggravation de la crise prouve que le TSCG n’est pas la solution

Les multiples rencontres de crise « au sommet », l’éventuelle révision du MES avant même son entrée en vigueur, la crainte d’un « bank run »généralisé (panique bancaire) prouve que cette politique renforce la crise au lieu de la combattre.

 

4) Le débat n’est pas « technique », c’est un choix de société qui concerne tous les citoyens.

 

a) L’austérité à perpétuité

Ces textes forment bien un tout car ils ne donnent qu’UN SEUL MOYEN – en réalité d’ailleurs aucun - d’atteindre les critères du TSCG : une politique ANTI-SOCIALE. C’est la politique qui avait valu le NON au référendum de 2005, mais aggravée.

Le pacte de « discipline budgétaire » (article 1) ne laisserait aucune possibilité pour une politique répondant aux besoins sociaux des populations.

 

b) Le débat ne consiste pas à préciser les ingrédients du « déficit structurel de 0,5 % ». Et cela d’autant plus que le critère le plus dur - et souvent oublié - est le retour aux 60 % de dette / PIB en 20 ans qui nécessite un excédent budgétaire (une génération sacrifiée !).

 

c) La mise sous tutelle de la troïka, des marchés financiers

Ayant observé ce qui est advenu du Niger, si cher à Mme Lagarde, partout les peuples résistent. En conséquence la Commission européenne renforce ses moyens de coercition dans le MES, le TSCG, de nombreux textes, y compris la limitation (en viol du traité de Lisbonne !) du droit de grève.

 

d) Les libéraux demandent « un saut fédéraliste »* pour renforcer encore la tutelle, au nom de la trilatérale, de Goldmann Sachs, si présents en Europe.

Ce sera le coeur du sommet européen des 28 et 29 juin, dont entre autres une union bancaire avec pouvoir coercitif, la réforme du MES (licence bancaire) avant même son entrée en vigueur au 1er juillet, avec en outre des conditions préalables.

 

e) Ils exigent toujours plus de coupes dans les services publics et budgets sociaux :

Le plan fourni à la Commission européenne par Nicolas Sarkozy dans le « programme de stabilité pour la France 2012 – 2016 » prévoit que « les efforts de consolidation budgétaire nécessaires pour tenir cette trajectoire, au-delà de l’évolution tendancielle des ressources et des emplois, s’élèveront à 115 Md€ entre 2011 et 2016 – pour 41 Md€ en recettes supplémentaires et pour 74 Md€ en baisse de la dépense ».

Les « recommandations » de la Commission en réponse, comme le rapport de l’IGF, demandent de rester dans le cadre de la politique Sarkozy, et même de le durcir. Le débat porte sur : plus de coupes sur les services publics, ou plus d’augmentations d’impôts, taxes, CSG…. Dans les deux cas, c’est de l’austérité.  

 

* Voir Les réponses de Chevènement au grand saut fédéral de Mme Merkel - 19 juin 2012 

 

Rappel : Mécanisme européen de stabilité : vote des députés français le 21 fév. - 20 février 2012

 

http://mrc53.over-blog.com/article-l-europe-vers-l-aggravation-du-traite-de-lisbonne-jean-claude-chailley-107555260.html

 

 

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BANKST-1.jpgLe «Mécanisme européen de stabilité» ou comment Goldman Sachs a fait main basse sur l’Europe

 

 

par Ellen Brown*http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=3308Le

«Le coup de Goldman Sachs, qui a échoué aux Etats-Unis, a presque réussi en Europe: un renflouement (bailout) permanent, irrévocable, inattaquable des banques, garanti par les contribuables.

En septembre 2008, Henry Paulson, ancien ­P.-D.G. de Goldman Sachs, a réussi à extorquer au Congrès un plan de sauvetage de 700 milliards de dollars. Mais pour y arriver, il a dû se mettre à genoux et brandir la menace d’un effondrement du système financier mondial tout entier ainsi que de l’imposition de la loi martiale. L’appel de Paulson en faveur d’un fonds de sauvetage permanent – le Troubled Asset Relief Program ou TARP – a été repoussé par le Congrès.
Jusqu’en décembre 2011, le chef de la Banque centrale européenne Mario Draghi, ancien vice-président de Goldman Sachs Europe, a été capable d’accorder un plan de sauvetage de 500 milliards d’euros aux banques européennes sans demander l’autorisation à personne. Et en janvier 2012, un fonds de sauvetage permanent, le Mécanisme européen de stabilité (MES), a été voté en pleine nuit, sans être guère mentionné dans la presse. Le MES impose aux gouvernements de l’UE une dette illimitée et met à contribution les contribuables pour tout ce qu’exigeront les superviseurs eurocrates.
En Europe, le coup des banquiers a apparemment réussi sans rencontrer de résistance. Le MES est applaudi à la fois par les gouvernements de la zone euro, ses créanciers et le «marché» car ses investisseurs continueront d’acheter de la dette souveraine. Tout est sacrifié aux exigences des créanciers, car sinon d’où pourrait venir l’argent nécessaire à renflouer les dettes colossales des gouvernements de la zone euro?
Or il y a une alternative à l’asservissement aux banques en raison de la dette. Mais jetons d’abord un regard sur l’ignoble face obscure du MES et la reprise silencieuse de la Banque centrale européenne par Goldman Sachs.

La face obscure du MES

Le MES est un instrument d’aide permanent destiné à remplacer les instruments provisoires que sont le Fonds européen de stabilisation financière (FESF) et le Mécanisme européen de stabilisation financière (MESF) dès qu’il sera ratifié par les Etats membres qui représentent 90% des dettes, sa ratification étant attendue en juillet 2012. Une vidéo de YouTube de décembre 2011 intitulée «The shocking truth of the pending EU collapse!». postée en août 2011 en allemand («Stoppt EU-Schuldenunion (ESM-Vertrag)», démasque le MES, qu’il vaut la peine d’examiner de près:
«L’UE prépare un nouveau traité, le Traité instituant le Mécanisme de stabilité européen. Le capital autorisé s’élèvera à 700 milliards d’euros. Pourquoi 700 milliards d’euros?» (Probablement parce que ce montant rappelle les 700 milliards de dollars de parts achetées par le Congrès en 2008).
«Article 9: Lorsqu’un manque de fonds potentiel du MES est décelé, le directeur général lance un appel de capital dès que possible, afin que le MES dispose de fonds suffisants pour rembourser intégralement ses créanciers aux échéances prévues. Les membres du MES s’engagent de manière irrévocable et inconditionnelle à verser sur demande les fonds demandés par le directeur général en vertu du présent paragraphe dans les sept (7) jours suivant la réception de ladite demande.
Si le MES a besoin d’argent, les membres ont 7 jours pour payer, mais que signifie ‹de manière irrévocable et inconditionnelle›? Que va-t-il se passer si nous avons un nouveau parlement, un parlement qui ne veut pas transférer d’argent au MES?»
«Article 10: Le conseil des gouverneurs réexamine régulièrement et au moins tous les cinq ans la capacité de prêt maximale et l’adéquation du capital autorisé du MES. Il peut décider de modifier le montant du capital autorisé et de modifier l’article 8 et l’annexe II en conséquence.
Alors les 700 milliards ne sont-ils qu’un début? Le MES a-t-il le droit d’augmenter le capital en tout temps et de manière illimitée? Et nous sommes, selon l’article 9, forcés de payer ‹de manière irrévocable et inconditionnelle›»?
«Article 32-2: Le MES possède la pleine personnalité juridique et la pleine capacité juridique pour:
a) acquérir et aliéner des biens meubles et immeubles;
b) conclure des contrats;
c) ester en justice, et
d) conclure un accord de siège et/ou un protocole en vue, le cas échéant, de faire reconnaître son statut juridique, ses privilèges et ses immunités, ou leur donner effet.»
Le MES a-t-il le droit d’entamer une procédure juridique contre nous alors que nous ne pouvons pas le poursuivre en justice?
«Article 32-3: Le MES et ses biens, ses financements et ses avoirs, où qu’ils soient situés et quel qu’en soit le détenteur, jouissent de l’immunité de juridiction sous tous ses aspects, sauf dans la mesure où le MES y renonce expressément en vue d’une procédure déterminée ou en vertu d’un contrat, en ce compris la documentation relative aux instruments de financement.»
«Article 32-4: Les biens, les financements et les avoirs du MES, où qu’ils soient situés et quel qu’en soit le détenteur, ne peuvent faire l’objet de perquisitions, de réquisitions, de confiscations, d’expropriations ou de toute autre forme de saisie ou de mainmise de la part du pouvoir exécutif, judiciaire, administratif ou législatif.
Cela signifie donc que ni nos gouvernements ni nos parlements ni nos lois démocratiques n’ont de prise sur l’organisation du MES? Ce Traité est sacrément puissant!»
«Article 35-1: Dans l’intérêt du MES, le président du conseil des gouverneurs, les gouverneurs, les gouverneurs suppléants, les administrateurs, les administrateurs suppléants ainsi que le directeur général et les autres agents du MES ne peuvent faire l’objet de poursuites à raison des actes accomplis dans l’exercice officiel de leurs fonctions et bénéficient de l’inviolabilité de leurs papiers et documents officiels.
Ainsi donc toute personne impliquée dans le MES se tirera toujours d’affaire? Elle n’aura de comptes à rendre à personne? Le Traité crée un organisme intergouvernemental auquel nous devrons transférer des sommes illimitées dans un délai de sept jours, un organisme qui peut nous poursuivre en justice mais contre lequel nous ne pouvons pas porter plainte, un organisme dont tous les administrateurs jouissent de l’immunité, un organisme soumis à aucune surveillance indépendante, à aucune loi existante? Aucun gouvernement ne peut faire quelque chose? Les budgets des Etats européens vont être entre les mains d’un organisme unique qui n’a pas été élu? C’est cela, l’avenir de l’Europe? C’est cela, la nouvelle UE, une Europe sans démocraties souveraines?»

Le vampire1 Goldman Sachs fait main basse sur l’Europe

En novembre dernier, Mario Draghi, ancien ­P.-D.G. de Goldman Sachs Europe, a succédé à Jean-Claude Trichet à la tête de la Banque centrale européenne sans fanfare ni trompette et dans l’indifférence presque totale de la presse. Draghi s’est empressé de faire pour les banques exactement ce que la BCE refusait aux gouvernements des pays membres: leur accorder généreusement des prêts à des taux très bas. Le bloggeur français Simon Thorpe [directeur de recherches au CNRS]2 écrit ce qui suit:
«Le 21 décembre, la BCE a prêté 489 milliards d’euros aux banques européennes au taux extrêmement généreux de 1% à trois ans. Je dis «prêté» mais en réalité, elle s’est contentée de faire fonctionner la planche à billets, car la BCE n’a pas d’argent à prêter. Il s’agit de nouveau de ‹quantitative easing›».
Cet argent a été immédiatement englouti par 523 banques. C’est de la folie pure. La BCE espère que les banques vont en faire quelque chose d’utile, par exemple prêter de l’argent aux Grecs, qui payent, en ce moment, 18% d’intérêts sur les marchés obligataires pour obtenir de l’argent. Mais il n’y a absolument pas d’autres conditions: Si les banques décident de verser des bonus avec cet argent, c’est bien. Ou encore elles pourraient transférer tout cet argent dans des paradis fiscaux.
Avec un taux d’intérêts de 18%, la dette double en quatre ans seulement. C’est cette lourde charge, et non la dette en soi qui paralyse la Grèce et d’autres pays endettés.
Thorpe propose la solution évidente suivante: Pourquoi ne pas prêter l’argent directement au gouvernement grec? Ou au gouvernement portugais qui doit emprunter, en ce moment, à un taux de 11,9%? Ou au gouvernement hongrois qui paie en ce moment 8,53%? Ou au gouvernement irlandais qui paie 8,51%? Ou au gouvernement italien qui paie 7,06%?
L’objection standard à cette solution est toujours que l’article 123 du Traité de Lisbonne empêche la BCE de prêter de l’argent aux gouvernements. Mais l’argumentation de Thorpe est la suivante:
«A mon avis, l’article 123 doit empêcher des gouvernements élus d’abuser des banques centrales en leur demandant d’imprimer de la monnaie pour financer des dépenses excessives. On nous fait croire que c’est pour cela que la BCE devrait être indépendante des gouvernements. Soit. Mais ce que nous vivons en ce moment est beaucoup plus grave. Aujourd’hui, la BCE est complètement entre les mains du secteur bancaire. ‹Nous voulons un demi-milliard d’argent vraiment bon marché› disent-elles. D’accord, pas de problème. Mario est là pour tout arranger. Et il n’a pas besoin de consulter qui que ce soit. Au moment même où la BCE fait son annonce, l’argent a déjà disparu.
Si au moins la BCE travaillait sous le contrôle de gouvernements élus, nous pourrions exercer une certaine influence en élisant ces gouvernements. Mais l’équipe qui, en ce moment, détient le pouvoir dans ses mains sales échappe à tout contrôle.»
Goldman Sachs et les technocrates de la finance ont fait main basse sur la barque européenne. La démocratie est mise à mal afin de protéger la Banque centrale européenne des «abus» des gouvernements. Mais le gouvernement, c’est le peuple, ou il devrait l’être. Un gouvernement démocratiquement élu représente le peuple. On incite les Européens à abandonner leur chère démocratie aux fripouilles de la finance, et le reste du monde suit de près.
Plutôt que de ratifier le Traité draconien du MES, les Européens feraient mieux d’amender l’article 123 du Traité de Lisbonne. La BCE pourrait alors accorder des crédits directement aux gouvernements de ses Etats membres. Ou bien les gouvernements de la zone euro pourraient restaurer leur souveraineté économique en réactivant leurs banques centrales publiques afin qu’elles accordent des crédits au profit du pays et cela sans intérêts. Ce n’est pas une idée nouvelle; elle a été appliquée avec succès par exemple en Australie par la Commonwealth Bank of Australia et au Canada par la Bank of Canada.
Aujourd’hui, l’émission de monnaie et l’octroi de crédits sont devenus un droit pour des vampires qui s’en servent pour saigner à blanc l’élément vital de nos économies. Il faut rendre ce droit aux gouvernements souverains. Le crédit devrait être un service public accordé et administré au profit du peuple.    •

Source: Global Research du 9/4/12. www.globalresearch.caindexphp?context=va&aid=30403
(Traduction Horizons et débats)

1    Vampire Squid, vampire des abysses: désignation donnée à Goldman Sachs.
2     http://simonthorpesideas.blogspot.com/

*    Ellen Brown est avocate et présidente du Public Banking Institute. Dans le dernier de ses 11 ouv-rages, «Web of Debt», elle montre comment un cartel privé a arraché au peuple le pouvoir de créer de la monnaie et comment nous, le peuple, pouvons le reprendre. (http://ellenbrown.com, http://webofdept.com et http://publicbankinginstitute.org)

 

http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=3308Le «Mécanisme européen de stabilité» ou comment Goldman Sachs a fait main basse sur l'Europe

 

 


Et la hausse du SMIG ?

 

Hausse du SMIC de 2% : le prix de la mondialisation

Posted: 26 Jun 2012 10:55 PM PDT


2% au lieu de 1,4% ! Les Echos avaient donc raison. Le gouvernement a donc choisi de donner un coup de pouce symbolique pour ne pas dire dérisoire au SMIC (trois fois moins que ce que Jacques Chirac avait accordé en 1995). Une nouvelle illustration des ravages de la mondialisation.
Des sociaux-libéraux plus libéraux que sociaux
Il faut relire le papier de Frédéric Lordon qui théorisait il y a quelques semaines les futurs remaniements de François Hollande, faisant un parallèle avec tous les reniements de Lionel Jospin de 1997 à 2002, sur l’équilibre (déjà) entre la croissance et la rigueur, l’Europe, les privatisations (France Telecom…). Bien sûr, la présence de quelques nonistes au gouvernement pouvait donner l’illusion d’une ouverture aux idées alternatives, mais le choix d’hier montre que cela est illusoire.
Il est tout de même stupéfiant qu’une équipe socialiste arrivant au pouvoir après dix ans d’opposition commence son mandat par accorder royalement 0,6% de coup de pouce au SMIC après des années sans le moindre coup de pouce (signifiant que les smicards ne touchaient pas un centime des gains de productivité qu’ils faisaient). J’imaginais il y a quelques jours que François Hollande avait laissé fuité ce chiffrepour au final donner un peu plus et apparaître généreux.
Mais non, toute la rigueur et le renoncement économique du deloro-jospinisme se retouvent synthétisés dans cette décision qui montre que ces socialistes n’ont même pas l’intention de changer la vie. Ils vont gérer prudemment le pays, comme des radicaux de la 4ème République, un profil qui convient tellement bien à François Hollande. Soit dit en passant, les classes populaires savent bien qu’elles n’auront pas grand chose à attendre d’une équipe qui capitule si tôt devant la mondialisation.
La mondialisation en procès
 
Car la raison de ce mini-coup de pouce est bien simple : l’ouverture anarchique de nos frontières à tous les mouvements de biens, de capitaux et de personnes. C’est bien parce que les capitaux des multinationales peuvent circuler librement d’un pays à l’autre, leur permettant de faire le choix du moins-disant salarial, social ou environnemental qu’un nouveau pouvoir socialiste qui accepte cette libéralisation ne peut pas faire autrement que d’accorder un coup de pouce aussi ridicule.
Même le Monde ouvre largement ses colonnes aux thèses du Medef, sans vraiment les remettre en question. Augmenter le SMIC ? Vous n’y pensez pas, cela provoquera du chômage, laisse écrire ce grand quotidien sensé être de gauche. Il est bien évident qu’avec des salaires bien plus importants qu’en Afrique du Nord, en Europe de l’Est, ou même dans le Sud de l’Europe, la hausse du SMIC risque d’accélérer un mouvement de délocalisations qui n’en a pas besoin.
Mais là où cela devrait amener à remettre en question cette mondialisation qui provoque une grande régression sociale dans notre pays, les socialistes, dogmatiquement hostiles aux frontières et aux nations, préfèrent sacrifier le peuple et les ouvriers. Quand les socialistes adoptent à nouveau des politiques antisociales, il ne faut pas être surpris que le Général de Gaulle ait dit ne pas aimer les socialistes parce qu’ils ne sont pas socialistes.
Oui, dans le cadre actuel, augmenter le SMIC est difficile pour notre économie. C’est pour cela qu’il faut changer de cadres, rétablir des frontières qui serviront d’écluses entre notre niveau de vie et notre protection sociale et ceux des autres pays. Sans cela, ce sera un grand nivellement par le bas.

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